M. BOUCHERON
Elu au deuxième tour de scrutin, — 4.460 voix.
JVolre politique.
Au lendemain de la guerre, la France se trouvait en face d’une paix boiteuse et de problèmes financiers économiques et sociaux dont la solution dépassait presque les possibilités humaines.
Les réparations restaient à notre charge; le payement des dettes internationales pesait sur le pays; les caisses étaient vides ; les démobilisés sans travail.
Les mêmes blocs politiques de t919 restent en présence :
l Celui des communistes et des socialistes unifiés qui, dans une action de guerre civile et de suppression des libertés, veulent orienter le pays vers la catastrophe.
2® Celui de la politique républicaine de Poincaré, qui essaie de reconstituer une France imparfaite, mais vivante, régénérée, et plus grande que celle léguée par la génération précédente.
No 3814
L’abandon momentané de ce programme* en 1924, a amené la France au bord du gouffre* les causes de l'Etat vidées; les fonctionnaires sur le point de n'être plus payés; le chômage partout; les affaires ralenties; la faillite prochaine.
Aujourd'hui, les chefs de tous les partis, persuadés que seule la politique d1 Union nationale peut permettre le relèvement, se sont serrés autour de Poincaré; reconnaissant Fi m possibilité de faire autre chose que ce qu'il préconise :
Marin et ses troupes modérées ;
Briand et sa propagande pacifiste;
Painlevé et sa réalisation du service militaire diminué;
Herriot et Franklin-Bouillon et leur politique d' Union nationale ;
Même Paul-Boneour, Albert. Thomas et Jouhaux, chargés par Poincaré de T organisa» bon de la Société des Nations et de celle du Travail.
Nous vous demandons, électeurs, de faire abandon de vos préférences, d'oublier momentanément vos différences politiques, vos préventions, vos sentiments particuliers, pour contribuer à la restauration financière, économique et sociale.
Nous vous convions à imposer la paix intérieure et extérieure, L'apaisement des haines, la justice sociale, en un mot, la reconstruction de la France.
Le Comité.
Progra m m e fi na n c ier .
Tous les partis sérieux sont d'accord pour estimer que l'expérience Poincaré doit se continuer.
La stabilisation doit se faire suivant les circonstances et la situation. S'il est intéressant de la réaliser, pour mettre lin à la stabilité des prix, il faut la réaliser en préservant les petits rentiers, les retraités, et prévoir sa répercussion sur les dettes extérieures,
il faut assurer V équilibre budgétaire ;
Régler la question des dettes extérieures.
Le sang versé par la France doit recevoir une compensation de la part de ses alliés.
La France libérale vient d'annuler une partie de la dette roumaine.
II est nécessaire d'arriver a une répartition plus équitable des charges supportées par les contribuables.
Il faut exonérer à leur base les impôts, pour permettre le prélèvement du minimum indispensable à la vie, l'exonération de 7.000 francs actuelle étant insuffisante.
Les impôts de mutation sur la propriété immobilière et sur les fonds de commerce doivent être diminués et transformés, leur chiffre actuel ayant fait disparaître la presque totalité des transactions.
Remplacement de la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe à la production.
Au point de vue économique :
Il faut que les mandataires parisiens luttent contre les lois douanières, dressant la campagne contre la ville, et imposant à celle-ci une vie plus chère. Lois notées par les députés ruraux de tous les partis.
L’ouvrier et le consommateur des villes paient Ja plus grosse partie des impôts, il est inadmissible qu’ils soient surchargés par la vie chère.
Vie chère :
Diminution des droits d'octroi, des droits de douane, des droits de transports, etc,, sur les denrées indispensables à la vie.
Loyers :
La question des loyers ne peut être résolue par des lois ou par des décrets.
Programme de construction par l'Etat :
mais par la construction de maisons, mais sans Faire retomber sur le contribuable, sous forme d’impôts, le prix de ces cons truc Lions*
Assurances sociales ;
Tout être a droit à la vie, à l'abri et au pain.
Les fonctionnaires ont tous une retraite, — il ne doit pas y avoir deux catégories de Français; tous doivent être préservés.
Les assurances sociales étendues viennent de recevoir une première application par le Ministère Poincaré,
Elles doivent être complétées, *
Colonies :
Elles doivent être mises en valeur tant matériellement que pour compenser la natalité inférieure de notre pays.
Défense nationale ;
Allégement des charges militaires, mais dans les conditions indispensables aux nécessités de la défense nationale.
Démocratie :
Liberté de conscience la plus entière dans le cadre des lois existantes.
Plus d antagonisme philosophique, confessionnel ou moral entre ceux qui ont revêtu le même uniforme.
Suffrage des femmes :
Pour leur permettre de défendre leur foyer et leurs droits.
Suppression de la haine entre nations comme entre individus. Société des Nations, Mesures en concordance avec les autres nations, mais sans duperie et avec les contrôles les plus absolus. Opérer vis-à-vis de l'Allemagne comme celle-ci Ta fait en ,1 870 pour la France, — L'évacuer au fur et à mesure de ses payements,
La famille :
Aider matériellement les familles nombreuses ; ne pas se contenter de la suppression de quelques francs d'impôts.
Gratuité de tous les enseignements pour les enfants des familles nombreuses, en attendant la gratuité générale.
Anciens combattants ;
Continuer l'œuvre de Poincaré, qui a augmenté de 890 millions de francs les pensions, Mettre celles-ci en concordance avec le coefficient du prix de la vie.
Entente absolue avec les grandes associations, ,
Telles sont les grandes lignes de notre programme.
Elles sont insuffisantes, nous le savons, d’autres problèmes existent ou se présenteront, ils seront étudiés, dans le même état d’esprit par une liaison constante avec les électeurs. Ils seront dominés par un désir de faire prévaloir l'intérêt général à l'intérêt particulier.
Nous sommes persuadés que vous ferez appel à votre esprit d’abnégation et de particularisme, pour ne penser qu'à l'intérêt générai et à celui du pays,
« Pour le réaliser :
*c Si Ton pense que nous sommes dans la bonne voie, il faut nommer des représentants qui s'engagent à nous soutenir, » Poincaré. {Discours de Bordeaux, }
j Le Secrétaire du Comité *
Vu j ie Candidat : Gbobges BOUCHERON
Avocat à la Coor d’appel do Paria.
Chevalier de la Légion d’honneur, — Crois de guerre.
ïfe circon»cription du 16* arrondissement. Mi ÉVAIN
Élu au deuxième tour de scrutin, — 11*199 voix.
Mes chars Concitoyens,
Enfin, la parole est au pays ï
Pendant deux ans, il a assisté, plein d'angoisse, aux agissements des maîtres qu’il s’était donnés en mai 1924 et dont il ne pouvait plus arrêter les excès. Que d'événements précurseurs d'heures tragiques l la présidence de la République mise en jeu, la reconnaissance des Soviets et les émeutes fomentées à Marseille, à Paris; les prébendes des Sarrail, des Viollette et des Varenne; les deux guerres de Syrie et du Maroc ; les entreprises marquées au sceau de la mystique eartelliste qui menaçaient toutes nos institutions, qui frappaient le statut de la famille, inquiétaient les consciences, qui attaquaient le commerce et l’industrie, qui forgeaient contre le contribuable de terribles engins d’inquisition et déchaînaient ainsi à travers toute la France cette crise formidable de confiance et nous amenaient à la journée tragique du 2t juillet 1926.
Quel soupir de délivrance lors du retour au pouvoir de M. Poincaré ! La France respirait enfin*
Il ne faut pas que cela recommence.
Voilà pourquoi le choix de la Ligue républicaine nationale, de la Fédération républicaine, de l'Union libérale républicaine et de la Ligue civique m'a valu 1 honneur d elre désigné pour défendre le drapeau de l’Union nationale contre les tenants de la politique
carielliste abhoréc; ils savent querx cas de nouveau danger, je combattrai ces entreprises néfastes avec la même énergie qu'il y a deux ans.
Vous me connaissez depuis vingt-huit ans, Dos 1900, vous me chargiez de représenter le quartier d’Àuteuîl au Conseil municipal et vous m'avez .réélu en lOOi, en 1908, en 1912 à. des majorités sans cosse accrues.
Aux jours sombres de 1914, prêchant d'exemple, je suis parti défendre notre soi envahi bien que dégagé de toute obligation militaire.
À mon retour, en 1919, nommé président du Conseil municipal, chargé d’ouvrir les portes de Paris à nos troupes victorieuses, vous m'avez confié le mandat de déppté,. et pendant plus de huit années, je nTai cessé d’être sur la brèche pour lutter contre le Cartel.
Comme hier, je veux la République accueillante à tous*
Je veux les Français libres dans leurs croyances et libres d'élever leurs enfants à leur guise.
Je veux la Paix ; mais je veux la France assurée de sa sécurité et à l’abri de toute attaque nouvelle.
Je veux Ju Paix entre les Français : paix religieuse basée sur la Liberté dans le droit commun; paix sociale, car je répudie la lutte des classes; je veux la coopération confiais du. travail et du capital, l'amélioration progressive du sort des travailleurs, la mise au poirt des assurances sociales résolue par la coopération de l’Etat et des sociétés de secours mutuels.
Mes chers Concitoyens T
Voici l1 heure décisive. Le pays va dicter sa destinée. Le dilemme est le suivant :
Ou continuer jusqu’à parfait relèvement l’œuvre de redressement financier et économique du président Poincaré, j
Ou revenir à cette « idéologie financière » du Cartel qui nous a conduits à deux pas de la ruine et dont le retour nous mènerait infailliblement à la Révolution*
Votre choix est fait* Vous vous prononcerez pour la continuation de F œuvre de Poincaré*
De toute mon âme j’ai lutté avec lui contre les Gartellisfcs, et j'ai été parmi ses plus fidèles soutiens.
Vous me confierez l'honneur de rester auprès de loi le défenseur de ïa Muette-Auteuil.
Vive la France l Vive la République I \ ive la liberté !
Emmanuel ÉVAIN
Avocat à la Cour de Paris*
Ancien président du Conseil municipal.
Engagé volontaire pour la durée de la guerre.
Député sortant*
2e circonscription du 16e arrondissement.
M. de LÀSTEYRIE
Elu an deuxième tour de scrutin, — 4,835 voix.
Au coars de la dernière législature, le Cartel a failli conduire la France à la ruine ,
Grâce â M. Poincaré et a la politique de P Union Nationale, le pays a été préservé de I& catastrophe et a réalisé un redressement qui atteste sa vitalité.
Chacun sent que 'l'œuvre commencée est bien loin d'être terminée ; il faut Fâche ver-.
Seul îe maintien d'une politique d'unicn imtionâïey de concorde et de paix sociale penne Ltra d y parvenir.
Voici les grandes lignes du programme que je défendrai au Parlement :
Politique extérieure :
La France veut la paix dans la sécurité et le respect des traités,
J’estime qu’elle doit continuer à s’associer à Fceuvre poursuivie par la Société des Nations mais que dans l’état actuel de l’Europe, ce serait insensé d’envisager des mesures de désarmement prématuré pouvant compromettre notre sécurité, que d'accepter l’évacuation anticipée de la Rhénanie, tant que la France n'aura pas obtenu les satisfactions auxquelles elle a droit.
Je suis opposé à la ratification des accords sur les Dettes Interalliées ot demande que cette question des dettes interalliées soit réglée en connexité avec les payements de l'Allemagne*
d'estime également qu’il est impossible d’entretenir avec la Russie d-es relations diplomatiques normales tant que le gouvernement des Soviets n’aura pas reconnu les droits des porteurs de fonds russes et renoncé à faire de son ambassade à Paris ie centre d’une agitation révolutionnaire.
Politique intérieure :
Je suis partisan de la révision de la Constitution par le renforcement du pouvoir exécutif et la limitation dé Pmitiativo parlementaire.
Il m’apparaît plus que jamais nécessaire de restaurer dans l’Etal lés principes d’ordre el d’autorité — de réprimer énergiquement les menées coh. muni stes — de dissoudre les syndicats illégaux de fonctionnaires,
L’Etat doit assurer à ses fonctionnaires des situations matérielles en rapport avec l’importance de leurs service : mais il doit s’efforcer d’améliorer leur rendement.
Je préconise enfin la réforme administrative et une large décentralisation ainsi que le vote des femmes et le vote familial.
Politique religieuse r
La politique anticléricale a fait à notre pays un mal incalculable j au temps du Cartel elle a provoqué en Alsace ummalaise profond.
Respectueux de toutes, les croyances dans un large esprit de tolérance, profondément
attaché à la liberté de conscience, je suis partisan de F abrogation de toutes les lois d’exception, du retour au droit commun pour les congrégations, notamment en ce qui concerne le droit d'enseigner.
Je suis partisan d’une large 'politique sociale. Le meilleur moyen de combattre le communisme, c’est de s’efforcer de supprimer les causes de mécontentement, d’améliorer le sort des travailleurs et des classes moyennes.
Je demande :
— L’application de la loi sur les Assurances sociales et les Retraites ouvrières en faisant appel au concours des Sociétés do secours mutuels et en repoussant la création de tout nouvel organisme bureaucratique ;
— L’encouragement par l’Etat et les municipalités à la construction de logements à bôn marché et d'habitations à loyers modérés ; — la lutte contre le taudis ; — l’amélioration des lotissements et le règlement équitable de la question des loyers à l'expiration des lois de moratorium ;
— L’aide plus efficace aux familles nombreuses (sursalaire familial ; primes d’accouchement; dégrèvements d’impôts);
— La lutte contre la tuberculose et les fléaux sociaux ;
— Le développement de l’apprentissage ;
— Le contrôle de la main-d’œuvre étrangère, nécessaire surtout dans les [professions où il y a du chômage.
Politique économique :
L’Etat doit encourager h développement de la production, favoriser la mise en valeur de notre domaine national et colonial*
Il no doit en aucune façon se substituer aux initiatives individuelles*
Je suis résolument hostile au socialisme d’Etat, ainsi qu’aux monopoles improductifs. C’est moi qui ait fait voter la suppression du monopole des allumettes : il est lamentable de penser que le Cartel l’a rétabli dans un but exclusivement électoral.
Je suis également opposé aux droits de douane excessifs qui peuvent faire renchérir le prix de la vie.
Politique financière :
Les charges fiscales sont actuellement écrasantes. Il faut chercher à les diminuer par un programme rigoureux d’économies, par une politique d’argent bon marché.
Les impôts qui pèsent sur le pays sont d’autant plus lourds que trop souvent ils sont mal assis et inégalement répartis.
Dans les limites compatibles avec l’équilibre budgétaire, il faut reprendre en sonsoeuvre notre législation pour supprimer les abus de l’inquisition fiscale, les excès de fimpôt personnel.
Il ^faut simplifier et coordonner nos différent* impôts : généraliser le système du forfait que j’ai fait voter en 1921 — établir partout où ce sera possible la taxe à la production*
11 faut remanier les hases des impôts sur les valeurs mobilières, sur les mutation* d’immeubles, sur les fonds de commerce : certains tarifs sont tellement lourds qu ils arrêtent les affaires.
Il faut réaliser l’égalité fiscale par la révision du cadastre* J’ai fait voter celte révision en 1924; le Cartel, en arrivant au pouvoir, l’a ajournée sine die ,
Commerçants et industriels ont besoin de la sécurité du lendemain*
pour la leur donner, il convient de régler sans retard et d’une façon équitable la question toujours pendante de la propriété commerciale et des baux. Il faut reviser les taxes qui pèsent sur le commerce et l'industrie, spécialement la taxe de luxe.
Gens de maison, concierges , chauffeurs demandent le droit d’éligibilité aux fonctions publiques, la salubrité des logements, l'application des lois sociales, la protection de la main-d'œuvre française, le délai-congé, etc,.. Je suis favorable à ces desiderata et suis convaincu qu'il sera possible de les faire aboutir sans troubler la bonne harmonie qui dans l’immense majorité des cas, existe entre les employeurs et leur personnel.
Anciens combattants, pensionnés de guerre. — Le renchérissement de la vie provoqué par l'inflation a rendu leur situation particulièrement pénible. Nous nous efforcerons de l’améliorer et de faire droit, dans toutes les limites compatibles avec notre situation budgétaire, aux desiderata présentés par les associations compétentes*
Telles sont les grandes lignes de mon programme*
Si les électeurs de la 2e circonscription du 16* veulent bien m’accorder leur confiance, ils peuvent être assurés que je me consacrerai de toute mon énergie à la défense de leur* intérêts et de ceux delà Ville de Paris, à la défense des intérêts généraux du pays,
CHARLES de LASTEYRIE
Chevalier de la Légion d'honneur,
Ancien Ministre des Finances,
Candidat républicain d'union nationale.
V * circonscription du 17a arrondissement.
M. SCAPINI
Élu au deuxième tour de scrutin* — 10.550 voix.
Monsieur,
Dans la plupart des programmes électoraux, les candidats se bornent trop souvent à critiquer les législatures qui les ont précédés, sans se préoccuper d'un programme constructif.
Sans avoir la prétention de posséder la science universelle ni de vouloir résoudre ici tous les problèmes de l’heure, j'ai seulement le droit et le devoir de vous faire connaître les Idées que je défendrai au Parlement, si vos suffrages m’y conduisent.
Les principes essentiels en sont ;
La défense de îa patrie et le problème de la paix;
La défense de la famille, cellule vitale de la société;
La défense du travail et l'organisation de la production nationale ;
La défense de l’ordre.
A ces quatre grands chapitres vient naturellement s’ajouter le chapitre de la politique financière, qui conditionne les antres, comme, d'ailleurs, ils se conditionnent eux-mêmes.
L'étude complète de ces divers problèmes exigerait des volumes. Je me contenterai, dans ce programme électoral, d’en esquisser simplement les grandes lignes.
Ii. — La défense de la pairie et le problème de la paix,