ML HOQUETTE
Elu au premier tour de scrutin. — - 7,028 voix*
Mes chers Compatriotes,
Ce n'est pas un inconnu qui se présente devant vous : à deux reprises, en Î91Q et en 19- i, vous m'avez choisi pour votre député. En 192-4, vous m avez donné, dans notre arrondissement d'Espaîion, 1672 voix de majorité sur mon concurrent* Par quels procédés j'ai été, quelques mois plus tard, dépossédé de mon mandat, vous le savez.
Depuis lors, les événements ont donné à nos adversaires une terrible leçon et à nos amis un exemple inoubliable.
Le Cartel, en 1924,. vous avait fait des promesses magnifiques : il devait diminuer tous les impôts, couvrir notre arrondissement de lignes de chemin de fer, assurer la prospérité générale*
Ces promesses, comment ont-elles été tenues et que doivent penser aujourdhui ceux qui s’y sont laissés prendre ?
En juillet 1926, après deux années de domination, après la chute successive de tous ses Ministres des Finances, après l'épuisement du Trésor public, le Cartel s'est effondré sous la réprobation générale. Quand il est tombé, le franc ne valait plus que deux sous 1 Quelques jours encore, il nT aurait plus rien valu ; c’était la banqueroute.
C’est alors que le Cartel fut contraint de rappeler M. Poincaré qu'il avait chassé deux ans plus tôt, comme il avait d'ailleurs, en dépit de la constitution, chassé M, Millerand de la Présidence de la République.
Je doute qu'aujourd’hui beaucoup veuillent encore se dire du Cartel - mais vous saurez bien reconnaître ceux qui en font partie ou qui se réclament de doctrines semblables*
Les faits rappelés sommairement ci-dessus ont parlé haut et clair. Inutile d insister : pensons au présent. t
Politique générale. — J’ai toujours été et je reste républicain ; rien, dans mes actes, ni dans mes écrits, ni dans mes paroles, n'est en désaccord avec cette conviction La République n'est d'ailleurs le monopole de personne. Personne n a le droit d en exclure un autre dès lors que cet antre a donné son adhésion au régime et l’a toujours soutenu.
Je suis partisan de la liberté de conscience, de la liberté d'association, de la liberté d'enseignement, toutes libertés qui sont de l'essence même de la République; partisan non moins résolu de la paix à l'intérieur et à l'extérieur. — Comment pourrait-on supposer tm instant à un homoie, qui a vu deux de ses fils mourir pour la France, le désir de voir notre pays ravagé de nouveau par le fléau de la guerre ?
Action sociale. — Victimes de la guerre. — J 'appuierai Je voie de fouie loi qui aura pour Lut d'améliorer, dans la plus large mesure possible, le sort des plus humbles et de plus petits, le sort des mutilés et des autres victimes de la guerre.
Finances. — Je soutiendrai résolument par mes votes, comme je Fai fait de 1919 à 1924, îa politique financière de M Poincaré, qui a ramené la confiance, et qui a encore besoin du concours de tous les bons citoyens pour la restauration nationale.
Commerce, — Je suis l’ermemi des vexations inutiles contre les commerçants et j'estime que la taxe sur le chiffre d'affaires doit être remplacée par une taxe à la production.
Economies, — Je demanderai que les économies, souvent promises, soient enfin réalisées de façon à alléger les charges qui écrasent les contribuables, À cet égard, la Chambre doit donner l'exemple en votant la réduction de l'indemnité parlementaire.
Agriculture. — Au point de vue agricole, laissez-moi vous rappeler que je suis né au milieu de vous, à Saint- Amans des Cots,
Propriétaire foncier dans notre arrondissement* comme beaucoup d'entre vous, je suis désireux de consacrer de plus en plus mon temps et mes forces à noire petite patrie.
En défendant vos intérêts* je défendrai les miens.
La baisse du prix de nos animaux désole nos agriculteurs, d'autant plus qu’il ne constatent aucune baisse sur les produits qu'ils sont obligés d'acheter.
Déjà, sous la Chambre qui a précédé celle-ci, je suis intervenu à la tribune pour récia- B*er k libre exportation de nos bestiaux et je Fai obtenue.
Ce! te mesure ne suffit plus aujourd’hui : il faut défendre nos frontières en demandant le; relèvement des droits de douane sur le bétail étranger, notamment sur la viande frigorifiée, faciliter aux cultivateurs les plus éloignés des gares Fâchât des engrais ; réduire le? frais de transport des animaux aux abattoirs des grandes villes; réviser Ja taxe sur les bénéfices agricoles, qui ne devrait jamais jouer quand le cultiva Leur, ce qui est lo cas aeiuel, ne peut, pas? réaliser de bénéfices ; favoriser le bien-être en développant Félectrifb cation ruralè; enfin réduire ces droits de succession qui accablent la petite propriété foncière f en amènent le morcellement ou la vente, et poussent nos concitoyens à Pémigration.
Aîôyens du oommmucaiîon* — - Le nombre des agences postales, des bureaux de téléphones est en voie d'augmentation constante — Ge mouvement doit être continué-.
Pour nos po pulations privées de chemin do fer, et en attendant que la situation budgétaire permette d'exécuter les projets 4éj à préparés, F améliora lion de nos routes cfcde développement de nos services d’autobus doivent être au premier plan idê nos préoccupations.
Jmtiêej — La suppression du tribunal kTËspaliony qui n’a procuré aucune économie, a été grandement nuisible aux justiciables. J^appuierai étiergiquemenl le rétablissement de oc siège.
Soutenu par la presque unanimité des conseillers généraux de notre circonsc ri püon, par les trois quarts des municipalités, par la confiance que vous m’avez témoignée aux élections précédentes, je me présente avec une même confiance à vos suffrages, persuadé que vous voudrez faire respecter sur mon nom la volonté du suffrage universel.
Hénhï ROQUETTE
Candidat républicain ■ d’Union natb)D*le*
Propriétaire au Batut, par Sain l-Am&Tig des . Cota,.
No 3814
Circonscription de MILLAU.
M. MOLINIÉ
Élu au premier tour do scrutin. — 7.764 voix.
Mes chers Concitoyens,
Par deux fois élu comme votre représentant au Parlement à la majorité absolue, nous venons , cédant à de nombreuses et pressantes sollicitations, vous demander le renouvelé
ment de notre mandat au scrutin d’arrondissement.
Nous ne considérons pas le nouveau mode électoral sous l’aspect rabaisse d un scrutin de clientèle cherchant à capter les suffrages par de vaines promesses, à enclore les électeurs dans les limites d'un parti fermé et tyrannique, mais comme un moyen de servir de plus près le pays de Millau, son agriculture déjà modernisée, ses industries traditionnelles, son
commerce en plein essor, la masse de ses travailleurs.
C’est à une politique d’après guerre, dans la paix victorieusement reconquise, au prix des plus cruels sacrifices, que nous vous convions : politique de liberté contre un renouveau menaçant d’oppression, de justice sociale contre toute inégalité en droits ; d ordre contre le désordre dès longtemps provoqué et dont les principaux responsables sont eux-memes
Gétte politique est réaliste, selon une expression dont nous nous sommes un des premiers servi, mais elle doit reposer sur les bases solides de nos traditions toujours vivantes et sans cesse vivifiées, orientées vers le progrès économique et social. . . . ,
Nous sommes partisan, comme je l’ai exprimé dans diverses professions de foi, e les droits inscrits dans la Charte constitutionnelle en notre grand pays libre, bmiemi < es lois d’exception pour une catégorie quelconque de citoyens nous demandons les associations religieuses, professionnelles et syndicales, 1 application d un» * uniforme consacrant Fégali té dans le droit commun, i
Nous voulons aussi, à côté d’une école publique respectée et respectueuse de toupies croyances ancestrales, définitivement incorporée dans 1 Université de h rance la h ier seignement garantie par un statut normal d'équité. Nos nombreux rapports a h ^ommr smn de renseignement en témoignent. Nous ne connaissons pas deux écoles r.vales, mais des écoles d’émulation où tout citoyen remplissant les conditions morales et tec .
santés pourra enseigner sous la réserve des mêmes diplômes et sous 1a condition exp que l’enseignement donné ne soit ni délictueux, ni anlipatiio tique. .
q Nulle loi de la République n’est intangible, car cette dénomination urtito entifique prise à la lettre, en empêcherait toute amélioration et ceux qui 1 emploient afin de dresser un nouveau fantôme aux yeux du public, ont été les premiers à nous habituer aux des textes et des décrets. Nous en avons assez de luttes philosophiques ou confessionnelles qui retentissent si péniblement sur les affaires civilès. .
La liberté de conscience ne peut être assurée dans ce pays que par en J - P‘ • tique sur les questions mixtes entre l’État et les Eglises, qui ne doivent' plue servir de
brandon de discorde. n
Les catégories sociales ne doivent point être opposées les unes aux autres. Qu ■. d'agriculteurs, d'industriels, de commerçants, de fonctionnaires, d ouvriers d Etat, dem-
ployés, de cheminots, d’artisans ou de la masse des salariés, il est faux !de prétendre nue chaque profession organisée ne puisse collaborer en plein accord, selon ses droit, en rem plissant tous ses devoirs, au bien-être général et à la prospérité de notre économie nationale
Si tou, les intérêts légitimes bien entendus ont droit à la protection de l’État ces intérêts ne doivent jamais déborder de leur cadre professionnel pour s’opposer à la marche générale des affaires et à la solidarité des intérêts; mais le droit syndical et le statut de la profession sont deux choies distinctes. C’est ce que nous exïgeron s des divers syndicats ceux des fonctionnaires eu particulier, dont nous avons toujours reconnu la légalité notant’ ment dans notre proposition de loi sur lé statut social du travail déposée le 24 mai 1927 : '
1° L'entente et la collaboration des classes ;
2° L’accession favorisée vers la propriété individuelle -
3“ La protection du travail d’abord nationale, jointe à un internationalisme de bon aloi et a une politique d immigration bien comprise.
Telles sont les trois formules du programme social réformiste applaudi par la presque unanimité de la Chambre, lorsque nous 1 avons développé à la tribune le 24 novembre 19^2
Nous avons toujours fait appel à une majorité républicaine très étendue appelant les citoyens a s assembler et à s’unir, non point sur des doctrines contradictoires de cartel mais sur des directions fermes et réfléchies, respectant du reste les tendances diverses de partis décide® k s unir chaque fois que le bien public est en cause. *
Nous voulons d’abord la paix à l’extérieur, garantie par' l’arbitrage, la sécurité, le désarmement réciproque. Comme membre du Comité interparlementaire, nous acceptons l’énoncé et les formules de la fédération française pour la Société des Nations. La sécurité nous la concevons assurée par les lois militaires que nous venons de voter et à la discussion desquels nous avons pris parL au point de vue de la mobilisation industrielle, régulatrice des réquisitions, prévoyant pour les contrats extérieurs à préparer et les marchés à conclure avec i etranger, des modes étudiés d’avance, do façon à éviter dans l’avenir les scandales de^ceux qui s enrichissent outrageusement pendant que d’autres se battent et tombent au
Nous voulons à côté du respect des traités une armée de défense disciplinée et foi te ou 1 autorité des chefs se double en toute circonstance de leur urbanité vis-à-vis des simules soldats. La caserne, avec les réformes des conseils de guerre déjà ébauchées, le soin des régimes alimentaires, la supression des peines disciplinaires d’un autre âge, doit devenir
une ecole d obéissance librement consentie, mais surtout d’entente et de considération réciproque.
Notre marine de guerre doit pouvoir assurer la liaison avec nos colonies, qui devront elre mises en valeur, et en cas de conflit la protection des transports, tandis que les services de aeronauüque réunis en un seul Ministère et encouragés par tontes les collectivités,
détnï i n ,6 <j0mm3rce- 'loivent' #^ien négliger des précautions de la
et extérieur' m8 e’ ^ SUrl°Ut onentes vcrs le rayonnement de notre commerce intérieur
Ce sont aussi les transports terrestres qui doivent être multipliés. Nous souhaitons eue pour Aveyron tombent bientôt les empêchements qui ont retardé la construction des lignes dp fer’.C(L no^imenf celles' Je l’&palionnaia, celle d’Agucssac à Meyruels et la liaison entre Réquista et Sevérac-lc-Château, par SaIîes-.Curan Une politique nouvelle des routes et chemins doit etre instaurée par une transformation de travail tant en ce qui Louche
esmcantn ^ •* per30tlneI; ce Mr a <Wit au juste salaire rédamé par
les cantonniers Les dépenses productives compensées par de réelles économies, doivent aussi porter sur 1 amelioration des transports automobiles.
,.amSf0S PorLs doivent être mis en état et notre marine marchande mérite d’être encouragee. f
A 1 exteneur, nos exportations doivent être surveillées, garanties par des assurances
consulaires. 11 importe que noire personnel diplomatique soit bien choisi, convenablement
rétribué et logé. . , , . , . ,
Notre système fiscal doit être simplifié, nos impôts cedulaires mieux seines et toutes les cédules doivent comporter des abattements à la base. L’impôt sur le chilFre d’affaires, eue j0 n'aj jamais voté, doit être remplacé par une taxe unique, non poinL à la production, mais au premier stade de transformation de la matière première.
Nous restons l'adversaire de l’impôt sur les salaires si nuisible, pour les travailleurs, à l’épargne et à l’accession à la propriété privée. Le réajustement des salaires et la péréquation des retraites doivent être réalisés, en particulier pour les cheminots. Il ne faut pas confondre les impôts somptuaires avec la taxe de luxe si préjudiciable à nos industries de
quabtu de tester et pexécution des volontés dernières doivent rester pleines et
entières et être garanties, sans autre intervention de l’Etat, que l’établissement d’un barème^ de droits de succession progressifs, mais non spoliateurs.
Les impÔLs indirects pour toute denrée d’usage courant doivent être supprimés et l’impôt sur la première mutation d’immeubles et des fonds de commerce ne peuvent dépasser certaines limites. Les stocks de marchandises qui suivent la cession des fonds doivent tire modérément taxés à part.
Notre administration doit être sérieusement réformée dans le sens de l'économie la plus stricte, maiscerLains décrets trop hâtivement pris doivent être rapportés, du moins revus, sotamment en ce qui concerne le régime des I . 1 . 1.
Les assurances sociales doivent être mieux adoptées aux modes de prévoyance et de mutualité déjà en vigueur, leurs caisses et le maniement des fonds doivent être conçus sous le contrôle, mais tenus hors d’une emprise exagérée de I Liât.
Le crédit immobilier doit cire encouragé dans l'établissement de maisons ouvrières, tant à la campagne qu’à la ville et une guerre impitoyable doit être faite aux taudis.
Dans notre' pays de Millau, la fabrication du fromage, la tannerie, la ganterie ont toujours fait l’objet de nos préoccupations; ces industries doivent être jalousement protégées et certains tarifs d’entrée à l’étranger gagneraient à être abaissés.
Nous devons par tous les moyens encourager nos agriculteurs en greffant sur la vieille expérience ancestrale, les applications du progrès le plus moderne, le confort par l’électrification des campagnes doit particulièrement retenir notre attention.
Les monopoles existants ont été industriellement organisés, mais nos ressources ne nous permettent pas d’en acquérir de nouveaux.
Toutes les ressources prélevées par voie d’impôt doivent servir à équilibrer le budget, à nous outiller nationalement, à amortir la dette, à soulager les moins fortunés. Le paupérisme et le prolétariat doivent disparaître pour faire place au développement d une aisance de plus en plus généralisée.
De même que nous avons reçu la consigne à Versailles, comme délégué aux Etats gèneraux de la France meurtrie, de ne point laisser toucher à la charte des pensions ou allocations, de même nous acceptons les revendications des mutilés du travail, jugeant en plus, d’après notre pratique personnelle, que ceux qui sont atteints par une- maladie profession-
nelle définie, ont aussi droit à une juste indemnité.
En résumé, nous voulons une politique de liberté, d'ordre, de justice sociale, de paix intérieure et de paix extérieur*. Si, lors de la dernière législature, nous avons trouvé imparfait le jeu de certains articles du Traité de Versailles, si nous nous sommes opposé à certains accords, nous devons chercher à régler en toute équité la question des dettes interalliées et maintenir les clauses du plan Davres, qui nous assure par annuités 1 intérêt de l'état des payements arrêté à Londres et calculé à un taux vraiment bien inférieur.
Tel est notre programme républicain d'union nationala et sociale. G est celui auque vous voudrez bien faire confiance, le 22 avril prochain, en nous accordant vos suffrages. II y va du maintien de vos libertés, de la protection de vos afiaircs. Car il faut que notre
redressement financier, si heureusement commencé par le Gouvernement de M. Raymond Poincaré, se poursuive normalement et sans heurts.
Aux urnes donc, mes chers concitoyens, pour la République toujours meilleure, orientée vers la rénovation économique et les réformes sociales, pour la France !
Docteur Jean- A, MOLINIÉ
Député de J* Aveyron .
Chevalier de ta Légion d* honneur.
Croix de guerre.
Secrétaire de la Commission dee douanes. Vîce-]?r&udent de la Commission des marchés et spéculations * Conseiller général.
Circonscription da RODEZ.
M, RQNNEPÔUS
Elu au premier tour de scrutin. — 13.798 voir
Mes chers Compatriotes,
Dans une précédente lettre écrite au début de ma campagne électorale , je vous ai fait part des circonstances qui m'amenaient à sortir de la vie privée, pour solliciter vos suffrages, 3e 22 avril prochain, à la demande et sous le patronage de la Fédération républicaine de France.
Depuis, je me suis employé de mon mieux à vous rejoindre sur les divers points de notre vaste arrondissement, et s'il ne m'a pas été possible de passer dans toutes les localités — ce dont je m’excuse — j’ai eu le plaisir, au cours de mes réunions électorales, de m'entretenir familièrement avec un grand nombre d'entre vous sur ce qui fait l’objet de nos préoccupations communes à la veille du grand scrutin qui se prépare.
Je dois aujourd'hui à tous les électeurs que je n'aî pu atteindre quelques précisions sur mon programme.
Au point de mie extérieur m
L’amour de la paix n'est le monopole d'aucun parti. Nous avons tous l'horreur profonde de la guerre et le désir d’en éviter le retour à tout prix.
Si vous, me faites l'honneur de m’envoyer au Parlement, je soutiendrai de toutes mes forces le président Pomcaré, dans ses efforts pour maintenir la paix européenne, et tout spécialement dans sa politique de vigilance et de précaution vis-à-vis d'imfe Allemagne dont le glaive a été brisé, mais dont le bras reste toujours menaçant — comme aussi, je lui forai confiance dans la question des réparations, et dans le 'règlement des dettes interalliées, que seul peut mener à bien un Gouvernement stable et fort*
A u p oint d e v ue inlêr ieu r.
La préoccupation des pouvoirs publics doit être d’assurer la prospérité et le développement du pays, en permettant à tous les bons citoyens de travailler en toute securité et toute tranquillité , à la fois dans leur intérêt personnel et pour le profit de la chose commune.
Pour cela s’impose une politique de paix religieuse, d’ordre, de protection familiale^ de relèvement financier, de défense agricole,, de progrès économique et social*
Politique de paix religieuse :
Pourquoi faut-il que cette question se pose? L’anticléricalisme, dont a vécu pendant longtemps le vieux parti radical, apparaît aujourd’hui comme une anomalie. Et pourtant, la question religieuse — qui devrait être en dehors et au-dessus des querelles politiques — divise encore des hommes de bonne foi, qui seraient d accord sur Loua les autres terrains, et s’entendraient facilement, s'ils n’étaient la plupart du temps victimes de formules trompeuses, de mots équivoques eLde malentendus.
Le principe de la laïcité, c'est-à-dire de la neutralité de l'Etat, peut être parfaitement admis, à condition de ne pas être déformé dans son application.
H n’est incompatible, ni avec la liberté d’association pour les religieux, qui ont été mis injustement hors du droit commun par les lois de 1901 et 1904 — ni avec la liberté d enseignement singulièrement entravée à Tbeure actuelle, continuellement battue en brèche par quelques fanatiques incorrigibles, tout récemment encore menacée sans illusion possible, par le projet d’école unique, auquel mes amis et moi opposons la création d un Office national d’allocations scolaires — ni avec le droit sacré du père de famille de faire donner à ses enfants 1 éducation de son choix — ni avec un régime quasi^concordataire qui permettrait au pouvoir religieux et au pouvoir civil de coexister sans conflit, chacun poursuivant ses fins propres, en pleine indépendance, dans une atmosphère de bonne harmonie et de respect réciproque.
Les catholiques — dont je m'honore d’être —** ne réclament ni faveur, ni privilège. Ils entendent seulement n’être point persécutés ou brimes* ils protestent contre les lois d exception, dont ils ont été l’objet* Ils demandent simplement pour eux la liberté, qui est la raison d’être et la condition de la République.
Politique d’ordre :
Il y a, en ce moment, en France, comme un peu partout dans le monde, une armes du désordre.
Elle est dirigée par une faction de violents et d’extrémistes qui, recevant leur mot d’ordre et leurs subsides de Moscou, ou d ailleurs, prétendent imposer au pays, par les moyens les plus criminels, la pire des dictatures.
Elle est composée d’une foule de braves gens, inconscients ou faibles, attirés par le mirage d’un socialisme trompeur, qui suivent de bonne foi les mauvais bergers, et qu i! importe de défendre à la fois contre ces mauvais bergers, et contre eux-memes.
Elle est trop souvent encouragée par les hommes publics qui, mieux éclairés et plus instruits, auraient mission de l’arrêter dans sa marche inquiétante et que nous voyons tous les jours, par besoin de popularité malsaine, pur interet mal compris, ou pur peu de paraître modérés, lui permettre de tout dire et de tout faire, lui donner ouvertemeiX- des gages, contracter avec elle de honteuses alliances électorales!,
À cette armée du désordre, qui ne tire sa, force que de 1 audace de quelques-uns et de la faiblesse du plus grand nombre, il est temps d opposer l’innombrable armée de ceux qui considèrent la paix sociale comme aussi indispensable que la paix extérieure*
L’ordre suppose que chacun est à sa place dans l’Etat, et ceci m amène à dire un mot
des revendications de quelques fonctionnaires qui prétendraient faire reconnaître à leur profit le droit de coalition et îe droit de grève.
Que les fonctionnaires obtiennent une rémunération proportionnée aux services qu’ils rendent et soigneusement ajustée aux exigences croissantes de la vie : rien de plus juste Que certains petits fonctionnaires, les cantonniers départementaux par exemple, se plaignent de l’insuffisance de leur traitement ; ils ont raison. Que les fonctionnaires se mettent en défense contre les tracasseries dont ils pourraient Être l’objet à raison de leurs opinions religieuses ou politiques : rien de mieux.
Mais que les fonctionnaires rétribués par tous les citoyens et qui tirent leur pouvoir de l’Etat prétendent retourner ce pouvoir contre lui, en intervenant directement dans la direction des affaires publiques, en se mettant en travers du Parlement., en formulant un veto contre des projets de loi qui n’intéressent pas leurs intérêts corporatifs ; que, se constituant en syndicats rattachés à dos organisations plus politiques qu’économiques et dans tous les cas dominés par l’influence socialiste, ils se placent sous la dépendance étroite de ces organisations ; qu'eo uu mot, ils arrivent à constituer ainsi peu à peu une sorte d’Etat dans l’Etat, voilà qui met en jeu la vie même de la nation, voilà qui est inadmissible.
C’est pourquoi il importe de mettre au point sans retard un statut des fonctionnaires, qui serait la charte indicative de leurs droits et de leurs devoirs.
Politique de protection familiale :
La famille est la cellule essentielle de la société.
Loin de l’affaiblir, il importe de la consolider et d’en favoriser le développement.
Ayant élevé moi-même sept enfants, j’ai senti, peut-être, plus qu’un autre, le poids exorbitant de charges fiscales sur les familles nombreuses, principalement du fait des impôts indirects, fl serait opportun d’arriver à une péréquation équitable de ces charges, en appliquant le principe du quotient familial aux impôts directs, en supprimant complètement la patente, en généralisant les indemnités compensatrices des impôts indirects et taxes de consommation.
J estime, au surplus, que îo suffrage universel ne méritera vraiment son appellation, que lorsqu ü aura été adapte à la famille, de façon que tous ceux qui la composent, sans distinction d’âge et de sexe, soient effectivement représentés dans les consultations électoraies par celui qui en est le chef.
Politique de relèvement financier :
L’œuvre de redressement financier, rendue nécessaire à la fois par les charges de la guerre et par la gestion déplorable du Cartel, est actuellement en bonne voie.
Mais le président Poincaré a indiqué lui-même, dans ses récents discours de Bordeaux et de Carcassonne, qu’il ne pourrait mener à bien cette entreprise, que si l’Union nationale continuait autour do lui, et s’il pouvait être assuré du concours désintéressé de toutes les bonnes volontés.
Ce concours, que beaucoup de ses anciens adversaires lui offrent aujourd’hui bruyamment, ne saurait lui être marchandé par ceux qui, comme les membres de la Fédération républicaine, 3*oni constamment soutenu.
Il n’est pas interdit d’envisager une compression des dépenses publiques par la réduction du nombre toujours croissant et vraiment excessif des fonctionnaires et un accroissement des recettes par l’amodiation des monopoles d’Etat, suivant le projet que M. Poincaré avait lui-même proposé et qui s’est heurté à la résistance des socialistes et de leurs alliés.
Ces mesures permettraient de diminuer les impôts actuels et de faire quelque chose pour les anciens combattants vis-à-vis desquels le pays a contracté une dette sacrée quil serait injuste d’oublier.
Politique de défense agricole :
Terrien d'origine, né dans Ve canton de Cassagnes, à Randan, où, de génération en génération mes ancêtres cultivaient leur bien, propriétaire exploitant moi-meme dans la commune’de Calment, je connais les besoins de l’agriculture, et plus que personne, je sens l’impérieuse nécessité de protéger et d’encourager énergiquement le travail du paysan qui
sème le blé et nourrit 1 humanité. + . , , , , . rtrt.,Ae
11 faut défendre la propriété contre les prétentions socialistes, qui tendent a la confisquer au profit de l’Etat, soit d’uu coup par une expropriation générale, ainsi que le voudraient L plus violents, soit par étapes, et d’une façon plus ou moins sournoise su.vantle conseil lies plus habiles, au moyen de réformes provisoires susceptibles de rallier adhésion des radicaux, comme l’extension des monopoles, le prélèvement sur le capital, 1 aggravation des
droits de mutation, etc* 7
Il est urgent de dégrever l’agriculture qui s’est trouvée accablée d impôts, précisément
au moment où elle entrait dans une crise. .
Ceci ne saurait d’ailleurs porter ombrage an commerce et à 1 industrie, dont le développement est rigoureusement conditionné par la prospérité agricole.
Politique de progrès économique et social :
La France, qui s’est longtemps épuisée en querelles stériles sur le terrain de l’anticléncaUsme.se trouve en retard sur la plupart des nations voisines au point de vue des réformes
S0Cl<Iie convient de hâter la réalisation de toutes ces réformes tendant surtout à améliorer
le sort des travailleurs. r u
La loi sur les assurances sociales, votée in extremis et sans préparation suffisante p
k dernière Chambre, devra être remise sur le chantier dès la rentrée.
Il conviendra de s’occuper tout spécialement des logements ouvriers, dont on parle depuis longtemps sans être encore arrivé à d’intéressantes réalisations.
Enfin, mon expérience professionnelle me permettra de m intéresser ou ®P aux mesures concernant l’hygiène et la lutte implacable contre ces fléaux ternbks qui a chent chaque année tant de vies humaines, et qui s appellent la tuberculose, l’alcoolisme, pour ne citer que les plus importants.
Tel est mon programme, mes chers compatriotes. , .
J’ai eu à cœur de vous l’exposer aussi complètement que possible, loyalement, sai aucune préoccupation de battage électoral ou de surenchère démagogique avec le seul muci d’exprimer ce qui est chez moi le résultat de convictions mûrement réfléchies, sincères
désintéressées. ■
S’il a votre agrément et si vous croyez devoir en assurer le triomphe sur n suis à votre entière disposition, et je vous prie de croire à l’assurance de mon en îe
dévouement.
Vive la France 1 Vive la République l
Louis BONNEFOUS
Chevalier de la Légion d'honneur.
Conseiller municipal de Roder.
P r o priétaire-agricul leur ,
Circonscription de SAINT AFFRIQUE.