‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 272 sur 336 · M. BLOUD · texte numérisé non relu

M. BLOUD

Elu au premier tour de scrutin. — 5.150 voix.

Mes chers Concitoyens,

tous vos élus, un grand nombre d'entre vous, membres des comités républicains nationaux, libéraux et anlicartellistes de Neuilly, rangés sous un seul drapeau d’union nationale, oie font le grand honneur de poser ma candidature à la députation dans la 9e circonscription de Saint-Denis.

J aî apprécié avec reconnaissance ce geste délicat d’affection, m'apportant, après tant d autres, une nouvelle preuve de confiance ; toutefois, j'avais réservé mon acceptation, désirant que le parti politique auquel j'appartiens : La Fédération républicaine , fît un choix, pour la circonscription de Neuilly, entre des candidats aux mérites égaux, pouvant revendiquer certains droits qu’ils croyaient acquis.

La Fédération républicaine, présidée par le Ministre Louis Marin, a décidé : élis m accorde un appui sans réserves; dès 1912, chers Concitoyens, vous m'avez largement accordé le vôtre. C’est maintenant un devoir pour moi de défendre, de faire triompher, une (ois de plus, a Neuilly, vos opinions tolérantes et patriotiques.

Depuis près d’un demi-siècle,, je vis avec vous. Conseiller municipal, conseiller général, maire de Neuilly, c'est un passé politique et administratif déjà long,; j’.ÿ ajoute la profonde gratitude que je dois à votre confiance tant de fois manifestée. Tels sont les titres que j'invoque, avec fierté, en répondant à votre cordial appel*

CherSi Concitoyens,

Edouard Nortier, mon illustre prédécesseur, a trouvé dans son mandat de député un puissant moyen de servir utilement vos intérêts ; ma lâche n'est pas moins lourde, un surcroît d'autorité me sera précieux, ne fût:ce que pour construire l'hôpital communal dont vous avez rambïtion de doter Neuillv,

Electeurs, j’attends de vous le plus émouvant témoignage qu’un élu puisse demander à ses amis * celui de la fidélité.

Je vous donne rendez- vous pour le 22 avril. Ce jour-là, comme toujours, les électeurs de notre chère commune manifesteront avec éclat leur volonté de voir se poursuivre en France une politique .nationale d'économie et de justice, d’ordre, de progrès social, Jde paix religieuse et de liberté pour tous.

Vive la France î

Vive la République !

Vive NeuîUy 1

Edmond BLÜÜD v

Kditaur.

Mûire de Koùitly. — Gonsefiler, général de la Seiae.

Mô K. PROGRAMME.

Si vous me faites l'honneur de m’envoyer au Parlement, je m’eÉbrcërai de vous y servir en honnête homme et en bon Français.

Ennemi des promesses fallacieuses, des engagements imprécis et trop souvent contradictoires, je, vous épargnerai la fastidieuse énumération des questions à l’ordre du jour et lenoncé des solutions qui, pour chacune d’elles, me semblent les meilleures. En aucun temps, il n’a été aussi présomptueux de prétendre résoudre des problèmes, dont l’aspect varie sans cesse, par dès mesures décidées a priori et qui risquent, à l'expérience, de se mo n t rer in op é ra m t ee .

Mon programme est municipal, départemental, national.

Dans notre agglomération parisienne, tout se tient. Améliorer les transports en commun, faciliter la construction, assainir les lotissements, organiser plus rationnellement l'assistance aux malades, aux vieillards, aux indigents, c'est l’unique moyen d'opposer une solide barrière aux assauts de la Révolution. Pour arrêter dans la banlieue rouge les progrès du bolchevisme, il faut des réalisations, non des discours, ni des violences.

A Neuilîy, nous avons l’ambition de créer un hôpital, d’ouvrir une section payante dans notre hospice des vieillards, àe poursuivre, d'accord avec des associations locales, la construction d'immeubles à loyers modérés. Nous voulons faire aboutir le projet de construction d’un chemin de fer souterrain, achever l’urbanisation de notre Banlieue-Ouest, depuis !a porte Maillot jusqu'à Saint-Germain, prolonger la Seine maritime depuis Rouen jusqu'aux abords de Paris, Ces résultats ne pourront être obtenus que par une étroite collaboration de la commune, du département, de l’Etat, de tous vos élus en un mot.

Ea politique intérieure du pays, au cours de Ta prochaine législature, doit être dominée par cette préoccupation unique : maintenir, consolider la confiance, si magnifiquement rétablie par M. Poincaré, mais toujours précaire.

C'est dire que, plus que jamais! les lois doivent être tutélaires et jamais oppressives. L’esprit dans lequel elles sont appliquées importe autant que leur texte. Toutes les libertés et, en particulier, la liberté d’enseignement qui les symbolise, doivent être respectées et défendues, s’il le faut, contre toutes les attaques, La propriété individuelle, les droits de la famille demeureront intangibles. Les lois de progrès social seront maintenues, complétées, adaptées aux exigences économiques, ruais avec la préoccupation constante de rendre toujours plus intime et plus confiante la collaboration des classes,

Dans cette atmosphère, le redressement financier s’opérera sans heurt. Les rapports normaux entre propriétaires et locataires, employeurs et employés, patrons et salariés, commerçants et consommateurs, se rétabliront par le retour sagement progressif au droit commun. Ainsi, seulement, disparaîtront des antagonismes, plus superficiels que profonds, mais dont savent abuser les profiteurs du désordre et les semeurs de haine.

Forte de cette concorde intérieure, la France pourra montrer devant le monde son vrai visage qui n’est, à aucun degré, impérialiste, mais pacifique. Nul ne s’étonnera que, justement préoccupée de sa sécurité, elle conserve intacte son armature militaire, tout en collaborant, au premier rang, à l’oeuvre de la Société des Nations. Aussi longtemps que celai- J n’aura point de puissance coercitive, aucun peuple, soucieux de ses destinées, ne consentirait à désarmer. Nul abandon de nos droits, nul fléchissement de nos exigences légitimes ne facilitera, au contraire, le rapprochement franco-allemand, nécessaire à nos yeux, mais qui ne saurait avoir pour base la faiblesse d’un côté et la déloyauté de l’autre. Nous rappellerons sans cesse à nos alliés la solidarité de nos dettes à leur égard et des dettes contractées envers nous par nos anciens ennemis, nous exigerons que leur règlement s’opère dans l’équité et dans le respect de droits chèrement acquis.

La dernière législature a vu surgir trop de projets chimériques, de calculs vertigineux, d’hypothèses aventureuses? Depuis l’avènement au pouvoir du grand Français Raymond Poincaré, nous revenons au simple bon sens. 11 faut nous y maintenir.

G’ est par des procédés analogues, dans une sphère infiniment plus modeste, que nous avons pu, en peu d’années, mes Collègues et moi- même, restituer notre commune son entière prospérité d’avant guerre. Délibérément, nous avons écarté de nos débats les questions irritantes, nous avons travaillé en plein accord, nous avons eu, sans nulle préoccupation d’ordre électoral, le courage fiscal chaque fois que cela a été nécessaire.

Ces méthodes organisatrices, dédaigneuses de toute publicité, de toute prétention doctrinaire, j’ai l'ambition d’y rester fidèle, et, fort de votre approbation, de les défendre,

Edmond BLOUD

Candidat d* Union nationale.

10e circonscription de SAINT -DENIS.

(Cantons de Colombes et de Courbevoie.)

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