‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 26 sur 336 · M. GAZA LS · texte numérisé non relu

M. GAZA LS

Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.898 voix.

Mes chers Concitoyens,

Depuis de longues années, des liens étroits m’unissent à vous, qui justifieront, à vos yeux, mon ambition de représenter vos intérêts dans la prochaine législature.

Si loin que niaient placé les circonstances et les obligations de ma profession, j'ai toujours suivi de près révolution politique où sc manifesta votre attachement aux institu Lions républicaines, aux hommes qui vous ont loyalement représentés.

Ma vis de probe travail fut la votre.

Député de 1 Ariège, je relevais plus directement de l’arrondissement de Paimers, sans me départir de mes devoirs envers les deux autres, et je crois m’être rendu digne de leur confiance, toujours fidèle aux convictions de toute ma vie et aux leurs, dans Fexercïce d un mandat que les lendemains de la guerre avaient fait particulièrement ardu,

La victoire ne nous avait pas payés des plus tragiques angoisses et des sacrifices qu’avait imposés une guerre sans précédent*

Longtemps encore, sJappeaeritira sur le pays le fardeau des lourdes charges que l’honneur lui commandait d’assumer.

G est à peine si s achève la restauration des départements martyrs de l’invasion, et la dette qui incombait à l’ennemi vaincu, pèse encore douloureusement sur nos budgets!

De là un malaise auquel se sont efforcés de remédier les ministères qui se sont succédé.

Entre tous les partis qui mettent, au-de&sus de tous leurs soucis, celui du salut du pays, le parti auquel j’appartiens, s’est signalé par son dévouement patriotique et son abnégation!

Les dénégations et les calomnies ne peuvent rien contre Févidence des faits.

Sa tâche ne touche pas à sa fin; dans la nouvelle législature, il aura pour mission c e grouper autour de lui les bonnes volontés, les hommes qui, considérant en face les difficultés, se sentiront responsables devant le pays, ardent à faire honneur à ses dettes, tout en pout suivant ,a tâche commencée, la réalisation des réformes promises, de la justice due à tous et, d’abord, aux plus déshérités.

Pour y réussir, en dépit de tous les obsLacles, il secondera les précurseurs et les bons ouvriers de la paix, sans quoi il n’est ni travail fécond, ni prospérité assurée.

Il favorisera toutes les formes de l'activité nationale qui concourent à la richesse et â la gloire de notre France.

Agriculture, industrie, commerce seront encouragés et aidés par des lois assouplies aux nocessi lé s a c t u cl I es .

Et tt’abord nos écoles leur apporteront le concours de leurs études techniques ou pratiques et de leurs généreuses leçons*

L'exode des champs devra être conjuré par tout ce qui peut rendre encore plus saine et plus séduisante la vie rurale, par tout ce qui peut encourager et récompenser le labeur du paysan.

Accession de plus en plus facile à la propriété ;

Révision de F impôt foncier, et réforme, la plus prochaine possible, du cadastre;

Répartition plus équitable des impôts sur les bénéfices agricoles ;

Extension de F électrification des campagnes ;

Assainissement des installations rurales trop souvent insalubres;

Diminution des tarife de transport des engrais et des produits agricoles;

Révision des patentes et perception des impôts simplifiée;

Tarifs douaniers adaptés aux besoins de F agriculture, de F industrie et du commerce;

Lutte généralisée contre la vie chère, par la suppression des intermédiaires;

Richesses de nos colonies plus heureusement exploitées;

Par-dessus tout, entente de plus en plus sincère, et collaboration plus étroite entre patrons et ouvriers , entre le capital et le travail.

Tel est, forcément résumé, le programme des réalisations qui s’imposeront, sans retard, au législateur, sans préjudice aussi des réformes de vaste portée, déjà mises en chantier par la précédente législature; parmi elles, d’abord, Forgarnsâtion de Fécole unique, qui , serait mieux appelée enseignement unique.

Âu plus tôt il faut que Fenfant des familles les plus humbles, marqué du seau du génie, puisse s’élever aux plus hautes fonctions, aux sommets de Fart et de la science*

Mes chers Concitoyens,

Dans Faccomplissement du mandat que vous voudriez bien me confier, fidèle à votre pensée, je serais en garde contre tout parti-pris, contre tout sectarisme*

Votre sûre garantie est mon passé, que je livre tout entier à voire libre et consciencieuse critique.

Vive la République I

Pie arm GAYALS

Député sortant,

Can 1 i da t radi cal-social îste f

te

Circonscription de SAINT' GIRONS.

M. Paul LAFFONT

Elu au deuxième tour de scrutin* — Les résultats du second tour n’ont pas été proclamés.

Mes chers Concitoyens,

L’ardente sympathie que vous m’avez prodiguée durant quinze années d’action cornun une et que vous avez traduite à chaque élection nouvelle en des majorités toujours accrues, vient de s'épanouir dans les plus éclatantes manifestations qui aient jamais honoré et récompensé un homme public.

Que ma première parole soit donc de gratitude fervente et de remerciements affectueux.

J'avais accepté d’avance toutes les batailles. Et je comptais partout des dévouements assez nombreux et assez solides pour avoir partout la certitude du succès. Mais, vous m’avez voulu au milieu de vous, avec les vieux amis qui furent mes premiers électeurs et dont la chaude affection m’a constamment soutenu dans F accomplissement de ma tache» Vous pouvez porter témoignage que j’ai répondu à votre appel avec un empressement joyeux»

Ma récompense a dépassé aussitôt tous mes espoirs. Jamais, depuis le jour de notre première victoire, je n’ai rencontré pareil accueil. Jamais je ne connus autant d’enthousiasme, et, je l’ajoute, autant de respect.

Dans toutes les communes, j’ai retrouvé la même dignité, la même tenue, le meme désir de discuter sérieusement les graves problèmes de l’heure présente, la même volonté d’imposer silence aux turbulents et aux braillards»

Peut-être cette ferme attitude du corps électoral trouve t-elle son explication dans Técœurcment qu’ont soulevé les procédés de mes adversaires.

Mais j’ai peut-être aussi le droit de penser que si le dégoût des autres s’est manifesté vis-à-vis de moi par un accueil plus chaleureux, c’est que les électeurs me jugeaient digne d’être aimé pour moi-même, c’est que je méritais leur sympathie et leur respect.

Depuis quinze ans3 j’ai fhonnpur de vous représenter. Par deux fois, le département, tout entier, m’a réélu avec des majorités imposantes et, aux élections dernières, l'arrondissement de Saint-Girons me donnait à lui seul 3.000 voix de majorité.

J’ai répondu à cette confiance en me consacrant tout entier à mon mandat. Si je n’ai pu obtenir toutes les satisfactions que mon attachement et ma gratitude me poussèrent à ambitionner, j’ai, du moins, le sentiment d’avoir dépensé, pour vous servir, tout mon dévouement, toute mon activité et tout mon zèle Vous me rendrez cette justice que j’ai travaille, que j’ai essayé de vous faire honneur.

Vous me rendrez cette justice que je ne me suis ni abaissé, ni avili dans les vengeances et dans les rancunes.

Et voici une affirmation qui gêne mes adversaires, parce qu’ils ne peuvent la produire eux-mêmes.

J’ai fait tout le bien que j’ai pu, je n’ai fait de mal à personne.

Avec une égale ardeur, j’ai défendu les intérêts individuels et les intérêts collectifs. Je peux dire que, depuis quinze ans, il n’est pas une commune, pas un hameau d'où on n’ait fait appel à mon concours.

Au Conseil général comme à la Chambre, j’ai été le représentant et le défenseur des

intérêts communaux et. nombreuses sont les satisfactions obtenues pour les chemins, pour les améliorations pastorales* pour les adductions d'eau* pour r électrification, pour les écoles, pour les différents projets. Je vous laisse le soin de dire dans quelle mesure l’Ariège et, plus spécialement, l'arrondissement de Sain U Girons, ont bénéficié des trois années que j'ai passées au Gouvernement et pendant lesquelles je me suis appliqué à rompre l’isolement rural en multipliant les cabines téléphoniques et les agences postales.

Pour obtenir plus encore, pour réaliser les aspirations politiques qui nous sont communes et pour défendre les intérêts économiques que vous m'avez confiés, mon expérience et mon influence sont encore à votre service, puisque c'est à vous que je les dois.

Po li t iq ii e gèn êra le *

On m’a reproché, aux élections dernières, ma participation au Ministère Briand et au Ministère Poincaré, À ce reproche, vous avez répondu pour moi, en me donnant une nouvelle victoire.

Nous avons vu, depuis lors, ceux-là mêmes qui m'avaient fait ce reproche, entrer dans le Gouvernement Poincaré et le servir fidèlement Ils ont bien fait. Dans les moments difficiles que le pays traverse, la concentration républicaine est le plus impérieux des devoirs,

« Inscrit au groupe républicain-socialiste de la Chambre, où j’ai été accueilli avec runanimité des suffrages, je poursuivrai la politique républicaine qui est la nôtre depuis quinze ans. »

Républicain, je veux une république forte, maintenant la paix dans la dignité, tolérante dans les idées, mais aussi éloignée de la persécution contre ses adversaires que de la duperie dont ils profiteraient.

Je veux le respect de toutes les convictions sincères.

Je veux que la République défende l’école laïque et qu'elle respecte la liberté de conscience et la liberté de renseignement.

Je veux qu'elle développe renseignement post-scolaire, l'enseignement technique, l'enseignement ménager.

Je veux qu’elle assure aux enfants du peuple l’ accession à tous les degrés de renseignement par la gratuité.

Comme je veux la paix entre les citoyens, je veux la paix entre les peuples. Et tout ce qui contribuera à la consolider aura mon adhésion et mon appui. Elle conditionne les « réductions encore possibles de nos charges militaires », J’ai voté la loi de un an. J’ai voté par quatre fois la suppression des périodes de réserve. J’ai voté le principe du service de six mois, qui sera d’une réalisation facile dès que la paix sera plus solidement assurée.

Politique sociale.

Votre vœu est que ma politique soit nettement orientée vers les réformes sociales, si audacieuses qu’elles soient. Mon passé vous garantit que votre vœu sera satisfait.

Vous pouvez défier nos adversaires de trouver, dans mes quinze années de législature, un geste, une parole, un vote qui ne soit en faveur des humbles et des travailleurs.

Je ne connais aucune loi, aucune mesure de réparation ou de justice obtenue par les travailleurs et qui n’ait eu mon adhésion et mon vote. 11 en sera de même demain. Je laisse aux petits fonctionnaires le soin de dire si j’ai protégé leurs libertés syndicales, si j’ai bien défendu leurs droits en votant tout récemment encore, et seul de la représentation ariégeoise, contre ^amendement Gazais,

Les anciens combattants porteront témoignage que je n’ai jamais commis, comme certains autres, la vilenie d’exploiter leurs souffrances pour des fins électorales. Mais iis diront aussi que j’ai voté ou même proposé toutes les mesures favorables aux victimes de la guerre

et que j’ai fait miennes leurs revendications, telles -qu’elles -résultent des Étals généraux d& Versailles et du cahier présenté par ['Association ariégeoise.

Je veux une loi sur les assurances sociales mieux étudiée, plus complète, qui soit prati^ queutent applicable (et tout de suite) aux petits artisans et aux petits cultivateurs;

Polit îq u e .fiscale.

Notre budget dépasse 59 milliards. Je ne suis pas de ceux qui fuient lâchement les responsabilités en votant toutes les dépenses et en rejetant toutes les recettes, c'est-à-dire tous les impôts.

Pour payer les dépenses” publiques, il faut payer des impôts. C’est pour n’avoir pas eu le courage de les accepter en temps utile que le Parlement a dû voter, il y a deux ans, des impôts massifs.

On a écrase le pays sous le poids de l'impôt, mais on a sauvé le franc, c’est-à-dire qu’on a sauvé de la ruine les moyens et les petits.

Ni les gros capitalistes, ni les profiteurs de guerre ne sont mes amis. Les premiers n’ont pas oublié mon intervention à la tribune au sujet des opérations de bourse. Les seconds ne me pardonnent pas d’avoir dénoncé à la tribune le scandale de leur enrichissement.

Je suis prêt à voter un impôt sur les grosses fortunes mobilières pourvu qu'on épargne la propriété foncière déjà surchargée.

Je proposerai, comme je l’ai déjà fait, un allégement de l’impôt foncier, un nouveau dégrèvement des petites cotes foncières, un nouvel aménagement des impôts cédulaires tou^ chant les agriculteurs.

Je me prononce une fois de plus pour la révision des patentes et contre la taxe sur le chiffre d’affaires qui pèse également sur les commerçants et sur les consommateurs.

Je suis pour la réduction des taxes qui frappent « les petites successions n.

Politique agricole.

J’ai été le député des agriculteurs. Us savent que je suis leur homme. Et c’est ma joie et mon orgueil de voir aujourd’hui groupés autour de moî, dans un admirable élan déxonfiance, la masse des travailleurs des champs. Demain, plus encore qu’hier, ils connaîtront qu’ils sont représentés et défendus.

J’ai afhrméf en toute occasion, que la défense agricole était la base fondamentale de ma politique.

Je fai dit. et je l'ai prouvé.

Depuis le début de ma vie parlementaire, je suis monté cent fois à la tribune pour y faire entendre la voix des agriculteurs. Vous vous souvenez de mes interventions déjà anciennes, sur les accidents agricoles, sur la libération des vieilles classes d'agriculteurs, sur la mise en culture des terres abandonnées, sur les baux à ferme et de métayage, sur la mise en sursis des militaires pendant !a fenaison et la moisson, sur les besoins de la main-d’œuvre agricole, sur la taxation du blé, sur le prix des fourrages, sur la fabrication des engrais. Plus récemment, et le 7 décembre 1925', je montais à la tribune pour y réclamer, à propos des potasses d’Alsace, une politique d'engrais moins chers. Le 8 décembre, je montais à- Ma tribune pour réclamer des améliorations pastorales, pour y dénoncer le danger que présente l'extension progressive des forêts en montagne, pour réclamer l'adoucissement des formatif lés sanitaires imposées aux troupeaux transhumanLs.

Les 21 niai et 18 novembre derniers j'interpellais sur la hausse scandaleuse du vin et suc la mévente du bétail et j’exposais un programme complet de politique agricole.

Je poursuivrai cette action incessau te de défense paysanne qui demeure l'essentielle de mes préoccupations.

Di mi au Lion des impôts fonciers et des impôts cédulaires qui touchent les agriculteurs. Développement du crédit agricole, qui n’est encore qu une illusion.

Contribution plus large des départements et de l’Etat à la construction des chemins ruraux, aux adductions d’eau, à l’électrification.

1 Application de l’impôt des prestations aux chemins ruraux.

Révision dn Code forestier et améliorations pastorales.

Application de la taxe perçue sur les moutons transhumants, au nettoyage et debrous

^^Suppression des Formalités douanières et simplification des formalités sanitaires pour les troupeaux eu montagne.

Politique d’engrais bon marché. , ,

Politique douanière, assurant une protection suffisante et un bénéfice convenable .

Défense du droit des bouilleurs de cru et des petites industries agricoles.

Défense des distillateurs ambulants injustement frappés de la taxe sur le chiffre

d.' tiffai r es * .1

Défense des agriculteurs contre les municipalités qui les accablent de droits d octroi* de

droits de place, de droits de stationnement.

Tels sont, nécessairement résumés, les points principaux d un vaste programme de po tique agricole et pastorale.

Tout pour la défense paysanne :

Ce sera, demain comme hier, le principe même de mon action. / .

A ce programme j’ajoute un point essentiel: La défense et Porganisationmethoaique du

SyndDénon^ïr 'Justice par nos adversaires, les producteurs de lait syndiqués savent comment je les ai défendus. Ils eonnaisse.it la bataille que j’ai menée pour eux par la parole et

4r0ltl ’i^taillqua ntms^agricuUeurB, d'être une force irrésistible et dev.nt laquelle ceui

oui nous exploitent devront s incliner. , * l4

Je crois avoir mis de la force et de l’ardeur à dénoncer ce scandale des agriculteurs vendant à perle tout ce qu’ils vendent et achetant à des prix exorbitants tout ce qu ils

-ChCrÏ«é seul à les défendre et pourtant mon intervention a porté ses fruits. Notre, victoire sera complète demain si nous savons nous unir, comme l’ont lait les viticulteurs à nos

^T’union des agriculteurs, c’est le syndicalisme rural. C’estla lâche à laquelle nous allons nous consacrer.

Mes chers Concitoyens,

Il vous appartient maintenant de dire si j’ai justifié votre confiance, si je mente de la garder

Je vous offre, en garantie, quinze années de travail et d’aetion ardente.

En sollicitant pour la quatrième fois vos suffrages, j’ ai la fierté de me placer sous a pro

teoiion de mes actes.

Vive la République I

Paul L AFFON J ♦

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