‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 297 sur 336 · M. FRANÇOIS ALBERT · texte numérisé non relu

M. FRANÇOIS ALBERT

Elu au premier tour de scrutin, — S. 490 voix.

Monsieur et cher Concitoyen ,

Désigné comme candidat unique par le Congrès républicain de Melle, je m'adresse à tous les républicains qu'animent le vieil idéal démocratique, le souci de justice fiscale et le besoin d'émancipation économique, à une heure on la haute féodalité financière essai© d'accaparer tous les rouages de la nation, et je leur demande d'affirmer sur mon nom, par une majorité significative, le désir de mettre un terme à l'exploitation des travailleurs par les spéculateurs,

11 n’est pas indifférent, en effet, pour le succès de son eiforL législatif que votre élu se sente appuyé par un large mouvement de confiance qui lui assure à la fois la sécurité et l'autorité, tout à fait indispensables pour entreprendre une tâche de réparation nationale et d'affranchissement social à peine ébauchée dix ans après l’armistice,

La plus constante préoccupation de la Chambre nouvelle sera de stabiliser îa paix. L'œuvre amorcée à Genève et à Locarno n'en est qu'à ses débuts. Il faut s’y attacher avec fol et ténacité. De nombreux germes de guerre subsistent : pour les étouffer, une volonté de paix, capable de résister à tous les préjugés, à tous les intérêts suspects, est nécessaire* Mais elle ne s'épanouira qu'à condition de pouvoir faire fonds sur le sentiment nettement exprimé du suffrage universel clans toutes ses consultations,

La législature de 1928 devra, non moins constamment, travailler à l'assainissement de la situation financière et à la révision des impôts. Plus encore depuis 1926 qu'avant 1924, les charges fiscales ont été réparties de telle façon que le consommateur, le travailleur et le petit propriétaire rural en supportent, directement ou par répercussion, le principal fardeau* M, Poincaré, qui fut l'auteur de cet aménagement, a convenu qu'il frappe trop lourdement le labeur des familles modestes. Un redressement de justice est donc urgent. Il devra surtout consister dans :

1* La substitution à 3a taxe sur le chiffre d'affaires d'une taxe à la production et à l’importation ;

2° La refonte de l’impôt sur les bénéfices agricoles, établi dans des conditions d’inégalité et d’obscurité qui le rendent inacceptable ;

3Û La réduction des taxes sur les achats d’immeubles en compensation de la taxe paralysante sur les premières mutations ;

4° Une exemption à la base dans la cédule des bénéfices industriels et commerciaux, analogue a celle qui existe pour les autres catégories de contributions ;

5° Une application non pas brutale mais loyale de l’impôt sur le revenu, qui est actuellement payé surtout par les classes moyennes, car elles ne peuvent songer à s'y soustraire ni par la dissimulation, ni par l'évasion ;

6° Des dégrèvements aussi larges que possible accordés aux familles nombreuses.

Tous ces remaniements équitables supposent comme condition l’indépendance absolue de l'Etat à l'égard des grandes puissances d’argent. Cette indépendance ne saurait être

obtenue aussi longtemps que l’instabilité des changes et la persistance d’une dette flottante disproportionnée avec îe mouvement normal des fonds obligeront le Trésor public à compter avec les manœuvres do certains financiers* organisateurs de la panique ou de la confiance selon que la politique des ministères les favorise ou les offusque. C’est seulement lorsqu’on aura stabilisé les cours et consolidé la dette qu’il deviendra permis d’envisager l’organisalion du contrôle des banques et la révision de la loi de 1867 sur les Sociétés anonymes, La profession de banquier a pris, dans notre système social, une importance trop prépondérante pour échapper à une réglementation par laquelle sera protégée l’épargne publique contre les abus de confiance auxquels nous la voyons si souvent exposée.

Quant aux grands monopoles de fait (celui des engrais notamment), il apparaît de toute urgence que, pour limiter leurs bénéfices excessifs, F Etat soit appelé à prendre place clans leurs conseils d’administration, afin d’y faire entendre la voix des consommateurs rançonnés.

Enfin, il importe de reprendre l’examen des tarifs douaniers, dont le remaniement incessant désoriente le cultivateur, d’autant plus que la plupart de ces tarifs ont été calculés de façon à servir, de préférence, les intérêts de la grande industrie et du gros commerce. Ne voyons-nous pas, en effet, les producteurs de la campagne subir, sans pouvoir les discu* ter, les prix de vente do leurs produits, tandis que leur sont imposés, par une limitation arbitraire de la concurrence, les prix de tous les produits dont ils sont acheteurs ?

Des économies, qu’il est raisonnable d’envisager, surtout dans les divers budgets militaires, où se perpétuent des habitudes de gaspillage, permettront de hâter l’électrification des campagnes, d’améliorer les routes démolies par la circulation moderne, d’introduire dans les moindres agglomérations le télégraphe ou le téléphone, enfin de faire face aux dépenses de solidarité humaine, spécialement par l’application aux travailleurs des champs, comme à ceux des villes, de la loi sur les assurances sociales,

A l’agriculture dépourvue de main-d’œuvre et méthodiquement exploitée par tout un syndicat de firmes coalisées nous devons des encouragements et des moyens de défense pratiqués et efficaces.

Le n est pas avec des formules sonores qu’on 1 affranchira des servitudes qui la briment :

C est par une dotation plus large dit crédit agricole, qui fera passer entre les mains des travailleurs la terre, instrument de leur travail, et qui entravera la fuite vers les villes ;

L’est par le progrès de l’enseignement agricole, qui vulgarisera les découvertes de la science appliquées h la culture ;

L est en travaillant à la réduction du nombre des intermédiaires qui s’interposent entre le producteur de la campagne et le petit commerçant;

C est enfin en appelant à siéger au Conseil national économique les producteurs ruraux, que Ton a jusqu’à cc jour oublié d’y introduire.

Il va de soi que les victimes de la guerre nous trouveront toujours prêt à défendre leurs droits j non seulement au Parlement, qui ne les a pas méconnus, en général, mais auprès des administrations parfois tatillonnes ou renfrognées*

Dans le domaine de 1 enseignement, nous veillerons d’abord à protéger contre tous les assauts la laïcité, dont 1 idéal est lait de raison, de tolérance et de chaude sollicitude pour tous les enfants de la nation. D’autant plus sereine qu’elle se sent plus sûre d’elle-mêmô, elle n’entreprend sur la conscience de personne, laissant à chacun sa foi, dont elle doit garantir la libre pratique, sans admettre qu’on puisse l’imposer à qui que ce soit*

Par l'institution cle T Ecole unique, la République se propose en outre d’assurer l’égalité de tous les enfants devant i1 instruction, chaque étape du savoir s’ouvrant désormais au mérite et non plus au seul hasard de la naissance. Ainsi se renouvellera par les aptitudes et le labeur la semence d’une élite dirigeante, adaptée à sa tâche par des capacités éprouvées et non par vocation héréditaire. Chaque place au plus digne : tels sont à la fois l’intérêt de la nation et la loi de justice sociale.

Promoteur de cette école unique, qu'aucun esprit de bonne foi n'est plus désormais fondé à confondre avec le monopole de renseignement ; fondateur de l'institut international de coopération intellectuelle, organe fécond de rapprochement entre les peuples ; ancien boursier de lr Université ; défenseur, au cours d’un passé déjà long, des travailleurs, an nombre desquels je me range, je crois être en mesure de puiser dans ces états de service l'expérience et l’énergie nécessaires pour faire triompher une cause à laquelle j’ai su faire des sacrifices qui attestent mon désintéressement, en particulier celui d’un mandat parlementaire que j’ai refusé de conserver au prix de compromissions faciles,

GTest avec ces titres à votre confiance et avec ce programme de réformes nettement démocratiques, mais concrètes et précises, que je me présente à vos suffrages. Ma cause est celle des hommes de labeur, de bon sens et de cœur généreux qui ont fondé la République, qui ne peuvent ni ne veulent être séparés d’elle et qui se rendent compte qu’elle perdrait jusqu’à sa raison d’être si elle marchandait à l’esprit de progrès, à l’évolution des idées ou des faits l’effort d’adaptation qui constitue la meilleure prime d’assurance contre l’agitation stérile, le désordre et l’exaltation chimérique.

Citoyens, la République est solide, 11 faut cependant toujours songer à la défendre et à la développer.

FRANÇOIS ALBERT Ancien Ministre.

Candidat du Congrès répablicaîu radical et radical-socialiste*

lrc circonscription de MORT,

M. JGUFFRÀULT

Élu au deuxième tour de scrutin, — - 7.643 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le 26 février dernier, j’ai eu l’honneur d être désigne comme candidat du parti républicain dans la lre circonscription de Niort.

Le Congrès, convoqué à l'effet de désigner le candidat aux élections législatives du 22 avril prochain, réunissait les élus cantonaux républicains et les délégués des municipalités et des organisations républicaines de la circonscription ; à ce congrès se trouvaient

ainsi représentées toutes les fractions du parti républicain, depuis les socialistes indépendants jusqu’aux républicains de gauche*

C'est sous les auspices de tous ces républicains, qui ont estimé pouvoir se grouper sur mon nom, que je me présente à vos suffrages*

Ces républicains se sont souvenus qu'en 1924 j’ avais été élu député du département des Deux-Sèvres le deuxième sur la liste des gauches par plus de 49-000 voix. Et ils ont considéré que depuis ces quatre ans, ayant cessé complètement d’exercer ma profession^ j'avais consacré tout mon temps et toute mon activité k Fexercice de mon mandat, toujours guidé par l'intérêt du régime républicain et le seul souci du bien public.

Je puis vous assurer que je continuerai à agir de même dans l’avenir, fier de la confiance dont les délégués au congrès ont bien voulu m 'honorer, et que je viens vous demander de m’accorder à votre tour.

Mon programme, déjà exposé dans des réunions publiques, peut se résumer ainsi :

Politique financière.

Continuation du redressement financier.

Stabilisation du franc dès que les circonstances le permettront.

Continuation des dégrèvements fiscaux déjà ébauchés lors du vote du budget de 1928 dans un sens démocratique, et en s'inspirant d’une plus grande justice fiscale. Parmi ces dégrèvements déjà commencés :

Dégrèvement de l’impôt sur les bénéfices agricoles, actuellement établi sur un cadastre suranné ;

Diminution des impôts frappant les valeurs mobilières ;

Abaissement et remaniement de certaines contributions indirectes ;

En outre, il y aura lieu d'apporter à notre régime fiscal des améliorations, parmi lesquelles :

Révision des droits de mutation sur îles immeubles ;

Révision des droits de transmission sur les valeurs mobilières ; x

Remplacement de Pi impôt sur le chiffre d'affaires par une taxe unique à la production.

Meilleur aménagemèuL de l'impôt général sur le revenu et des impôts cédulaîres, en particulier de la cédule de l'impôt foncier sur les terres.

Politique extérieure.

Continuation de la politique de paix suivie depuis 1924 par les divers Gouvernements qui se sont succédé* Politique de sécurité, d'arbitrage et de désarmement*

Je lais miennes les déclarations concernant la paix, formulées par mes camarades de la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre dans leur premiér Conseil national :

« Convaincus que la solidarité internationale, loin d'elre une formule d'un vague idéalisme exprime une vérité économique indiscutable, les anciens combattants entendent pratiquer le réalisme de la paix et attendent de la Société des Nations :

<ï Un système de sécurité qui prépare la limitation des armements ;

« Un système de contrôle qui assure le maintien du désarmement ;

« Un système de conciliation et d'arbitrage qui permette de résoudre les différends internationaux ;

« Enfin un système de sanctions qui assure le respect des Lraités et des sentences arbitrales. »

Politique agricole.

Donner un développement plus considérable ù l’enseignement agricole dans les écoles normales d'instituteurs, et par suite dans les écoles rurales.

Meilleure utilisation des différents engrais et abaissement de leurs prix de revient et de transports. Le Gouvernement doit favoriser les essais d’engrais nouveaux.

Développement de l'action des chambres d'agriculture, qui, nouvellement créées, ont déjà rendu d’appréciables services.

Soutien des organismes de mutualité et de coopération agricoles.

Augmentation des sommes mises à la disposition du Crédit agricole et diminution de l’intérêt des prêts afin d'encourager et de faciliter l’accession à la petite propriété.

Remaniement prudent, le moment venu, des droits de douane, dont la répercussion est grande sur Y agriculture.

Encouragement à l'Agriculture dans le sens où îe Gouvernement vient de s'engager, en décidant qu'il serait fait appel dans la mesure du possible h la production française pour subvenir aux besoins des services publics (armée, marine, administrations, etc.,.).

Augmentation des crédits affectés à l'électrification rurale et ù l'entretien des chemins* Toutes mesures qui peuvent utilement aider à enrayer la désertion des campagnes.

La Chambre prochaine aura le devoir de s'occuper également des questions suivantes ;

Amélioration de la loi sur les Assurances Sociales, en particulier en ce qui concerne l'application de cette loi à l’agriculture.

Révision des lois d’assistance et d’hygiène : législation protectrice de l’enfance. Encouragement aux familles nombreuses.

Rendre possible à toutes les jeunes intelligences 1 accès à renseignement à tous ses degrés*

Mise rapide en application des nouvelles lois militaires, qui, avec un service réduit et une meilleure organisation, augmenteront la force défensive du pays* Poursuivre la réforme des conseils de guerre qui vient d'être commencée*

Mise en valeur de notre domaine colonial, afin d'assurer, pour beaucoup de produits indispensables, notre indépendance vis-à-vis de l'étranger.

Toute catégorie de citoyens doit mériter notre attention :

Les cultivateurs, qui, par leur labeur, assurent la vie même de la Nation^ doivent en toute équité et rapidement, voir leur sort amélioré (dans le budget de Î928, le coefficient applicable à la détermination des bénéfices agricoles a été abaissé, cette mesure a déjà entraîné un dégrèvement de 00 mi Nions),

Le commerce et l'industrie sont en droit d’attendre des Pouvoirs publics une réduction, en meme temps qu’un meilleur aménagement eb une simplification de la fiscalité actuelle*

Pour lutter contre la vie chère, le Parlement devra se préoccuper d une politique économique sauvegardant, tout eu sachant les concilier, les intérêts des producteurs et ceux des consommateurs.

Les fonctionnaires ont vu, d’une manière générale, leurs traitements et leurs reira tes s'harmoniser autant qu’il était possible avec le coût de la vie* Leurs intérêts ne doivent pas être méconnus.

Los victimes de la guerre, envers lesquelles la Nation a contre été une dette, doivent continuer à être l'objet de toute notre sollicitude,

La loi qui règle la situation des accidentés du travail doit être profondément remaniée et améliorée.

Pendant quatre ans je suis toujours resté à la disposition de tous ceux qui se sont adressés à moi* Il en sera de même dans Ta venir.

Vous me trouverez au milieu de vous, prêt à m’intéresser à vos légitimes demandes et mon concours le plus complet ne vous fera jamais défaut.

Je ne cherche pas h faire des promesses faciles qui, dans î avenir, pourraient être irréalisables, mais je reste très sincèrement convaincu que toutes les reformes que je vous ai rapidement énumérées pourront être appliquées*

Et pour mener à bien cette tâche, je souhaite ardemment que dans la Chambre qui sortira des unies le 22 avril prochain, se trouve une réelle et solide majorité de gauche.

Une majorité éprise des réformes sociales nécessaires a l’ amélioration du sort des travailleurs, du sort des petits, prête à soulager les classes laborieuses, qui ont si patriotiquement fait leur devoir.

Une majorité profondément attachée à l'école laïque et qui considère que les lois de laïcité sont intangibles et indispensables au régime républicain et au Pays.

Pour réaliser le programme que je vous soumets, je fais appel à tous les électeurs républicains de la première circonscription de Niort qui, comme moi, sont partisans dTun grand parti républicain, démocratique, toujours agissant, auquel je donne comme limites à droite les réformes sociales et la laïcité, et à gauche le respect de la propriété individuelle et le maintien de l’ordre.

Vive la République démocratique, laïque et sociale !

André JOÜFFRÀULT Député sortant*

Chevalier de 3a Légion d'honneur. — Croix dç guerre, Candidat désigné par Je Congrès républicain.

2e circonscription de NIORT.

M. René RICHARD

Elu au deuxième tour de scrutin, — 6.302 voix.

Mes chers concitoyens,

Le Congrès républicain de la 2e circonscription de Niort, â une grosse majorité, m’a fait 1 honneur de me désigner à nouveau pour être son candidat aux élections du 22 avril.

Le 11 mai 1924, vous m'avez élu sur un programme d’union des gauches, pour soutenir une politique de paix à l'extérieur, de justice et de réformes à l’intérieur.

Pendant quatre ans, contre vents et marées, je n'ai eu qu'un souci : rester fidèle au programme que vous aviez approuvé. Mes votes ont toujours été acquis à toutes les réformes démocratiques, toujours hostiles à toutes mesures de régression. Je suis resté, en toutes circonstances, obstinément fidèle à mon programme. Ma conduite politique dhier vous est un sûr garant de celle de demain : seule l1 union totale des forces de gauche, dans

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le Pays, au Parlement, au Gouvernement, permettra la réalisation des réformes démopratiques.

Ce programme d’union qui fut toujours le mien, je le soumets à nouveau à vos libres suffrages.

Politique extérieure.

La politique extérieure du Bloc national avait isolé la France dans le monde; par de folles aventures, par Y occupation de la Ruhr, nous avions dressé contre nous, non -seulement nos ennemis d’hier, mais aussi nos alliés d'hier. En 1924, la politique extérieure de notre pays n'était soutenue ni approuvée par personne. Et la politique de la Ruhr, loin de faire payer l'Allemagne, augmentait le déficit du budget français. Celte politique avait créé à nouveau en Europe une atmosphère de guerre et c'est peut-être !à le grief le plus terrible qu’on puisse formuler contre l'œuvre du Bloc national.

A cette politique do force et de prestige, qui éloignait de nous les démocraties et était une cause de charge pour nos budgets, la Chambre de 1924 a opposé une politique de pacification des esprits, une politique d’entente et de rapprochement entre les peuples. A Londres, h Genève, à Thoiry, a Locarno, ont été posées les bases durables du rapprochement franco- allemand, gage essentiel de la paix européenne, de l'arbitrage clans la sécurité, sous régi de de la Société des Nations. Inapplication du plan Dawes permet F inscription au budget français, cette année, de six milliards.

L atmosphère européenne s’est pacifiée. Des conflits armés sont évités. La paix a été consolidée. L’esprit de Loearno a permis d’apaiser maint conflit aigu. Si personne ne peut dire encore que la guerre soit à jamais bannie comme moyen de règlement des heurts internationaux, du moins pouvons- nous affirmer que la politique suivie depuis 1924, en a diminué les possibilités et que tous les efforts sont tentés pour la mettre hors la loi. N 'eut-elle fait que cela, la Chambre qui s’en va peut dire qu'elle a bien mérité de la démocratie.

Cette œuvre de pacification, je suis résolu à l’appuyer et à la soutenir de toutes mes forces, dans l'avenir, comme je l'ai fait durant ces quatre années.

/ yo l itiq u e in / ër ie u re ,

La politique financière d’après-guerre a coûté aussi cher à ce pays que la guerre. L’em prunt à jet continu a été le seul moyen employé, non seulement au règlement des dépenses nouvelles nées de la guerre, mais aussi h l’équilibre du budget. Les échéances de ces emprunts avaient été échelonnées massivement sur les premières années de la dernière législature. C’est parce qu’il a fallu payer les dettes contractées par le Bloc national, que la législature qui finit n’a pu réaliser les réformes nécessaires. Au 19 juin 1924, il y avait 324 milliards de dettes, des échéances formidables h payer (23 mil liai ds pour la seule année 1925) et 18 millions à la disposition de la Trésorerie,

Les responsables, au Heu d’aider leurs successeurs à payer les dettes contractées par eux, sc sont dressés contre les gouvernements de gauche, contre le pays. Le gouvernement Herriot a été renversé par le Sénat pour avoir mis dans son budget, le premier budgeL présenté en équilibre, un projet de prélèvement sur la fortuné acquise. Tous les moyens ont été bons à nos adversaires de toujours :

Ils ont fait émigrer leurs capitaux à l’ étranger (des dizaines de milliards ont franchi les frontières) ;

Ils ont refusé leur argent à I'Ktat ;

Ils ont conseillé et pratiqué la fraude fiscale ;

Ils ont créé dans ce pays la panique financière.

Les possédants, souffletés par le suffrage universel le li mai, pour échapper à l’impôt, ont sapé le crédit de l'Etat, ont joué contre le franc, ont travaillé à la ruine^du pays.

Les difficultés de Trésorerie qu’ils avaient créées, jointes aux défections de quelques timorés, ont eu raison des forces de démocratie* Les vaincus du fl mai ont pris leur revanche gouvernementale : ils ont imposé leur politique fiscale, sous le fallacieux prétexte d'union nationale.

Gomme l'union sacrée de la guerre, comme le Bloc national d’après-guerre, l’Union nationale risque d'être un piège à républicains. Seuls, les partis de droite en tirent profit* Le redressement dont on se targue, et. qui est malheureusement plus fictif que réel, a été acquis au moyen d'impôts écrasants: 11 milliards d'impôts nouveaux sont venus frapper les classes laborieuses : impôts de consommation pour la plupart, impôts frappant les ouvriers, les fonctionnaires, les retraités, les petits commerçants, les petits industriels, les cultivateurs; en un mot, la masse des producteurs et des consommateurs. Et, durant ce temps, on dégrevait les successions supérieures à 10 millions et les revenus supérieurs à 500.000 francs.

Je n'ai pas voulu m’associer a cette politique fiscale antidémocratique dont le résultat le plus tangible a été une augmentation de la cherté de la vie.

A cette politique de désunion républicaine, de superfiscalilé injuste, il faut substituer résolument une politique d'équité el de justice fiscale.

Au mirage de l’union nationale qui ne peut servir de base à un parti, encore moins à ua programme, opposons la réalité de l'union des républicains pour un programme de réalisations :

Application stricte de l’impôt sur le revenu, avec extension dos dégrèvements à la base ,

Taxe k la production ;

Ges deux Impôts, strictement appliqués, doivent permettre des aménagements fiscaux;

Application intégrale des impôts directs ; adoucissement des impôts indirects ; réalisation de la stabilisation monétaire légale; révision et remaniement des impôts qui frappent avec excès les classes laborieuses par des mesures destinées h prévenir et à réprimer la fraude fiscale ; amortissement qui n’impose aux générations présentes, déjà lourdement chargées, que les sacrifices indispensables et qui ne porte pas atteinte à l’activité économique du pays : tel doit être le but A-ers lequel doit tendre une fiscalité vraiment démocratique ;

La loi des assurances sociales, votée par la Chambre de 1924, doit recevoir son application : elle est attendue depuis trop longtemps par les classes laborieuses de ce pays pour que les républicains ne veillent pas et ne s’opposent pas au sabotage dont nous menacent déjà les forces de régression ;

Réaliser la réduction du service a court terme et préparer la IVation armée, gage de paix ;

Préparer fécale unique, c’est-à-dire l'accession à tous les ordres d’enseignement de tous les enfants, suivant leur mérite et non plus suivant leur fortune ;

Respectueux de toutes les croyances et de leur libre exercice, veiller au maintien et à I application des lois laïques, armature fondamentale de 3a République, contre lesquelles livrent à nouveau assaut toutes les forces réactionnaires ;

Consolider, développer, prolonger 1 ecole laïque, rendre effective l’obligation scolaire ;

Avoir une politique humaine d’hygiène, lutter contre le taudis, protéger les familles nombreuses, encourager la natalité,, avoir une politique de l'habitation, couvre capitale de demain ;

Mettre dans la loi, hors de touLe discussion, la liberté syndicale des fonctionnaires ;

Réaliser l’extension du suffrage universel par la préparation minutieuse par étages du suffrage féminin ;

Poursuivre la réalisation intégrale des revendications des anciens combattants, ascendants, veuves, prisonniers de guerre, mutités ; poursuivre l’annulation des dettes interalliées ;

Avoir une politique coloniale de réalisation et de mise eu œuvre de notre admirable domaine :

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Réorganiser l’Etat en réalisant l'extension du conseil économique consultatif ;

Développer toutes les branches de la production et notamment de la production agricole, augmenter la dotation du crédit agricole, réaliser le crédit commercial et le crédit industriel ; préparer la mise à la disposition des agriculteurs, en temps utile, d'engrais livrés à un prix modéré, soustraire les cultivateurs à l'emprise déprimante des intermédiaires ; entrer résolument dans la réalisation d'un office du blé, de la viande, des engrais; envisager la création de magasins généraux mis à la disposition des agriculteurs eux-mêmes ; réaliser l'électrification des campagnes, la réfection des réseaux routiers, en obligeant les banques à soutenir tous les travaux d'utilité nationale et en secouant la tutelle intolérable qu’elles exercenL sur l'Etat.

Voilà un programme de réalisations sur lequel peut, sur lequel doit se faire Vu n ion des Républicains, Car seule une majorité de gauche, unie et ferme dans sa volonté, avec un Gouvernement de gauche auquel participeront tous les partis de progrès, peut réaliser ce programme*

L'heure est grave. Pour la paix, pour la justice fiscale, Je pays doit choisir des hommes d’énergie^ des hommes de volonté, des hommes qui restent fidèles à leurs idées et à leur programme.

La réaction va faire . — elle en a les moyens! — un effort désespéré pour garder la mainmise sur ce pays, pour l’étendre si possible : un triomphe des partis de droite — sous couleur d’union nationale — conduira tout droit ce pays à l'aventure extérieure, à l'aventure intérieure. Camouflés ou non, les candidats qui ne peuvent être élus qu'avec l'appoint total des voix de droite ne peuvent demain défendre les intérêts du peuple : Us auront les mains liées .

Egalement éloigné d'une dictature de droite que d’une dicta Une d'extrême gauche, le Pays républicain fera confiance à ceux qu’il sait être des hommes de réformes.

Comme l'a dit le président Edouard Daladier, entre la réaction et la révolution, le pays choisira les réformes*

Je vous offre, dans ce but, ma volonté tenace, ma vie politique sans défaillance, toute mon énergie et tout mon cœur* Aux républicains, h qui seuls je m’adresse, de dire si, sur mon nom, doit se faire, comme en 1924, l’union des Gauches, Conscient d'avoir rempli ma tâche, j’attends sans crainte votre verdict.

Électeurs,

Remplissez le 22 avril votre devoir d’électeur : Aux urnes I S’abstenir, c’est abdiquer, c'est favoriser la réaction.

De votre discipline dépend le succès 1

Votez pour le candidat du Congrès républicain !

Votez pour l'Union des Gauches !

Vive la 2® circonscription de Niort I

Vive la République ]

Rhn* RICHARD

Àïocat*

Conseiller municipal d© Niort. — Gonpeiîler général de ^rahccq# Député sortant*

Candidat désigné par le Congrès républicain.

Girconsoription de FARTHENAY*

M. MAGOUIN

Élu au premier tour de scrutin* — 11,020 voix.

Mes chers Concitoyens >

C'est un enfant du Peuple, c’est mi modeste fils de votre Gâtine qui se présente devant vous.

Je ne suis pas un ambitieux; je n'aurais jamais pensé à briguer vos suffrages, jeu* j’aurais pas osé, si des amis, peut-être trop bienveillants, ne m’y avaient poussé en me représentant avec insistance que c’était mon rôle et que ma candidature était de nature à répondre à vos désirs.

Ils m'ont démontré que, devant la carence d’autres que je croyais bien plus désignés que moi pour vous demander vos voix, ma candidature était un devoir. Or, je n'ai jamais transigé avec le devoir; ceux qui me connaissent le savent.

Voilà pourquoi moi, fils de paysans, simple secrétaire de mairie, je viens aujourd’hui solliciter l’honneur de devenir votre représentant à la Chambre des Députés.

Je connais les besoins et les légitimes aspirations de la classe agricole, comme de celle des travailleurs des villes ; sorti de leurs milieux, je saurai toujours m’attacher à ce qu’il soit équitablement tenu compte de leurs intérêts. Je saurai veiller à ce que les droits de ces classes qui jouent un rôle prépondérant dans la vie du pays, soient toujours sauvegardés;

Si je suis un partisan de l'ordre, si je suis profondément convaincu qu'il faut au pays un gouvernement fort, je n’en suis pas moins épris du progrès dans la justice sociale, qu'on doit réaliser avec esprit de suite et de méthode, sans rien compromettre des intérêts vitaux du pays, mais en ne perdant jamais de vue l’objectif d'une meilleure équité.

Sans aucune fortune, ne possédant rien, on ne m'accusera pas, je pense, de me laisser influencer par des considérations d’ordre personnel.

J'entends aussi, par contre, ne me laisser inféoder à aucun parti et poursuivre, en tout* indépendance, ee que je croirai le bien de notre grande comme de notre petite patrie, ce qui me semblera votre intérêt bien compris.

Durement éprouvé par la guerre, j'en connais les horreurs et j’en veux épargner le retour; c’est à quoi je m’attacherai avant tout. Je soutiendrai donc tout ce qui sera entrepris pour contribuer à assurer la paix entre les peuples; et dans cette voie je suis d’avis qu’il faut faire tout ce qui est compatible avec la dignité et la sécurité de notre cher pays.

Dans ce même ordre d'idées, mais sans oublier la mauvaise foi de nos adversaires de 1914, je suis partisan de l'allégement des charges militaires de la nation, en faisant appel à toutes les ressources de la science et en le poussant à l’extrême mesure où il peut être réalisé sans devenir un danger.

Catholique, mais respecteux de toutes les convictions sincères, je réclame pour toutes les religions Légalité dans la justice, ce droit commun qui devrait être le patrimoine in violabié de tous les citoyens.

Notre chère France est loin d’être encore remise de ses dures épreuves de la grande guerre; j estime que le devoir est de ne s© lancer dans aucune entreprise qui serait de nature

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■i compromettre son rétablissement, qu’ après bien des crises, une sage direction financière des affaires du pays semble, enfin, avoir remis dans la bonne voie.

Pas <T aventures 1 pas d’expériences! Assurons la stabilisation de notre monnaie, première étape du retour à la prospérité, et soyons ménagers des deniers de l’Etat, de manière à arriver a l’allégement des charges excessives des contribuables.

Père de quatre enfants, qui sont toute ma fortune, je m'en voudrais de ne pas vous déclarer que je suis partisan convaincu de l’aide la plus large aux familles nombreuses, comme aussi un ardent défenseur des droits sacrés de la famille, base de notre Société, et que des insensés s'obstinent à battre en brèche.

Je n'ai pas besoin, je pense, d* assurer de toute ma plus affectueuse sollicitude mes camarades les anciens combattants ; ils la connaissent déjà.

Mes chers Concitoyens,

Je ne suis qu’un petit et un modeste; mais pourquoi un petit et un modeste ne pour* raîhiï pas être, au Parlement, votre représentant qualifié?

Ardent à l’étude, habitué à parler en public, comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, mis au courant, par huit années de pratique de mes fonctions, de toutes les lois intéressant l’administration municipale, connaissant leurs défectuosités comme aussi tout ce qui touche la vie de nos communes rurales, je ne veux pas, si vous me faites l'honneur de m'accorder votre confiance, être un de ces députés dont on n’entend jamais la voix et qui ne savent être que les agents sans personnalité d’une coterie ou d’une secte.

J’ai le cœur chaud, j’aime la France, j’aime notre Gatine, toute ma vie s'inspire de cette belle formule de : liberté, égalité, fraternité, rue je voudrais voir une heureuse réalité, tandis qu’elle reste le plus souvent une devise trompeuse.

Mes chers Compatriotes,

Unissez-vous sur mon nom pour travailler à l’achèvement de la restaura tion de la Patrie, pour contribuer à sa grandeur/ pour réaliser la bonne entente entre Français, qui, seule, peut être fructueuse, et pour éviter que sous l’influence de ceux qui, directement ou indirectement, subissent le mot d’ordre de l'étranger ? notre République ne devienne qu'une parodie de la plus hideuse des tyrannies.

Je viens à vous avec confiance et je compte sur vous,

Tous unis comme au front pour le drapeau tricolore!

Vive la France 1

Vive I1 arrondissement de Parthcnay!

Clovis MACOU1N

Chevalier de la Légion d'honneur.

Croix de guerre. — Croix de Saint-Georges.

Candidat républicain indépendant.

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