‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 293 sur 336 · M. ADAM · texte numérisé non relu

M. ADAM

Elu au deuxième tour de scrutin, — 0,274 voix.

Citoyens,

Candidat aux élections législatives du 22 avril prochain, je viens mettre à votre disposition ce que je puis avoir d'énergie et de bonne foi, d'expérience et de dévouement*

Pour solliciter vos suffrages, je ne me targue d'aucun passé politique. Quand j'ai abordé les affaires publiques, je n'ai été guidé que par des considérations d'intérêt général, soit aux côtés de M, André Tardieu, mon chef et mon ami, lors de sa mission en Amérique, soit quand mes concitoyens m’ont fait l'honneur de m'appeler a la mairie de La Celle- St-Cloud.

Fils de mes œuvres, ma carrière toute de labeur s’est déroulée sous vos yeux. Je suis des vôtres. Mes intérêts sont ici. Vos aspirations, vos espoirs, vos besoins sont les miens. En vous demandant vos voix je suis sûr d'être votre interprète fidèle et de vous représenter véritablement*

Je ne suis pas un professionnel de la politique. Peut-être m en saurez-vous gré. Vous êtes las, je le sais, du régime stérilisant des groupes, des coteries et des étiquettes. Dans notre France en travail de rénovation il ne peut plus exister que deux partis ; F tin décidé à mener à bout, dans la paix des esprits et de la rue, l'oeuvre de restauration et d'expansion nationales, F autre prêt à courir toutes les aventures et à tenter tous les mauvais coups pour précipiter l'avènement de ses désastreuses utopies.

Je suis du premier de ces partis.

Mais ce rTeat pas par des phrases ou des manœuvres de stratégie électorale que nous ferons lace à la besogne immense qui reste à accomplir. Un esprit nouveau doit animer nos assemblées législatives : une volonté d’action rapide, nourrie dans la connaissance des hommes et des choses d’à présent, éprise de fécondes réalisations. Cet esprit nouveau veut des hommes nouveaux formés aux complexités de la vie moderne, aptes à comprendre vos besoins immédiats, n’ayant pour objectif que l'amour de la Patrie et son épanouissement sons fégidede la République, dans le pacifique rayonnement de la victoire.

Si vous voyez en moi Y un de ces hommes nouveaux faits pour hâter l’ achèvement de I œuvre commencée de résurrection française, je vous demande de le dire en vous ralliant sürnion nom.

Je vous dois un programme ; vous avez le droit de savoir quelles seront les directives etles principes, qui, sur les grands problèmes de la vie sociale et politique, inspireront mes 'ûtes si vous me faites l’ honneur de faire triompher ma candidature.

En politique intérieure :

toutes mes conceptions sont dominées par une idée primordiale : la Liberté. Mon dévouement à la République tient à ce que de tous les régimes c'est elle qui porte en elle e plus haut idéal de libération civique et sociale.

Mais point de liberté dans F arbitra ire tyrannique de l’esprit de parti et de coterie. Aussi me réclamé- je énergiquement de la politique d’Union Nationale, dont le Ministère Poincaré a tiré des effets si bienfaisants, La Chambre nouvelle reprendra cette politique plus nécessaire que jamais, en la précisant, en l'élargissant, en dégageant les forces vives qu’elle recèle en vue d’un vaste effort, hardiment concerté, de réformes et de progrès.

L’élaboration des lois devra s’inspirer d un esprit plus sérieux et plus méthodique. Vous êtes las de ce sabotage législatif, de ces textes inextricables qui, dans le cas des locations commerciales, par exemple, transforment la France en un immense contentieux. Vous êtes las de ces caprices anti-juridiques, comme la loi de rétroactivité financière, et tant d’autres qu’il serait trop long d’énumérer.

If administration a besoin d'être profondément modernisée dans son organisation et ses méthodes, par une décentralisation radicale, et la simplification de ses rouages. Libre des ingérences politiques, elle doit fournir à ses agents des sécurités plus grandes et les débarrasser d’un favoritisme parlementaire irritant et décourageant.

La justice est trop lente, les frais qu'elle impose sont une prime a la mauvaise foi et à la fraude. La police doit être pourvue de moyens d’action plus souples et la sécurité dans notre département, par exemple, mieux assurée.

En matière d 'assistance et d’éducation :

J’approuve toutes mesures qui de la première enfance à la vieillesse, apportent aux citoyens une hygiène meilleure, un logis plus sain, des sécurités plus grandes : la loi sur les habitations à bon marché duii être appliquée sous un contrôle strict ; les établissements hospitaliers si encombrés dans notre département doivent être multipliés.

L’éducation nationale est une fonction de l'Etat, Dans le monde actuel, un peuple d’illettrés tsl condamné, mais la tâche d'enseignement est trop vaste pour que l'initiative privée puisse y suffire. Devenu service public, renseignement populaire a, comme tous les services publics, le droit d’être défendu contre toute atteinte, soit qu’il soit l’objet d'injustes attaques, soit qu'on y viole cet esprit de neutralité que doit garder toute entreprise destinée à la collectivité.

Je suis au surplus l’adversaire de toute monopolisation de renseignement par l’Etat. Le droit d’enseigner est une forme de la liberté de conscience dont je suis f irréductible défenseur. Je veux les cultes libres dans l’Elut libre, sauf à ajuster leurs rapports quotidiens dans un esprit de mutuelle déférence.

L’idée de la lutte de classes est pratiquement et théoriquement une idée fausse. Quest des régions de la chimère, elle tentait sous l’habit du communisme de descendre de force dans la sphère des réalités, je n’hésiterais pas à sanctionner la répression vigoureuse de ses criminelles entreprises.

Action sociale :

Mais contre les excitations révolutionnaires la défense la meilleure sera toujours d assumer nous-mêmes la protection de ceux qu elles s’ingénient de séduire.

Une société industrielle comme la nôtre repose sur l’ordre et la paix des esprits. Elle ne peut vivre que par la justice et le respect de toute personne humaine. Au liea de chercher un impossible nivellement des conditions et des fortunes, elle attribuera à chacun non point un minimum d’existence misérable comme une aumône, mais la faculté Je jouir du bien-être et des loisirs que nous doit la vie. Elle affranchira les travailleurs des plaies qui les irritent. Contre la lutte des classes elle organisera la solidarité des classes, en la faisant bienfaisante à tous.

Je suis acquis par doctrine aux libertés syndicales, je vois dans les syndicats ouvriers el patronaux, conjuguant désormais leurs efforts dans un respect mutuel de leurs droits respectifs, le fondement de l’édifice social de demain.

Politique financière :

La politique sociale est fonction de la politique financière et economique.

En finances, je suis pleinement d'accord avec la politique de stabilisation et de clarté menée si habilement par M. Poincaré. Elle devra être poursuivie sans relâche, notre comptabilité publique désormais apurée, jusqu'à l'obtention des résultats définitifs qu'on en doit attendre.

Mais dès à présent il conviendra de rajuster, selon les exigences de l’équité, les perceptions dont M. le Président du Conseil lui-même a reconnu l'injustice, et qui grèvent ses collaborateurs bénévoles, industriels et commerçants, taxe sur les chiffres d'affaires taxe de luxe, etc,.. Le commerce doit être soulagé des poids qui l'accablent et affranchi surtout, des vexations inquisitoriales d une fiscalité déchaînée.

Ce n’est d’ailleurs pas en saignant à blanc les contribuables que Von rétablira l’équilibre définitif de nos finances. Cette solution trop facile ne peut avoir qu'un temps. Seule une politique économique, largement conçue, de production intensifiée, nous rendra notre sécurité d'antan.

L’État devra continuer l’effort si vigoureusement mené depuis deux ans par M, Tardieu, Ministre des Travaux Publics, pour développer et moderniser l'on tillage national : extension des ports, routes, chemins de 1er, canaux, lignes téléphoniques, utilisation do la houille blanche. Nos lignes de navigation maritimes et aériennes seront accrues; nos colonies si riches et pourtant encore presque inexploitées seront mises en état de récompenser la métropole des frais qu’elles lui ont coûtés.

Les particuliers étendront leur production grâce a des méthodes nouvelles ; mais industriels, commerçants et agriculteurs auront besoin de transporter, d'exporter leurs produits. Nous exigerons de l’État qu'il aide, grâce à des tarifs de transports supportables, les denrées nécessaires à la vie, à circuler vers îes villes ; nous lui demanderons de "mettre à la disposition de nos exportateurs des diplomates, des agents consulaires plus aptes à leur faciliter la recherche et la conquête de marchés nouveaux.

En ce qui touche la Z* circonscription de Versailles :

J’estime que la mission des élus de Seîne-eLOise, mission qui jusqu’ici n’a peut-être pas été assez tenacement remplie, est une mission cHn transigeai! te^délensive.

Victime des plus redoutables envahissements, menacé par les tentatives d'usurpation de la ville de Paris, toujours sous le coup d'installations insalubres ou destructrices, ie département de Seine-eLOise ne peut continuer à servir d’exutoire à la capitale. Les communes et le département plient sous le faix de charges nouvelles à une immigration d’une importance imprévue et d’une valeur économique médiocre.

A tout instant, des établissements incommodes ou malsains y jaillissent malgré toutes les protestations, malgré les lois, avec l’appui, semble-t-il, de l'autorité départementale qui devrait les prohiber. A quoi bon tant de discours sur les exigences de la salubrité moderne quand on tolère que là où elle existe, n importe qui puisse V altérer ?

Je lutterai de toutes mes forces contre les tentatives de dévastation, d’empoisonnement ou d’enlaidissement de notre région. Par ailleurs, je nTcmploirai à lui /aire obtenir des transports plus commodes, pour faciliter à nos producteurs agricoles l'accès des halles. Je prendrai les mesures utiles pour assurer à des prix raisonnables la distribution des eaux potables, là où elles font encore défaut.

En politique extérieure ;

La France unanime veut la paix chèrement achetée par sa sanglante victoire. Je suis partisan d une politique strictement soucieuse d'épargner à la Patrie]toute aventure irréfléchie, tout conflit que 1 honneur, ou la défense d’un territoire ne rendrait pas inéluctable. La Société des Nations est, au point de vue international, l'organe de cette volonté de paix. Je ne puis

qu en approuver l'institution, sauf à k juger en temps et lieu sur des résultats positif s. C'est avec la même sympathie l et sous les memes réserves que j'envisage les accords de Locarno, J 'estime cependant qu'ils ne nous offrent pas une garantie suffisante pour renoncer actuellement â l'occupation rhénane, et, à fortiori, pour consentir à notre désarmement.

Mais il n'est pas de bonne paix sans dignité, ni de dignité nationale sans liberté.

Les a ccordsMelï on-Bérenger et Caillaux- Churchill, sont des instruments d’asservissement qui font de la France l'esclave des puissances étrangères. Je n'y souscrirai dans aucun cas. Telles sont les lignes essentielles de mon programme.

Il s’inspire d'un optimisme profond. Je crois formellement aux heureuses destinées de mon pays ; mais elles ne seront que ce que nous les voudrons, EÜes nous échapperons si nous nous attardons aux for mures sonores d'autrefois. Elles se réaliseront au contraire, plus belles même que nous les rêvons, si dans l1 union, la bonne humeur et le bon sens, nous marchons vers Ta venir. Ainsi s'accompliront, mieux que par les querelles idéologiques d'an ton, les promesses éinapcipatrices que renferme le véritable idéal républicain,

J. JM- ADAM Maire de La Celle -St-Cton d .

C&ntîidut républicain d'ÂclîôD eoci&ïe et d’Unîoü natuoale.

4m* circonscription de Versailles.

M, BONNEFÛUS

Elu au premier tour de scrutin. — 11.480 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le travail qui va s’imposer à la Chambre des Députés, dont T élection aura Heu les 22 et 29 avril prochain, sera avant tout un travail de redressement financier*

Il me semble ^cependant indispensable de vous exposer, dans ses grandes lignes, le programme général que je défendrai, chaque fois que les circonstances me le permettront. Voici ce programme, que je vous soumets avec confiance :

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