M. J,-L. DUMESNIL
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10,614 voix
Mes chers Concitoyens,
Depuis un quart de siècle, parmi vous, dans ce pays qui est le mien et où j'habite ma maison paternelle, j’ai consacré ma vie au service de la République et à la prospérité de notre département.
Votre affectueuse et fidèle confiance m’a valu le grand honneur de vous représenter sans interruption depuis vingt-deux ans au Conseil général et depuis dix-huit ans à la Chambre des Députés,
Aujourd’hui, la quasi unanimité des élus des 102 communes de l’arrondissement : Conseillers généraux, Conseillers d'arrondissement, Maires et membres des municipalités m’apporte le plus émouvant témoignage d'estime en se groupant autour de ma candidature.
Ainsi, en plein accord avec la représentation populaire de toute la région, je vous demande de me renouveler dimanche prochain, pour la cinquième fois, mon mandat de Député,
Est-il besoin de nouvelles déclarations entre nous qui nous connaissons depuis tant
d’années ?
Ma profession de foi pour demain n'est-elle pas inscrite dans toute ma vie d’hier?
Elles imbrisables liens d’amitié qui m'unissent à la plupart d'entre vous ne sont-ils pas la plus grande force qui puisse garantir notre union dans l’avenir?
Dans toutes les communes et dans les hameaux importants j’ai tenu à exposer avec précision mon programme ; et mes deux discours, de Nemours et de Montereau, dont vous avez tous eu connaissance, contiennent les indications claires et loyales que je vous devais sur tous les problèmes qui préoccupent, à l’heure actuelle, l’opinion publique.
Ces idées que je résume simplement dans le présent message, je les soumets avec confiance à l’adhésion de tous les républicains de gauche que j’appelle à l'union autour cran programme de réformes contre la réaction et contre la révolution.
La législature de demain devra s’attacher aux réalisations de rénovation économique, de progrès social et de paix-
Les idées maîtresses auxquelles les efforts de vos représentants devront principalement se consacrer pour assurer le rajeunissement de l’économie nationale par l’éclosion de richesses nouvelles j fruits du travail et de l’épargne et qui domineront les prochaines années sont d’abord :
La question financière :
Il faut que l’équilibre budgétaire (et sur ce point, depuis 18 ans, je n’ai jamais refusé mon concours à aucun Gouvernement) soit permanent.
Mais il Faut aussi que l’égalité fiscale soit définitivement établie :
L’énergique répression des fraudes, — La progressivité de l'impôt. — La discrimina-
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lion entre les revenus du capital et du travail, — L'élévation du taux de l'impôt général sur le revenu pour les grosses fortunes, — La simplification de la perception des impôts, — Des économies rigoureuses permettront par une plus juste contribution de la fortune, et sans qu'il soit question de l'impôt sur le capilalT dont je n’ai cessé d’être l'adversaire, la large diminution des impôts indirects qui écrasent les consommateurs et principalement les travailleurs et la classe moyenne (impôts que je me suis refusé à voter) et des impôts cétiulaires ; l’exonération à la base pour les petits contribuables de toutes catégories comme pour les salariés , la suppression de la taxe sur le chiffre d'affaires (taxe que j’ai toujours combattue), laquelle peut être parfaitement remplacée par une taxe unique à la production ainsi que nous Favoris déjà obtenu pour le charbon et pour le sucre,
La stabilisation légale de la monnaie devra être envisagée avec toute la prudence que commande la décision doublement délicate de la date et du taux et il faudra par la Caisse d’amortissement que j'ai votée, consolider de plus en plus la dette flottante,
La justice fiscale est la condition essentielle de la paix sociale et elle doit s'accompagner en outre de l'accession de tous les travailleurs à la propriété individuelle, dont, avec mon parti, je suis l'énergique défenseur, ainsi que de la modernisation des monopoles d’Etat et du contrôle par la Nation, des grands monopoles privés et des puissantes coalitions d’intérêts particuliers Quant aux dettes de guerre interalliées, elles devront être revisées car je n’accepte pas les accords tels qu'ils sont envisagés, sans clauses de garantie ni de transferts
L'école unique :
Partisan résolu de la réforme de Fécole unique, c'est-à-dire de l'égalité de tous les enfants devant l’instruction, j'estime que l'instruction doit devenir gratuite à tous les degrés dans l'enseignement secondaire et dans renseignement supérieur comme elle l'est actuellement dans l'enseignement primaire» Ainsi le fils du plus pauvre foyer comme le fils du plus riche entreront égaux et directement dans tous les ordres de l’enseignement après la seule sélection des intelligences»
Un peuple ignorant est un peuple esclave» — Un peuple instruit est un peuple libre !
Ainsi nous réaliserons véritablement l’œuvre admirable d'émancipation qu’assure déjà 1 école primaire laïque, la démocratie en France où demain les premières places seront occupées par les premiers hommes quel qu'ait été le hasard de leur naissance.
La stricte laïcité de l'Etat assure le respect de la liberté de conscience et des cultes. Fidèle à la loi de séparation qui, dans ce pays si longtemps troublé par les luttes religieuses, a définitivement fixé les limites indispensables entre le temporel et le spirituel, j’exige l'indépendance absolue de l'État et le maintien de toutes les lois qui ont permis qu’il se libère de l’emprise confessionnelle.
La politique extérieure et la paix ;
Je place l'intérêt national au premier rang de mes préoccupations*
Le patriotisme n'est le monopole de personne.
Tenter de F exploiter électoralement est faire injure à la mémoire de nos camarades gîorieurement tombés au champ d’honneur et dont l'héroïsme, sans distinction de parti, a forgé la victoire.
Je veux la France fière, mais non agressive, consolidant avec son droit la paix dans le monde.
Les intérêts inséparables de notre pays et de la paix doivent être défendus au nom du patriotisme républicain contre les dangers du nationalisme.
J’ai la fierté d'avoir fait partie du Gouvernement de gauche qui, en 1924 et 1925 a redressé la politique extérieure de la France, a travaillé avec succès au développement de l’arbitrage obligatoire, a préparé par les conférences de Londres et de Genève, les accords de Locarno et a fortifié l'œuvre de la Société des Nations.
Contre tous les partisans de la course aux armements aussi lucrative pour certains intérêts que la guerre elle-même, je poursuivrai cette politique de rapprochement entre les peuples et de conciliation internationale, dans le cadre de nos amitiés maintenues et fortifiées.
Voilà les trois idées essentielles auxquelles je suis passionnément attaché.
Mais, à pété délies, un grand nombre de questions du plus haut intérêt devront être réglées. Je les résume en quelques mots.
Je ne négligerai aucun effort pour faire aboutir les revendications des anciens combatt an fs, telles qu’elles ont été exprimées aux Etats généraux de Versailles et j’ai prouvé par un souci quotidien, mieux que par des déclarations, ma sollicitude pour les orphelins de
Je m’attacherai a poursuivre toutes les réalisations indispensables pour rhygiène sociale et je m’hqnore sur ce point d’avoir, depuis des années, collaboré dé toute mon énergie à l'œuvre si belle que développe dans notre département notre éminent préfet, M. Garîpuy,
Je continuerai à assurer aux fonctionnaires leur indépendance au point dé vue politique et syndical.
La question de la natalité avec de réels avantages pour les familles nombreuses commande l -avenir même de notre pays, mais c’est Texcès des impôts de consommation qui lui fait courir le plus grand péril.
Je suis particulièrement préoccupé par les problèmes qui intéressent le commerce et l’industrie, y compris l 'industrie hôtelière qui doit être intelligemment aidée, principalement dans notre arrondissement où le développement du tourisme est un facteur essentiel de prospérité.
L’égalité fiscale, la mise au point améliorée de Ja loi sur k propriété commerciale, la question de la révision des baux, 3a suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires, k défense de f artisanat sont les réformes principales qui me préoccupent.
Il fauL développer Pou tillage national et assurer l’ épanouissement de renseignement technique et de Fapprenjtksage.
Depuis vingt ans je me suis consacré à la défense d’une politique agraire, résolument orientée vers la mise en valeur du travail de* paysans, notamment parle développement 4u syndicalisme rural, des coopératives, dos assurances mutuelles, du crédit agricole, par un abaissement du prix des engrais, actuellement aux mains des truste, par une diminution des tarifs de transport et par toutes les mesures propres 4 assurer aux cultivateurs, notamment pour le blé et la betterave, la juste rémunération d’un labeur qui est un des éléments vitaux de la prospérité du pays.
L’un des premiers membres du groupe de défense paysanne à h Chambre, fondateur et président du groupe de défense des planteurs de betteraves, j’ai la fier Lé de dire que les réalisations dues à mon initiative dans toute la région, en amicale collaboration avec toutes
les municipalités, depuis Fclccfrifïcation jusqu’aux coopératives, en passant par les adductions d’eau, les améliorations routières, les créations postales, téléphonique^ ou automobiles, etc,, me permettent de négliger toute promesse et de vous demander que sur mon passé vous me fassiez confiance pour Fa venir.
La politique sociale devra être poursuivie dans le sens du récent manifeste de la G. G. T. auquel mon parti a donné son accord et dont la réalisation doit assurer k -collaboration de toute les forces patronales et ouvrières du pays, notamment par le développement de Faction du Conseil économique.
J’insiste sur les questions du droit syndical, du respect de toutes les lois qui protègent e sort de l’ouvrier, de la procédure de conciliation des conflits du travail, des habitations à bon marché, de F application de la Loi sur les assurances sociales, qu’il conviendra d’améliorer par un rectificatif en ce qui concerne Fagoiculture et du développement de Ju mutualité.
Je voterai la loi donnant aux cheminots un statut analogue à celui des fonctionnaires.
Quant à l’organisation vigilante de k défense nationale par lu Nation armée en tenant compte des leçons de la guerre, et sur les bases de k nouvelle loi du service d'un an, jkime trop passionnément ma Patrie que j’ai eu l’honneur de- servir dans le Gouvernement cinq fois
à 4es postes de défense nationale après Savoir servie comme combattant sur le champ de bataille* pour ne pas affirmer que le souci supérieur de sa sécurité est pour moi inséparable dune politique extérieure dirigée vers le maintien et ^organisation de lu paix.
Telles sont les idées essentielles que je me suis efforcé de résumer, il est bien d’autres questions dont je ne parle pas iei ; soyez assurés que lorsqu’elles surgiront je leur consacrerai J’ étude la plus attentive.
Je suis l’homme de mon programme ; je veux, fidèle à mon attitude dans le passé, y travailler dans Tordre et dans la légalité.
Demain comme hier, c’est lui qui dictera mon attitude et mes votes. Je n’ai jamais été et ne serai jamais l'adversaire ou le partisan systématique d’un gouvernement. Dans mon indépendance et suivant ma conscience, sans sectarisme ni parti pris, mes votes seront déterminés par le seul souci de servir mon pays et d’être fidèle à mes engagements.
J’ai une égale horreur de la violence anarchique et révolutionnaire et dé F égoïsme des privilégiés,
Je dénonce la démagogie constamment associée à la réaction, mais je crois passionnément que ta République ne serait pas digne de ce nom si elle n’aidait efficacement l’ouvrier qui p’a d autre ressource pour les siens et pour lui même que le salaire quotidien ; l'artisan, lemployé, le paysan,, le petit bourgeois et le petit rentier, durement frappés par une poli" !îque fiscale quia traité le consommateur en paria ; le commerçant honnête trop souvent asservi aux accapareurs.
La France habituée à l’usage des institutions libres se révolte également contre la dictature de la violence et contre la dictature de l’argent.
En Russie, le communisme n’a supprime ni la spéculation, ni le salariat, ni l’armée,., ni la misère ; en France, il ne réussit qu’à favoriser les efforts du fascisme le plus insolent.
Quant an bloc de tout&s les droites qui prétendent s’unir autour d’une négation et dont a F unionisme » incapable d’avoir un programme sous peine de se disloquer ne pourrait conduire qu’à l'engourdissement et é la stérilité., nous dressons en face de lui l’union de toutes les forces de la démocratie pour une politique de réalisations vigoureuses et fécondes.
Et je rappelerai simplement que ceux qui ont démoli la maison n’ont pas le droit de critiquer ceux qui ont eu la tâche de la reconstruire. Les politiciens sectaires du bloc national qui, en 1924, nous ont laissés sans budget avec 470 milliards de dettes, 25 milliards d’échéances Immédiates et 18 millions pour les payer, n’ont qu’à se taire 1
11 me plaît de dédaigner la campagne de calomnies menée par une petite presse abjecte, â la solde cFune candidature étrangère à notre pays, inspirée par l’orgueil et par la rancune, àgcwrante insoucieuse de nos intérêts régionaux et qui, sous le masque scientifique, n’est qu'une candidature fasciste dont la campagne, après avoir débuté par une trahison ifest continuée par une tentative permanente de corruption cynique et maladroite devait laquelle ■s est uoanùinenumt cabrée la fière indépendance du suffrage universel.
Il me plaît égale méat de dédaigner la campagne dïuiû eomzmmtsme qui n’ose pas avomer son programme de dictature et de haine, qui se cache hypocritement sous un masque décoloré, et qui promène piteusement à travers nû$ Bàges et laborieuses populations l'étiquette 4' u n parti dont t o ut le mon c] e mi t bi m qu je l’ ex périe n ce ru as e, sou s Tin exo ra b le pre s s io n xéalif éfs a oo^saoré, à&m la friisère* le sang et l’ananchifi, la plus effroyable faillite*
§i m penser qu1 après mm quant de siècle d'xme existenae vécue parmi vous à laquelle à défaut d’autres mérites, personne ne peut refuser l’eati-me due au labeur et au désintéressement, je suis resté digne de vous représenter ; si vous pensez que, fidèle aux tfdées de ma jeunesse, fier d’avoir un idéal politique ignoré de l’égoïste satisfait qui se désintéresse du sort des autres, j’ai bien servi la République, tant à la Chambre que dans divers Gouvernements où j’ai eonsa^në tout ce que je puis avoir de eceur et d’intelligence à la grandeur 4$ mon pays.
Ditesde dans votre indépendants® par votre bidîeÜa de vote.
Faites votre devoir dimanche prochain 22 a vril, comme je ferai le mien en suite ,
Vous mv$î bien que, candidat d\un idéal politique ei nTun programme de réformes, je
serai dès le lendemain de Télection, avec l'esprit de libéralisme et de tolérance dont je ne me suis jamais départi, le représentant de tous mes concitoyens, amis ou adversaires, car vous savez aussi que, ennemi du sectarisme et des représailles, je n’ai jamais sali une vie* toire par une vengeance.
Je me représente devant vous, la conscience tranquille, la tète haute et les mains nettes
La victoire que nous gagnerons ensemble dimanche prochain, sous le signe de l'amitié, avant d’être la mienne, sera votre victoire !
J’attends avec confiance voLre verdict et je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi î
J.-L. DUiMESNlL
Avocat h la Cour d’appel, — Dépoté de Seine-et-Marne. Cou aeï lier Général du canton de La Chapelle-Ia-Reine.
Ancien Président du Conseil Général.
Ancien Ministre de la Marine et de l’Aéronautique. Ancien Vice- Président de la Chambre des Députés. Chevalier de la. Légion d’honneur. — Croix de guerre. Candidat de la Démocratie.
îre circonscription de MEAUX.