M. RE IB EL
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,294 voix*
Mon cher Concitoyen,
Depuis bientôt neuf ans, je suis député de Seine- et Oise ; et* au moment où je viens à nouveau solliciter vos suffrages, ma conscience me permet d'affirmer que, soit au Gouvernement, soit h la Chambre, j’ai constamment travaillé de toutes mes forces au bien du pays et à la défense de nos intérêts régionaux.
Combien de fois suis-je venu dans Tun des cantons de Maisons-Laffitte, Meulan et Poissy, le plus souvent invité par une clés municipalités à présider une cérémonie communale, parfois aussi convié par elles à l'honneur de protéger des droits menacés ?
Tous ceux d'entre vous qui me connaissent, savent que jamais je ne suis resté sourd à un appel et qu'au contraire je n’ai cessé de m'employer, chaque Fois que l'occasion m’en fut offerte, au redressement d’erreurs on d'injustices.
En ectte veille d'élections, j'ai bien le droit aussi de revendiquer auprès de vous, avec fierté, T absolue rectitude de ma vie politique.
Mes opinions sont celles de l'immense majorité d'entre vous ; au cours des deux mandats successifs que vous m'avez déjà conférés, j'y suis demeuré immuablement fidèle, dans des circonstances parfois critiques, sans qu'il soit possible de me reprocher un abandon ou une faiblesse.
Ardemment républicain, mais ennemi résolu de la démagogie, je suis vice-président de l'Alliance démocratique, fondée jadis par Adolphe Carnot avec celle devise, toujours si pleine de sagesse et de bon sens: « Ni réaction, ni révolution. »
Je pense que le but primordial de toute politique doit être le maintien de la paix extérieure et de la paix intérieure.
Il faut que le pays n'ait plus à subir les horreurs de la guerre étrangère ou de la guerre civile.
Aux théories fratricides de la lutte des classes, j'oppose ma conviction profonde de la solidarité nécessaire entre le travail et Je capital, aussi bien qu'enlre l'agriculture, le commerce et l'industrie.
Une expérience récente et cruelle ne nous a 'belle pas assez clairement enseigné k
quelles cala strophes conduisent les divisions entre les citoyens et l’asser vissemeat de l’autorité gouvernementale à l'emprise révolutionnaire" î
Apres la crïse!VVidcolûgie redoutable; qui a failli consommer, au mois de .juillet 1926, la ruine des particuliers et de l’Etat, le salai n'a pu être assuré, au prix de sacrifices énormes pour les contribuables, que grâce à l’union étroite de tous les partis de gouvernement (républicains de gauche, radicaux et modérés) autour du grand citoyen dont je m’honore d'avoir été le collaborateur, puis le ministre.
If édifice est fragile encore et doit être consolidé ; M. Poincaré !e proclamait hautement ù Bordeaux, l'autre dimanche.
II déclarait : « Le Gouvernement aura besoin, dans la prochaine Chambre, d’une majorité qui soit avec lui d'esprit et de cœur. » Et, parlant de ceux qui furent ses « associés fidèles et persévérants», il mettait les électeurs en garde contre « les confusions et les équivoques ».
« Si nous retombons dans les crises parlementaires, disait-il hier â Carcassonne, s'il ne se trouve pas, à la rentrée, un cabinet assuré de son lendemain, capable de poursuivre jusqu’au bout l'expérience dont on a tant parlé et que nous croyons avoir heureusement commencée, si Ton ne suit pas franchement la voie que nous avons tracée, si l’on s’engage dans les chemins Jle traverse, si l’on se laisse entraîner par les surenchères démagogiques dans les sentiers perdus, on]re tournera vers l'abîme, et le désastre, cette fois, ne sera plus réparable. »
Est-il possible de mieux souligner l’extrême gravité, pour le pays, des élections du 2-2 avril et, par suite, l’importance de votre bulletin de vote.
Ce jour-là, mon .cher Concitoyen, vous choisirez une politique et vous désignerez un homme.
Je me présente à vos suffrages comme candidat d'union nationale et Jde concentration républicaine, en complet accord avec les conseillers généraux des trois cantons, MM, Franklin- Bouillon, Larnaude et Gallin, en plein accord aussi avec la presque unanimité des conseillera d’arrondissement et des élus municipaux.
Il vous appartiendra de dire si, par mon passé, j'ai mérité votre confiance.
Je puis, en tout cast vous assurer sans réserve de mon dévouement.
Vive la France l Vive la République I
Charles REîBEL
Député sortant. — Ancien Ministre.
3me circonscription de VERSAILLES,