M. DELABARRE
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7.008 voix.
Mes chers Concitoyens,
N’ayant pas, jusqu’à présent, brigué de mandat politique, j’en ai la conscience d’autant pins nette, l’esprit d’autant plus indépendant, et ma loyauté républicaine et démocratique ne saurait être suspectée.
Le retour au scrutin d arrondissement, qui est le seul clair, juste, intelligible et logique, permet à cinque parti d’aborder la bataille électorale avec son programme, permet à tout électeur de voter pour le candidat de son choix,
La liberté du suffrage universel est ainsi respectée.
Les réactionnaires et les communistes ont voté contre le scrutin d’arrondissement.
Les réactionnaires véritables et les réactionnaires camouflés qui, pour la campagne électorale, ont revêtu une tunique transparente de républicains... modérés, veulent imposer au peuple une dictature.
L’unionisme est la caricature du fascisme.
En effet , qui dit élection dit wchoixî>. Alors, Tunionisme supprimant les partis, il apparaît inutile de procéder à des élections.
L unionisme est une formule démagogique, un trompe-l’œil, un essai de confiscation de la République par les forces coalisées de la droite et des puissances capitalistes.
L Union nationale électorale n’est rien d’autre que le Cartel des droites.
Pour nous, la République, c’est la discussion des idées, la dispute publique pendant là période électorale et, le jour du scrutin, l’expression de la souveraineté nationale. Ce n est
pas Fini mobilité, la stagnation, mais le mouvement, le perpétuel devenir, la création continue, la marche vers le progrès.
Et les unionistes voudraient en faire de la matière inerte !
Je dis que les nations libres qui se taisent sont mûres pour la servitude*
Je dis que les électeurs libres dans une nation libre doivent être les adversaires de F Union nationale électorale, défi au bon sens, à la raison, à la vérité*
Je dis que le programme des unionistes, programme d'emprunt, est une sorte de corruption électorale, un piège grossier tendu à la démocratie.
Je dis que le patriotisme dont ils se targuent — comme s'ils en avaient l'exclusivité! — n est qu’une entreprise sournoise de réaction, un patriotisme de banquiers*
Citoyens, je vous propose une autre formule :
Réalisons F Union des républicains*
Si le parti républicain, radical et radical-socialiste a la légitime prétention de représenter le noyau, la force principale du parti républicain, il ne prétend pas au monopole du républicanisme. U ne dénie pas le droit de se dire républicain au parti socialiste français qui défend comme lui les travailleurs et les classes moyennes,
U ne frappe pas non plus d'exclusive les modérés d'essence et de tradition républicaine*
Citoyens, la France réclame une politique nettement républicaine : c'est elle qui correspond le mieux à ses besoins, à sa culture, h sa soif de justice sociale, mais aussi à son vieil et fin bon sens*
Elle réprouve FUnionisme derrière lequel se cache, pour étrangler le régime, la réaction avec ses cléricaux fanatiques et ses ploutocrates aveugles.
Elle repousse le communisme, régime de violence, destructeur des libertés.
Le Français aime la franchise et. l'honnête politique.
Le Français est l’ennemi des dictât ares, quelles qu'elles soient.
Je crois être un bon Français et j'attends avec confiance le verdict loyal des électeurs de la circonscription*
1 >o li i iq u e ex i ê r ie u re *
L’œuvre du parti radical-socialiste, qui s'illustre par la mise en vigueur du plan Dawes, nous assurant les payements réguliers de l'Allemagne, et par le protocole de Genève qui aboutit à la signature des accords de Locarno, garantissant notre sécurité, doit être poursuivie autour des mêmes principes d'arbitrage, de désarmement, de sécurité.
Réprouvant toute politique de jactance nationaliste qui méconnaît les intérêts véritables du pays, le parti s’appuie sur la Société des Nations et sur les autres organismes internationaux* Il s'efforce de multiplier les conventions d'arbitrage obligatoire* Il apporte son concours à toutes les tentatives rationnelles de désarmement matériel et moral.
Ayant le souci constant de la défense nationale, nous nous préoccuperons de l'assurer solidement par la signature d'accords internationaux et la réorganisation technique de l'armée avec, comme corollaire, le service actif réduit à un an.
Entre la vieille politique d'alliances qui ns préserve pas des conflits, mais les aggrave en les étendant, et notre conception d'une coopération européenne de plus en plus étroite, réalisée dans le cadre de nos amitiés, mais nécessitant l'achèvement du rapprochement franco- allemand et le règlement des difficultés pendantes entre les deux peuples, vous devez choisir. Prenez garde : de ce choix dépend l'orientation des élections qui vont avoir lieu en Allemagne et en Angleterre*
Soyez avec nous contre le nationalisme, contre la guerre, pour une politique de paix, vigilante mais réaliste, seule capable de préserver la France et l’Europe d'une nouvelle catastrophe et d'un effondrement de notre civilisation, dans la ruine des batailles et des révolutions
pQ'liiiqm sbeialtv
Le parti radical est un parti d’évolution sociale qui cherobte, par des? voies pacifiques et sûres, à diminuer l'injustice et la soulEra<nce humaines*
Etablir un programme social est un travail immense réclamant de longs développements qui ne peuvent trouver place dans ces déclarations sommaires.
Mais il faut que vous sachiez que je suis trop profondément démocrate pour me contenter de vaines formules, que je suis décidé à faire passer dans le domaine des réaliiéa les espérances de la démocratie,.
La loi sur les assurances sociales, qui garantit aut citoyens l'indépendance de leûtf personnalité et la dignité de leur vie, doit être appliquée promptement, encore qu'il soit indispensable d’y apporter des améliorations pratiques en ce qui concerne f assurance-chômage, l’assurance dés artisans, l'assurance dés ouvriers agricoles.
Nous devons réclamer l'instauration d’une véritable politique du logement pour résoudre ce problème vital de là classe ouvrière, et permettre l’accession à la propriété familiale par des méthodes plus hardies, plus en rapport avec l’épargne possible des salariés.
Le sursalaire familial doit être généralisé, rendu obligatoire dans le cadre de la loi, organisé dans chaque corporation, et familles nombreuses protégées,, largement aidées.
Il faut développer l’esprit du syndicalisme professionnel, organiser des groupements corporatifs dans les départements, les régions ; il faut que les conditions du travail, de rémunération du travail soient étudiées en commun par les syndicats patronaux et ouvriers; il faut que les délégués des syndicats ouvriers soient représentés dans les Conseils nationaux économiques au même titre que les chefs d'entreprise et les techniciens.
Ce contrôle ouvrier doit être une de nos principales préoccupations, tendant à doter l’ouvrier des garanties de dignité, dé moralité, d’indépendance sans lesquelles il ne peut être question de respect de la personne humaine.
Les conflits sociaux seront éliminés quand les salariés seront considérés comme des collaborateurs, quand on aura trouvé les moyens d’associer le capital, le travail, le savoir, suivant toutes formules susceptibles de confronter et rapprocher leurs intérêts, d’établir leur entente et leur collaboration.
L im tr ucl w n da pe up le .
Notre parti a- toujours mis em tête de son programme la question de F éducation du peuple, pierre angulaire de la démocratie^
Je suis profondément et entièrement laïque.
C est entendu, nous voulons' la paix, religieuse et respectons scrupuleusement toutes les convictions', mais nous voyons dans l’école laïque, qui réunit sur ses bancs, sans dis* tinction de classe et de confession, dans utl même respect de l’enfance et un même amour du pays, les fila des pauvres et les fils des riches, des catholiques, des protestants et libres penseur s, le foyer le plus précieux de la; fraternité civique, la meilleure garantie de l’unité nationale.
Et quand on nous demande de dresser l'une en face de l’autre, dans chaque village, par La répartition proportionnelle scolaire, par le retour des congrégations enseignantes, deux écoles, où Ton opposera, par le conflit des confesssions et des doctrines, des enfants à d’autres enfants, noue refusons^ obstinément î
Nous n’aVons qu'une ambition : consolider notre école laïque, la développer, La pro* longer, rendre effective 1 obligation s cola ire r la continuer par des cours professionnels peur ceux qu attendent l’usine ou les champs^ ouvrir enfin à tous ceux qui le mériteront par leur
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intelligence et leurs efforts, sans distinction de fortune, l'accès à renseignement secondaire et à renseignement supérieur.
Nous dirigeons spécialement nos efforts vers l’organisa ti on de renseignement technique et professionnel dans toutes les branches de l'activité humaine : agriculture, industrie, commerce, artisanat.
Politique économique et financière*
Pour redonner au pays l'activité économique qui lui est indispensable il faut recréer une monnaie saine, développer les institutions de crédit, moderniser, transformer aussi bien les industries nationales que les industries privées, en vue d'accroître la production.
L'instabilité mené faire ne profite qu'aux spéculateurs et mercantis*
Je suis favorable à la stabilisation legale, à condition que des mesures soient envisagées pour protéger, contre cette valorisation consacrée du franc, les petits rentiers d'avantguerre qui ont fait confiance en prêtant à l’Etat.
il faut adopter une large politique de crédit qui, par 1 extension des facilités qu'elle doit procurer à l'agriculture, au commerce, à l'industrie, alimentera d’une façon normale les ressources d'un pays que des prélèvements grandissants menacent de tarir. L'intérêt des prêts à long terme doit être convenablement diminué.
Bien que partisan du progrès, je mets en garde contre ceux qui ont la prétention de vouloir généraliser les méthodes américaines. C'est très bien de produire vite et beaucoup ; mais l'écoulement des produits, le chômage
Je crois donc en la rationalisation surtout pour économiser la main-d'œuvre, afin de remplacer la main-d'œuvre étrangère par l’ouvrier français et récupérer les 15 milliards de salaires annuels payés aux salariés étrangers ; mais il est indispensable d’adopter en même temps une législation permettant le développement de l’artisanat, protecteur du goût et de l’esprit français, et qui constitue le pivot de F édifice social de notre pays.
Nous sommes convaincus que l'œuvre de redressement financier ne peut être menée à bien que dans le cadre d'un système fiscal fondé sur la justice. Nous affirmons notre volonté de mieux adapter l'impôt aux facultés de chacun. Les impôts qui frappent le monde du travail — aussi bien que les salariés que les producteurs et commerçants — sont Lrop lourds et sont une entrave à l'activité économique, il faut faire une discrimination entre les revenus du travail et ceux de la fortune acquise.
Nous sommes partisans de la transformation de la taxe sur le chiffres d'affaires en une taxe unique à la production, avec exonération des produits agricoles non transformés, et d'une législation rigoureuse agissant contre les spéculateurs et intermédiaires, cause de la vie chère.
Malgré le bourrage de crâne qui sévit actuellement, je dis qu’au point de vue financier, ce qui est fait est bien peu de chose à côté de ce qui reste à faire, et qu'il est dangereux de faire montre d'un optimisme béat,
La question des dettes interalliées prime toutes les autres et doit être réglée dès le début de la législature prochaine.
Politique agricole *
Le rôle primordial que joue la classe paysanne dans l’économie du pays doit lui valoir la sollicitude particulière des pouvoirs publics.
Tous les travailleurs étant solidaires, la classe paysanne entend vivre en bonne harmonie avec les autres classes productrices du pays, mais à condition que les fruits de son travail ne soient pas simplement destinés à enrichir les intermédiaires et les spéculateurs*
La classe paysanne comprend un prolétariat de travailleurs agricoles dont elle veut améliorer les conditions d'existence trop précaires, en opposant un frein aux -exigences de la grande finance qui pèse si lourdement, depuis la guerre, sur les destinées du pays.
Elle ne peut trouver, de défenseur mieux qualifie que moi-même pour la défense de ses in térêts.
Nous demandons pour elle la justice économique par l'égalité douanière et fiscale, l'égalité sociale par Y amélioration des conditions d'existence des habitants des campagnes, l'intensification de la production par le crédit, la coopération, une politique active d'amélioration physique des sols, la réduction des droits de mutation qui tend à enrayer l’accession à la petite propriété, la participation proportionnelle des membres des Chambres d T a gr le ultime a ux C o n se i 1s na t i o n a ux ,é c on o m i q u e s ,
Pour ïe$ victimes de la guerre.
Toutes les lois en faveur dès anciens combattants et. des victimes de la gueare ont été, pendant et après la guerre, présentées et votées par le parti radical. Par contre, de 1919 à 1024, sous le régime du bloc national, leurs droits ont été, sinon méconnus, du moins minimisés dans toute la mesure possible par l'égoïsme de îa majorité conservatrice. C'est seulement depuis 1924 que le parti radical a pu reprendre sa tâche.
Nous savons que cette tâche de réparation n’est pas achevée.
C'est notre ferme volônlé de nous appliquer dans 1 avenir à sa complète réalisation.
Ceux qui se sont sacrifiés pour sauver, en même temps que la France, la liberté, peuvent faire confiance à l’ancien camarade de combat que je suis pour l'entière sauvegarde de leurs droits.
Citoyens, tel est mon programme.
J’ai, avec mon parti, la conviction que toutes les aspirations démocratiques doivent s’inspirer de cet idéal : paix, justice fiscale, progrès social, laïcité.
Radicaux et. radicaux-socialistes, républicains sans épithète attachés aux nobles traditions du régime, socialistes réformistes ayant le sens des réalités, c'est à vous tous que je fais appel :
Adversaire dè toutes les dictatures — que câ soient celles d'un homme, d’une classe ou dé puissances économiques, — aussi éloigné du fascisme que du communisme, je repousse lés conceptions dangereuses qui tendent à placer l’Etat sous la dépendance des féodalités économiques ou des violences révolutionnaires.
Vive la République laïque, démocratique et sociale î
Philippe DELABARRE
Candidat du Parti républicain, radical et radical-socialiste*
No 3814
2e circonscription de MEAUX,
M. ws TESSAN
Élu au deuxième tour de scrutin* — 5, J 18 voix.
Habitant depuis de longues armées ce pays, yen connais l'esprit et les aspirations profondément démocratiques. C'est un pays attaché aux principes qu'a toujours défendus le parti radica et radical-socialiste et qui se résument dans ces mots : Ni réaction, ni révolution.
Je resterai fidèle à cette devise.
Aucun progrès n’a été réalisé en France sans T initiative ou le concours de notre grand parti, qui est à la fois un parti de réformes et un parti de gouvernement.
il entend continuer dans cetto voie et montrer, en toutes circonstances, qu il est capable de faire passer son idéalisme dans les faits.
Sa générosip doit — comme toujours se traduire par une politique réaliste*
Le parti radical-socialiste défendra la liberté contre toutes les entreprises obscures ou avouées du fascisme èt contre la dictature que voudrait nous imposer le communisme. U maintiendra et développera toutes les institutions fondamentales, laïques et sociales qui sont la base même de la République*
11 demeurera le défenseur du principe de la propriété individu élle dont il cherche, par tous les moyens, à faciliter l'accession aux travailleurs*
11 favorisera les méthodes de coopération, les œuvres de solidarité et de mutualité au lieu de préconiser, comme le font les partis révolutionnaires, la guerre des classes.
Le par Li radical-socialiste, qui se trouve d'accord avec la Confédération Générale du Travail sur un programme minimum, entend pousser hardiment la rénovation économique du pays dans ïe cadre de la légalité républicaine* C’est lui qui a donne aux travailleurs la loi syndicale de 1884 ; il existe encore de multiples possibilités de progrès social que nous ne laisserons point s’évanouir*
Et il faudra, d'abord, méttre en œuvre, dès la prochaine législature, la grande loi des assurances sociales au vote de laquelle a si puissamment contribué notre parti dans les deux Chambres*
De même, les revendications de l'artisanat français sont inspirées parle sens de l'équité et nous nous efforcerons sincèrement de les satisfaire*
Nous demandons une mise en valeur plus intense des colonies, une politique de production industrielle conforme à l'évolution économique 1 du pays, un système donnant plus de souplesse aux transactions commerciales.
Quant à T agriculture, elle a reçu de nombreuses preuves de notre sollicitude. G’est toujours dans le sens de la coopération, du développement du crédit agricole, d’un régime d’assurances plus complet, d’une amélioration nécessaire de l'existence des ouvriers agricoles que le parti radical-socialiste a pris position*
Pour renseignement, nous travaillons à une réforme très vaste destinée à réaliser légalité des enfants devant l’instruction et h ouvrir largement les portes de1 tous les établissements d’ éducation à ceux qui se seront distingués par le mérite* Nous pensons encore qu’il importe de généraliser l’éducation physique et les sports et d’agir dans ce dessein, d’aprèg un plan rationnel et en accordant un appui systématique à ceux qui s’occupent de la vigueur de la race et de la santé populaire*
La lutte contre la dénatalité est aussi notre constant souci. Nous sommes en faveur des lois protégeant mieux la maternité et soulageant les familles nombreuses.
Vis-à-vis de s anciene combattants, ü est presque inutile d'insister sur notre esprit fraternel et sur notre désir de les aider efficacement.
Mais pour la moindre réforme, il faut de lTargent, La situation financière appelle doue toute notre attention. Le parti radical-socialiste propose la stabilisation légale de notre monnaie et l'allègement, par un meilleur aménagement de l’impôt sur le revenu, des charges qui, parles taxes indirectes et les impôts cédulaires, frappent trop lourdement les classes laborieuses du pays.
Il n’est pas besoin, en raison des redressements obtenus de rechercher actuellement un prélèvement sur le capital ou une contribution exceptionnelle. La stricte application de l’impôt sur le revenu et un meilleur rendement de l'impôt successoral doivent fournir les ressources indispensables à T exécution de la grande œuvre économique, à l’allègement des charges qui pèsent sur les consommateurs, et trop durement sur les humbles,
il faut, enfin, moderniser les monopoles et obtenir un contrôle par la Nation des grandes puissances économiques.
Un tel programme ne saurait être appliqué que dans la sécurité. C’est pourquoi nous soutenons les efforts de la Société des Nations ; nous sommes résolument partisans des ententes continentales; nous cherchons à rendre l’Europe habitable en l'enserrant dans un réseau d'action rendant, l'arbitrage obligatoire.
Le parti radical-socialiste poursuit une politique de conciliation et, tout en fortifiant les amitiés d'hier, il pratique une politique de rapprochement entre tous les peuples, basée sur ce triple principe : arbitrage, sécurité, désarmement.
Grâce à cette politique de prudence et d'organisation de la paix, nous avons pu réduire je service militaire à un an. Cette question de la paix domine et conditionne toutes les autres. Nous devons la résoudre dans l’esprit a la fois le plus positif et le plus conforme au bien de la démocratie^ c'est-à-dire en perfectionnant sans cesse l’harmonie internationale.
Le parti radical et radical-socialiste alfîrme sa volonLê sur un programme net, précis, réalisable. Franchement attaché à la paix intérieure et extérieure, il en appelle à l’union de tous les véritables républicains pour le faire triompher, 11 accordera sa confiance et son appui à tout gouvernement qui s’inspirera de ce programme.
Certains, sous le couvert d'Union Nationale, cherchent à bénéficier d'une étiquette qui ne correspond nullement à leurs véritables desseins, tendant à organiser un gouvernement de droite. Nous préférons à cette union purement électorale, l’union de tous les républicains de gauche, de tous les démocrates éprouvés, de tous les réformateurs épris de progrès qui sont soucieux de poursuivre sans équivoque et avec continuité le redressement définitif de la situation»
Telles sont les pensées qui inspireront ma conduite, si vous me confiez le mandat de vous représenter au Parlement,
Citoyens,
Si vous êtes pour la République laïque, démocratique et sociale,
Pour Tordre républicain par la justice,
Pour la paix des nations,
vous volerez pour le parti radical socialiste et c'est sur mon nom que se manifestera votre volonté.
Citoyens,
En avant pour la République
François de TESSAN Publiciste.
Officier de la Légion d’honneur, — Croix de guerre.
Circonscription de MELUN.
M. CRÀV01SÏER
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.650 voix.
Mes chers Concitoyens,
Il y a quatre ans, le Peuple souverain, trompé par de nombreuses et fallacieuses promesses, a envoyé au Parlement une majorité cartclliste. Candidats radicaux et candidats socialistes, ayant des divergences de doctrine fondamentales (les uns étant partisans de la petite propriété, et les autres étant partisans de sa destruction et du collectivisme) s'étaient unis, pour triompher, le 11 mai 1924, Une telle union ne pouvait donner que des résultats désastreux pour le pays*
La Chambre du cartel, en déclarant la guerre à la plupart des citoyens, en dressant les Français les uns contre les autres, en faisant une politique empreinte du plus pur socialisme, a conduit le pays au bord de l'abîme, de la faillite et de la banqueroute*
Chacun de nous a encore trop présente à la mémoire l’horreur des jours sombres de juillet 1926 où le pays et la République ont failli sombrer pour qu’il soit nécessaire de rappeler la situation tragique de cette époque.
L’I emme contre lequel s’ôtaient faîtes les élections de 1924, M* Poincaré, rappelé au pouvoir, a fait appel aux hommes de différents partis, en leur demandant de faire abstraction de leurs doctrines personnelles, d'abandonner la politique de démagogie et de haine et d’unir tous leurs efforts pour opérer le rcdiesscment financier du pays*
M* Poincaré a pu réaliser un gouvernement d’union nationale qui a ramené la livre de Î48 francs à 124 francs et revalorisé le franc.
Citoyens,
La République serait en péril si, abandonnant cette politique d’union qui nous a sauvés, nous continuions à nous déchirer. Le peuple de France saura à nouveau, j’en suis convamcu, imposer la trêve des partis pendant les quatre années de la prochaine législature, pour achever le redressement financier.
Pour coopérer h cette œuvre, je fais appel a tous les bons Français à quelque parti quiis appartiennent, à tous les gens d’ordre, calmes, pondérés, soucieux du relèvement du W9 je leur demande de se grouper.
Loyalement, sincèrement, je fais appel à tous ceux qui mettent le pays au-dessus des querelles de parti, de clocher et des luit es de classes*
Le danger socialiste ;
Le socialisme révolutionnaire, qui sort vaincu de la troisième législature, aspire ouver- L ni ont à la revanche* Séparé du communisme par la tactique, il reste uni à lui par une ctrine qui ne se renouvelle pas, depuis Karl Marx, et par des voies détournées, niais non n'°ins dangereuses, il tend, comme lui, à ruiner la propriété et la liberté individuelles, à
détruire la société prés en te, au bénéffèe d’uns société impossible. A lui aussi, au glissement dans lequel il cherche à nous entraîner, il faut opposer une barrière solide.
Le danger financier; :
Le franc paraît stable. Deux budgets successifs ont été votés à temps et en équi ibre. Mais l'exercice 1928, comment se comportera- t-ii ? Les recettes couvriront-elles les dépenses ? Nul le sait*
Les changes ne bougent pas* Mais les prix augmentent lentement. La circulation dos billets augmente avec eux. L’équilibre général entre le prix de la vie, le change, le budget, les salaires, les traitements et l'activité économique n'est pas encore atteint. Nous en voyons les éléments osciller chaque jour sous nos yeux.
Le problème des dettes interalliées n’est pas réglé. Nous sommes encore sous le coup d'une échéance commerciale de 400 millions de dollars, soit 10 milliards de francs, qui nous serons réclamés, Tannée prochaine, pour prix de la cession des stocks américains, L' avenir du plan Dawes et des payements de F Allemagne n'est pas assuré.
Une stabilisation légale de la monnaie, souhaitable en soi, suppose toutes ces questions résolues. Elles ne le sont pas encore. L’œuvre entreprise reste à la merci d’un choc, d’unô maladresse, et, avant tout, du résultat des élections.
Poursuivons la politique d'amortissement de la dette :
Nous avons -commencé une politique d amortissement de la dette publique, .Elle a eu d'heureux débuts, puisqu' en un an et demi, dix milliards ont été amortis, la dette flottante n’est plus une menace de Lous les jours, l’Etat a pu rembourser douze milliards à la banque de France, le crédit public est restauré, ainsi qu'en témoignent la baisse du taux de 1 intérêt et le relèvement du cours des rentes. Mais tout cet effort n'aura de sens que s il est coût T nuép 11 ne sera continué que si le Gouvernement, soutenu par une majorité raisouîiables reste aux mains d'hommes sérieux, inspirant confiance au dedans comme au dehors.
La révision de la fiscalité :
Les contributions annuelles, prélevées sur le revenu du pays, se montent à„56 rdjaliard^ De tels impôts seraient écrasants, s'ils n'étaient répartis avec une rigoureuse équité et perçus selon des méthodes souples et accommodantes, notamment en ce qui concerne la perception du chiffre d’affaires.
Un des premiers soins de la prochaine législature devra être de réviser la fiscalité, d en simplifier las formules et d'en atténuer les effets. Tâche vaine* si au lieu d'être comlmte d’an point de vue technique, elle servait d’enjeu et de prétexte aux luttes politiques. Eée devra poursuivre l’amélioration du sort des petits rentiers, l'augmentation des abattements à la hase correspondants au cours actuel de la vie,; notamment pour l’impôt sur les salaires. Une politique d’économie s'imposera, ainsi qu’un meilleur ^ménagement des impôts, afin de décharger toutes les formes du travail et de favoriser l'essor économique du pays»
Le développement de l’activité économique :
Cinquante-six milliards ne pourront, en outre, être aisément payés que si les affaires marchent h plein, si la France travaille et gagne de l'argent. Il faut donc imprimer un nouvel élan k l'activité économique du pays, accélérer le rythme de la production et des échanges, consacrer l’essentiel de notre zèle au progrès de l'agriculture, de 1 industrie et du commerce.
Gela ne se fera point s'il n'y a ni stabilité, ni sécurité. Gela n’ira point non plus si a démagogie s’en mêle.
Pour améliorer ses prix de revient et accroître ses débouchée, l'industrie a besoin de renouveler ses méthodes, de procéder à des groupements et à des ententes ; on- doit lui en faciliter les moyens.
Le commerce dont les lois sur la propriété commerciale et la révision des baux n’ont pas aplani les difficultés, le commerce a besoin de justice; et de ménagements,
11 est, avec l'industrie, l'un des principaux pourvoyeurs du budget. Ils ont droit, l’un et l’autre, comme l'agriculture d’ailleurs, â l'estime, à la sollicitude du Gouvernement, du Parlement et de l'opinion.
L'utilisation des ressources du plan Dames en France et aux colonies :
Nécessaire au salut des finances, 1 essor de notre activité économique ne le sera pas moins à Putilisation des prestations en nature. Celles-ci représenteront bientôt — si le plan Dawes est appliqué — des sommes considérables. Si nous ne voulons pas tuer notre industrie ou refuser les payements de l'Aile, maguc, des travaux de grande envergure devront être entrepris, en France et aux colonies, dont la mise en valeur, depuis longtemps inscrite dans les mots, devra passer dans le domaine de la réalité. Ces travaux exigeront mi; élargissement, une mobilisation du crédit. Or, le crédit, on l’a bien vu., ne s'arrange pas de n 'importe quelle politique. Il suppose une politique qui ne persécute pas le capital, grand animateur du monda moderne, qui encourage h épargne, l'initiative, qui répande et entretienne, la confiance.
La législature, qui se termine n'a tenu aucune des promesses qui nous avaient été faites. Elle a terriblement aggravé la situation, et rendu dé plus en plus difficile le problème de la vie chère.
Elle a, par contre, par des résultats néfastes, démontré clairement à tous qu'il était indigpensable.de continuer l’œuvre si bien commencée par Raymond Poincaré et qui est loin d'être terminée*
La tâche; de la prochaine législature sera dure et exigera de ceux que vous chargerez del'entreprendre, de grands efforts, de la persévérance et de F abnégation.,
A cette tâche, je m'associerai ; je m'y emploierai de toutes mes forces, si vous me faites l’honneur de m'envoyer au Parlement.
Je me présente b vos suffrages comme candidat de concentration républicaine et d’Union nationale.
Vous savez C2 que cela veut dire*
Deux politiques en présence : l'Union nationale a sauvé le paye, il faut y persévérer :
Gela veut dire que, des deux politiques qui ont été pratiquées dans la dernière législature — celle du Cartel des gauches et celle de Raymond Poincaré — je suis partisan de la seconde, je dé dre qu’elle se poursuive demain.
Les polémiques rétrospectives qui ont marqué l'ouverture de la période électorale ne sauraient vous égarer. Ceux-là mêmes qui ont été bien conLents, en juillet 1926, de ramener au pouvoir l'homme qu’ils avaient appelé Poincaré-la-Guerre et Poincaré-la- Faillite^ prétendent, maintenant que leur politique d’alliance intime avec les socialistes révolutionnaires n a pas échoué par leurs propres fautes, mais par l'opposition méchante de leurs adversaires.
Cela prouve seulement que peu d'hommes ont assez de courage et de caractère pour reconnaître leurs erreurs. Mais vous, vous n'avez pas oublié le désarroi, l'anxiété qui régnaient en 192CK Vôus vous rendez compte que les affaires du pays sont aujourd'hui en meilleure posture et que l’atmosphère est plus facile à respirer. Vous avez comparé. Vous
.avez jugé. Il est donc mutile d’entrer dans ces querelles. Certes, je me préoccupe du passé. Mais plus encore, je l’avoue, je me soucie de la venir.
Les dangers qui subsistent :
Les partisans réveillés du Cartel des gauches semblent croire que les écueils de juillet 1926 ayant été évités, on peut revenir sans péril à leur politique.
Moi, je vous dis : « Prenez garde. Ne les écoulez pas. Ils nous ramèneraient au bord de l’abîme et, cette fois, nous y tomberions,
L’amélioration, en effet, n’est pas définitive. Nous sommes en convalescence. Nous ne sommes pas guéris.
Le progrès des œuvres sociales de toute nature :
Seule, d’ailleurs, la prospérité économique permettra de développer les oeuvres par lesquelles il est juste que se manifeste la solidarité nationale, et, d'abord, celles qui concernent les victimes de la guerre et les vieux serviteurs du pays ; les mutilés, les sinistrés, les pensionnés, les retraités.
Une loi récente, longtemps retenue, hâtivement votée, a créé les assurances sociales, U reste à les mettre eu pratique ; c’est une tâche immense, qu’il importe de réussir, mais qui demandera des précautions, des corrections et un patient efforL d’adaptation. Cette loi ne nous dispensera pas d’on effort parallèle, qui s’attachera à améliorer les conditions delà vie des travailleurs, ouvriers, artisans, employés, gens de maison, à diminuer le nombre des malheureux, à supprimer les taudis, à propager l'air, la lumière, l’hygiène, k favoriser la natalité, à généraliser l’usage des allocations familiales, à aider de toutes manières la construction d’habitations à bon marché, la famille nombreuse, et la famille tout court.
Pour réaliser ce programme d’accroissement de la production et d’organisation sociale, il est à souhaiter que le syndicalisme conçu non plus comme un instrument de la lutte des classes, mais comme un moyen de servir en commun les intérêts communs d une meme profession apporte sa collaboration et son concours* C’est là sa vraie mission* Patrons et ouvriers, capital et travail, rapprochés par un sentiment plus exact de leurs intérêts, auront à coeur de l’aider â la remplir.
Les grandes réformes indispensables ;
La gravité des problèmes nés de la crise monétaire et financière ne doit pas, d autre part, nous faire perdre de vue que nos institutions ont grand besoin d'être re visées et rénovées. H serait absurde d’ébranler les fondations de la maison. Il est tout de même urgent de la réparer et de faire de la France une République moderne.
L’une des premières réformes qui s'imposent est celle de l’Etat* Nous voulons que, dans la mêlée des intérêts, il soit l’arbitre, le conseiller, le penseur et le chef* Pour cela, il ne convient pas qu’îl s'embarrasse de métiers auxquels il n’est pas propre et qu’il s’aventure dans ces entreprises d’industrie et de commerce que sont les monopoles. Il faut, en revanche, qu' après avoir achevé l’équitable ajustement du traitement de ses fonctionnaires, il définisse leurs droits et leurs devoirs, en un statut qui les préserve de l’arbitraire et assure en échange de la discipline qu’il exigera d’eux, leur autorité et leur prestige.
Réforme de F Administration :
L’administration du pays doit être également affranchie des routines, rendue plus simple, plus prompte, plus directe et plus efficace, à l’époque de l’aviation, de la T.S.F. et du télé phone. L’œuvre ébauchée par les décrets d’économie doit être reprise et poursuivie* La place et le rôle des professions dans la conduite des affaires du pays, leur consultation
ré g** li èr é , le Si a 1 1 rib utà o n & d u -Go n &e i 1: nâ li onaf écott om iq ue doive nt .ê tre , pré c isé e s et ré gl e montées.
Réf© rm e jgLu Pari em e n t :
Un commencement de réforme des méthodes parlementaires a été -accompli* ï) faut aller plus loin, généraliser remploi de la procédure d'urgence, revenir à Uns âge des sessions courtes, mais bien remplies, ramener le Parlement Ji sa fonction, qui n'est pas d’administrer, mais de contrôler. Le payement des parlementaires au jeton de présence s’impose;
Nous d e m a rîè on s , en o litre , le s u iftr ag e f am i 1 ia 1 , le v o fc ©kd rgab® i r e , e t,! po u r le s h m m es; l’électorat et l'éligibilité.
Ré fer me de ^instruction, publique :
Toutes ces réformes sont elles-mêmes incluses dans une entreprise plus générale, de caractère intellectuel et moral. Ï1 s'agit de mettre plus d'ordre dans l' instruction publique française.
Trop d'instituteurs se laissent gagner aux doctrines communistes. Il faut remédier au danger qui en résulte par une discipline plus ferme et aussi par une modification des procédés d'éducation appliqués aux: maîtres de renseignement primaire. Sans vouloir prêter la main à l'exploitation démagogique de formules complexes, comme celle de l’école unique, il y a lieu, dans le respect de la liberté de renseignement élémentaire, de mieux organiser le recrutement des Lalents, l’élimination des incapables et le soutien desélèvcs sans fortune, d'arracher fenseigiiement secondaire aux controverses et aux tâtonnements, de lui imprimer une direction, nette, comportant un enseignement classique défini, mais aussi .vivifié. Il y a lieu, pour renseignement supérieur, de relever les laboratoires et les bibliothèques, d’ouvrir l'acccs des facultés aux élèves vraiment qualifiés, de leur faciliter la vie matérielle, aujourd'hui si coûteuse, et de défendre le niveau des études par le sérieux des examens Des bourses devront être généreusement accordées à tous les enfants d une intelligen e supérieure.
Le chef de famille doit, en outre, avoir la liberté absolue de faire donner à ses enfants l'instruction et l’éducation qu'il estime les meilleures ou qui lui conviennent le mieux.
Les dettes interalliées :
La prochaine législature devra s'attacher à obtenir fou ver turc de négociations diplomatiques susceptibles de hâter un règlement juste et équitable des dettes interalliées.
Notre politique est pacifique au dehors comme au dedans :
La paix du dedans, sans laquelle le redressement de notre pays est inconcevable, a pour complément la paix du dehors.
Les adeptes du Cartel des Gauches se vantent volontiers d'avoir ramené la paix en Europe. Hélas, la paix du monde demeure précaire et tourmentée.
Notre politique seconde les efforts de la Société des Nations :
Il serait, pourtant, injuste et maladroit de faire fi de la Société des Nations, Nous devons à celle-ci, comme à toutes les tentatives propres à empêcher le retour de la guerre, notre concours le plus loyal, n'eut-elle qu'une chance entre mille d'établir un régime efficace d'arbitrage. Nous ne sommes pas opposés au rapprochement franco -aliéna and,’ L'accord de Locarno est un premier pas sur la voie qui peut conduire Jk f établissement de relations de bon voisinage entre les deux peuples. Sa valeur dépendra surtout des gestes qui lui feront suite. Nous apprécions l’accord commercial et les ententes économiques q; i ont été conclus ; nous en souhaitons le développement.
Nous savons aussi que T organisation juridique de la paix no sera pas obtenue d'un seul coup* Le spectacle du monde nous apprend qu'en Russie, eo Pologne, en Autriche, en Hongrie, en Italie, dans tes Balkans, les causes de conflits subsistent et peuvent, d’un instant à l'autre, exploser. Le spectacle de l'Allemagne elle-même nous montre un pays traversé de courants divers, dont il est difficile d'évaluer les forces respectives, mais dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas tous favorables à la Paix.
Notre politique est réaliste et vigilante :
il ne faut donc pas prêter trop tôt à la Société des Nations une vertu qu’elle na paj encore, ni s'endormir, en remettant entre ses mains le sort de notre pays.
La paix, en général, les relations franco* allemandes en particulier, soulèvent une série de problèmes précis. Il convient de les aborder un à un, en pleine clarté et dans un esprit réaliste, sans oublier pour les amitiés de demain les amitiés d'hier, forgées dans de rudes épreuves.
Abandonner par avance les gages et les moyens de négocier que nous détenons, la rive gauche du Rhin ou les mines de la Sarre, les jeter, dès maintenant, sur le tapis serait une attitude absurde et coupable.
Notre politique donnera tous ses soins b l'organisation de îa défense de la patrie:
Renoncer k l'organisation d'une solide défense nationale serait la plus folle des politiques. La treizième législature a instauré le service d’un an et voté un nouveau statut militaire. Il s'agit, désormais de le faire vivre.
Le recrutement des militaires de carrière nécessaires à h encadrement de l'armée réduite ne sera aisé et abondant qu en proportion de la situation, non seulement matérielle, mais morale qui leur sera faite.
La République doit honorer son armée, entretenir ses traditions de discipline, d'abnégation et d'intelligence, répandre l'éducation sportive, organiser sérieusement la préparation militaire de Ja jeunesse et l'entraînement des réserves, cultiver la notion du devoir, exalter le sentiment national et le patriotisme, afin que la France ne soit pour personne une proie tentante.
Pour demain la lâche est lourde :
Ainsi de quelque côté qu'on se tourne de grandes tâches nous attendent.
Les années qui viennent ne seront pas des années faciles. Les problèmes qui se posent ne seront pas résolus dans l’ insouciance et dans le laisser-aller. Ils ne seront pas résolus non plus dans le désordre et dans la violence.
Tout commande aux bons citoyens de resserrer les liens qui les unissent, déconcentrer leurs énergies et de les mettre au service de la Nation.
La France au carrefour :
La France est au carrefour.
Il dépend d'elle, soit de ramener au pouvoir un nouveau Cartel de démagogie et d'illusion, destructeur des finances, propagateur de révolution, préparateur inconscient de misère et de servitude, soit d'envoyer à la Chambre ceux qui s'offrent à sauver le pays de la failli Le. Il nous faut une large majorité républicaine et nationale, groupée sous le signe du patriotisme et de la raison, respectueuse des principes sur lesquels est basé le régime, moins soucieuse des étiquettes et des formules que des réalités et résolue à défendre l'ordre, la liberté, le travail, le progrès et la paix.
Les électeurs de F arrondis se ment de Melun sauront choisir :
Electeurs de l’arrondissement de Melun.
Je connais votre sagesse. Je vous demande d'affirmer sur mon nom, le 22 avril prochain , votre préférence pour la politique de concentration républicaine et d'union nationale*
No 3814
L'Union nationale seule a permis le relèvement de la France» Elle seule pourra nous sauver.
La concorde républicaine, indispensable hier, ne restera pas moins nécessaire demain- Le pays entier la désire. Il votera pour elle. Mais il veut une union sincère sans équivoque* U exigera de ceux qui s'en réclament de la franchise. Ils doivent la vouloir du fond du cœur et non du bout des lèvres. Le pays sait qu'on ne saurait être pour l1 Union Nationale lorsqu'on est disposé à donner son appui au collectivisme*
Entre les deux méthodes qui s’ofïrent à vous : celle qui tue et celle qui sauve, la grande majorité des électeurs de l'arrondissement de Melun saura choisir et faire son devoir.
Je serais fier de représenter an Parlement notre bel arrondissement de Melun, où il n'y a ni préjugés, ni fanatisme, où toutes les conditions sociales seront rapprochées dans une estime mutuelle et se confonderont dans un même dévouement aux intérêts supérieurs du pays.
Mon plus grand désir est que la France retrouve sa prospérité et sa force, en restant digne de sa victoire et du souvenir de ses morts.
Electeurs,
Votez sans abstention :
Pour la trêve des partis et P Union nationale ;
Pour le relèvement financier du pays ;
Pour le progrès social dans Tordre, la liberté et la paix;
Pour la grandeur de la République et la prospérité de l'arrondissement de Melun.
Henry CRAVOISIER
Conseiller général de Seine-et-Marne,
Chevalier de la Légion d’honneur» — Croix de Guerre, Candidat de Concentration républicaine et ds Union nationale*
Circonscription de PROVINS