‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 30 sur 336 · IL GOUT · texte numérisé non relu

IL GOUT

Elu au deuxième tour de scrutin, — * 9,961 voix.

Citoyens,

Désigné h Tunanmitité. par le Congrès radical socialiste du A mars 1928 comme candidat aux élections législatives du 22 avril prochain, et très sensible à l’honneur que comporte un témoignage de confiance dans lequel j’ai su découvrir une manifestation émouvante de profonde et cordiale sympathie, je viens faire appel à vos libres suffrages.

Je me présente à vous dans la ferme conscience d’être un républicain laïque, un démocrate radical et socialiste.

M’appuyant sur une doctriue qui inspirera chacun de mes actes, je dis que les transformations sociales ne peuvent être obtenues par la violence, par la révolution sanglante dans l’illégalité, ni par l’action d'une minorité de dictature, que cette minorité soit dé gauche avec le communisme, donc les sectaires de la violence, ou de droite avec le fascisme, donc les fanatiques de la force.

Je dis que la violence ne crée point la justice et que la force n organise pas les sociétés.

Respectueux de la propriété individuelle dont il faut vouloir corriger les abus qui créent des formes de servitude, j’affirme qu’il faut libérer ^individu en le rendant accessible à la propriété et qu’il faut affranchir le prolétariat en exhaussant sa condition ; et de même que l’esclavage a fait place au servage lequel a été remplace par le travail salarié, nous devons passer au régime du travail associé dans une formule qui abolira le salariat.

Et pour cela, il est inutile de dresser ie prolétariat contre le capitalisme, dans la haine de la lutte de classes.

11 ne suffit point que le capitalisme disparaisse pour que les hommes puissent se mieux comprendre dans une fraternelle solidarité. Il faut, par l’éducation du peuple*- sous l égide delà loi d’évolution universelle et dans une législation féconde qui rea ise les revendications ouvrières par 1 effort inlassable et continu de la< démocratie, que less dieux grandes forces économiques, le- capital et le travail, se pénètrent, de plus on plus et s’accordent tous les jours davantage jusqu au jour où, de progrès en progrès, 1er régimes nouveau aairn absorbé, lancàeiu

Qui ne veut pas de révolution doit faire des: réformes.

Il faut bâtir la cité nouvelle. Et pour cela, il faut que le peuple a chève lui-memé* par la, conscience qu’il aura de ses droits et aussi de: ses devoirs.

Il faut, pour que son organisation soit possible, qu’il sache: ce que doit être son couve©.

il faut qu’il veuille la justice et qu’il crée; par son propre effort une sociét é où ta loi* librement consentie, sera enfin la garantie de toute liberté, la protection du droit et non une forme de l’oppression.

Je propose aux électeurs un programme minimum précis et sans équivoque de liberté*, de solidarité, de progrès et de paix.

Politique extérieure :

Réprobation de toute politique nationaliste basée sur la force et le prestige* Appui sur la Société des Nations et autres organismes internationaux, le protocole de Genève qui aboutit à la signature des accords de Lucarne sur le principe arbitrage, sécurité, désarmement*

Politique d’apaisement envers ITAliemagne sans rien sacrifier de la securité du pays ou des recettes du plan Dawes qui assure des payements réguliers.

Règlement des dettes interalliées sur le principe qu'en aucun cas notre pays ne peut accepter un arrangement en vertu duquel il aurait à verser à ses anciens alliés plus qu’il ne recevrait de ses anciens ennemis*

Souci de la défense nationale, assurée par la signature des accords internationaux et mise en application de la lot de un au, au plus tard à la date prévue par la loi* Politique de présence à Moscou. Réduction des armements et coopération économique internationale*.

Politique financière et économique :

Redressement financier dans le cadre d’un système fiscal basé sur la justice pour mieux adapter l’impôt aux facultés de chacun ; demander peu à celui qui n’a que le nécessaire et beaucoup h celui qui a le superflu.

Stabilisa tien légale dans le plus bref délai*

Atténuation de la su per fiscalité qui sera mise en rapport avec les facultés contributives du pays*

Diminution des impôts indirects qui frappent trop lourdement les classes laborieuses* Demande à la richesse acquise le gros effort qu’elle doit donner.

Aménagement des impôts cédulaires et surtout de l’impôt progressif sur le revenu dans un sens démocratique et de justice fiscale* Remaniement des taxes successorales. Remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe perçue une seule fois. Discrimination entre les revenus du capital et ceux du travail. Poursuite, et répression impitoyable de îa fraude fiseaîe.

Les concentrations de capitaux monopoles de fait, cartels, étant un phénomène économique irrésistible, nécessité de les contrôler et de défendre contre eux les intérêts des consommateurs avec participation de l’État aux bénéfices*

Maintien et réorganisation des monopoles d’État sur le système de la société anonyme avec saine gestion industrielle et commerciale en coopération : état producteurs et usagers* Défense dans tous les cas dn consommateur, en combattant l'accaparement, la spéculation et la vie chère* Contrôle des Banques* Aménagement des relations douanières et stabilité. Augmentation de la production et de la capacité de consommation* Mise en valeur de toutes nos richesses, métropole et colonies*

Extension du rôle du Conseil national économique eidu Bureau international du Travail.*

Politique sociale et intérieure :

Application de la loi des assurances sociales qu'il faudra mieux adapter. Totale acceptation du programme de la Confédération générale du travail : participation des travailleurs à la gestion des entreprises et aux bénéfices* Contrôle ouvrier, assurance, chômage, respect de la loi de huit heures, établissement de la charte du travail de la femme, de l'enfant^ sursalaire familial et congé annuel payé ; juridiction obligatoire des conflits du travail.

Ratification des conventions internationales du travail, Rationalisation du travail et développement de Tou tillage national

Statut et reconnaissance du droit syndical des fonctionnaires* Politique du logement* Lutte contre le taudis* Allocations aux familles nombreuses* Protection de la santé publique* Lutte sociale contre 3a tuberculose* (La France est le pays le plus ravagé par ce fléau)*

Lotte contre le cancer, contre la mortalité infantile. Hygiène des ateliers. Assimilation fle9 muiilé9 du travail et des mutilés de la guerre. Reconnaissance des droits civils et poli- ZZ de la femme. Application de la loi do 31 mars 1919, avec réparation intégra e des dommages causés aux victimes de la guerre et anciens combattants. Respect des lois fonda-

taies de 1901 et 1905. Garanties de justice par l’abrogation des lois scélérates et ce a justice militaire. Respect de toutes les opinions dans la tolérance, contre tout sectarisme par la formule : « Les églises libres clans 1 État souverain* »

Politique agricole et vilieole :

Justice économique par l'égalité douanière et fiscale,

Lualité sociale par l'amélioration des conditions d'existence des habitants des campagnes • amélioration des salaires. Assurances sociales, logement rural et ses ameliorations llr le moyen de prêts accordés par le crédit agricole. Extension de 1 électrification des campagnes aux exploitations isolées, adduction d’eau potable.

Politique des routes et chemins permettant de venir en aide aux communes peu fortunées par le moyen des crédits d’Etat qui permettent aux communes rurales, dont le bud-rnt est toujours lourdement grevé, la création, l’entretien et l’amélioration nés chemins ruraux dont beaucoup sont détériorés ou insuffisants. Large concours du génie rural. Intensification do la production agricole par le crédit, la coopération, le progrès technique avec orientation vers la culture scientifique et l'organisation de l’école rurale avec enseignement agricole par des instituteurs ayant une formation agricole étendue, ainsi qu il sera possible de l’obtenir dans l’Aude, la création de l’école de Charlemagne (à Carcassonne), permettant une collaboration plus étroite, entre les techniciens agricoles et les instituteurs. Orientation

de renseignement post-scolaire vers l'agriculture.

Réduction de l’impôt foncier en faveur du propriétaire exploitant. Réduction des droits

de mu’ation. Révision du revenu cadastral, , „ . .

Politique des engrais, tendant à favoriser le fonctionnement de 1 usine nationale de Toulouse, produisant à des prix acceptables ; à contrôler les grandes fi1 mes qui pro • uiscn des engrais azotés ou phosphatés ; à l’uLilisation des engrais fournis par l Allemagne au titre de prestations en nature à bas prix ; à diminuer les tarifs de transport ; a adopter un

"^Su^rr^uit national par l’action concertée des Commissions de la Chambre et du Sénat et de la C. G. V., par une culture scientifique, 1 organisation a 1 eco e de Charlemagne d’un centre d’avertissement analogue à celui de Montpellier et de Bordeaux avec laboratoire d’études qui facilitera et renforcera la lutte contre les ma.adies cryptogamiques ; amélioration des tarifs de transport ; protections douanières indispensables ; contingentement des vins coloniaux ; institution du régime de 1 alcool ; réglementation de la fabrication des piquettes ; du sucrage des vendanges; des vins " es’ T,?b J\n°.P

maux, et de la mise en œuvre des moyens permettant la surproduc ion. ^ me ne ionu vin • coopération, action syndicale, mutuelles, assurances ; propagande a 1 etranger pour accroître les débouchés ; et en un mot, organisation totale de l'économie viticole qu, assure la vie de notre région*

Réorganisation de 1 Ktat et instruction du peuple *

L’action des associations et syndicats (loi de 1884 et de 1901) dont le rôle grandissant dans la vie morale et économique de la nation doit être intégré dans 1 ordre supérieur i on TEtat est l’expression, le dernier mot restant au Parlement qui assure e respec e

Dans le respect dû à l’enfance et dans celui de toutes les convictions, 1 ecole doit etre laïque, neutre et obligatoire jusqu’à l’Ûgc de 14 ans. Les enfants des riches et les enfan s des pauvres iront à l’école primaire; à 12 ans, un examen décidera de ceux qui mont au collège (1er cycle) où la répartition se fera entre enseignement classique moderne ou ce miquo.

A 15 ans, un nouvel examen décidera de ceux qui iront au lycée (2“ cycle). A 18 ans, nouvel examen qui décidera encore de ceux qui passeront dans renseignement supérieur.

L’enseignement sera gratuit à tous les degrés, I! aura pour but non point de créer un plus grand nombre de fonctionnaires ou de demi-savants ou de ratés, mais bien de classer l’élite sans pour cela spolier les milieux ruraux des intelligences dont il a besoin* Ï1 aura pour effet de créer Légalité devant l'instruction en tenant compte de l'intelligence et de 'effort sans distinction de fortune,

L’école unique fortifiera l'élite et supprimera une injustice.

Citoyens î

Le Pays veut des réformes justes et souhaite ardemment une équitable répartition de l'impôt-*

Pour que le travail parlementaire soit fécond, pour qu’il soit donné une solution de justice a l’angoissante question financière, il faut demain, au Parlement, une majorité qui puisse gouverner sur un programme précis et net et qui veuille réaliser les volontés de la démocratie. Cette majorité ne peut être qu’à gauche .

11 vous appartient de la créer.

Entre la révolution communiste qui veut la dictature d’une minorité. Tas servis sèment aux ordres de Moscou et la destruction de la liberté dans une ère de violences et de guerre civile, et F Union nationale, avatar du Bloc national, Cartel des droites qui représente la domination des grands possédants, ploutocratie de la finance, de k haute banque, du haut patronat et de toutes les réactions politiques et sociales liguées contre les intérêts de la masse, votre devoir est clair !

Devant un parti de régression et de mensonge qui s'intitule .d’Union nationale et voudrait s’abriter derrière la haute personnalité résolument laïque et républicaine de M* Poincaré, au moment où cet éminent homme d'Etat affirme avec force qu'il entend ne rien avoir de commun avec lui et rester au-dessus de la mêlée, l’équivoque n'ést plus possible, ^

Citoyens !

\ ous voterez contre ce parti désemparé qui désire se mouvoir dans l'immobilité, qui s oppose à tout effort et à toute action, qui se rallie à la politique des bras croisés, politique de silence et de léthargie, politique de la peur et qui, sans programme et sans doctrine* entend soutenir les intérêts des grands possédants et entraver toute action réformatrice*

Le sort du pays est entre vos mains î

La démocratie universelle qui doit faire la paix est dans l’attente de votre verdict 1

Vous voterez pour le programme que notre parti défend :

La justice sociale par la transformation du salariat dans ie travail associé ;

La justice fiscale par un profond et équitable remaniement des impôts ;

La paix par la Société des Nations ;

La souveraineté de la Nation par le contrôle des grandes coalitions d’intérêts.

Ht vous assurerez une fois de pins la victoire de la démocratie sur les puissances d hypocrisie, de corruption et de mensonge pour que s’accomplissent les destins d’une humanité liberee et fraternelle par la justice et par la paix dans un monde réconcilié*

Vive la République laïque, démocratique et sociale l î

Circonscription de CASTELNAUDARY.

M. MISTLER

Elu au deuxième tour de scrutin. — — 8.339 voix.

Mes chers Concitoyens,

Désigné le 18 décembre, par le Congrès de Bram, comme candidat du Paiti radical et radical-socialiste dans la circonscription de Careassonno-Caslelnaiidary, j & viens solliciter les suffrages des républicains épris de liberté, de justice, de progrès social et soucieux de l’établissement d’une paix durable entre les nations.

Voici mon programme, tel que je l’ai exposé déjà en plus de cent réunions publiques et contradictoires. L’accueil qui lui a été fait dans toutes les communes par les électeurs me prouve qu’il répond aux aspirations et aux besoins de notre démocratie rurale et ouvrière.

1 „ — Questions financières :

Stabilisation du franc, seule capable d’assurer aux producteurs, aux commerçants et aux travailleurs la sécurité du lendemain.

Révision et simplification du système fiscal.

Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires promise et non réalisée par la Chcmbre de 1924. Remplacement par une taxe unique à la production.

Impôt sur les biens oisifs.

Remaniement complet de l’impôt sur le revenu, qui pèse trop lourdement sur les moyennes et les petites fortunes et transige trop facilement avec le gros capital.

” Révision du cadastre. Dans nos cantons montagneux en particulier, certaines terres cataloguées de première ou de deuxième catégorie, sont incultes depuis plusieurs années et payent toujours l’impôt; il y a là une injustice criante que notre devoir est de réparer.

Contrôle sévère de l'Etat sur les établissements financiers et les sociétés anonymes.

Réduction des impôts indirects, taxes de consommation si injustes pour les familles nombreuses et pour les classes laborieuses.

Entre la République des financiers et la République des travailleurs, mon choix rest fait ; je serai toujours avec les travailleurs.

2 — Questions sociales :

Le Parti radiçal- socialiste a horreur des vagues déclamations des collectivistes ; il ne veut ni la lutte des classes, ni la révolution, mais le progrès social par des réformes généreuses, 11 est heureux de voir son programme en parfait accord avec celui de la Confédération générale du travail.

Respect absolu de la loi sur la journée de huit heures.

Révision de la loi sur les accidents du travail. La situation des mutilés du travail est lamentable : un malheureux aveugle, amputé des deux bras, touche la pension dérisoire de 2,075 francs par an ï II faut assimiler les mutilés du travail aux mutilés de la guerre. Leur infortune est la même, la société a les mêmes devoirs envers eux.

Application intégrale de la loi sur les assurances sociales, vote d’une loi d'assurance en cas de chômage.

Protection du travailleur français contre la concurrence de la main-d’œuvre étrangère.

Amélioration des logements ouvriers, à Tusine comme à la ferme.

Encouragements aux familles nombreuses. Lutte contre le taudis, contre la tuberculose et les autres maladies.

Encouragements aux sports et à l’éducation physique.

Notre devise est : « Faire chaque jour un peu plus de bonheur pour l'humanité »* (Maurice Sarrau t).

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