‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 25 sur 336 · ARIEGE · texte numérisé non relu

ARIEGE

Circonscription de FOIX.

M. RAUZY

Eîu au deuxième tour de scrutin, — 7.166 voix.

Citoyens 7

Désigné à T unanimité par mou parti comme candidat aux élections législatives, j’ai cm qu'il était de mon devoir, au double titre de socialiste et d’Ariégois, d’accepter la lâche qui m’était confiée.

Cette tâche, je la remplirai avec enthousiasme, avec l’ardeur de mes convictions et la ■conscience d’un homme qui se subordonne tout entier à l’idéal et au programme de son parti.

Nous avons voulu rompre avec la tradition qüi faisait que, depuis de longues années, dans notre Ariège, les électeurs étaient sollicités par des candidats qui, émanation de syndicats électoraux officiels, se croyaient dispensés par cette investiture d’aller parmi le peuple exposer les motifs qui leur faisaient revendiquer ses suffrages.

C’était la confiance dans la nuit, celle qui n’engendre que déception et amertume.

C’est pour cela que nous sommes allés dans toutes les communes de cet arrondissement exposer notre programme de réformes sociales et faire justice des accusations mensongères que dos adversaires déloyaux élèvent contre nous.

Dénonçant les calomnies, dissipant les légendes, nous nous sommes efforcés de présenter le socialisme sous son vrai jour.

— Le socialisme n’est pas une doctrine de désordre et d’anarchie : nous voulons créer une société où tous les intérêts s’harmonisent.

— Ce n’est pas un parti qui poursuit des chimères : il veut organiser l’idéal sur les solides bases du réel.

Son programme, en accord avec les lois de l’évolution, est, solide, pratique, immédiatement réalisable.

En présence d’une situation financière qui, en dépit d’apparences trompeuses et de palliatifs inopérants, demeure toujours aussi angoissante, pour soulager le peuple du poids excessif des impôts, le Parti socialiste propose de résoudre tous les problèmes nés de la guerre par une politique hardie d’entente internationale et par un effort sérieux de la fortune acquise.

Pour cela nous demandons :

La stabilisation légale et immédiate du franc ;

La consolidation de la dette flottante;

Le remaniement des charges fiscales ;

Le prélèvement sur la fortune acquise avec dégrèvement à la base;

La nationalisation des monopoles défait;

Enfin j la reprise d'une vie économique intense.

Après nous être attachés à la solution de la question financière qui domine tout le problème social, nous nous efforcerons de conquérir au profit des travailleurs jusqu'à la moindre parcelle de justice et de bien-être — car nous ne faisons pas fi de réformes,

Préoccupé de voir bientôt le prolétariat garanti dans la plus large mesure contre les risques constants qui le menacent dans la société capitaliste, nous demandons h amélioration de notre législation du travail.

Notamment la révision complète de la loi de J 898 sur les accidents du travail et l'extension de ladite loi aux maladies d'origine professionnelle. La réorganisation de 1 inspection du travail. La ratification sans condition ni réserve des conventions adoptées par la conférence internationale du travail. L’institution des assurances ouvrières et paysannes en vue de protéger les cultivateurs, les ouvriers et leur famille en cas de maternité, de vieillesse* de décès, de chômage,

La majoration de l'allocation accordée par l'Etat aux vieux travailleurs pensionnés de la loi dite des Retraites ouvrières et paysannes. Reconnaissance complète du droit syndical aux travailleurs des services publics.

Fidèle à notre doctrine et à la pensée de nos théoriciens les plus illustres, aux décisions de nos congrès nationaux, nous déclarons solennellement vouloir maintenir en possession de leur lopin de terre les petits propriétaires et les petits cultivateurs.

Nous nous emploierons à la réalisation d'un ensemble de mesures efficaces tendant à intensifier la production agricole par l'améliora lion du sol (drainage, irrigation, assèchement), le développement général de l'enseignement agricole, l'aménagement des forces hydrauliques, F électrification des campagnes, l'extension des caisses de crédit agricoles* rétablissement de tarifs réduits pour le transport des engrais, des machines et des produits agricoles, l'application de toutes les lois ouvrières et de prévoyance sociale aux travailleurs des champs..

Nous lutterons contre les exploiteurs de l'agriculture qui spéculent sur votre bétail et sur votre blé.

Depuis longtemps notre Parlement, asservi à une ploutocratie égoïste, reste sourd aux misères paysannes; notre sollicitude ira aux agriculteurs que nous défendrons énergique-* nient.

Dans l’ordre des nécessités Immédiates, nous considérons que le premier de nos devoirs est de travailler à l'organisation de la paix dans l'intérêt de la classe ouvrière et de l'humanité tout entière. C'est pourquoi nous demandons :

La démocratisation de la Société des Nations, k réduction des armements, la suppression de la diplomatie secrète, la préparation au service de six mois. Enfin nous combattons, au nom de la paix, toute espèce d'expéditions et d'aventures coloniales.

Dans la plus large mesure possible, nous vous rendrons compte chaque année de notre mandat.

— Contre tous les égoïsmes, nous nous faisons les défenseurs des déshérités toujours leurrés.

— Contre F oligarchie économique et financière de nouveau triomphante, nous nous faisons le soutien des travailleurs.

Citoyens,

Le 2îi avril vous allez faire acte do souveraineté, Vous allez être appelés à choisir entre deux politiques — celle des privilégiés et celle des travailleurs.

Pendant quatre ans, vous avez maudit bien des fois ceux qui étaient chargés de défendre vos intérêts et qui ont failli à leur devoir. Vous avez protesté contre leur négligence et riaolement dans lequel ils vous ont laissé.

Vous déjugerez-vous? De votre verdict dépendra votre destinée Mon parti et moi vous faisons confiance.

Nous avons foi en votre sagesse,

Alexandre RAUZY.

Circonscription de PAMIERS.

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