Partie politique
Pouvoirs publics :
Réduction du nombre des députés et des sénateurs sur une base équitable, les départements qui se dépeuplent, situés généralement au sud la Loire, ne devant pas conserver une représentation souvent trois fois plus forte, pour un nombre d habitants beaucoup moindre.
Exemple : Le département des Base es- Alpes, avec 80.000 habitants, a trois députés»
La 4 circonscription de Versailles, avec 106.000 habitants, nk droit qu'à un élu Autre exemple : Le département de Seine-et-Oise, avec 1.138.000 habitants, n'a que
4 sénateurs. Le département de la Charente-Inférieure en a 4 -également* avec 418,000 habitants seulement, soit avec 720*000 habitants de moins 1 C’est une intolérable iniquité* Une loi de justice électorale est donc absolument nécessaire.
Vote des femmes. Vote familial. Vote obligatoire.
Introduction dans la Constitution, comme aux Etats-Unis, d'une Cour suprême, juge du caractère constitutionnel des lois, lesquelles devront être respectueuses des principes de toute Société civilisée : sûreté, liberté, propriété, égalité des droits.
Stabilité gouvernementale assurée au lendemain des élections générales, pour toute la législature.
Une crise ministérielle devrait donner lieu à la dissolution de la Chambre et à une consultation électorale nouvelle, de même qu’une crise municipale donne lieu, généralement, à une nouvelle consultation des électeurs de la commune.
Politique intérieure :
Le moins de politique intérieure possible, sauf la défense de Tordre et de la civilisation eonire la propagande communiste et révolutionnaire,
La République doit être la chose de tous.
Egalité de droits totale, absolue, elïeetive pour tous*
La question religieuse n’a rien à voir avec les luttes politiques.
Aucune croyance au service des buts politiques.
Aucun empiétement de la politique sur le droit commun de toutes les croyances.
En matière d’enseignement, même application du principe de liberté. Pas de monopole de renseignement par l'Etat et rejet de tout système conduisant, directement ou indirectement, à 3a suppression de la liberté d'enseignement, celle liberté devant être accordée également à toute personne possédant les diplômes et Litres requis*
Extension des bourses dans renseignement professionnel, secondaire et supérieur, à tous ceux qui sont en état de recevoir l'an de ces enseignements avec fruit.
Reformes administratives :
Institution de grandes régions*
Diminution progressive du nombre des fonctionnaires, la situation matérielle des fonctionnaires maintenus pouvant être, de ce fait, améliorée en même temps que seraient allégées les charges du budget,
Vote d’une loi sur le statut des fonctionnaires.
Politique sociale :
Mise au point de la loi imparfaite sur les Assurances sociales, au fonctionnement do laquelle doivent être étroitement associées les sociétés de secours mutuels, cette création de Mnitialive privée.
Lutte contre le taudis et pour une politique de l'habitation. Subventions aux sociétés de jardins ouvriers. Encouragement à l’épargne et à 1 accession de tous à la propriété individuelle, instrument de paix sociale. Contrôle des lotissements,
DilFusion et soutien de l’artisanat*
Mesures de sympathie, d'encouragement et d’allégement fiscal pour les familles nombreuses.
Politique extérieure et militaire :
La France veut la paix. Il n’y a pas un Français doué de raison qui souhaite la guerre, La France, depuis le retour de ses deux provinces d’Alsace et de Lorraine, que la victoire lui a rendues, in’a à désirer aucun agrandissement territorial.
Elle souhaite que le développement futur de la Société des Nations assure à celle-ci une autorité el une efficacité croissante et des moyens d’action grandissants, notamment pour la pacification de T Europe.
En attendant, la France ne peut renoncer b se protéger elle-même. Depuis 1919, année où fut conclue la paix, aucune nation n'a d'ailleurs réduit autant qu'elle ses dépenses militaires et navales.
Mais, après avoir organisé la préparation au service militaire d'un an, elle doit se préoccuper d'assurer h organisation défensive du territoire, qui devra être achevée avant 1935, date fixée, par le traité de Versailles, pour l'évacuation de la Rhénanie par les forces militaires alliées.
Politique économique :
Opposition à la création de tous nouveaux monopoles, l’Etat étant, par sa nature et ses fonctions, aussi peu qualifié que possible pour la direction d’entreprises industrielles ou commerciales qu'il doit abandonner. L'Etat doit borner son rôle à stimuler la production, à l'adapter aux besoins généraux, à diminuer ainsi le coût de l'existence. Un plan méthodique d'organisation et de développement de nos immenses richesses coloniales sera une des manières les plus efficaces de combattre la cherté de la vie*
Politique financière :
Achever l'œuvre de redressement financier si heureusement commencée par M. Raymond Poincaré et dont il sera lui-même le meilleur continuateur.
Politique d'économies. Politique d’amortissement de notre dette publique qui, dans une mesure numérique de sacrifices à déterminer, doit être inflexiblement poursuivie. Réforme de la taxe sur le chiffre d'affaires par l’établissement d une taxe à la production dans toutes les branches d’activité où cette substitution sera possible et désirée par les intéressés eux-mêmes.
Allégement progressif de toutes les catégories d'impôts, dont le taux écrasant spolie les particuliers sans enrichir l'Etat.
Règlement éventuel de ce qu’on appelle généralement « les dettes interalliées n, en connexion étroite avec les paiements qui seront versés à la France par l'Allemagne, en exécution du traité de Versailles.
Réparations envers les victimes de la guerre et anciens combattants. Faire à leur égard le maximum de sacrifices compatibles avec notre situation financière*
Mon programme, je le résume dans ces termes :
La paix extérieure par le respect des traités ;
La paix intérieure par le respect des consciences.
Mais, après bavoir soumis à votre approbation, j'ai le devoir, mes chers concitoyens, d'attirer votre attention sur la gravité du vote que vous allez émettre les 22 et 59 avril prochain.
Les élections législatives des 22 et 29 avril prochain posent devant nous, dans cette circonscription, comme dans toute la France, une question aussi simple que claire, celle-ci : l'Union nationale, cette union des bonnes volontés qui, depuis bientôt deux ans, a sauvé notre pays d'une ruine financière menaçante, sera-t-elle rompue ? Ou sera-t-elle, au contraire, maintenue et consolidée?
En mai 1924, il fallait 70 francs pour faire une livre sterling.
En juillet 1926, il fallait 240 francs.
En avril 1928, il faut 125 francs.
Ces variations formidables dans la valeur de notre monnaie et sa chute, il y a deux ans, à ce chiffre de 240 francs pour une livre, ont eu pour cause principale les erreurs et les fautes
No 3814
politiques de tous genres, commises sous le règne du Cartel des gauches qui, en associait contre tout bon sens, radicaux et socialistes pour un essai de politique commune, a précipité une crise dont la gravité croissante a failli nous perdre.
Nous n’avons alors échappé à la catastrophe financière qu’eu faisant, trop tard, ce qu’il aurait fallu Faire plus tôt : c’est-à-dire, comme quand éclate un incendie, en formant contre le fléau, la chaîne, et, sans discuter les opinions ou la qualité des voisins, en assurant, avec le concours de tous ceux qui le voulaient bien, le salut commun I
Aujourd’hui, grâce à la politique d’union nationale inaugurée avec tant de résolution en juillet 1926, par SL Raymond Poincaré, nous sommes maîtres du fléau.
Mais rincendie couve encore. II peut se rallumer brusquement sous le souffle d’un vent brutal, car des braises rougissent toujours sous la cendre.
L’heure n’est donc pas venue de tourner le dos au foyer mal éteint, pour reprendre les vieilles querelles de la politique d’avant-guerre. Le chef du gouvernement, M. Raymond Poincaré^ fa proclamé lui-même, le 1er avril dernier, clans son discours de Carcassonne, quand il a dit qu’il ne faudrait pas moins de toute une législature de quatre années pour assurer le relèvement financier de la France et quand il a ajouté :
« Si nous retombons dans les crises parlementaires, s’il ne se trouve pas, à la rentrée, un cabinet assuré de son lendemain, capable de poursuivre jusqu’au bout l’expérience dont on a tant parlé et que nous croyons avoir heureusement commencée, si l’on ne suit pas fran-" chement la voie que nous avons tracée, si Y on se laisse entraîner par les surenchères démagogiques dans les sentiers perdus, on retournera vers l’abîme, et le désastre, cette fois, ne sera plus réparable. »
Vous ne voudrez pas qu’il en soit ainsi.
La plupart d’entre vous m’ont approuvé, je ’e sais, d’avoir, dès le premier jour, constamment et énergiquement soutenu, non seulement à la Chambre, mais par la parole, dans le pays tout entier, cette politique d’union nationale qui a sauvé, a la fois, le franc et la France.
Je vous demande vos suffrages pour aider à l’ achèvement de cette couvre de salut public,
G’est pour demain, la besogne essentielle, le programme principal, faute duquel toutes les autres parties d’un programme politique ou économique demeureront vaines, parce que frappées d’avance de stérilité.
Depuis 1910, année où, pour la première fois, vous m’avez élu député, vous me connaissez, Vous savez que je n’ai jamais manqué à mes engagements.
Partisan d’une République de liberté et de justice pour tous, sans privilège, ni exclusion pour personne, je vous demande vos suffrages pour collaborer, en votre nom, demain comme hier, au relèvement définitif de la France.
Après les atrocités d’une guerre que la France n’a jamais voulue et à laquelle une odieuse invasion l’a condamnée, poursuivons obstinément, dans la paix retrouvée — paix qu’il faut savoir désormais conserver et garantir — la politique d’union française qui a déjà fait ses preuves, en attendant qu’elle donne demain tous ses fruits.
J’ai confiance dans la réponse que vous dictera votre patriotisme.
Vive la France I
Vive la République \
Georges BONNEFOUS
Député sortant.
Candidat républicain d’Union nationale.
5* circonscription de VERSAILLES*