‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 256 sur 336 · M. BERTHON · texte numérisé non relu

M. BERTHON

Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.820 voix*

Voir le programme du Parti communiste ci-dessus.

lr* circonscription du 14s arrondissement.

M, DELSÛL

Elu au deuxième tour de scrutin. — 8,344 voix.

Mes chers Concitoyens,

le programme positif, visant des réalisations déterminées, et non des déclamations pompeuses aboutissant à des utopies dangereuses, voilà ce que le pays est en droit d’attendre de cem quï sollicitent ses suffrages, à l'occasion de la grande et décisive consultation électorale de ] 928.

ûe ce programme, je m'efforcerai de donner ici un court résumé.

Et tout d’abord, maintien de ce Gouvernement d’union nationale, qui ayant pris le

pouvoir en juillet 1926, au moment où la France côtoyait' l’abîme, a opéré, sous' la direction de son chef éminent, le président Poincaré, ce prodigieux redressement financier,, qui fait l'admiration du monde.

Revalorisai on et stabilisation, qui nous redonneront une monnaie saine, feront ainsi remonter nos rentes à leur valeur réelle,, permettront à notre commerce et à noire industrie de se développer en pleine confiance, et par le jeu naturel de la libre concurrence, combattront efficacement la vie chère, provoquée surtout par l'incertitude du lendemain et la spéculation. Exploitation rationnelle des richesses nationales de la métropole et des colonies, c’est-à-dire d'une France de 100 millions d’habitants, qui produit tout et peut se suffire à elle-même.

Organisation d’une armée et d’une marine, où le service militaire à court terme tieono compte des nécessites de la défense nationale.

» Mise à la disposition de la Société des Nations d’une gendarmerie internationale, capable de faire respecter ses sanctions et maintien de nos accords spéciaux avec nos fidèles amis et alliés.

Occupation delà Rhénanie, gage de notre sécurité, jusqu’à l'équipement défensif complet de nos frontières, rendues sacrées par l’héroïque sacrifice de nos morts et de nos blessés.

Révision des dettes interalliées, la dette de la France ne pouvant en aucun cas dépasser sa créance snr l'Allemagne,

Organisation de la République dans la paix.

Séparation des trois pouvoirs : exécutif^ législatif et judiciaire.

Cour suprême de justice.

Accession des femmes à l'électorat et à f éligibilité. Vote obligatoire.

Compression des dépenses publiques.

Statut des fonctionnaires. — Moins de. fonctionnai res et mieux payés, — Traitements et retraites équitables.

Réduction des baux.de mutation sur les immeubles et sur les fonds de commerce,— Refonte de la taxe sur le chiffre d’affaires, — Dégrèvements à la base aux commerçants, aux industriels et aux professions libérales. — Suppression progressive de l’impôt sur les salaires.

Mise au point des lois sur la propriété commerciale dans ie respect mutuel des droits de chacun. — - Mise au point de la loi sur les assurances sociables, ™ Assoeiati on féconde du capital et du travail, — Aide aux Familles nombreuses. — Allocations familiales, — Vote familial.

Attention toute particulière apportée à f instruction et à l’éducation de la jeunesse, avec une large place faite à l’enseignement professionnel et à l’apprentissage et un emploi judicieux des bourses.

Respect absolu de Ta liberté de conscience ht de la libef fë tT enseignement.

Lutte contre le vice et fini moralité.

Lutte contre le taudis, l’alcoolisme et la tuberculose.

En oe qui concerne plus particulièrement Paris :

Intensification de la construction de logements à bon marché pour les classes populaires et les classes moyennes, avec reconnaissance par l’Etat des charges qui lui incombent à cet effet et qu’assument chez eux les Etats étrangers.

Appel et aide à l’initiative privée pour résoudre le problème du logement, comme il a été fait pour la Cité du Souvenir, à Ta Sauté, et da Fondation Lebaudy, au 1 Pc tït- Mont mage.

Modification d’une fiscalité périmée, qui enlève à Paris sa part légitime sur* le ! fonds commun1 et Paccule à des perception® excessive®.

Mise à la charge de l’Etat d’une partie du budget de la Préfecture de police ot de l’Assistance publique, qui lui incombe plutôt qu’à la Ville,

Suppression de l’octroi, avec le concours de T -Etat*

Aménagement de la zone ai lotissement de la banlieue dans un souci d’equiLé envers Iüus les intéressés et on tenant compte des principes :ded’ urbanisme.

Augmentation normale du nombre des sénateurs de la Seine et modification du collège Rectoral sénatorial qui consacre une inique et scandaleuse disproportion du nombre des délégués de Paris (1 47) et de sa banlieue (932),

Hn ce qui concerne plus particulièrement la circonscription :

Développement progressif de l'admirable cité universitaire.

Transfert en banlieue du centre des réfugiés du boulevard Jourdan.

Elargissement des Portes de Montrouge et de Châtillon.

Aménagement dePancren marché Brêzin en annexe de la mairie, avec piscine»

Transformation de la gare Montparnasse»

Telles sont les grandes lignes d’un programme de réalisations pratiques dont la politique pure est exclue et que se doivent de faire aboutir ceux qui revent de l'union féconde des classes ét des partis dans une meilleure République et une toujours plus grande France»

Louis DELSGL

Président du Conseil municipal.

Conseillai* mumcîpâl du Petit- M cmtr ernge .

Chevalier d r la Légion d -honneur.

2e circonscription idu 14e arrondissement. M, DUMAT

Elu au deuxième tour de scrutin. — 5.915 voix.

Electeurs 1

Mes chers Concitoyens î

A elle seule l’étiquette politique inscrite sons mon nom est todl mon programme ; Républicain d'Union nationale et sociale.

Républicain I je le suis ; les noms de ceux qui me présentent & vos suffrages sont les meilleurs garants de mes convictions.

Mais, à l’encontre de beaucoup, je ne veux pas de céüe République de camarades, de cette République de T assiette au beurre ; je veux une République :

D'ordre dans le Gouvernement, dans TAdministratién, dans Tes esprits, dans la rue ;

De liberté pour tous les citoyens, sans privilèges et sans exclusion ; et, je m'engage solennellement à défendre toutes les libertés :

Liberté politique,

Liberté de conscience,

Liberté des cultes,

Liberté d’enseignement,

Liberté du travail.

Les noms de mes amis vous prouveront aussi qu’avant tout je recherche ['Union des républicains nationaux et je l’ai obtenue, car, au dessus de toute préoccupation politique, je pLce les intérêts de la Défense nationale, l’amour de la Patrie et du Drapeau.

if La meilleure manière de servir Inhumanité est de commencer par aimer sa Patrie 3 » a dit M. Poincaré à Carcassonne au congres de îa Fédération radicale et radicale-socialiste * tel est tout mon programme de politique extérieure*

Mais les intérêts nationaux impliquent aussi de grandes œuvres de justice sociale jusqu’alors non exécutées ou pas encore entièrement mises en pratique, et ce sont celles-là dont j'exigerai l'application : œuvres ayant pour but d'améliorer le sort des travailleurs , tant par une politique d’assurances sociales justement établies par ceux qui en supportent les répercussions financières, que par une politique familiale et d’habitation*

Ennemi du collectivisme, je suis persuadé que ce n’est pas par la lutte des classes, mais par îa solidarité librement consentie* par îe développement de îa mutualité sous toutes ses formes, que notre société trouvera son équilibre et son harmonie.

J’estime d’autre part que le commerce* l'industrie et l'agriculture sont les grands facteurs de la prospérité et de la richesse nationale* Je me ferai donc le défenseur acharné de cette puissance de notre pays, tant en travaillant à rétablissement d’un régime protectionniste qui, tout en permettant une juste concurrence de la part de l’étranger, garantira les intérêts nationaux, qu’en exigeant un système d’imposition rationnel et légitimement supportable, n’ayant rien à voir avec les inquisitions, les mesquineries et les vexations administratives de l’heure présente.

Pas de bonnes affaires sans bon Gouvernement !

Je réclamerai la réforme de notre législation afin d obtenir Ja représentation familiale qui défend les droits des mineurs, le vote et l’éligibilité des femmes, ainsi qu’une représentation proportionnelle et équitable des groupements ouvriers, commerciaux, industriels et agricoles, représentation corporative qui seule pourra garantir les intérêts vitaux et la prospérité du Pays.

Mais cette prospérité serai! illusoire sans une politique financière d’ordre et d’économie, politique du franc qui sera à la base de mon activité politique. Je combattrai de toutes mes forces l'augmentation croissante des charges qui écrasent les contribuables, en exigeant la réglementation de l’initiative parlementaire en matière de dépenses.

Electeurs !

Prononcez vous !

Voulez-vous renouveler l’expérience désastreuse de 1924 qui nous a menés aux journées tragiques de juillet 1926 et qui a mis le Pays à îa veille de la faillite et de la révolution ?

Cette fois-ci l’ expérience vous serait fatale.

Voulez-vous au contraire confirmer, à l'homme qui a assaini et relevé la Patrie, la confiance que vous lui avez accordée à l’heure du danger ?

A vos suffrages la France pourra compter ceux d’entre vous qui veulent que la République devienne* sous la domination d'une secte, un gouvernement de désordre, d’anarchie et de ruine, et ceux qui, au contraire, veulent comme nous que la République soit le Gouverne ment de tous, Gouvernement de prospérité nationale, parla concorde et la liberté,

G est un vote de confiance que partout îe Pays réclame, et, tous aux urnes, sans abstentions, vous voterez pour le seul candidat de votre circonscription ayant la confiance et l’appui de tous les partis républicains nationaux.

Vive la France !

Vive la République !

Vive la circonscription de Plaisance 3

Louis DUMAT

Candidat républicain d'Union nationale et sociale.

l,s circonscription du 15e arrondissement

M. o’ARAMON

Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.2S8 voix.

Chers Concitoyens,

Le Comité d'union républicaine nationale et sociale du 15- arrondissement à

approche des nouvelles élections, a compris toute l’importance du rôle qu'il devait remplir.

Il lui fallait comme candidat, un homme, un vrai Français, épris d’idéal, et de justice capable de comprendre l’effort de relèvement de la France et de le soutenir. Les Fédérations, les ligues, les comités, les individualités se réunirent, et quand il leur fallut désigner un candidat unique, un seul nom était sur toutes les lèvres, celui de Rerlrand d’Aramon.

i u n était, en effet, mieux qualifié que lui pour porter haut et loin l’étendard de nos idées, et pour marcher à notre tête, dans l’atmosphère de la confiance reconquise.

Elu à une forte majorité en 1910, il dut céder la place pour quelques voix seulement en 1 914, alors qu .1 stigmatisait la mollesse et l’apathie française devant le conflit européen {jn il sentait inévitable. 1 *

Verse depuis des années dans l’auxiliaire par suite d'un mauvais état de santé ii eût

pu rester bien a l’abri dans son dépôt. Mais Bertrand d’Aramon a toujours eu pouridéal ■ elre utile et servir.

C’est en première ligne qu'il combattit, attaché à un régiment d’infanterie britannique et sa belle conduite lui valut ta médaille militaire anglaise. Il dut d abord songer au ré tabassement de sa santé qui avait été trop éprouvée pour lui permettre de revendiquer aux consultations électorales qui ont suivi la paix, la place qu’un autre avait prLe

Voilà pourquoi à l’approche des élections du 22 avril qui vont avoir une importance capitale, un groupe d’amis étant venu lui demander de reprendre son poste de combat Bertrand d’Aramon a accepté l’invitation qui lui était adressée, car il aurait cru déserter son devoir en n'y répondant pas.

En ce qui concerne Bertrand d’Aramon, ce n’est pas l'ambition d’un mandat qui le guide. Pendant quatre ans, il en a connu tout le poids. Ce n’est pas davantage le souci de ss créer une situation ou de favoriser ses affaires. Il est venu collaborer à l’œuvre qui s ntl pose à nous et qui est dans une ère de paix, avec la collaboration de tous, une œuvre de redressement financier, économique et de progrès social.

En 1924, M. Herriot, du haut de sa tribune présidentielle, s’élait écrié: « Nous sommes les maîtres de ce pays. » Nous lui répondrons : Qu’en avez-vous fait’ 11 nous avait promis en conséquence de cette victoire : la suppression du double décime l’impôt sur le

capital, la déflation, la vie moins chère, des réformes sociales, la paix partout ‘ Eu un mot 1 âge d ’or.

Que nous a-t-il donné? Hélas I le quintuple décime, la panique financière, 17 milliards m ation, la livre à 249 francs, le taux de la vie encore augmenté de 100 pour 100 nas une seule reforme sociale. . . mais par contre, la guerre en Syrie et au Maroc.

1 appelez- vous le spectacle impressionnant de celte journée tragique de juillet 192)3 où e peuple de Paris venu se masser devant le Palais Bourbon, exigea le retour de l’homme que les élections du 11 mai avaient contraint de s’éloigner du pouvoir

C’est pour éviter un nouveau cataclysme, qui serait irrémédiable, que nous venons, électeurs, vous demander de joindre vos efforts aux nôtres pour sauvegarder cette Union naLionale et sociale qui maintiendra la confiance, seule capable de nous amener enfin la réalisation d’un programme de réformes vraiment sociales et républicaines.

Redressement financier :

Le problème monétaire et financier commande tous les autres. Il faut assurer l’équilibre budgétaire. Certes les progrès réalisés dans cet ordre d'idées depuis vingt mois, s'ils sont indéniables, ne sont pas encore définitifs. Il faut persévérer, achever l’œuvre entreprise, diminuer les charges fiscales et réduire le taux tout à fait excessif de certains impôts.

Après le redressement financier, le redressement économique s’impose. Pour que le pays puisse supporter le poids du budget, il faut que notre production se développe et que nos exportations se multiplient. 11 est donc indispensable d’organiser la production.

Pour adapter et parer aux conséquences de la rationalisation, il est nécessaire de réduire au plus strict minimum ruiilisatîon de la main-d’œuvre étrangère, d'accorder l’absolue priorité aux travailleurs français et do prévoir les grands travaux nationaux qui seront les meilleurs arguments contre le chômage. Il faut aussi organiser l’apprentissage avec le concours des chambres de commerce, syndicats, inspecteurs du. travail et médecins, afin que les enfants soient dirigés d'après leurs aptitudes et1 leur santé et judicieusement répartis dans les differents métiers, afin d’éviter l’encombrement dans certaines branches, tandis qu’il y a manque de main-d’œuvre dans d’autres. Les grands problèmes dé l'expansion coloniale et du retour à la terre ne sont pas lés moindres facteurs de l'organisation d« la production. Ils seront en outre un palliatif aux dangers que pourraient présenter la-rationalisation. Nous aiderons aussi au développement de la richesse générale du pays en allégeant l’Etat d’un certain nombre de monopoles dont il est incapable d’assurer le rendement.

Le progrès social :

Accroître la richesse, c’est encore lè moyen le plus sur d'assurer dans l’ordre, le progrès social. Mais l’effort nécessaire de la production ne peut s’accomplir qu’avec la collaboration de tous les éléments qui y concourront; Il ne faut pas seulement que la société assure aux travailleurs leur part dans les bénéfices obtenus. Il faut intéresser intellectuellement et matériellement le travailleur à l’objet de son travail: Il faut créer pour tous la possibilité de l’accession au eaoital ou tout au moins à la petite propriété. Il faut maintenir cl compléter les efforts de la législation protectrice du travail, il est notamment de. la plus extrême urgence de mettre rapidement en marche les rouages de la loi sur les assurances sociales qui est la cheville ouvrière de la société améliorée. Enfin, il faut: associer. l’Etat, les municipalités et les initiatives privées dans une vaste entreprise de ■constructions, d'habitations à bon marché, de suppression des taudis, d’assainissement des lotissements ot' surtout dès zones dont îl est' u rgenl de faire voter l’indemnité de leur évacuation.

Paix extérieure :

La France veut ardemment la paix. Elle Ta chèrement acquise. Pour garantir sa seca rite qui est une condition essentielle de son maintien, elle doit respecter fidèlement ses alliances et ses, ententes, et ; organiser les forces indispensables k lardéfensc de son .territoire et de ses colonies.

La nécessité primordiale en matière de défense est de conserver intacte notie puissan militaire et d'organiser nos frontières* La France sera d'autant mienx une sauvegarde P°

la paix qu’elle sera elle- même plus forte, qu'elle pourra en parlant haut et clair se faire écouter et respecter.

Paix intérieure ;

Cette paix intérieure devra régner dans le respect des idées qui constituent l’ossature (Tune démocratie. Il est essentiel d’assurer le respect des croyances, le libre exercice des cultes et la liberté absolue de pensé© comme de renseignement.

Collaboration et union :

Eviter à certaines catégories de citoyens des brimades ou des tracasseries. Le petit commerçant en est particulièrement victime avec le néfaste impôt sur le chiffre d’affaires. Donner au plus vite satisfaction aux légitimes revendications des mutilés, des gazés et des anciens combattants, ainsi qu’aux fonctionnaires qui demandent le remplacement de décrets divers et épars, par une charte fixant de façon définitive leurs devoirs et leurs droits.

Apporter de nombreuses améliorations au sort des employés et ouvriers souvent soumis à des régimes d’arbitraire et nullement protégés. Il est urgent de régler par un autre statut, la question si délicate des contrats de travail, des préavis, des vacances, etc. jusqu'à Centrée eu jouissance de T assurance sociale qui parachèvera l'oeuvre accomplie. Ces réformes et bien d'autres peuvent être obtenues, avec la solution de tous les problèmes vitaux par F union étroite et h collaboration de tous les Français,

C’est à celle entreprise de restauration financière, économique et sociale, à cette oeuvre républicain© et française -que Bertrand d’Aramon se prépare k consacrer toute son activité, toute ;son énergie et loui son coeur.

Vous savez tous qui il est, ce qu’il veut faire et quelles sont les idées qu’il représente. I! a le net sentiment des progrès sociaux à réaliser, lui qui a tant étudié en philanthrope et en homme de bien tous les degrés politiques et sociaux de notre humanité comtemporakie. Il entend collaborer de son mieux à leur réalisation, et maintenant que nous avons eu Ffeonjiêur de vous le présenter, il vient simplement vers vous avec le ferme et unique désir d'être utile à ses concitoyens, à son arrondissement, à sa patrie.

Vive la République nationale et sociale !

Le Comité d' Union républicaine Ràtiormle et sociale.

Vu, le candidat :

t BEaraAND D’ÀRAMQN

Ancien Député de la 1" circonscription du lac arrondisse ment-

2e circonscription du 15e arrondissement

M, dk TAS T ES

Elu au deuxième tour de scrutin. — 9*007 voix.

Citoyen,

Depuis huit ans, j ai l'honneur de représenter les électeurs de Necker au Conseil municipal. J’ai rempli le mandat que ceux-ci m'ont confié en m'efforçant toujours de mériter leur estime et en essayant de défendre, avec énergie, les intérêts des contribuables de la ville de Paris,

J’espère que mes efforts pour atténuer dans la mesure du' possible les injustices sociales ont abouti à quelques résultats.

Je crois avoir montré, pendant cetLe période de huit années, que j'étais un homme quir ayant toujours peu promis, a essayé de rendre le maximum de services, tant aux individus isolés qu'à la collectivité. Cette ligne de conduite, que je me suis imposée dès mon arrivée; au Conseil municipal, j ai la ferme intention de la continuer de nouveau, si vous me faites; rhonneur de m'envoyer k la Chambre des Députés. Et, de même qu’en 1919, je me suis, dans Necker, dressé contre le dangereux démagogue qu'était Tony Mi chaud, de même, en 1928, c'est contre le député sortant; le citoyen Âubriot, que je me présente, et je viens vous dire :

« — Avez- vous confiance en cet homme, dont vous connaissez la vie politique?

« En cet homme qui a trahi successivement tous ses amis? »

Aujourd'hui, 3e socialiste de 1914 se présente devant vous en se couvrant du programma de l’Union nationale. De même qu'il a trahi ses camarades de combat socialistes, de même il a déjà trahi plusieurs fois l'Union nationale en essayant à chaque occasion de donner des gages au parti communiste. Il trahira de nouveau, si vous l’élîsez, la politique qu'il défend actuellement.^

Je connais les électeurs du XVe, leur franchise, quelquefois brutale, leurs opinions, souvent opposées, ne les empêchent pas de juger sainement les hommes.

C'est ce que je leur demande une fois de plus et j'attends avec confiance la journée du 22 avril.

Vous n'ignorez pas que deux conceptions politiques entrent en lutte :

L'une procède de l'idée que la guerre et une paix boiteuse ont coûté trop cher à la France, que dans tous les domaines : financier, économique et social, il faut reconstruire; que ce travail de reconstruction ne peut s’opérer que dans la trêve des partis*

L'autre s'inspire d’un principe diamétralement opposé.

Aux ruines de l'invasion, elle rêve d'ajouter les horreurs de la guerre civile. Elle fait table rase du présent, pour y substituer je ne sais quelle dictature de classe qui transformerait la France en caser ne, |ù moins qu’elle ne la change en nécropole.

La première a pour mot d'ordre : Restaurer.

La seconde ; Détruire*

La première est une conception [réaliste, elle tient compte du temps qu'il faut à un

peuple pour organiser un outi liage , équilibrer une économie industrielle et commerciale, adapter les esprits à un idéal.

La seconde est bâtie sur les nuages : elle croit qu’on improvise un ordre social nouveau par le seul prestige des mots, qu’on peuL faire fi des ressources normales qui constituent la richesse d’une nation et qu’en substituant l’oppression à l'initiative individuelle et à l’intérêt, on peut faire descendre le paradis sur terre.

Entre les deux conceptions, il vous faut choisir*

Si vous optez pour la première conception, vous vous ralliez, par cela même, à la politique d’Union nationale, vous vous rangez du côté des hommes qui, à F abri des institutions républicaines, entendent travailler dans l'ordre et toujours à la prospérité du pays, dussent-ils momentanément sacrifier quelques-unes de leurs préférences personnelles.

Si vous optez en sens contraire, prenez garde 1

Vous adhérez à la politique de désordre préconisée par les différentes équipes révolutionnaires, vous allez grossir les troupes de fanatiques qui, pour courir après des chimères et tenter de mettre en œuvre des paradoxes, n’hésiteraient pas à dilapider l’avoir du pays et à livrer la France sans défense à la cupidité de ses rivaux.

En doutez-vous? Voyez au bord de quel abîme une politique, qui n'était pourtant que socialisante, nous avait conduits en moins de deux ans?

Il ne faut pas que les majorités s'inspirent des passions politiques, mais uniquement des nécessités nationales et sociales. 11 ne faut pas hésiter à rompre avec les méthodes surannées qui iraient à l’encontre des intérêts de chacun et conduiraient fatalement à une politique sectaire et étroite.

L’exemple de la Chambre précédente est caractéristique :

Au 11 juillet 1926 :

Le franc valait moins de dix centimes.

La livre, qui valait 70 francs le 11 mai 1924, était à 240 francs.

Par rapport au cours du 31 mai 1924, la perte subie parles rentiers et les épargnants, sur les rentes de l’Etat seulement, s’élevait à 18 milliards et demi.

Les Gouvernements se succédaient sans répit, croulaient comme châteaux de cartes, bien qu’ils aient obtenu des banques des crédits qui, rien que pour la période du 20 juin 1924 au 2 avril 1925, s’étaient élevés à 6 milliards 269 millions de francs et 100 millions de dollars.

17 milliards et demi d’inflation en quinze mois, presque autant que pendant tonte la guerre, avaient crevé le plafond des billets de banque.

La panique gagnait tout le pays. Le crédit publie était menacé.

Pour le sauver, certains osaient jusqu’à proposer la ratification, sans garanties, des accords relatifs aux dettes interalliées dans l’espoir d’obtenir des crédits, ce qui, tout simplement, aurait eu pour résultat de placer la France pendant soixante-deux ans sous la tutelle financière et économique de l’étranger.

Voilà où nous avait conduit une politique de partisans à courte vue qui devait valoir aux contribuables une surcharge de 11 milliards d’impôts nouveaux.

Heureusement, le pays veillait*

Le redressement national ne fut pas autre chose que le sursaut du sentiment populaire et du bon sens public.

Le Gouvernement actuel incarne l’instinct de défense et la volonté de relèvement qui, seuls, permettent à un peuple, quand les circonstances l’accablent, de ne pas mourir.

L’Union nationale était faite.

Quelle fut son œuvre?

La livre est revenue à 124 francs.

Notre franc connaît, depuis plusieurs mois, une stabilité qui a fait renaître la confiance -et la sécurité.

Le 3 0/0 dépasse 68,

Notre trésorerie est dans l'aisance.

Le budget est en rigoureux équilibre.

Notre dette fîoitjmte est en voie de consolidation.

Vis-à-vis de' Vè Iran gerj nous conservons notre indépendance.

Des crédits extérieurs s’offrent à nous d'eux-mêmes.

Malgré cette grande amélioration dans tons les domaines* est-ce dire que la tâche est terminée ôl qu’il ne reste plus qu’à S'endormir sur des lauriers ?

Bien au contraire , car rien ne sera fait tant qu’ü restera quelque chose à accomplir.

Le redressement financier, si miraculeux qu'il paraisse, n’est qu’amarejé,

M faut créer et mettre au point notre outillage national. Il faut résoudre les questions sociales, qui* tant qu’elles restent pendantes, s’opposent à la loyale collaboration de toutes les classes de la Nation.

Or, sans celle collaboration , aucun progrès sensible ; la France devrait se résigner à rester en remorque, distancée partout et dans tous les domaines par ses rivaux économiques.

Ce travail ne peut s accomplir que dans la paix sociale. Seule, elle peut assurer le calme nécessaire à un effort collectif, seule, elle peut reclasser les valeurs sociales bouleversées par la guerre, seule, elle peut aboutir à ses résultats immédiats et pratiques*

A la place de cette politique d’ordre, de méthode et de bon sens, que proposent les partis révolutionnaires ?

L abolition de la propriété privée* la confiscation de l’épargne, c’est-à-dire des fruits du travail lentement économisés, souvent au prix de longues privations.

La mainmise de l’Etat irresponsable sur toutes les sources de la production et sur toutes les formes de travail.

Le monopole érige en dogme d'ElaL

L’établissement du collectivisme pari t révolution.

Ne soyez pas dupes.

A ceux qui aperçoivent les dangers d’une politique d’aventures et de désordre, je dis ;

Les républicains de toutes nuances, qui ont, par dessus tout, le souci des intérêts sacrés de la patrie, doivent rester unis. Qu’ils laissent de côté les questions — toutes secon « daims — qui ont pu les diviser dans lo passé.

Qu’en présence du danger commun, ils oublient leurs petites querelles d’ amour -propre.

Poursuivons, l’œuvre du redressement national si heureusement commencé, et pour cela, empêchons J a révolution d’élargir ses gains et d’etre eu mesure de faire pression sur les pouvoirs publics.

Au point de vue financier ;

Il faut assurer définitivement la stabilisation légale de Ja monnaie pour mettre fin à l’instabilité des prix.

Industriels, commerçants, ouvriers, employés, fonctionnaires* rentiers, doivent pouvoir

vivre enfin dans la sécurité,

Au point cle vue fiscal :

* Il indispensable d'arriver à une répartition plus équitable des charges supportées par les contribuables*

Remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe à la production.

Diminution des droits de mutation sur la propriété immobilière et fonds de commerce.

11 faut procéder à un meilleur aménagement des impôts, en s'inspirant des principes mêmes qui sont à la base de toute démocratie.

Au point de vue économique :

Il faut accorder à notre industrie, à notre commerce, une protection douanière, qui, tout en sauvegardant la production, tienne davantage compte des intérêts' des consommateurs.

Il faut assurer une application de k propriété commerciale dans un large esprit d’équité.

Au point de vue social :

H faut mettre fin à la crise irritante du logement, par l'adoption rapide d’un programme de cona truc ton qui, sans imposer au budget des charges nouvelles, lesquelles retomberaient immédiatement sur le contribuable, permettra une solution rationnelle du problème national de l'habitation.

Il faut perfectionner, compléter nos lois de protection, d'assistance et de prévoyance, en faveur des travailleurs de toutes catégories et notamment des vieillards dont la situation est digne de pitié,

II faut, par une législation appropriée, encourager le développement de P artisanat, qui met en valeur les qualités d’ intelligence et d’initiative de notre pays et, en plus, permet à l’ouvrier de s'affranchir du salariat*

Au point de vue confessionnel î

II faut assurer ja laïcité complète de l'État parce qu'elle représente pour les vrais républicains, la plus pure garantie de k liberté de conscience.

Je désire que ses lois soient appliquées avec justice et dans un esprit libéral, à la Française.

La liberté de la pensée, La liberté de la croyance., 1a liberté d'élever ses enfants comme i! lui plaît, sont les privilèges indispensables à tout Français qui en assumant les responsabilités elles chargea d’un foyer assure la continuité de notre race. C'est a ce prix, qu’il acceptera loyalement et sincèrement d’observer et de faire observer par les siens, les lois républicaines préparées et délibérées pour assurer, k liberté* l’égalité et la fraternité de tous. La guerre nous a montré que le respect de toutes les croyances était l'honneur d'un peuple libre.

Au point de vue international :

Il faut avant tout gagner la paix. Ce qui peut réunir les républicains de tous les partis* cest un égal besoin d’ordre à l’intérieur et de sécurité sur les frontières, qui sont les manifestations visibles de k paix entre les hommes.

Ancien combattant, ayant vu sur le front, pendant quarante-quatre mois l'effroyable catastrophe qu'est la guerre, je suis autant attaché à la paix que tout autre Français, maïs je wiû refuse à toute improvisation dangereuse. L'Europe reste dans un état d’équilibre encore très incertain.

ber rapproche ment des peuples est la seule méthode sûre, j’en suis partisan.

Mais il n'y a pas d'autre procédé pour rapprocher deux peuples d'une manière sincère et durable, que d’éliminer les causes de conflit.

Ainsi à Locarno, le j-ouv même où était signé l'accord qui a amené une détente nécessaire entre 1 Allemagne et la France, la France seule a garanti par un traité spécial les fronhères de k Pologne et celles de la Tchécoslovaquie. Mais T Allemagne a toujours refusé et infuse encore de considérer ces frontières comme définitives,

N est-il pas dès lors tout indiqué de chercher avant tout à éliminer cette grave cause de conflit possible ?

Et alors, n'est-il pas essentiel de rechercher la solution du différend, tant qu'elle peut être étudiée sans risque de guerre : c’est-à-dire, tant que nous sommes sur le Rhin ?

L'mtërêt même de la paix nous commande de ne pas évacuer le Rhin sans q ne la question des frontières orientales de l'Allemagne soit réglée* Agir autrement, c’est aller au-devant de dangers certains pour la paix.

J’ajoute qu'il ne me semble pas possible qu'il y ait deux manières de considérer la paix, une avec l'Allemagne, l’autre avec f Italie, Si on veut le rapprochement franco-allemand, il faut aussi vouloir sincèrement le rapprochement franco-italien.

Nous pourrons poursuivre d’autant plus audacieusement le rapprochement des peuples que nous serons mieux en mesure d’assurer, par nos propres moyens, notre défense nationale.

Enfin, je considère que la Nation ne doit jamais oublier les hommes qui se sont sacrifiés pour elle sur les champs de bataille, La France a une dette sacrée vis-à-vis des combattants, des mutilés, des prisonniers de guerre, il importe de régler cette dette aussi complètement que possible.*

Telles sont les grandes lignes de mon programme.

Fermement convaincu de votre patriotisme, de votre désir de paix civique, de votre sens des grandes réalités nationales et sociales, jetais que je puis compter sur vous comme vous êtes en droit de compter sur moi.

Vous avez hâte d’en finir avec la situation incertaine et angoissante qui, depuis la guerre, est celle de votre pays.

Vous savez qu’il îTy a rien h attendre des partis de révolution.

Vous ferez abstraction de ce qui peut vous diviser et vous vous rallierez sur mon nom. à la seule politique constructive, à la politique d’Union Nationale.

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