M. BLONDEL
Elu au deuxième tour de scrutin. — 11.396 voix.
Mes chers Concitoyens,
Pas de discours... des actes.
Telle est la formule que j’ai adoptée dès mon entrée dans la vie publique.
C’est donc un programme positif et actif que je vais vous soumettre.
Je ne me contenterai pas de vous dire que je suis fermement républicain et que toutes mes facultés sont tendues vers les améliorations sociales.
depuis, sans fausse modestie, montrer des références et la part active que j’ai prise dans la lutte contre les fléaux sociaux.
J’aborderai tout de suite la politique pure en vous disant que, fidèle à la doctrine laïque, je place au-dessus de tout le respect de la liberté de conscience.
Selon moi, laïcité égale neutralité, impartialité.
Je suis partisan de l’union nettement républicaine et nationale qui a sauvé le pays en 1926, et qui, seule, est capable de poursuivre l’achèvement de l’œuvre entreprise.
À mon avis, le moment est venu de dresser une liste positive des réformes immédiatement réalisables.
Notre devoir est de nous pencher fraternellement sur les problèmes qui sont la préoccupation quotidienne et trop souvent angoissante de la classe la plus nombreuse de la société.
Le logement, le foyer qui a fait la douceur de la famille française doit attirer toutes nos préoccupations.
11 faut porter un adoucissement à la cherté de la vie, souci journalier des mères.
Pour cela, il faut intéresser intellectuellement et matériellement le travailleur à l'objet de son travail, organiser la consultation régulière des professions.
Il faut aussi protéger et faciliter le travail rural en mettant au point les questions essentielles : régime douanier, électrification, transports, engrais, main-d’œuvre, artisanat, crédit, enseignement, lutte contre l’exode des campagnes vers la ville.
Persuadé qu’il est nécessaire de perfectionner le suffrage universel, je suis partisan du vote des femmes, obtenu progressivement, et du vote familial.
Convaincu que le trop grand nombre de parlementaires est nuisible à la bonne marche des affaires, je suis partisan de la réduction sensible des membres des deux Assemblées.
Dans le meme ordre d’idées, je suis partisan du vote personnel et de !’ indemnité parlementaire basée sur la présence réelle dans les commissions ou en séance publique.
Je pense que, pour réaliser l’équilibre financier, il faut que tous les français s unissent dans un ardent désir de travail et d économie, et qu ils obtiennent des Pouvoirs publics un effort correspondant, aussi méthodique qu’énergique.
Qu’il faut prévoir un plafond pour les impositions et une révision générale de toutes les taxes existantes, l’impôt dévorant la matière imposable, et, par conséquent, se dévorant lui-même, l'excès de fiscalité conduisant à la fraude.
Je rejette l’idée de 1 impôt sur le capital et celle, non moins dangereuse, de 1 Etat héritier.
D'une façon générale, je pose en principe qu’il faut respecter la propriété individuelle et la famille, à laquelle la nation ne doit, en aucun cas, se substituer.
Dans le domaine administratif, je vois la nécessité de la décentralisation, il faut donc organiser la région, regrouper les services, réinstaller les administrations centrales dans un cadre moderne pour un travail moderne.
Réduire le nombre des fonctionnaires, les mieux rétribuer pour rétablir 3a dignité maté, rielle et morale de la fonction, le faire en plein accord avec les intéressés, en respectant tous les droits acquis ; il faut agir par une réforme dans le recrutement, une refonte du système des retraites, faciliter les départs pour favoriser le reclassement. Le but peut être atteint en dix ans.
Restituer, sans hésiter et sans exception, à l’initiative privée, contrôlée, tout ce qui, dans les entreprises industrielles et techniques de l’État, ne touche pas directement a la défense nationale,
[I n’est qu’un moyen de fortifier l’Etat, c’est de limiter sa fonction.
En politique extérieure, je suis partisan de P exécution des traités et du plan Dawes que je considère comme un minimum.
Je suis fermement partisan de la consolidation de la paix, fondée sur le respect des traités et garantie par le désarmement effectif des con tractants, par le respect des actes de sécurité, par le développement de la Société des Nations, par une organisation rationnelle et vigilante de la défense nationale.
Enfin, je suis partisan de la révision des dettes interalliées et du rejet de l’accord de Washington .
Voilà mon programme, il veut une République toujours plus accueillante et partant toujours plus forte.
Une France toujours plus belle, plus prospère et plus rayonnante,
Edmond BLONDEL
Maire de Bûisgutllaunïe,
Conseiller général de la Seine*] inférieure. Candidat d’Union républicaine nationale.
3e circonscription de ROUEN".
M. LERRET
Mes chers Concitoyens,
immobilisé pour quelques semaines par un accident stupide et douloureux, je me vois forcé d interrompre ma tournée, si bien commencée, de réunions publiques et cont radie* toir.es dans toutes les communes. J ai le devoir, de ce fait, de présenter par écrit mon programme ef, aussi, le candidat du Parti socialiste.
Je ne suis pas un inconnu pour la plupart d’entre vous. J 'occupe, depuis neuf années, de& fonctions municipales et cantonales à Elbeuf, et je compte dans le canton de Grand- Gouronne de solides amitiés.
Vingt- cinq années de militantisme au sein du Parti socialiste sont un sûr garant de la fermeté de mes convictions. Je n’ai jamais cessé de lutter pour l'amélioration du sort des plus humbles et l'affranchissement total de J a classe ouvrière et des classes moyennes. J'ajoute que c’est à ! unanimité que les membres des comités socialistes des deux cantons m'ont désigné comme leur porte-drapeau dans la grande bataille de 1928,
Mes chers Concitoyens,
Les élections législatives appellent la France entière à se prononcer sur la route qu'elle entend suivre.
Vous avez en face de vous : 1° la coalition des intérêts d'argent, de 3a réaction politique, du conservatisme social, aujourd’hui maîtresse du pouvoir sous le nom d’ Union nationale (édition revue et grossie du Bloc national de 1919); 2ühe Parti socialiste, toujours disposé, comme en 1924, à seconder tout effort de marche en avant et prêt, s'il était porté au pouvoir, à briser les résistances aux volontés du pays.
11 faut donc choisir entre l’ Union nationale et 3e Parti socialiste.
Vous n’attendez pas de moi des promesses que je ne pourrais point tenir. Vous savez que si je suis un partisan de la transformation sociale par l’éducation du Peuple et avec t’aide des institutions parlementaires, j'ai horreur de la démagogie.
Le Parti socialiste auquel j'appartiens estime que la démocratie, c’est-à-dire Légalité des droits et des devoirs entre les citoyens, ne sera pleinement réalisée, même au point de vue politique., qu’apres que la transformation sociale, achevant l'oeuvre de la Révolution française, aura effacé les privilèges héréditaires de la grande propriété et les servitudes béi é di t ai re s d u Ira va i 1 .
Le Parti socialiste ne confond pas révolution et violence. Etant le parti de la fraiernüé humaine, dirigeant toute son action vers la prospérité et le bien-être universels, il souhaite ardemment que sa victoire s’accomplisse dans le calme et l’organisation méthodique.
Nul ne peut prédire .quand sonnera l’heure de la libération totale des classes exploitées par le capitalisme. Héritier présomptif du monde des privilégiés, dont la richesse est faite du travail accumulé des générations, le socialiste a, dès à présent, le devoir de préserver et de préparer son héritage.
Mes chers Concitoyens,
Les mesures à exiger les premières, tant que le monde du travail n’aura pas pris toute la place qui est la sienne, sont actuellement celles qu’on trouvera ci-après :
7Jrog ra m m e polit îq ue et co as t itu t io n ne I.
lfr Referendum :
Exercice direct de la souveraineté populaire dans Tin ter v allé des élections, comme en Suisse et dans divers Etats de l’ Union américaine. Le referendum provoque une expression de volonté directe du peuple sur les problèmes politiques d’une importance exceptionnelle,
2° Suppression du Sénat. — Limitation de ses pouvoirs :
Une seconde assemblée législative n’a pas de raison d’être. Si elle est élue au suffrage universel, elle fait double emploi avec la première. Si elle est élue au suffrage restreint, son existence même attente aux principes essentiels de la démocratie, En attendant la suppression du Sénat, qui ne peut être que le résultat d’une large campagne digitation, je réclame la Incitation immédiate de ses pouvoirs plus étendue que ceux d’aucune autre Chambre Haute monarchique.
3° Renovation de l’Etat :
Extension des attributions du Conseil national économique qui devra être obligatoirement appelé à discuter tous les projets de loi d'ordre économique. Coopération des organisations professionnelles aux fonctions de l'Etat*
4* Égalité civique et politique de^ sexes :
Je demande la pleine égalité des droits politiques accordés aux femmes par toutes les démocraties de l'Europe. Je désire efiacer toute distinction entre les sexes comme entre les classes. Mêmes droits, A travail égal, salaire égal.
5° Quelques mesures urgentes :
a) Abrogation des lois scélérates^ combattues autrefois par Brisson, Goblet, Léon Bourgeois et Felletan ;
b) Amnistie générale en matière politique ;
c) Suppression des Conseils de guerre et des cours martiales.
Programme de législation du travail.
1° Interdiction d’employer les enfants avant l'âge de 14 ans dans les établissements industriels et commerciaux. Cette convention a été votée en 1919 par la Conférence internationale du travail. Allocations aux parents pauvres pour compenser le manque à gagner de leurs enfants ;
T Défense de la journée de huit heures combattue par de nombreux syndicats patronaux de la haute industrie ;
3° Droit pour les travailleurs salariés à un congé annuel payé et non récupérable en heures supplémentaires ;
4° Révision complète de la loi de 1898 sur les accidents du travail. J’ai demandé au Conseil d’arrondissement, à plusieurs reprises, des majorations pour les mutilés du travail. Je réclame pour eux : leur assimilation aux mutilés de guerre, leur rééducation professionnelle gratuite ■
5° Participation du personnel à l'élaboration des reglements d'ateliers et de toutes entreprises industrielles et commerciales. Interdiction de frapper les ouvriers d’amendes ou de retenues sur les salaires.
6° Réorganisation de l'inspection du travail et création de délégués ouvriers chargés de veiller à l'application des lois sur le travail, la sécurité et l'hygiène ;
7° Ratification sans condition ni réserve des 24 conventions en faveur des travailleurs adoptées par la Conférence internationale du travail ;
8° Extension du droit syndical aux travailleurs de l'État, des départements et des communes ;
9° Large participation financière de l’Etat pour les assurances sociales. Majoration de îTaî location accordée aux vieux travailleurs pensionnés de la loi dite des retraites ouvrières et paysannes.
Program me agra ire ,
1° CréaLion d’un Office des blés pour protéger les consommateurs contre la vie chère et empêcher les producteurs d’être victimes de la spéculation nationale et internationale ; 2° Nationalisation de la fabrication et de l’importation des engrais ;
3° Remembrement des parcelles de terre trop nombreuses pour permettre l’application des procédés techniques moderne à action puissante ;
4*> Développement général de l'enseignement agricole, des syndicats, des mutuelles et des coopératives agricoles;
5* Extension des caisses de crédits agricoles pour permettre l'accès de la propriété terrienne ;
6° Fixation d’un minimum de salaire par les syndicats ouvriers et patronaux pour les ouvriers agricoles ;
7* Institution d’une journée de travail normal. Des heures supplémentaires mieux rétribuées pourront être permises pour les travaux saisonniers Intensifs (semailles, moisson, fenaison). Et, en général, toute proposition pouvant tendre à augmenter la production agricole et à protéger les travailleurs de la terre.
Pro (/ ram me ëc onom iq u e .
1* Nationalisation des services publics et retour à la nation des monopoles de fait (assurances, sucre, alcool, pétrole, mines, chemins de fer) ;
2° Contrôle des associations d’intérêt, (trusts et cartels internationaux) dont Faction égoïste s'exerce trop souvent aux dépens du consommateur ;
3 Création dans les communes eL dans les départements d'offices publics et d’approvisionnement ;
4° Mesures énergiques et lois efficaces contre la spéculation illicite, qui favorise les hauts prix en même temps que les facteurs de désordre dans la production et les transactions.
Programme financier.
1° Règlement des dettes interalliées. Le parti socialiste déclare n’accepter aucun règlement des dettes interalliées qui ne tiendrait compte ni de la capacité de payement de la France, qui dépend évidemment de la liquidation de la dette allemande, ni la possibilité, pour la France, de transférer ses devises à F Amérique, sans nuire à sa sécurité monétaire ;
2° Stabilisation légale du franc;
3° Consolidation de la dette flottante ;
4° Remaniement des charges fiscales qui restreignent la consommation des salariés des classes moyennes, comme elles dépouillent 1 agriculteur et alourdissent cruellement les affaires des industriels et commerçants. Le Parti socialiste est opposé à la politique des emprunts. Pour que la stabilisation soit durable, il faut dégrever largement la consommation et la production françaises, qui sont étroitement solidaires du bien-être général ;
5° Contribution à prélever surda fortune acquise avec dégrèvement à la base. A cet effet, il importe de décider que les ressources créées en août 1926 et prélevées abusivement sur la masse des petits contribuables et sur la production du pays seront à la fois diminuées par un nouvel aménagement de l'amortissement qui, par suite de la transformation de la dette flottante et de la stabilisation, pourra être réduit, et, pour le surplus, remplacées, dans F intérêt de la justice fiscale et de la prospérité économique, par une contribution personnelle, globale et exceptionnelle, assise et prélevée, à un taux progressif, sur ïa fortune constituée au jour de la taxe, avec des dégrèvements à la base, afin que 1 effort du travail personnel et aussi tout 1 effort nouveau de production soit désormais à 1 abri de la superfiscalité actuelle, injuste en elle-même et, par ses répercussions, antiéconomique.
Education nationale.
1° Défense laïque. — Sanctions pour les campagnes dirigées contre nos instituteurs laïques, notamment dans F Ouest ;
2° Enseignement pour tous à tous les degrés. Création de l’école unique, le mérite des élèves remplaçant la situation de forLune ;
3° Gratuité complète de la scolarité (fourni tares, vestiaires, cantines, soins médicaux) ; 4° Encouragement aux œuvres postscolaires*
Hygiène, assistance, prévoyance.
lû Création d’œuvres en faveur de l’enfance ;
2° Refonte des lois d assistance (familles nombreuses, femmes en couches, allaitement vieillards, infirmes, incurables) ■ *
3Û Large dotation du budget d’assistance. Lutte contre la tuberculose et la syphilis ;
4° Politique active du logement et de l'habitation (construction de maisons ouvrières à prix abordables, lutte contre le taudis) ;
5° Protection des familles nombreuses. Larges allocations à la natalité. Dégrèvements sur les contributions* Lutte contre les impôts qui frappent la consommation, par conséquent les familles chargées d’enfants ;
6‘ Lutte contre les établissements insalubres (notamment à Quevillv et à Saint- Aubin) .
Poli liq ne in l erna t io nale .
1° Démocratisation de la Société des Nations ;
2° Organisation de la paix : protocole et désarmement;
3° Organisation économique internationale ;
4° Suppression de la diplomatie secrète ;
5° Abandon du système de l’équilibre et des alliances particulières ;
6° Réforme militaire. — Préparation au service de six mois. La France peut d’autant plus aisément donner l’exemple qu’elle bénéficie d’un pacte particulier — celui de Locarno comportant, pour 1 intégrité de son territoire, de très sérieuses garanties ;
rt Politique coloniale. — Protection dés indigènes. Lutte contre toute espece d'expédition ou d’aventure coloniale, et, en général, contre les abus de pouvoir des capitalistes maîtres de nos colonies.
Pour le petit commerce et l'artisanat.
1 Propriété commei ciale. Révision de la loi du 30 juin 1926 pour assurer ans! commerçants le droit de renouvellement au bail ou, dans Lous ,les cas, une indemnité d éviction calculée sur la valeur du fonds et non sur le prix du loyer ;
2> Remplacement de la taxe sur le cbilTre d'affaires par une taxe à la production ;
T Impôt sur le revenu. — Même exonération de base que les salariés ;
4“ Patente. - Impôt basé sur le prix du loyer et non sur l’évaluation arbitraire de la valeur locative ;
3° Révision des baux. — Fixation du plafond pour l’augmentation du prix des baux à MO 0/0 ;
b Taxe de mutation des fonds de commerce. — Abaissement du taux de 17 0/0 à 10 0/0 au maximum ;
7» Adoption des revendications de la Confédération générale de l’artisanat.
Mes chers Concitoyens,
Mon passé répond de l’avenir. Vous aurez toujours en moi, si vous me faites l’ honneur de m envoyer siéger au Palais-Bourbon, un représentant actif et dévoué.
de demanderai à mon arrivée à Sa Chambre : 1° nue modification an règlement pour les scan ces de Commission et les séances publiques ; 2° la suppression du vote par procu-
ration ; 3° le payement des députés par jetons de présence ; 4P l'interdiction aux parlement t aires de faire partie de conseils d'administration de sociétés financières.
Dans l'espoir, mes chers Concitoyens, d’obtenir la faveur de vos suffrages, je vous prie de croire à mes sentiments dévoués.
Vive la 3G circonscription !
Vive ïa République sociale !
Renié LEBRET
Ancien ouvrier typographe. — Journaliste.
Dr adjoint; an maire d’Elbeuf. — Conseiller d'arron disse meut.
Ancien vice -président du Conseil ifaiTondisseracnt de Rouen.
4° circonsoriptï an de HOUEN.
M. André MARIE
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.457 voix.
Mes chers Concitoyens,
C'est au lendemain du rétablissement heureux du scrutin eParr omit s seme n t , et sur îa demande des maires et adjoints républicains des cantons de Clères, de Duclair, de Maromme et de Pavilly, que j’ai posé ma candidature dans la quatrième circonscription de Rouen,
Sur mon nom, je vous convie à faire une large union, sincèrement républicaine et démocratique f la seule union qui puisse résoudre les lourds et difficiles problèmes de V après guerre, au mieux des intérêts de la France.
Républicain -radical, je cherche a réaliser le groupement de tous Jes bons Français qui écartent de leur esprit :
D'une part, les espérances chimériques fondées sur un éventuel bouleversement social, générateur de haines et de ruines ;
D'autre part, les tendances de régression sociale qui, s'affichant violentes et redoutables, mettent en péril les conquêtes de la République.
Je laisse à ma droite ceux qui exigent la révision des lois de laïcité, fondement de la République et seules capables d’assurer la paix religieuse.
Je laisse à ma gauche ceux qui rêvent d’attenter à la propriété individuelle, que je considère comme le stimulant le plus efficace à h action des hommes.
Je crois à la possibilité d'uoe concentration large, vivante, hardie et cordialement unie pour la réalisation de réformes indispensables et pour l’achèvement de noire restauration financière.
Ce programme de réformes, mes chers concitoyens, je vous le propose et vous îe résume en quelques mots :
Au point de vue extérieur :
Seule, la politique d’entente internationale, pratiquée si magistralement par M, Aristide Briand à Genève, à Locarno et à Thoiry, peut assurer cette sécurité, sans laquelle il n'est pas, en deçà des frontières, aucun travail assuré de sa récompense et de ses fruits.
GesL encore et seulement celte politique d'entente qui permettra le règlement amiable et peut-être la remise des dettes interalliées que la France se doit de faire considérer par ses créanciers, comme des dettes communes à tous les peuples civilisés.
Anciens combattants :
Ai-je besoin devons assurer, vous au milieu desquels j'ai vécu durant la guerre, et dont l'armistice ne m'a pas séparé, que je fais miennes toutes vos revendications ?
Je suis résolument hostile à toute révision globale de la loi du 3i mars 1919, que je considère comme la charte la plus réduite des victimes de la guerre.
Cette législation appelle cependant des retouches, dont la nécessité et l'urgence sont indéniables :
Amélioration du sort des prisonniers de guerre ;
Plus grande latitude pour les gazés de faire la preuve de l'imputabilité au service des affections pulmonaires dont ils sont atteints ;
Indemnités journalières aux pensionnés malades et hospitalisés bénéficiaires de l'article 64 ;
Organisation définitive de l'appareillage ;
Liquidation plus rapide des pensions devant les commissions, dans les services ministériels et devant les tribunaux saisis du pourvoi.
Les familles nombreuses ;
accablées de charges et de soucis ont droit à toute la sollicitude du Parlement.
Si je vois à l'instauration du vote familial des difficultés pratiques et psychologiques, je me déclare prêt à soutenir et à défendre, sans aucune restriction ni réserve, toutes les justes revendications formulées par les familles nombreuses :
Allocations familiales professionnelles par l'adhésion obligatoire de l'employeur à une caisse de compensation ;
Institution légale de primer départementales à la natalité ;
Péréquation des charges fiscales, d'une part par l'application du quotient familial pour les impôts directs ; d’autre part, par voie de compensation pour les impôts indirects.
Elu, je m'engage formellement à voter en faveur de ces indispensables améliorations.
Au point de vue social :
Je fais miennes les légitimes aspirations de la Confédération de l'artisanat et celle de la classe ouvrière :
Collaboration avec les employeurs de représentants d’employés et d'ouvriers pour l’étude des questions de main-d'œuvre, d’hygiène, de salaires et de contrats ;
Arbitrage obligatoire des conflits du travail ;
Application stricte du repos hebdomadaire ;
Maintien de la loi de huit heures ;
Révision de la loi du 9 avril 1898. dont la base forfaitaire du demi-salaire et de la pension d’accident, n'accorde plus aux intéressés que d 'insuffisantes réparations ;
Institution du référé cantonal oh le juge de paix, saisi dans les vingt-quatre heures par l'ouvrier blessé ou ses ayants cause, statuera contradictoirement sur la matérialité de l'accident ;
Lutte énergique contre le tautfîs et ta crise du logement ;
Relèvement de T indemnité aux femmes en couches ;
Vote rapide par le Parlement des propositions de loi déjà déposées, relatives aux mai' sons maternelles et aux consultations de nourrissons.
Instruction publique :
,P estime, en toute smeérité, sans la moindre arrière- pensée,, que l'école unique* dont le geul îjUt est d'assurer à chaque enfant, sans autre distinction que celle née de ses efforts et de son travail, Légalité à tous les degrés, de l'instruction, constitue une utile' réforme qui compléterait heureusement Fœuvre déjà féconde réalisée chaque jour par les maîtres et les maîtresses de renseignement public.
Au point de vue agricole :
Les revendications du monde de la culture, qui traverse, à V heure présente, une crise aigue, ne sauraient faire h objet d'aucune réserve,
La loi du 9 juin 1927, autorisant, la révision des baux à ferme, votée au moment même où s’accroissaient les charges de l'agriculture, ne saurait être maintenue plus longtemps en vigueur, sinon dans, son principe, du, moins dans son texte aotueL
La nouvelle Chambre devra unifier le régime de la révision des baux ruraux et des baux commerciaux. Elle devra également voter la loi qui assurera au fermier la sécurité du renouvellement de son bail.
L’instauration d’une politique des engrais est également indispensable.
La culture devra pouvoir obtenir les potasses de nos importants gisements d Alsace à des prix sensiblement réduits, et acquérir à un taux moins élevé les engrais azotés que l’Allemagne nous livre au titre des prestations en nature.
Ainsi allégé de lourdes charges, le monde agricole pourra envisager immédiatement et réaliser P amélioration des conditions de vie de tous les ouvrière de la culture, retenant ainsi à La campagne tant de concours, précieux qui s’enfuient vers la. ville.
Au point de vu# commercial l
11 est indéniable que le commerce souffre également d'une grave crise de sous-consom ma lion ,
La loi sur la propriété commerciale, bien que déjà revisée, ne donne pas encore su locataire la pleine garantie de pouvoir goûter le fruit de son travail.
Aussi, faut-il, une fois pour toutes, en en maintenant le principe, réglementer le droit de reprise invoqué par le propriétaire.
Il serait imprudent de promettre la diminution, au cours de la prochaine législature, des charges fiscales. Cependant, est-il impossible d'envisager, pour la taxe sur la consommation, apres un accord entre le monde du commerce et Les producteurs, un nouveau mode de perception, celui d’une taxe unique frappant 1 objet lui-meme et non la transaction.
Àu point de vue financier
La situation financière actuelle appelle des candidats soucieux de réaliser leurs engagements, la plus grande réserve.
Des résultats favorables ont été obtenus, mais au prix de quels sacrifices pour chaque Français ?
Le budget équilibré depuis seulement la dernière législature : la dette publique en voie d’amortissement * l'amélioration de la Trésorerie ; la constitution d'une réservé importante de devises et d'or constituant autant d’avantages certains, que nul, de bonne foi, ne saurait nier.
ISi
Mais, le contribuable ploie sous le fardeau des impôts : il ne saurait plus fournir un effort supplémentaire, si minime fût-il.
àussj, la Chambre de demain devra-t-elle suivre une politique sage et prudente faite d'économies sévères.
Elle devra :
Maintenir l1 équilibre rigoureux du budget ;
Réaliser la stabilisation légale de notre monnaie, réclamée par le monde des affaires et par les travailleurs eux-mêmes ;
Poursuivre r amortissement de la Dette publique et la consolidation de la Dette flottante et à court terme.
Aussi pourra-t-elle envisager, grâce à un excédent budgétaire, dès 1929 peut-être, um politique de dégrèvement fiscal ou de réalisations sociales.
Telle est l'œuvre législative que j'entrevois pour demain.
Tel est mon programme.
Je souhaite que la nouvelle Chambre, composée d'hommes actifs et résolus, se refusant à laisser à des compagnons de groupe 'plus assidus, le soin de voter à leur place, se mette en devoir de réaliser la tâche à ia fois patriotique, démocratique, et combien ardue... que la France attend d’elle.
Je ne sache pas que mes adversaires eux-mêmes aient jamais songé à contester l’acfivité et le dévouement que j’ai toujours apportés dans les différentes fonctions oil m’ont appelé des scrutins favorables.
À tous les électeurs de la quatrième circonscription :
Anciens combattants, peres de familles nombreuses, ouvriers, artisans, cultivateurs, commerçants et fonctionnaires ; à tous sans distinction, sans parti-pris, je promets formellement de me consacrer à la défense de leurs intérêts, dans le constant souci de la grandeur et de la prospérité nationales.
Mes chers concitoyens,
C’est avec confiance que j'attends votre verdict.
Vive la France 1
Vive la République I
Vive la 4e circonscription de Rouen I
Andhé MARIE
Avocat à la Cour d’appel. — Conseiller d’arron disse meut.
Ancien combattant, — Croix de guerre,
Républicain radical* — Candidat d’union démocratique.
Circonscription d’YVETOT