‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 296 sur 336 · M* TAU D 1ÈRE · texte numérisé non relu

M* TAU D 1ÈRE

Elu au premier tour de scrutin- — 14*259 voix*

Messieurs,

Si j'ai accepté de poser ma candidature dans l’arrondissement de Bressuire, c est pour continuer parmi vous la politique d'union et de paix que j'ai poursuivie dans le département des Deux-Sèvres depuis 1919, dans l'exercice des divers mandats publics qui m'ont été confiés par mes concitoyens*

N’attendez pas de moi une de ces déclarations faciles, faites de formules creuses et de vaines promesses. Homme de la génération de la guerre, j'ai acquis, à la rude école du front, l'horreur du £ bourrage de crâne », le souci de ne promettre que ce que je suis assuré de tenir. Vous pouvez compter sur ma bonne volonté, sur mon activité, mises au service, aussi bien des intérêts particuliers de chacun de vous, que des intérêts généraux de la patrie.

Enfant du pays, je connais ses traditions, ses besoins ; je suis associé à son labeur agricole; j'ai été mêlé de bonne heure à sa vie économique, à son fonctionnement administratif, à ses œuvres sociales, à ses entreprises d'intérêt public. Ces circonstances me mettent en mesure de vous être utile i c’est mon désir — ce serait ma satisfaction — d’y parvenir*

Mon père, mon grand1 père m’avaient montré l’exemple d’un pareil labeur. Par deux fois, l'arrondissement do Bressuire a donné k Henry Taudière le témoignage éclatant de sa confiance*

Je serais fier de reprendre parmi vous une telle tradition, trop tôt interrompue par la mort P

Les années d'après guerre n'ont pas apporté à la France, victorieuse et meurtrie, les fruits que nous étions en droit d’escompter. La faute en est peut-être à certains hommes; elle résulte surtout et plus sûrement d'une organisation vieillie et faussée, dont tout le monde s'accorde à proclamer la réforme nécessaire et urgente.

C'est seulement par le travail qu'on pourra remédier aux ruines accumulées par la guerre*

Pour être fructueux, le travail exige l’ordre et la paix*

L’ordre dans l’Etat :

Avec un Gouvernement disposant de la stabilité et de l’autorité nécessaire pour mettre k exécution le programme de réformes, élaboré grâce au concours des compétences et approuvé par le Parlement ;

Avec un Gouvernement composé d’hommes de caractère, aptes à porter les responsabilités d'une action vigoureuse;

Avec moins de bavards et de politiciens \

Avec une administration rajeunie, décentralisée; moins de fonctionnaires mais des hommes actifs et compétents, jouissant d’un statut légal et d’une situation matérielle et morale correspondant à leur travail et à leur responsabilité,

L’Etat, soutien naturel de toutes les forces morales, doit non seulement respecter, mais protéger la liberté de conscience et de croyances.

Il a un rôle suffisamment important pour assurer : à F extérieur, le rayonnement pacifique de ïa nation et scs rapports avec les autres peuples; à l’intérieur, Tordre et la concorde, la justice, la bonne administration des services publics, sans s’ingérer dans les affaires industrielles et commerciales où l’expérience montre son insuffisance et sa ruineuse incapacité.

Le libre jeu des initiatives privées dans les limites de Tordre public est une des conditions fondamentales du progrès économique.

L’ordre dans la société :

Où la famille soit considérée comme la cellule initiale, la première assise de la cité.

Le vote familiale doit être la consécration politique de ce principe essentiel ; son adoption permettra de réaliser toutes les réformes qui sont la conséquence logique du principe lui-même*

La profession organisée constitue la seconde assise d’une société normalement établie. Ses avis apportent un précieux concours au Parlement, dont le rôle est d'arbitrer les intérêts divers en vue du bien général. Par elle pourront être réglées efficacement entre les intéressés les questions du travail, des assurances sociales, la restauration de la conscience professionnelle, de T apprentissage, de l'artisanat.

" Les victimes de la guerre et les anciens combattants doivent occuper djns la nation la place privilégiée à laquelle leur donnent droit les services qu ils ont rendus à la patrie ou les sacrifices et les souffrances qu'ils ont endurés pour Elle. J’ai trop souvent défendu leurs intérêts pour qu'il soit utile de m’étendre longuement ici k ce sujet, ou de les assurer d'un dévouement dès longtemps acquis.

Les différentes professions, les diverses classes de la nation sont étroilemeot solidaires. La guerre, en confondant les citoyens mobilisés, a contribué à un rapprochement social qui doit être fécond. Il n’y a pas de barrières sociales : l’élite se recrute dans la masse par la sélection du talent, de la valeur, de l'énergie créatrice.

L'instruction à tous les degrés sera largement ouverte à tous pour permettre l'accession de toutes les valeurs. Les parents sont libres de donner k leurs enfants les maîtres de leur choix, sous les seules réserves que ceux-ci aient obtenu les diplômes requis pour renseignement et qu’ils respectent la morale et l'ordre public.

La sécurité du travailleur doit être assurée, non seulement en cas d’accident, mais encore de maladie, de vieillesse.

Son développement professionnel et intellectuel sera facilite par l’organisa lion de T apprentissage, des écoles et cours complémentaires.

Un très gros effort doit être poursuivi pour doter le travailleur d'un logement sain et attachant, pour lui permettre d’accéder à la propriété, entre autres moyens par le développement des caisses rurales qui ont déjà rendu tant de services.

L’amélioration dos conditions de la vie rurale (électrification, perfectionnement de la vicinalité et des moyens de transports} contribuera à maintenir et à ramener le cultivateur k la terre. Mais c'est surtout l'enseignement rural qui, par ses programmes, par ses instituteurs, doit être orienté vers ce but.

Enfin, ta santé publique a besoin d’être protégée contre les terribles maladies comme ïa

iuberculose, qui fait tant de ravages, non seulement clans les villes mais dans nos campagnes,

L’ordre clans les finances ;

Sms monnaie saine, il n'est pas de contrat possible, donc pas de vie économique normale.

Le strict, équilibre du budget s'impose ; ni inflation, ni emprunts nouveaux ; compressions et économies par les réformes nécessairss*

L’impôt est la participation de tous les citoyens aux charges publiques; il ne doit être ni une arme politique, ni un instrument d'expropriation.

Le régime fiscal acluel est à refondre en vue d'une répartition plus équitable des charges, d'une simplification des formalités et déclarations, d'une suppression des mesures inquisitoriales.

Respect est dû à la propriété, fruit du travail et de l'épargne eL condition essentielle du progrès social.

Tout l'effort de l'Etat doit tendre à encourager la production et à l’aider au besoin.

Il ne s'agit pas de travailler plus, mais de travailler mieux. Une meilleure organisation de la production, le perfectionnement de l'outillage permettent un meilleur ajustement des salaires tout en diminuant les prix de revient.

Adoption d'un tarif douanier équitable et 1res spécialisé, garantissant, en même temps que notre industrie nationale, les intérêts de la production agricole, principale richesse de la France.

La paix intérieure :

Sera la conséquence naturelle de l'ordre régnant dans l'Etat, la cité, les affaires publiques.

Elle exige encore un sain esprit de tolérance réciproque, l'abrogation des lois d'exception forgés en 1901 et 1904 contre une catégorie de Français.

Ceux qui, exploitant les déceptions, les amertumes, l’envie, sèment la haine entre Français et se font ainsi les auxiliaires des ennemis de la patrie doivent être mis hors d’état de nuire.

La paix extérieure :

Nous avons trop souffert de la guerre pour ne pas être passionnément attachés à la paix et nous intéresser à toute entreprise — si insuffisante soit-elle encore! — ayant pour objet, comme la Société des nations, de la consolider.

Le travail de pacification internationale exige le respect des traités, des garanties de sécurité et d'arbitrage, la réparation des dommages volontairement causés par l’envahisseur, la juste solution du problème des dettes interalliées dans la liquidation entre alliés des concours divers mis en commun pour une même entreprise.

Rien vaste est la tâche qui s’offre au législateur! Ses réformes devront être progressive ment et méthodiquement entreprises. C'est une œuvre de longue haleine : de ses résultats dépend l'avenir du pays.

Je vous devais de vous exposer comment je la comprends.

Si nous sommes d'accord, donnez-moi toute l’autorité nécessaire pour parler en votre nom, en portant vos suffrages en masse sur

Émile TA UDI ÈRE Conseiller général des Deux-Sèvres,

Chevalier de la Légion cT honneur. — Croix de guerre.

Circonscription de MELLE,

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