M. DES CUBES
Elu au deuxième tour de scrutin, — - 6J46 vois.
Mes chers Concitoyens,
Dimanche 22 avril, vous élirez votre représentant h la Chambre des Députés 3
Je viens donc faire appel à votre confiance comme candidat du Parti républicain socialiste.
Né a Samt-Laurent-sur-Gorre, maire et conseiller générai de ce canton, fai toujours été fidèle aux idées démocratiques*
J apporte donc, dans la lutte électorale^ la garantie d’uu passé républicain, d’une expérience approfondie des affaires communales et départementales, d’une connaissance précise de vos intérêts et de vos besoins*
Notre circonscription ? la plus déshéritée du departement, a besoin, pour la représenter, d un homme qui y ait de solides attaches, qui la connaisse intimement, qui l’aime,, comme on aime son pays natal
Je ne vous fais pas de nombreuses et séduisantes promesses. Je veux vous indiquer seulement les idées sur lesquelles une entente est possible entre tous les hommes qui , dans tous les partis démocratiques, se réclament d’un meme idéal : La victoire de la démocratie, c csGà-dire la paix, la justice sociale, la justice fiscale, la souveraineté de la Nation*
Lo Parti républicain socialiste unit Ihdéal socialiste et réformiste à la défense dos intérêts primordiaux du département*
Les charges de i Etat sont écrasantes, mineuses pour la production* Si 1 elle s étaient maintenues, 1 avenir de notre pays serait compromis. Des mesures immédiates s’imposent*
Réaliser d’importantes économies sur la bureaucratie actuelle, principalement à la Guerre et à la Marine ;
faire rendre aux impôts sur le revenu elles successions les milliards qui leur échappent actuellement par la fraude fiscale ;
Réduire 1 amortissement de la dette à la mesure compatible avec les forces contributives de la Nation*
Profiter des payements effectués par P Allemagne, qui vont être disponibles par suite de 1 achèvement des travaux dans les régions libérées (près de deux milliards), pour réduire de suite les taxes indirectes, les impôts de consommation qui accablent la masse des travailleurs*
Tels sont les moyens d obtenir une diminution appréciable des impôts, dans un avenir prochain*
Rétablir, pour 1 impôt général sur le revenu et les grosses successions, les taux en vigueur en 1926 et qui, depuis, ont été réduits*
Adapter 1 impôt aux facultés de chacun et, notamment, exonérer les petits revenus du travail agricole, commercial ou industriel ; exonérer également de tout impôt les ouvriers et les artisans âgés et sans ressources ; supprimer, dès qu’il sera possible, la taxe sur le chiffre d affaires, inique et inquisitoriale, et la remplacer par une taxe unique à la production ; la supprimer tout de suite pour les denrées de première nécessité*
No- 3814
Réviser le cadastre.
Défendre les petits et moyens commerçants contre les exagérations du fisc-
Défendre les producteurs honnêtes contre les aventuriers d'affaires*
Généraliser, au profit de l'Etat, l’ attribution d'une part de bénéfices dans de nombreuses entreprises qui ont besoin de son concours ou de son autorisation (mines, installations hydro-électriques, etc,}.
Demander à la richesse sa participation k l'exécution d'un programme de rénovation économique et sociale*
Ce programme de justice fiscale et sociale n’est pas au-dessus des forces d’une majorité unie et consciente de ses responsabilités.
Par-dessus tout, il faut maintenir l'équilibre budgétaire et pour cela réduire les dépenses, en évitant les abus, les gaspillages et favoriser le développement de la production .
La chute du franc aurait éLé un malheur public ; elle a été enrayée* Reconnaître ce résultat est un acte de bonne foi, 11 faut maintenant stabiliser pour assurer a tous les travailleurs la sécurité du lendemain, éviter un nouvel écroulement du crédit public, avec son cortège de misères et de ruines*
II faut stabiliser pour nous arracher à la tyrannie des puissances occultes d'argent. Ce sont elles qui sont responsables de la vie chère,
La Nation doit contrôler tous les monopoles de fait qui mettent son indépendance en péril et. oppriment tous les consommateurs,
11 est même devenu indispensable et pressant aujourd'hui de confier à îa Société des Nations le contrôle des grandes entreprises internationales qui accaparent les produits de première nécessité sucre, pétrole, laine, blé, etc,),
La réduction des tarifs de transports s’impose: elle sera réalisée en plaçant le service des chemins de fer sous le contrôle et la gestion des usagers (producteurs et consommateurs).
Politique économique :
Adhésion, sans réserves, du programme de la G, G* T*
Remaniement de l'impôt sur les bénéfices commerciaux et agricoles :
Même exonération à la base pour les cultivateurs, Les artisans et les petits commerçants que pour les traitements et les salaires.
Protection de P agriculture :
Augmentation importante du budget de l'agriculture*
Les agriculteurs limousins doivent être défendus contre la concurrence étrangère. Les droits d'entrée qui frappent le bétail et les produits agricoles étrangers doivent être suffisamment élevés pour permettre cette défense.
Electrification des campagnes.
Habitations agricoles à bon marché.
Organisation et développement de l'enseignement agricole scolaire et poriscolaire. Libre commerce des pommes do terre*
Inauguration d'une politique d'engrais à bon marché.
Partisan irréductible de la propriété individuelle et de l’héritage, îc Parti juge conforme à la stricte jus hcc de favoriser la possession de la terre à celui qui la travaille*
Développement du crédit agricole avec des avantages appréciables pour les anciens combattants et Les familles nombreuses*
Successions :
Droit du père de famille de travailler pour ses enfants.
Large exonération en ligne directe*
Le Parti est absolument opposé à l’Etat héritier.
Les routes :
Création d'un Office des routes, dans chaque département, avec organisme central réunissant à Paris F en semble de ses services.
Unification des salaires des cantonniers qui, tous, doivent bénéficier du salaire maximum.
Lois militaires :
Réalisation du service d’n n an. Suppression des périodes de réserve, à l'exception de celles pour les chefs de section et certains spécialistes.
Suppression des conseils de guerre, tribunaux condamnés par l'ensemble du pays, ainsi que des lois scélérates.
La question sociale :
Organisation sociale du pays par l'introduction des assurances sociales et le développement de la mutable.
Protection de l'enfance : lutte ardente contre la mortalité infantile et les fléaux sociaux.
Aide aux familles nombreuses par l’obtention d'exemptions fiscales et le développement des allocations familiales.
Organisation de l’apprentissage et développement de l'enseignement professionnel Industriel, commercial et agricole.
Ouvriers,
N’oublier pas que je suis partisan de la participation des ouvriers aux bénéfices des usines.
Enseignement :
Application des lois laïques, sans défaillance comme sans sectarisme.
Diffusion large et efficace de l'instruction stricte de l’école primaire, par la gratuité des études secondaires et par l'attribution d'un plus grand nombre de bourses supérieures d’internat, en faveur des enfants bien doués.
Combattants et mutilés,
Les États généraux de la France meurtrie ont formulé les revendications des victimes de la guerre. Je les soutiendrai de tout coeur. Il faut également défendre les intérêts des prisonniers de guerre, protéger le plus possible les pupilles et les enfants des combattant». Nous n!oublïerons pas non plus les mutiles du travail.
Les questions départementales et communales seront l'objet de toute ma sollicitude.
Ici mes actes au Conseil général sont garants de mes promesses.
Citoyens,
Le problème de l'organisation de la paix domine tous les autres.
Paix entre les peuples par des accords, parla Société des Nations, par tous les moyens d’entente que le droit et la civilisation offrent aux hommes, par l'institution de l'arbitrage
obligatoire. Rapprochement sincère et durable entre la France et l'Allemagne, Réduction des armements. Voilà l’œuvre que le Parlement de demain doit poursuivre sans défaillance,
La barbarie des conflits sanglants doit être à tout jamais bannie de T histoire des hommes.
Citoyens,
La République ne peut porter tous ses fruits que dans Tordre et la liberté I Restons fidèles à la loi du suffrage universel : toutes les dictatures sont néfastes!
Si vous approuvez mes déclarations. Si vous pensez qu'un homme qui lutte depuis dix ans, au Conseil générai, pour le triomphe de vos revendications; qui a donné, par ses actes, la preuve de son attachement à la cause de la démocratie, mérite de vous représenter, vous le direz le 22 avril.
Je n'ai d'autre ambition que celle de servir mon pays et la République avec courage et dévouement.
Vive la Paix !
Vive îa République démocratique et sociale !
Dr Louis DESCUBES
Conseiller général.
Maire de Saint-L&urent^aï-Cqrre.
Circonscription de SAINT-YRIEIX.
M, PEBRÉGÉAS
Elu au deuxième tour de scrutin : (K 201 voix.
Programme du Parti Républicain Socialiste et Socialiste Français.
PoliLique extérieure :
Nous la voulons orientée pour toujours vers la paix mondiale, par la continuation de la politique de Genève et de Locarno, par le développement de l'autorité de la Société des Nations et la préparation des voies aboutissant aux Etats-Unis d'Europe, première étape vers celle des Etats-Unis du monde. *
Défense nationale :
Souci légitime de la sécurité des démocraties en présence des peuples soumis à des dictatures,
Application immédiate et perfectionnée de la loi militaire qui a décidé le service (Ton an.
Suppression des périodes militaires de la réserve et de la territoriale : seuls les gradés
pourront être convoqués pour être tenus au courant des modifications apportées à i armement ou è l'instruction.
Suppression des conseils de guerre.
Défense des intérêts des victimes de la guerre et du travail.
Politique intérieure :
Défense énergique des lois laïques.
Gratuité de renseignement, permettant aux enfants pauvres d'accéder à tous les degrés de renseignement primaire, secondaire et supérieur.
Enseignement post-scolaire*
Abrogation des lois dites scélérates , maïs maintien énergique de la sécurité et de Tordre publics.
Politique économique :
Développement de la production et des échanges.
Accords commerciaux de longue durée.
Modernisation et amélioration de l'outillage national.
Protection de Tartisanat et développement du crédit immobilier.
Politique financière :
Maintien, mais amélioration dans T exploitation, des monopoles d'Etat et création des monopoles que T Etat jugera utiles.
Consolidation de la dette flottante et perfectionnement de la Caisse d’amortissement Créée pour la diminuer aussi rapidement que possible.
Stabilisation de la monnaie française; contrôle des banques, des trusts et des cartels.
Remaniement des impôts, de façon à dégrever les petits contribuables en diminuant les taxes qui les écrasent et celles qui pèsent sur la consommation.
Elargissement à la base en matière d'impôts sur les revenus, et renforcement des grosses cotes.
Suppression de Timpôt sur le chiffre d'affaires en le remplaçant par une taxe unique à la fabrication.
Suppression de la taxe de première mutation sur les ventes d'immeubles ruraux inférieures à 50.000 francs ainsi que sur les partages*
Réduction des droits Enregistrement *eur les petites ventes et augmentation progrès* give pour les grosses ventes,
^ Application de la gratuité d'enregistrement à tous les échanges de propriétés rurales cultivées par les échangistes.
Poursuite rigoureuse des gros fraudeurs.
Politique sociale :
Amélioration des lois de protection ouvrières et paysannes.
Participation des travailleurs aux bénéfices de l'entreprise*
Application de la loi sur les assurances sociales devant garantir les travailleurs contre ia maladie, les infirmités, le chômage et leur assurer une retraite équitable.
Politique agraire ;
Amélioration du sort des cultivateurs ; développement des mutuelles, coopératives syndicats et associations agricoles.
Garantie entière de tous les agriculteurs contre tous les risques de leur dure profession.
Abaissement du prix des engrais et des tarifs de transport.
Libération du crédit agricole des formalités qui i 'empêchent do développer son action bienfaisante, dans la mesure des besoins ruraux. Prêts à longs termes â accorder à tous le» cultivateurs qui fondent un foyer, pour qu’ils puissent acquérir une propriété familiale.
Achat par la Caisse nationale de crédit agricole de grands domaines incultes pour le# lotir aux agriculteurs qui les cultiveront eux-mêmes.
Protection douanière de l'agriculture pour le maintien du cours de ses produits*
Extension aux campagnes des avantages accordés aux villes ; électrification générale étendue jusqu'aux plus petites fermes*
Amélioration des services téléphoniques et postaux, des moyens d’instruction, de récréation et de tout ce qui contribue à l’hygiène et à la santé publique*
Réorganisa Lion totale de la vicinal! té en ce qui concerne l’entre tien des routes actuellement impossible pour les communes.
Construction intensive de chemins vicinaux pour les villages et de chemins ruraux desservant les champs*
Suppression des Lois entravant l'agriculture et menaçant de ruiner les agriculteurs, telles que celles concernant le doryphore, la tuberculine, etc.
Le Parti Bépubicain Socialiste et Socialiste Français.
Citoyens,
De grand coeur, ÿadhère au programme de mon parti tel qu'il est ci-dessus décrit. Mail je n’oublie pas quTa côté de ce programme général qui, au point de vue politique, voua donne toutes garanties, il y a un autre programme qui est capital pour vous : la défense de vos intérêts particuliers, de vos intérêts professionnels, de vos communes, de l'arrondissement et de son chef-lieu si délaissés.
Enfant de Saint-Yrieix, je mTy emploierai de toutes mes forces.
Petits propriétaires, fermiers, métayers, ouvriers agricoles, je suis un des vôtres, j'ai vécu votre vie campagnarde et vos durs travaux, nul mieux que moi ne connaît vos besoins et vos peines ; vous aurez en moi un ardent défenseur.
Petits commerçants, petits industriels, ouvriers, petits fonctionnaires et travailleurs de toutes sortes, vous tous qui avez besoin d’être secondés, vous pouvez compter sur mon plu» dévoué concours.
Mutilés, veuves, orphelins et vous les combattants qui, comme moi, à travers la mitraille, avez survécu au froid, à la fatigue, à la boue, aux tortures morales, je serai pour vous tous un ami et un camarade toujours prêt à vous défendre et à vous aider.
Je serai toujours avec ceux qui peinent, avec ceux qui souffrent ; toujours avec le» travailleurs contre les oisifs, contre les paresseux, contre les viveurs et contre tous les parasites de la société.
Adversaire de toutes les dictatures d’où qu’elles viennent, respectueux de toutes le» idées, je veux la liberté pour tous.
Méprisant les attaques et les calomnies, plaçant les idées au-dessus des hommes, je me suis efforcé de l'aire de cette campagne électorale une campagne de vérité et de loyauté, Je n’ai jamais critiqué un seul de mes adversaires, estimant^ que e’eslj à vous que cela appartient.
Electeurs,
Examinez attentivement le passé des hommes qui briguent vos suffrages, les garanties de travail et les garanties politiques qu'ils vous offrent, réfléchissez et jugez sans parti pris, sans vous laisser influencer par de nombreuses, belles et faciles promesses.
Citoyens,
Vous pouvez compter sur moi pour défendre les intérêts de votre arrondissement ; je serai toujours sur la brèche et je vous apporte bien simplement, bien sincèrement, ma bonne volonté inlassable, mon énergie inflexible et mon action pour la paix, l1 égalité, la justice, le droit et la liberté*
Aux urnes, sans abstenLion, aux cris de ; Vivent les travailleurs, Vive l'arrondissement de Saint* Yrieix, Vive la République démocratique et sociale.
Gabriel DEBRÉGËAS
Agriculteur' — Membre de la Chambre d’Agiiciilture, Maire de la Meyze. — Conseiller général*
Electeurs de la circonscription d’Epinal,
J'ai été désigné, le 12 février 1928, comme candidat aux élections législatives prochaines, par un congrès républicain composé des représentants des Associations cantonales républicaines radicales et radicales-socialistes de la circonscription d'EpinaL
Depuis, j’ai visité la plupart des communes de la circonscription où j’ai tenu à parier des grands problèmes politiques du jour, notamment de la question financière et de la question économique. Les principales discussions portent, à l’heure actuelle, sur ces deux sujets et j’ai pensé qu’il était nécessaire que je fasse connaître très clairement mon sentiment sur les événements qui se sont déroulés depuis ces dernières années, apportant, dans ces deux domaines, des perturbations profondes.
Je tic suis pas de ceux qui se complaisent aux dénigrements systématiques et qui prennent plaisir, à propos de toute crise, à creuser des fossés entre Français. La cause première de nos crises, ce fut la guerre imposée à noire pays en 1914. Si j’ai cru absolument nécessaire de parler des responsabilités qui ont suivi et qui sont incontestablement à la charge des partis de droite el des spéculateurs, c’est qu’il fallait bien répondre à la campagne passionnée et mensongère menée contre les républicains désireux de justice fiscale et sociale c ûïïî me de p ai x i ntê ri eu re .
Avant les élections du il mai 1924, M. François-Marsal avait pu écrire que « le Ministre des Finances, inconnu de demain », serait « la victime expiatoire de la politique suivie jusque-là ».
Mais encore eut-il été possible d’éviter toute crise — financière et économique — si les hommes de droite avaient manifesté, au lendemain de la décision du suffrage universel, un esprit d’union nationale. Tout au contraire, et sans que pût apparaître le moindre prétexte d'une mauvaise gestion gouvernementale, l’esprit de parti de la presse réactionnaire déclencha, contre le crédit de la France, une campagne dont la haute finance devait Faire son profit pour briser l’effort démocratique du Parlement eL empêcher la réalisation du programme du 11 mai 1924.
On sait le résultat do cette campagne d’affolement, véritable manœuvre de chantage contre la souveraineté du suffrage universel dont les volontés furent ainsi brisées pour un temps.
Il m’a donc fallu parler, jusqu’ici, du passé, dire mon opinion, nettement, sur des événements qui doivent contribuer à l'enseignement de demain.
Il s;agitt maintenant, de parier de ce demain et de vous exposer, Messieurs les électeurs mon programme de républicain.
Dans Je déair où je suis d'indiquer mon opinion et mes engagements mieux que par de grandes phrases, et de fournir sur chacune des questions le plus possible de précisions, j’ai cru pouvoir me permettre de donner une forme surtout concise au présent programme.
Avant d’aborder les questions de politique générale, je tiens à marquer mon sjuçl des revendications locales, émanant des habitants comme des collectivités : communes, corporations, sociétés. Mon activité, en ce domaine, s’est manifestée maintes fois et mes promesses se trouvent ainsi garanties par des actes. Défenseur du droit de propriété tel qu’il a été prévu par la déclaration de 1793 comme « droit de jouir et de disposer h son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie », j’estime que toute atteinte au droit des bouilleurs de cru constituerait une atteinte à ce droit même de la propriété, Gvest donc une raison de principe républicain qui, sur ceLLe question, dicte formellement mon attitude eu faveur des bouilleurs de cru,
Une question locale de première importance se pose à propos de l’état de nos rouies. Il semble que nous soyions sacrifiés quant à la répartition des crédits et des subventions ; ne faut-il pas retenir, en outre, que si l’entretien des chemins ruraux grève toujours davantage les budgets de nos communes, ce n’est plus du fait même des populations des localités, le développement considérable de 1 Industrie automobile confondant de plus en plus nos chemins avec le réseau d’intérêt général de nos routes*
De même, des améliorations importantes sont à appliquer pour l'extension des services postaux et télégraphiques comme pour la distribution de l’énergie électrique dans les campagnes,
P o lit iq ue in ter ie u re ,
Ce souci des revendications locales va être satisfait plus facilement par le retour au scrutin d arrondissement, retour que j ai sans cesse réclamé et qui devra permettre, en outre de travailler à libérer les maires des communes de l’écrasante besogne de paperasserie dont ils sont surchacgés.
Partisan de la liberté de conscience, je continuerai de défendre le principe de la laïcité de l’école nationale revendiqué par Jules Ferry. Mais il faut consolider Fécole laïque, développer notamment 1 enseignement post-scolaire et, grâce à l’école unique — qui n’attente en rien à la liberté de 1 enseignement — - ouvrir à tous ceux qui le méritent, pauvres comme riches, F accès aux collèges, lycées et facultés.
Je me prononce en faveur de la suppression des lois scélérates et de la justice militaire,
J estime quel ordre doit etre fondé sur la liberté et non sur l’oppression j nos principes républicains doivent en constituer les garanties ; aussi bien, le respect de la loi est-il un de ces principes essentiels à la vie de la démocratie*
délense de la laïcité me situe quant à l’ordre dans la liberté des consciences, le respect de la légalité inviolable marque ma position quant à l’ordre matériel dans la nation.
Encore faut-il penser que la paix intérieure n’est pas seulement une affaire de discipline consentie. C’est aussi une question d’attitude morale et bienveillante. En ce pays de la révolution, chacun doit être libre de croire ou de ne pas croire. En dehors des controverses sur les idées et les projets, nous devons considérer qu’il y a, au cœur de tous les hommes, une loi commune capable de reunir par les liens du respect mutuel, sinon par les courants de sympathie, ceux-là qui pensent dilFéremment et dont les divergences d'opinion doivent ,
non pas diviser les uns et les autres, mais contribuer à la recherche, pour tous, des meilleurs chemins.
Politique financière .
C’est une politique de grande sagesse et de sévères économies qu’il est nécessaire de pratiquer dans ce domaine où l'instabilité du franc permet les pires manœuvres des spéculateurs et des politiciens à esprit de parti.
Je suis favorable à une stabilisation légale dans le délai le pins rapproché. Cette stabilisation devra être accompagnée de mesures spéciales afin de réparer une véritable injustice dont souffrent les petits rentiers qui, aux heures graves de la guerre et de fiaprès guerre, ont fait confiance à l’Etat*
Selon la nécessité même reconnue par M. Poincaré, il faut rétablir la justice fiscale : mieux adapter, par conséquent, tous les impôts aux facultés de chacun.
Les contributions qui frappent les agriculteurs et les commerçants sont trop nombreuses et souvent sont basées sur des évaluations injustes. Il importe de les simplifier et de les modifier.
Un meilleur aménagement de fi impôt sur le revenu doit atténuer les charges qui, par les taxes indirectes et les impôts cédulaires, frappent trop lourdement les classes laborieuses. Une discrimination doit être établie entre les revenus du capital et ceux du travail*
Les monopoles d’Etat doivent être maintenus et réorganisés en même temps qu’un contrôle doit être imposé aux grands monopoles de fait.
Toutes les mesures pratiques doivent être recherchées et appliquées pour combattre efficacement la fraude fiscale, l’accaparement, la spéculation et la vie chère*
Une réduction du montant annuel de l'amortissement pourra permettre un allégement des impôts : les annuités, plus échelonnées, devant éviter à la présente génération, la plus touchée par îa guerre, d’en supporter encore les plus grandes charges*
Les bouleversements économiques qui sont la conséquence de la guerre ont créé une situation particulièrement difficile pour les salariés de tous ordres ainsi que pour les pensionnés et petits retraités. Il faut rétablir l’équilibre rompu dans les lois de fi offre et de la demande.
Voici plusieurs mesures à faire prévaloir, en dehors du maintien des droits actuels des travailleurs, ouvriers, employés et fonctionnaires : ratification des conventions internationales ; amélioration du sort des mutilés du travail ; création immédiate d'une assurancechômage élargie; institution d’un minimum de salaire; instauration d’un sursalaire familial obligatoire ; large politique de l’habitation ; améliorations à la loi sur les assurances sociales ivec aménagements spéciaux pour l'agriculture,
IJ est deux collectivités de Français qui ont, en outre, des droits spéciaux à l’attention du législateur : les familles nombreuses, insuffisamment aidées; les mutilés de la guerre, ascendants, veuves et orphelins, les anciens combattants de la Grande Guerre et leurs aînés de 1870. Notre reconnaissance à toutes les victimes de la guerre doit se traduire mieux encore que par de la déférence et clés discours.
Politique ëco nomiq ue .
Le redressement économique de la Nation ne sera pleinement réalisé que lorsque les grands trusts accapareurs auront cessé de faire peser, sur le commerce, la petite et moyenne industrie et sur la production agricole le poids de leur autocratie. Le coût de la vie s élève par suite de la concentration, en quelques mainSj de certaines branches de l'activité nationale.
Le cultivateur — qui se voit imposer les prix — est lui-même 3a victime d'intermédiaires qui s'enrichissent b ses dépens comme à ceux du consommateur. Une politique agricole s’impose pour laquelle nous pourrions envisager le programme suivant : Arrêter l’exode rural, développer l’électrification, poursuivre une politique d'engrais à bon marché, encourager la sélection des semences, lutter contre les maladies des plantes, favoriser les améliorations foncières, doter les offices agricoles et les Chambres d’agriculture des ressources nécessaires à leur bon fonctionnement, développer le . crédit, les assurances et les coopératives agricoles, Faciliter aux ouvriers agricoles i’accès à la petite propriété.
Pour les artisans et commerçants : Amélioration de la législation sur la propriété commerciale, transformation de la taxe sur le chiffre d'affaires en une taxe unique à la production sur les produits manufacturés, modification du système bancaire pour faciliter l’obtention de crédits, diminution des frais accessoires perçus par les banquiers, augmentalion de rabattement à la base de l'impôt sur les bénéfices commerciaux, réforme de la législation douanière, suppression des octrois.
Nous n’oublierons pas, enfin, la nécessité de la mise en valeur de nos colonies.
Politique extérieure.
Si nous avons été heureux d’enregistrer la confirmation donnée par M. Poincaré, de son attachement au principe de la laïcité — repoussé par les hommes de droite — nous ne nous sommes 'pas moins réjoui de l’adhésion du Président du Conseil à T oeuvre extérieure accomplie par MM. llerriot et Briand, qui aboutit à ces accords de Locarno contre lesquels ces mêmes hommes de droite protestent avec violence.
Les problèmes des réparations et de la sécurité de la France sont au point de départ de raffermissement de la Paix.
Un accord général doit définitivement régler la question des dettes contractées à l’occasion de la guerre, mais, en aucun cas, notre pays ne peut accepter un arrangement en vertu duquel il aurait k verser à ses anciens alliés plus qu’il ne recevrait de ses anciens ennemis.
Nous estimons indispensable de nous appuyer sur la Société des Nations et de concourir à transformer celle-ci en Société des Peuples. Nous devons nous efforcer de multiplier les conven tiens d’arbitrage obligatoire et d’apporter notre aide à toutes les tentatives rationnelles de désarmement matériel et moral*
Les accords de Locarno ont fait du Rhin une frontière internationale et nous ont apporté des garanties précises d’assistance immédiate ; il nous faut pratiquer avec l'Allemagne une politique d’apaisement sans rien sacrifier de la sécurité de notre pays ou des recettes du plan Dawes.
Ayant enfin le souci constant de la Défense nationale, nous devons nous préoccuper de l'assurer solidement par la signature d’accords internationaux et par la mise en application de la loi d’un an, au plus tard, k la date prévue par la loi.
Voilà, Messieurs les Electeurs, en toute franchise, mes idées et mes engagements.
Entre trois doctrines, celle du communisme, celle de la dictature des puissances d'argent et celle de la Démocratie, j’ai toujours choisi la dernière.
Je suis pour un système d’ordre, d’équilibre, de justice, pour un système de réformes et de progrès. Je ne considère comme définitif le maintien d’aucun privilège ni la persistance d'aucun abus. Au surplus, je crois pouvoir dire que mes actes publics répondent de ma probité politique et de mon activité. J’ai toujours fait de mon mieux pour la justice et pour la paix. Si vous me faites l’honneur de me désigner pour vous représenter à la Chambre des
Députes, je ne ferai clone que poursuivre, mais avec de plus grands moyens, une tâche à laquelle je me suis voué depuis des au nées pour le bien de noire Patrie et la grandeur de la Démocratie.
C’est dans cet esprit que je fais appel à votre cordiale confiance.
Vivent les Vosges !
Vive la France I Vive la République !
Ma ne RUCÀRT
Candidat des Associatif ns cantonales républicaines, radicales et rad cale^socialistea.
Circonscription de MIRE COURT.