‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 280 sur 336 · M. BUREAU · texte numérisé non relu

M. BUREAU

Elu au premier tour de scrutin. — - 13.932 voix.

Mes chers Concitoyens,

Notre 3e circonscription du Havre m'a élu député en 1910. Elle m’a réélu en 1914* Ee 1919» au scrutin de liste, j’ai été nommé le deuxième député du département* Il en a été de même en 1934. Enfin, au conseil général, mes collègues m'ont porté a la vice-présidence.

C'est avec la légitime fierté de ce passé que je viens solliciter de vous, pour la cinquième fois, le renouvellement de votre confiance et de votre amitié.

Vous savez mon attachement à l'idéal républicain; j ai fait partie du Gouvernement Je suis, à la Chambre, vice-président du Groupe des républicains de gauche.

Or, être républicain de gauche, cela, en vérité, n’oblige à être, ni un homme de discorde, ni un homme de désordre. Le grand Parti de l'alliance démocratique, fondé par Adolphe Carnot, me donne son investiture, je suis membre de son comité directeur; notre programme consiste à poursuivre une politique de redressement financier et d'union nationale, et aussi à barrer la route aux partis de révolution sociale et à leurs alliés.

La politique d^ Union nationale républicaine s'inspire de bon sent .

Lorsque la guerre a éclaté, je suis parti avec mes camarades pour défendre le pays* Nous avons connu les horreurs des champs de bataille, et lorsque nous sommes revenus, nous avons vu des deuils, des larmes et des détresses.

Associons nos efforts pour éviter que les atrocités et les misères de la guerre recommencent, Je suis père de famille, et je sens avec vous nos devoirs envers la jeunesse qui veut vivre et fonder des foyers.

Félicitons notre Gouvernement qui s’efforce, tout en maintenant avec nos alliés d’hier des rapports étroits, et en assurant les indispensables moyens de défense éventuelle de notre territoire, de nouer avec nos anciens ennemis des rapprochements nécessaires. Encourageons l'œuvre de la Société des Nations ; souhaitons qu’elle dispose le plus toi possible de 1 élément de contrainte effective qui lui manque encore et grâce auquel elle pourra faire respecter les engagements réciproques que les peuples auront pris devant elle.

Mais, si nous pratiquons avec raison vis-à-vis de tous les étrangers la politique de la main tendue et vis-à-vis des Allemands la politique de l'oubli, faut-il que nous pratiquions entre Français la politique du coup de poing? Ceux qui la veulent n’obéissent-ils pas à un sectarisme insensé? Partagent-ils les sentiments de M, Léon Rlum qui applaudissait au pacte de Locarno, mais qui criait en pleine Chambre aux républicains nationaux : « Je vous liais I » N’admetteïft-iîs la conciliation qu’au delà des frontières?

Sont-ils incapables de fraternité à l'intérieur?

La politique d* Union nationale s'inspire de V expérience.

En 1924, la majorité du Cartel, majorité de combat , a triomphé aux élections.

Elle avait pour se faire élire, multiplié les promesses. Elle avait promis aux commerçants de supprimer l’inquisition fiscale et la taxe sur le chiffre d’affaires. Elle avait promis

aux employés et aux ouvriers de supprimer l'impôt sur les salaires* Le double décime devait disparaître, le coût de la vie devait diminuer, les gros spéculateurs et les mcrcantîs de la guerre devaient rendre gorge* . *

J. or qu’elle a été en possession du pouvoir, elle a doublé la taxe sur le chiffre d'affaires et renforcé l'inquisition fiscale* Elle a maintenu l'impôt sur les salaires* Le double décime est devenu le quintuple décime dans la nuit du 4 décembre 1925, où nous avons vu établir même des impôts rétroactifs. Les gros profiteurs de la guerre n’ont ; as été poursuivis, mais des petits commerçants ont été inquiétés pour donner le change* La cherté de la vie s'est accrue.

Le Cartel a procédé à des inflations massives : quatre milliards le 14 avril 1925, six milliards le 25 juin 1925, un milliard et demi le 23 novembre 1925, six milliards le 5 décembre 1925. Au total : dix-sept milliards et demi. On se rappelle aussi l'inflation clandesljne, rémission illégale de deux milliards de billets de banque et îa contrainte imposée à la Banque de France de dissimuler l'opération* On se rappelle la livré montant de 67 à 248 francs, le franc ne valant plus que dix centimes, la circulation des billets de banque s'élevant de 40 à 57 milliards, les avances à la Trésorerie passant de 23 à 38 milliards ; les prix de gros s'élevant de 468 à 854, les prix de détail de 395 à 574 ; tous les titres des petits épargnants s'effondrant*

Gela n'empêchait pas le Gouvernement cartel liste d’envoyer l'un de ses membres en Amérique et en Angleterre négocier les conditions dans lesquelles nous rembourserions à nos alliés de prétendues dettes de la go erre. Les accords de Washington et de Londres prévoyaient que nous payerions aux Etats-Unis 3 milliards 340 millions de dollars et à l’Angleterre soixante-deux annuités de 12 millions 500*000 livres chacune jusqu'en 1957 et de 14 millions de 1957 à 1988. Un siècle d'asservissement pour la France I Et avec quels nouveaux impôts aurions -nous payé cela ?

A titre de compensation le Cartel nous offrait le triste spectacle du Gouvernement accompagnant au Panthéon les cendres de Jaurès, suivi de la horde communiste et de centaines de drapeaux rouges*

Il procédait aussi, au son d’un orchestre qui jouait Y Internationale à l’installation à Paris d'un ambassadeur des Soviets qui s’est révélé par la suite un organisateur de la révolution mondiale et dont la France a dû exiger le départ.

Nous avons vu amnistier les déserteurs et les insoumis* Nous avons vu, au lieu de la paix annoncée, éclater la guerre en SyriCj et se prolonger d'une année la guerre pu Maroc. Ea deux ans huit Ministères, faisant lun après l'autre, un pas de plus vers l’abîme.

En 1 92 4j je demandais le maintien de la politique de concentration républicaine pratiquée bous la haute et intelligente direction de M. Poincaré, C’était le vœu de la très grande majorité des électeurs normands. Nous avions raison.

Le 21 juillet 1926, Je huitième Ministère du Cartel a été obligé de se retirer sous l'émeute qui grondait aux abords de la Chambre.

Vous ne donnerez certaine nient pas vos voix au tout jeune homme assez hardi pour Invoquer un passé trop court et qui est soutenu par l’unique journal cartel lis te de notre région, en même temps que par les politiciens désempares dont ce journal nous montre le désarroi*

Je vous demande vos suffrages moi qui invoque un passé long d’activité et de dévouement et qui vous suis profondément et affectueusement attaché*

Ouvriers et employés, vous savez que chaque fois que l'un de vous s'est adressé à moi pour lui faire rendre justice* j'ai fait tout ce qu’il était possible de faire pour qu'il soit satisfait,

\ ous savez que j ai voté la loi des Assurances sociales, qui vous préservera de tous les risques que vous courez et qui assurera à votre vieillesse la trauquüité elle bien-être.

Je veillerai à ce que son application ne détruise pas l'œuvre admirable de la

mutualité.

No 3814

Aux familles nombreuses ;

Vous savez que j’ai fait voter, par le Conseil général, les primes départementales à ta natalité.

Le Cartel, dont les fautes avaient épuisé les caisses de l’État, bien qu'il ait emprunté cinq milliards cent quatre- vingt -six millions aux grandes banques, n’a rien fait pour vous* Des sociétés et des particuliers généreux ont fait à Fecamp ce qu’ils pouvaient pour édifier des habitations à bon marché* Maintenant que M. Poincaré est au pouvoir et que la trésorerie esL à Taise, nous obtenons les subventions nécessaires et nous entreprendrons dans tous les cantons, comme on vient de les commencer à Bolbec, des constructions destinées aux familles qui cherchent des abris.

La loi d encouragement national aux Familles nombreuses, votée précédemment, accordait une prime de quatre-vingt-dix francs. Nous avons pu, mais depuis le Ministère Poincaré seulement, fête ver à trois cent soixante francs.

L'électrification des campagees ;

Nous ■généraliserons l'électrification. La subvention d’un million, récemment accordée, nous permettra de donner avant la fin de cette année la lumière eL la force motrice aux cantons de Liilebonne, Bel bec et Goder ville.

A ceux qui travaillent à la prospérité du pays :

Nous pourrons faire pour les mutilés du travail, ce qui est équitable et ce que le Cartel a négligé*

Ne permettez pas qu'on vous trompe encore par des promesses irréalisables* Ecoutez ceux qui, comme moi, vous apportent des réalisations et la possibilité de réaliser mieux encore. D’ailleurs, chacun sait que je suis intervenu maintes fois en faveur des ouvriers.

Artisans :

Le programme de la Confédération générale de l’artisanat français est le mien. Je vous promets de veiller à sa mise 'en application. Vous êtes petits patrons et ouvriers à la fois. Vous continuez l'intéressante tradition des métiers de la vieille France* La République vous doit protection.

Marins :

J ai été Sous-Secrétaire d’Etat de la Marine marchande* Je suis membre du Conseil supérieur de la marine marchande, Membre du Conseil supérieur des pêches maritimes. Membre de la Commission supérieure de rétablissement des invalides de la marine, Membre du Conseil d1 administration de la Caisse nationale de prévoyance des marins français, Membre de la Commission supérieure d’appel de la sécurité de la navigation maritime*

Que faut-il de plus pour vous garantir que vos intérêts sont en de bonnes mains et que J agirai afin que vos pensions et celles des veuves et des orphelins soient ce qu’elles doivent être*

Les commissions de visite ont été souvent trop rigoureuses. Gela tenait à 1 indigence du Trésor public* On a refusé la pension à beaucoup d’hommes incapables de continuer la navigation, en déclarant que la maladie dont ils étaient atteints ne provenait pas de leur embarquement. Cependant, c’est en revenant de la mer qu’ils ont été obligés de s’aliter. A présent que les ressources permettent de donner à chacun son droit, ces pratiques ne peuvent pas se continuer.

Je demanderai, dès que ce sera possible, la réduction du service militaire dans les équipages de la flotte. J'ai déjà signé une proposition de loi dans ce sens, le 29 mars 1923*

Commerçants :

Vous vous rappelez que je vous ai toujours défendus contre F inquisition et les abus de la fiscalité.

Vous vous rappelez mes interventions répétées à cet égard. Je serai heureux lorsque je vous verrai affranchis des charges beaucoup trop lourdes et de Farbi traire auxquels vous êtes assujettis*

Je n'imite pas les cartellistes qui promettent et ne tiennent pas* Mais je forai tout ce que je pourrai. Il faut, entre autres réformes, que les cédules commerciales comportent un équitable abattement à la base* il faut l’égalité avec les autres cédules professionnelles* Il est contraire à F esprit de la démocratie que Féquüibre budgétaire soit assuré par des contrad jetions avec le principe de F égalité de tous devant l’impôt.

L’industrie peut compter aussi sur moi pour adapter à la nécessité les tarifs douaniers qui permettront à nos établissements de lutter contre la concurrence étrangère.

Agriculteurs :

Vous savez mes rapports étroits avec les présidents et membres de la Chambre d’agriculture du Syndicat agricole de la S eine^ Inférieure et des sociétés de notre arrondissement. Vous savez Tes Lime qu'ils veulent bien me témoigner publiquement.

Je ne saurais avoir, vis-à-vis de vous, de plus sûrs répondants.

Je fais partie, à la Chambre, du groupe de défense paysanne et j’ai livré avec mes collègues du groupe les luttes parlementaires qui nous ont permis de faire maintenir le principe du forfait et de faire établir la protection douanière dont vous aviez besoin parallèlement à cefledoiiL allait bénéficier l’industrie. J’ai déclaré, dans toutes mes réunions publiques, que j'adoptais entièrement le programme du Syndicat agricole de la Seine-Inférieure pour l’amélioration de la situation économique de l'agriculture.

En ce qui concerné la loi sur la révision des prix des baux à ferme, les sénateurs Font votée avant la Chambre. Us Font votée à un moment où les conditions de l'exploitation agricole étaient favorables et permettaient de songer à ceux qui étaient en proie aux difficultés de l’existence.

Les conditions de l'exploitation agricole étant sujettes, nous l’avons vu depuis lors, à des variations, la loi devrait s’y adapter* Mais il y a lieu d’attendre les vœux, à cet égard, du Syndicat agricole et de la Chambre d 'agriculture,

.Anciens combattants :

Toutes vos revendications légitimées du seul fait que vous avez sauvé le pays, je les ai toujours soutenues, et. je continuerai.

Nous sommes unis comme au front ; je respecte cette sublime devise.

Le 24 niai 1923, j’ai signé une proposition de loi tendant à attribuer une indemnité de nourriture aux anciens prisonniers de guerre.

Sportifs :

J’ai pratiqué Ses sports -toute ma vie, je sais que seuls ils peuvent assurer la santé physique et morale, 13s permettront aussi de réduire la durée du service militaire. Mon concours actif vous est acquis à tous,

Re truités :

J’ai été le premier, le 3 octobre 1919, à déposer une proposition de loi tendant à relever i indemnité temporaire.

J'ai renouvelé cette proposition îe 31 décembre 1919, afin qu’elle soit portée au niveau du coût de la vie.

Républicains :

Je veux toutes les libertés dans la limite où elles ne nuisent ni à autrui, ni à la sécurité du pays.

Je veux les libertés religieuses comme les autres, je les veux intégrales, y compris celles de l’enseignement.

Les enfants appartiennent, non à l'État, mais aux familles, qui ont le droit de leur donner l’éducation qu’elles préfèrent, dans les conditions les plus larges.

Sous prétexte de ranimer les vieilles querelles religieuses, voudrait-on expulser de France des hommes qui sont venus des quatre coins du monde pour combattre sous le drapeau français?

Je ne laisserai pas un petit nombre de sectaires brimer ceux qui se mêlèrent aux combattants.

Si vous me faites F honneur de me maintenir le mandat que j ai la conviction de remplir avec honneur et fidélité, je servirai bien mon pays dans le plus généreux esprit d’union et de concorde.

Vive riînion républicaine nationale I

Vive la France S

Et vive notre belle circonscription I

Geohges BUREAU

Chevalier de la Légion d'honneur* — Croii de guerre*

Ancien Sons Secrétaire d’Elat*

Vice président du Conseil général*

Républicain de gauche* Candidat d'Union nationale*

Circonscription de NEUFGHATEL*

M. BOUCTOT

Élu au premier tour de scrutin* — 13.029 voix.

Mes chers Compatriotes et Amis,

Vous me connaissez ; depuis trente ans, au Conseil général, à la Chambre, au Sénat, j’ai servi de mon mieux les intérêts de ma grande comme de ma petite patrie, dans le plus

sincère esprit républicain. ,

Mon programme sera donc, en ses grandes lignes, celui que M, Raymond Poincaré, Président du Conseil, a tracé dans son discours de Bordeaux, le 24 mars dernier : Adhesion sans réserve à la constitution et aux lois de la République, laïcité de FEtat et neutralité e l’école, ce qui implique — sans qu’il soit question de monopole — le respect absolu des croyances et le libre exercice des cultes. Paix intérieure « dans le maintien de 1 ordre public ». Paix extérieure « par l’établissement progressif d’une entente économique, intelUc-

tuelle et morale » entre les peuples... conditions essentielles d'un redressement financier définitif.

En meme temps, il convient d’élaborer les lois nécessaires :

A la protection de l'agriculture, selon les termes du programme adopté le 30 mars 1928 par le syndicat agricole de la Seine- Inférieure ; à la protection également du commerce et de l'industrie;

A l5 amélioration des transports, tant par route que par voie ferrée ;

A la défense nationale, en concordance avec le service d'un an voté par le Parlement*

À la révision des dettes interalliées, conjuguée avec l'exécution loyale du plan Dawes ;

A la répartition équitable des charges fiscales, trop longtemps gênée par l’insécurité du régime monétaire d'après guerre ;

A la réglementation honorable et par statut du sort des fonctionnaires ;

A îa large codification des lois sociales, en commençant par tout ce qui touche A 1 angoissant problème de la dépopulation, aux familles nombreuses, à la maternité, à l'habitation ouvrière et au sursalaire familial obligatoire ;

Au règlement de la situation des anciens combattants, gazés et prisonniers de guerre, par une large dotation de l'Office national du combattant.

Pour les questions locales, vous savez, mes chers amis, que lorsque vous vous êtes adressés à moi, j ai toujours fait le possible pour qu’il vous fût donné satisfaction, chaque fois que votre désir ou votre réclamation étaient justifiés.

Que dire de plus? Je viens de visiter, tou tes vos communes; j'ai répondu à toutes les questions qu on a bien voulu me poser. Rien de ma doctrine ni de ma carrière politique ne vous est caché. Vous êtes sans représentant à la Chambre depuis près de neuf ans; notre arrondissement a été supprimé de la carte administrative et judiciaire : le scrutin uninominal le fera revivre en quelque sorte, et vous allez à nouveau élire un député qui sera « votre député ». J ai eu l'honneur d'être cet élu pendant de nombreuses années; je crois avoir conservé votre affection et votre confiance,,. Je vous demande tout naturellement de porter sur mon nom vos suffrages, le avril ; et, à l’avance, je vous en remercie.

Vive r arrondissement de Neufchâtel !

Contre le communisme 1 Pas d’abstentions !

Georges BÜUCTQT

Ancien Député. — Ancien Sénateur.

Conseiller général de la Seine-Inférieure,

Maire de Snint-Hartm-Osmoimlle.

Président du Comice agricole de Farrou disse ment de Keufchàtel-en-Bray,

No 3814

lIù circonscription de ROUEN.

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