M* BONN EV AY
Élu au premier tour de scrutin. — 10,107 voix.
Mes chers Concitoyens,
Celui qui, durant vingt-cinq ans, vous a représentés dans les grandes assemblées parlementaires de la République, vient à nouveau solliciter vos suffrages.
Les liens si anciens et si intimes qui m’unissent à nos cinq cantons et à leurs habitants, le contact permanent que j'ai conservé avec eux, cette profonde communauté de pensée, de sentiments, d'idéal, qui a subsisté entre nous au travers des années et des événements, tout cela m'a fait considérer que je devais répondre aux pressants appels qui m'étaient adressés de tous les points de la circonscription,
Nous nous connaissons depuis si longtemps que le développement d'un long programme est bien inutile,
Je suis aujourd’hui ce que j'étais hier, fidèle aux mêmes idées et plus que jamais résolu h défendre dans ta plénitude de mon indépendance, vos intérêts, vos libertés, vos droits, Cette indépendance, je ne l'ai jamais aliénée entre les mains de personne, ni pour quelque cause que ce soit. Je la conserverai fermement*
Le programme que je vous expose ci-après et que je défendrai de mon mieux, n’est pas celui d’une organisation politique fermée, mais celui que m’ont dicté ma longue expérience des affaires publiques, mon amour de la liberté, mon souci de conserver et d'améliorer les institutions républicaines, ma volonté de travailler à la prospérité de notre région et à la grandeur de la France*
yjÿ.Tv *
Républicain par raison, par sentiment, par tradition de famille, je m'efforcerai d’aider à rétablissement de la République totale : celle qui assure le libre exercice des droits de tous les citoyens, celle qui, fraternellement* s’efforce au soulagement de toutes les misères et de toutes les souffrances humaines, celle qui recherche et organise la paix tant à l'intérieur qu’au delà des frontières nationales*
Ces principes généraux trouveront leur application dans les réformes suivantes : Politique générale :
Les droits essentiels, communs à tous les citoyens, doivent être inscrits dans la Constitution*
Une Cour suprême, comme aux Etats-Unis, devra les garantir contre les violations dont ils pourraient être l'objet, de la part des Gouvernements et des Chambres*
Parmi les droits des citoyens français doivent être particulièrement assurés :
La liberté pour le suffrage universel de s’exprimer sans pression ni contrainte. Ni dictature d’un homme, ni dictature de classe.
No 3814
La liberté de conscience, la liberté de réunion » la liberté de la presse dans l'expression des idées, mais avec des garanties données aux personnes pour assurer une répression rapide et efficace de la calomnie.
Le droit d’association et le droit syndical sans exception ni réserves*
La liberté d’enseigner pour tous ceux qui remplissent les conditions de droit commun de moralité eL de capacité professionnelle.
Le droit des enfants du peuple à F instruction secondaire et supérieure, selon leur mérite vérifié par examen ou concours, avec l’aide égale de l’Etat accordée soit sous forme de bourse, soit sous forme de subvention à tous ceux qui en ont besoin.
Réforme parlementaire :
Réduction du nombre des députés que les Cartellistes viennent de porter de 584 à 612, malgré les promesses formelles de réduction qu'ils avaient faites lors de I1 augmentât! on de ^indemnité parlementaire.
Réduction proportionnelle du nombre des sénateurs.
Suppression du vote par procuration.
Réduire le plus possible dans les Chambres l’action des groupes qui s’interposent entre les électeurs et leur élu et s'efforcent d’enlever à celui-ci l'indépendance de ses votes.
Défense nationale :
Application aussi rapide que possible du service d’un an égal pour tous.
Organisation défensive des frontières.
Encouragements aux sociétés sportives, aux sociétés d'éducation physique et de préparation militaire, sans privilèges ni exclusivisme.
Satisfaction complète donnée aux justes revendications des combattants, des mutilés, des prisonniers, des veuves, des orphelins, des vieux parents des victimes de la guerre.
Programme financier :
Stabilisation légale de la monnaie.
Sous aucun prétexte les charges financières qui pèsent sur le pays ne devront être accrues.
Les excédents budgétaires qui pourront être réalisés devront être rigoureusement employés à réduire les taxes les plus lourdes qui pèsent sur les producteurs agricoles et les artisans et à dégrever le vin et les objets de consommation de première nécessité.
Refonte générale des impôts existants de façon b supprimer le plus possible leur caractère inquisitorial.
Dans l’impôt direct, un minimum d’existence doit être exempté de toute imposition aussi bien pour les cultivateurs, les petits commerçants et les artisans que pour les salariés.
En ce qui concerne les matières premières et les produits industriels, l’impôt sur le chilTre d’affaires devra être remplacé par une taxe à la production et à l’importation.
Des économies étendues devront être réalisées par la décentralisation, la suppression
rouages inutiles, la simplification des formalités administratives, fiscales, militaires, et par une réduction des attributions actuelles de l'État en matière industrielle.
Protection de l'épargne populaire contre ses exploiteurs professionnels.
Rejet dans leur forme actuelle des accords Bérenger et Cailloux sur le règlement des de la Frarsce envers l'Angleterre et les États-Unis, accords qui mettraient notre pays eu servage financier vis-à-vis de l’étranger pendant soixante-deux ans.
Reprise des négociations avec la Russie en vue du règlement des emprunts russes aux Pdits porteurs français.
Politique agricole :
Développer les pouvoirs des chambres d'agriculture.
Donner au Crédit agricole les ressources suffisantes en vue de prêter aux jeunet ménages d'agriculteurs, les sommes nécessaires pour s établir, pour acheter le matériel et le bétail indispensables, ou pour acquérir une petite exploitation rurale.
Pratiquer une politique de réduction des prix des engrais, tourteaux, sulfates et autres substances nécessaires à une production agricole intense et rémunératrice ,
Rendre obligatoire renseignement agricole dans toutes les écoles.
Faciliter la libre circulation des produits de la terre.
Electrification rurale intense, poussée aussi loin que possible clans les hameaux les plus reculés.
Prendre tontes les mesures utiles pour assurer le maintien des travailleurs à la terre, notamment pur le développement de 1 artisanat rural et l'extension du travail à domicile. Organisation de l'assurance contre la grêle sur les bases du rapport que j avais déposé au Sénat en 19iîô*
À l'aide de prêts à taux réduits (loi Ribot) faciliter aux travailleurs, rachat d un jardin et d’une maison, et développer ainsi la petite propriété individuelle.
Après les rectifications indispensables* appliquer la loi sur les assurances sociales dans l'esprit de solidarité qui animait les promoteurs*
Sauvegarder les droits des sociétés de secours mutuels et de la mutualité sous toutes
ses formes.
Réformer la loi sur les accidents du travail industriel, devenue insuffisante.
Compléter les lois protégeant et aidant les familles nombreuses.
Organiser l'arbitrage pour le règlement des conflits sociaux.
Développer l'outillage économique et les grands travaux publics, ce qui, tout en procurant du travail aux ouvriers, assurera une réduction des prix de revient industriels et par conséquent, la vie moins chère.
Enfin les pensions des retraités des retraites ouvrières et paysannes devront être majorées dans la proportion où l'ont été les retraites des pensionnés civils et militaires.
Politique extérieure :
Organiser la paix par le développement de 3a Société des Nations, munis des organes indispensables pour assurer le respect de ses décisions.
Développement de L'organisation internationale du travail,
.Instituer l'arbitrage obligatoire entre tous les peuples*
En attendant, multiplier les pactes séparés de garantie et d'arbitrage comme cerne qui ont été si heureusement conclus à Locarno*
Maintenir intactes nos alliances et nos amitiés*
Pratiquer une politique de concorde internationale.
Mes chers Concitoyens,
Pour réaliser ce programme, qui n'a pas cessé d'être le mien, je fais appel a 1 union i tous les bons Français, de tous les républicains* ^
Vous avez été témoins qu'au cours de ma longue carrière politique, j ai toujours c ché à maintenir la concorde entre les citoyens, à pacifier les esprits, à unir et non à dlUBe J'entends bien développer encore cette action pacificatrice*
Adoucir les souffrances humaines, donner à tous les citoyens la liberté totale, maintenir ]a paix à l’intérieur comme à V extérieur, c’est là toute ma politique.
J’ai confiance que cette politique vous la ferez pour la sixième fois triompher sur mon nom le 22 avril prochain.
Vive la République !
Laurent BONNEVAY
Avocat k )a Cour d’appel.
Propriétaire à Saïni-Nmer-tTAzerg ues.
Conseiller général du canton de L&mure,
Ancien Député de la circonscription.
Ancien vice-président du Conseil des Ministres.
Membre du Conseil supérieur de la natalité.
Membre du Conseil supérieur des habitations k bon marché et de la petite propriété.
Candidat d’Union républicaine.
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SAONE (HAUTE-)
Circonscription de GRAY*
M. YAhFmi
Elu au deuxième kir de scrutin. — 6.487 voix.
Monsieur et cher Electeur,
Vous avez suivi ma campagne avec une bienveillance sympathique et un intérêt dont je vous remercie vivement. Aujourd'hui 131 maires sur 165 ont adhéré à ma candidature et r&ccueil enthousiaste qui m'est fait dans chaque commune me permet d'augurer un plein triomphe. Soyez-en tous remercies. Ce succès auquel je suis tout particulièrement sensible, je le do%à*3a scrupuleuse correction, à la haute courtoisie dont j?ai tenu à faire preuve durant la campagne : pas un mot n'est tombé de mes lèvres, pas une phrase de ma plume pour critiquer mes concurrents. Je le dois aussi au démocratisme éclairé que j’ai partout affirmé. Je le dois enfin à la sincérité de ma parole qui n'a jamais varié : dans les communes modérées^ dans les centres avancés, j’ai tenu le même langage, avec le même visage, sans me teinter ici de blanc immaculé et là de rouge sang. Partout je n'ai été soucieux que d’harmonie et de loyauté envers moi-même. C’est là ~ je crois — le devoir le plus impérieux qui incombe à un candidat qui, en se respectant /honore le corps électoral.
Et maintenant, j'attends avec confiance et sérénité votre verdict :
En toute conscience, je crois pouv oir dire que ma présence au Parlement ne vous serait pas inutile : avocat, je suis rompu aux exercices oratoires ; avocat, je connais les lois dont je demande, chaque jour, l'application. C/cst là la double condition lequise, je crois, pour faire un bon député. Je saurai, soyez- en bien convaincu, élever ma voix avec véhémence pour ïa défense etl le triomphe de vos légitimes revendications; je saurai, quand il le faudra, interpeller un gouvernement, lutter pour vous avec une indomptable énergie. Ainsi vous vous sentirez guidés, suivis et soutenus. Si tel est votre sentiment, comme j'en suis convaincu, accordcz-moi une importante majorité qui m'assure parmi vous et au Parlement le prestige indispensable au parfait, accomplissement de ma tâche.
A l’instant de voter, songez aux luUes farouches dont le suffrage universel fut le prix. Montrez que le peuple est fait [de cerveaux conscients et éclairés et qu'il méritait qu on lui reconnût cc droit su péri eur^d élire les dirigeants du pays. Ne votez pas uniquement par sympathie, pour rendre service, par esprit de village. Votez, en ne considérant que 1 intérêt du pays et demandez-vous/dans l'in dépendance et la sérénité de votre conscience :
Qi el est l'homme qui peut nous rendre le plus de services, et ainsi assurer la prospérité générale ?
No 3814
Quel est l'homme dont la poitrine nom servira cîe cuirasse ?
Quel est l’homme dont la- voix saura le mieux faire entendre notre voix ?
Qae ce soit pour moi ou pour un autre, qu'importe ! Mais n’en voyez a la Chambre que celui-là seul dont les capacités pourront conduire le pays jusqu'à smi apothéose.
Quant à moi, je suis calme car je ne doute pas de votre sagesse et de votre compréhension Tous vous m’avez déjà manifesté vos sentiments qui m’ont inondé1 d'une êhttte espérance : je crois, j’espère, je sais que je serai votre député. Par avance et du plus1 profond de mon cœur, je vous dis : merci !
Croyez, Monsieur et cher '‘Electeur, à mes sentiments d’inaltérable dévouement;.
T h éo dore VA L E N S I
Avocat à la Coor d'appel.
Ancien chef de cabinet de Ministre.
lr< Circonscription de LÜRÊ3.