M. PORTERAI
Elu au deuxième tour de scrutin, — 9.282 voix.
Aux Electeurs vosgiens,
Fai l'honneur de me présenter à vos suffrages.
Noire circonscription comprend maintenant les cantons de Mîrecourt, Charmes, Ghâtei, RamBervi 11ers, Brou velieu res et Bruyères.
J’ai été désigné par les républicains de cette circonscription pour refaire l’uniou de nos forces divisées depuis quatre ans, pour reconstituer le parti républicain dans la bonne et saine tradition des Ferry.
Au cours de mes visites dans les communes des Vosges, ainsi que je T ai fait à l’Assemblée départementale, j’ai toujours affirmé ma respectueuse admiration pour M, Raymond Poincaré, pour l'indépendance de son caractère, pour la fermeté de ses convictions républicaines et laïques.
J'ai dit que le pays avait besoin qu un homme de cette valeur soit entouré de la confiance dos républicains et obtienne leur collaboration effective et utile.
J’ai affirme que je voudrais être appelé à cette collaboration comme je voudrais mettre à votre disposition mon expérience professionnelle et les connaissances que j ai acquises pendant vingt armées à la mairie de Mirecourt eh au Conseil général des Vosges.
J'ai dit que je m'efforcerais de travailler au mieux des intérêts de notre département et de ceux du pays.
Voici le résumé du programme que je voudrais réaliser :
Pour vivre et prospérer, le pays a besoin cle la paix avec ses voisins, de la paix entre ses enfants,
La paix avec nos voisins :
Elle doit être basée sur Inexécution loyale des traités, sur les mesures assurant notre sécurité et surtout sur l’entente cordiale des peuples pour régler leurs conflits d intérêts.
2UG
C’esL le premier devoir de tout citoyen envers la France meurtrie*
C'est aussi l'œuvre que poursuit la Société des Nations, dont nous devons faciliter et encourager Faction de tout notre cœur et de toutes nos forces*
La paix entre les Français :
Elle dépend des mesures qui assainiront nos Finances, qui établiront la justice fiscale, qui nous permettront de remplir notre devoir social, qui encourageront et perfectionneront la production dans toutes les formes de l'activité humaine, sous l'égide de nos institutions républicaines.
Assainissement des finances :
Je l'envisage par un régime d'économies sérieuses et non pas simplement illusoires, par la suppression de tous les rouages inutiles, par une réforme profonde de nos organisations administratives centrales-
justice fiscale :
Je l’envisage par la codification de nos 1ms pour une répartition plus juste de nos impositions, exigeant de chacun ce qu’il doit selon ses ressources et ne laissant aucune porte ouverte à la fraude*
Je l'envisage parla mise au point des méthodes de l’administration centrale pour évacuer les paperasseries Iracassières et coûteuses, pour permettre aux fonctionnaires chargés de récupérer les contributions, de ne pas passer leur temps en rapports et comptes rendus inutiles et faire une chasse sévère aux déserteurs de l'impôt.
En on mot, F Etat doit savoir prendre l’argent chez ceux qui sont ses débiteurs.
Devoir social :
Je l’envisage par l'amélioration de la situation des classes laborieuses, par la reconnaissance du droit qu'ont tous ceux qui travaillent, de vivre à Pair et au clair. C'est le taudis qui crée le mécontentement social et qui sape la famille.
Dans cet ordre d'idées, il faut :
1° Organiser une politique de constructions d'habitations à bon marché. C’est la meilleure façon de remédier à ïa crise de natalité ;
2° Compléter Taîde aux sociétés d’hygiène sociale pour protéger la famille ouvrière contre tous les fléaux qui la menacent;
3Ù Améliorer l'assistance aux familles nombreuses ;
4° Ne pas permettre que l'oubli s'étende sur les combattants de la grande guerre, rester en étroit, contact avec leurs associations peur étudier et défendre leurs revendications ;
5° Re viser la douloureuse situation des mutilés du travail, de ceux qui ne peuvent pas bénéficier de la loi de 1898, parce qu’ils ont été victimes d'accidents avant le voie de cette loi, de ceux qui ne peuvent pas vivre des allocations accordées avant notre bouleversement financier, de ceux qui, victimes d'accidents graves, ne trouvent encore dans les règles de calcul des rentes que des pensions qui ne leur permettent pas de vivre ;
6° Porter le fer rouge dans toutes les manœuvres qui entretiennent la vie chère et punir les spéculateurs qui exploitent nos misères et qui sont, eux, de véritables^fourriers du communisme.
Production nationale :
La guerre a cruellement atteint l'armée des travailleurs, La diminution de la natalité a malheureusement complété l'œuvre de la guerre. Il faut à tout, prix remplacer la quantité
par la qualité ea développant l'apprentissage, renseignement post-scolaire, renseignement technique, renseignement ménager, pour que le travailleur instruit et bien encadré produise mieux et à meilleur compte.
Agir de même à regard de l’agriculture qui nous procure notre pain quotidien et qui aurait besoin que le Parlement ait enfin une politique des matières premières qui lui sont nécessaires (engrais, machines agricoles, etc.) ; compléter les mesures déjà prises en vue des transports intercommunaux, de F électrification et enrayer ainsi la désertion des campagnes ; assurer de plus en plus, aux travailleurs de la terre, l’honnête et libre emploi des Fruits de leur dur labeur, le respect de la propriété, de leurs récoltes, sans omettre la protection du droit des bouilleurs de cru.
Instruction :
Nous arrivons ensuite au grand problème de l’instruction : assurer l’égal i té de tous nos enfants devant l’instruction en développant l’action de l’école laïque, en la protégeant contre les attaques dont, quoiqu’on en dise, elle est menacée, en assurant son indépendance, car elle est digne vraiment, ainsi que ses maîtres, de la reconnaissance de tous.
Mes chers Compatriotes,
Je me permets d’appeler votre bienveillante attention sur ce que je crois être les bonnes directives du travail de demain.
Je pense très sincèrement que pour travailler utilement pour le pays, il faut, être en contact étroit avec les syndicats et associations qui groupent les travailleurs de tous ordres. Ces groupements prépareraient les études sans lesquelles les réformes restent, illusoires et deviennent plutôt désastreuses, puisque celles que nous avons subies ont désorganisé la vie de nos cités sans apporter d’économies, créant uniquement le désordre et la détresse.
Cette façon de procéder serait dans la tradition républicaine. Elle permettrait au peuple de faire connaître sa décision et, à ceux qui ont i’honneur de le représenter, de respecter cette décision en apportant leur travail personnel par la suppressien du système des « boîtes ».
J’ai confiance dans le bon jugement de la population vosgienne. Il est bon de s’instruire auprès d’elle ; c’est ce que j’ai toujours fait pendant ma carrière déjà longue d'administrateur de ma cité et de mon département. Il m’apparaît qu’au] ourd’hui nos adversaires voudraient la conduire sans la consulter. Ce n’est pas œuvre républicaine et si je me présente à vos suffrages, si je demande votre confiance c’est pour travailler avec vous dans l’apaise ment qui naît du respect de nos lois républicaines, protectrices du droit de propriété, de la liberté de conscience. Ces lois vous ont donné le pouvoir de choisir vos mandataires et le droit d’exiger qu’ils ne se séparent pas de vous et qu’ils rejettent loin d’eux les querelles inutiles m préjudiciables à l’intérêt du pays.
Vive la France républicaine et démocratique !
René PORTERAI
Président du Conseil général des Vosges. Candidat cTUnloû républicain e.
Circonscription de NEUFCHATEAU.