‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 44 sur 336 · M. GOUIN · texte numérisé non relu

M. GOUIN

Elu au deuxième tour. — 8.110 voix.

Citoyens Electeurs,

C/est en toute confiance que nous vous présentons la canditature républicaine et socialiste de notre éminent et dévoué député sortant, le citoyen Félix Gouin,

Celui-ci n'est pas un inconnu pour vous. Fils de notre belle Provence, voici vingtcinq ans déjà qu’il appartient au Parti socialiste pour lequel il a lutté inlassablement et auquel il reste plus que jamais fidèle.

Depuis dix-sept ans, cette fidélité à son parti et à ses principes a été récompensée par les électeurs de nos régions, qui ont fait de lui successivement le maire et le conseiller geneial d un de nos cantons, et enfin, il y a quatre ans, un de nos députés les plus en vue*

Nous le disons, en effet, avee orgueil :

Félix Gouin, à la Chambre, a fait honneur à son parti et à son département.

1 ravailîeur infatigable et intelligence vive, notre député sortant, au cours d'une première législature, a su s imposer à ses collègues et a conquis une autorité incontestée,

Rapporteur de projets de loi extrêmement importants, comme les diverses lois sur les loyers ou sur la suppression de la contrainte par corps, sa haute valeur et son talent ont été consacrés par ses adversaires eux-mêmes. Spécialisé dans les questions judiciaires, si essentielles pour la ville rî’Àix, Félix Gouin a dû à la notoriété qu'il s est acquise d'être élu président d un des groupes les plus agissants de la Chambre : celui de la Réorganisation judiciaire, qui compte plus de 180 membres, dont de nombreux anciens ministres*

Chers concitoyens;

Not±e candidat n a pas borne ses efforts à un seul sillon, et il n’a négligé aucun de nos intérêts.

C'est à lui que nos agriculteurs doivent l'exemption de l'impôt sur le chiffre d'affaires pour les coopératives de production agricole*

C’est à lui rjue les mutilés et réformés doivent le vote d’une loi, tant attendue par eux, et comportant la révision des jugements des conseils de guerre et des cours martiales.

C est a lui que les magistrats et le petit personnel des cours et tribunaux doivent, en grande partie, les améliorations apportées à leur sort.

C’est uniquement à lui que les poudriers doivent la majoration des heures de nuit et 1 amélioration du régime des primes de danger.

C'est k lui que les commis, les ouvriers et le petit personnel de notre Ecole des arts et métiers vont devoir, grâce aux propositions de loi qu’il a déposées et fait voter parles commissions compétentes, un statut plus favorable à leur situation*

C'est à lui enfin que nos commerçants, nos mineurs, nos syndicats, nos fonctionnaires^ nos communes, doivent des interventions nombreuses, répétées et toujours efficaces*

En im mol, Félix Gonin, à k Chambre, s il a toujours suivi rigoureusement la discipline du Parti socialiste, conformément à ses engagements, n’a pas été pour notre région seulement l’homme d'un parti, mais le défenseur naturel et ardent de tous les intérêts régionaux et locaux.

Aixois,

C’est en vain qu’on essaiera de vous dresser contre notre député sortant : celui-ci a prouvé mieux que' par des paroles, mais par des actes, combien il a eu à coeur la défense des intérêts matériels et moraux de la capitale intellectuelle de la Provence

Sos interventions pour nos courtiers ou amandes, pour notre Comité permanent des fêtes, pour nos négociants en huiles, pour les blessés du travail, pour nos al Lum et tiers, pour la Société des courses, pour nos a fiai res municipales, pour nos retraités civils et militaires, pour nos écoles et facultés, pour nos chasseurs et pêcheurs, pour l’envoi h Àix de la musique du 22e colonial, sont connues de tous et attestées par des documents irréfutables.

N 'oublions pas aussi ses efforts, combinés a ceux du conseil général et de toute la députation des Bouches-du-Rhône et, notamment, de noire éminent camarade et ami Fernand Bouisson, président de la Chambre des Députes, en faveur du tracé par Aix de la ligne Avignon-Nice,

Ç’est grâce à Gouin, nous le disons sans crainte de démenti :

1° Qu'il a été déposé une proposition de résolution, due a l'initiative de notre député lui-même, destinée à battre en brèche la proposition Baréty et à nous donner satisfaction. (Proposition n° 2225, du 14 décembre 1925.)

2° C'est grâce à Gouin, que le mauvais coup que Von voulait porter à notre tracé a été évité* Le Gouvernement avait fait inscrire, pour être voté sans débat, un Lraeé qui desavantageait Aix* Notre député s'est opposé à cet étranglement et il a eu gain de cause. (Séance de la Chambre des Députés du 29 novembre 1927*)

3° C’est enfin grâce à lui, ainsi qu'aux efforts de toute notre représentation parlementaire et locale des Bouches-du-Rhône, que M. Tardieu a décidé une étude nouvelle et comparative des divers tracés en présence qui sauvegarde T a venir.

Tous ces actes prouvent que nous avons en Gouin un défenseur vigilant, autorisé et capable de défendre nos intérêts.

Citoyens*

Vous êtes maintenant fixés !

Nous sommes sûrs de votre approbation et de votre concours.

C'est pour cela que vous irez en masse aux urnes le 22 avril prochain pour y faire triompher la candidature républicaine et socialiste du citoyen Félix Gouin, député sortant, conseiller général des Bouches^da-Rhône, président du groupe parlementaire de réorganisation judiciaire, membre de la commission permanente du comité départemental des réformé -et mutiles des. Bouehes-dii-Rhône,

Le Comité républicain et socialisée.

Appel do Candidat,

Citoyens électeurs ,

Vous me connaissez assez pour qu’il soit inutile de vous exposer longuement mon programme*

Vous trouverez celui-ci affiché partout sur les murs de la circonscription et, comme je l’ai par ailleurs développé clans toutes les communes, je me bornerai à vous dire que ce programme est celui du Parti socialiste auquel j'appartiens depuis plus d’un quart de siècle. Maire et conseiller général des Bouches-du-Rhône depuis dix-sep t ans, député depuis quatre ans* je crois avoir donné, non par des paroles, mais par des actes, la preuve de mon activité et de mon dévouement à la chose publique,

J ai conscience de vous avoir, en effet, toujours représenté dignement et honnêtement : c’est pour cela que je me représente devant vous, car quand on est sans peur, c'est qu'on est sans reproche !

Aux urnes donc* citoyens.

Pour la République!

Pour la démocratie I

Pour le socialisme!

Et vive notre belle circonscription dfAix-en- Provence !

Félix GOUIN Député sortant.

Conseiller général des Bouches-du-Rhône, Président du Groupe parlementaire de réorganisation judiciaire.

Membre de la commission permanente du Comité départemental des réformés et mutilés des Bouches-du-Rhône,

2e circonscription d’AIX.

M. ÀLBERTIN

Elu au deuxieme tour de scrutin, — 7,008 voix.

Manifeste.

C'est à l’unanimité que le Congrès socialiste a désigné à la candidature* dans la deuxième circonscription de l'arrondissement d’Aix, le citoyen Fabien Àîberlin. Les électeurs îe connaissent, grâce aux nombreuses réunions publiques qu'il a donnéss dans toutes les communes. Son éloquence, sa droiture, la fermeté de son caractère et la dignité de sa vie ont eu vite fait de lui attirer les plus précieuses sympathies. Tous ont pu juger que* si Aibertin était leur mandataire au Parlement, il les y représenterait avec autorité et avec une indiscutable compétence*

Fabien Alberlin est né le 30 novembre 1879, aux Martigues, où son père était receveur des douanes, H a passé son enfance et sa jeunesse à Port-de-Bouc ; il y a fréquenté récole communale avant de venir faire des études classiques au Lycce de Marseille. L est a Marseille également qu’il a commencé son droit, qu'il dcva.t terminer à Par.s, ou il s est fait inscrire au barreau de la Cour d’appel. Il a plaidé, devant la plupart des cours d assises, de retentissants procès ; mais sa fierté est d’être reste 1 avocat des humbles.

Dès le lendemain de l’unité socialiste, Albertui a adhéré au parti ; ;1 a ete mele a toutes les manifestations de l’activité socialiste en France. H est resté fidèle aux ensm^ menls des maîtres qui ont enthousiasmé sa jeunesse et qui se sont appelés Guesde, a ,

1 lUr<Coinme la plupart des hommes de sa génération, Albertin a fait la guerre ; il l’a faite îusqu’au dernier jour. Chevalier de la Légion d’honneur au titre militaire, décore de la m-oix de guerre avec plusieurs citations, il ne considère nullement que le fait cl avoir combattu pourrait lui tenir lieu de programme. Mais les victimes de la guerre tous ceux ont souffert dans leur chair, dans leurs affections, dans leurs interets et qui veulent que plus jamais ne se renouvelle la sanglante épreuve, savent qu ils trouveront en lui un deten-

SCUrSÎ [^nécessités de la vie ont contraint Albertin à se créer une situation à Paris il n’a iamais perdu le contact avec notre circonscription, dont il connaît tous les besoins. G est la Couronne-Carro qu’il vient chaque année passer la période des vacances ; c est dans notre département qu’il a sa famille. Par ses études et par 1 exercice de sa profession il est admirablement préparé à l’exercice du mandat législatif Si ce ™nchd hn r^a^lus citoven Albertin se tiendra en relations constantes avec le corps électoral , il seia pi souvent possible dans les permanences qu’il se propose de créer, tant au Salon qu aux Martigues. Enfin, il donnera un compte rendu de mandat une fois par an dans chacune des communes de la circonscription.

Les réalisations immédiates.

Programme politicjue et constitutionnel .

t° Referendum. — L'organisation du referendum réserverait au peuple la possibilité d’un contrôle et le moyen d’intervenir dans la conduite des affaires.

2* Suppression du Sénat, limitation immédiate de ses pouvoirs. — L existence d une assemblée législative élue au suffrage restreint porte atteinte au principe essentiel de a démocratie. Nous réclamons donc l’assemblée politique unique, comme 1 a toujours fait le parti républicain. Il faut, en attendant, que le Sénat soit tenu de se prononcer dans un délai déterminé sur les lois votées par la Chambre du Sufirage universel. Il ne faut plus qu’il puisse leur opposer un veto définitif et nous voulons qu en cas de conflit, ce soit volonté affirmée et réitérée par la Chambre du Suffrage universel qui prédomine.

3° Représentation proportionnelle, juste et loyale, sans prime ni panachage. H e seu e

doit permettre l’expression exacte et sincère de la volonté populaire. ^

4» Abrogation des lois de 1893 et 1894, dites lois scélérates, et qu avaient combattues les chefs républicains, Brisson, Go blet, Pelle tan.

5° Amnistie générale en matière politique.

6* Suppression des conseils de guerre et des cours martiales.

Programme de législation du travail i

1» Interdiction d’employer les enfants avant l’âge de 14 ans dans les établissements

industriels et commerciaux. , .. u

Limitation de la durée du travail à huit heures par jour, ou a quarante^huit heures

par semaine. , , ■ , A u i

3° Droit pour les travailleurs salariés à un congé annuel payé et non récupérable en

heures supplémentaires.

4“ Révision complète- de la loi rie 1898 sur' les accidents du travail et extension de ladite loi aux maladies d’origine professionnelle

5° Extension du droit syndical aux travailleurs de l’Etat, des départements, des commîmes

6° Assurances sociales, — Amélioration de la loi récemment votée dans le sens de la protection des ouvriers, des ouvrières et de leur famille en cas de maternité, d’invalidité, de vieillesse, de décès, de chômage. Large participation financière de l’Etat; majoration de l’ai location accordée par FEtat aux vieux travailleurs pensionnés de la loi dite des retraites ouvrières et paysannes de 1910, L'allocation de l’Etat, fixée à 100 francs en 19] 2, doit être, en tenant compte de la hausse do coût de la vie, au moins quadruplée.

7° Révision des lois sur la Caisse des invalides et sur la Caisse de prévoyance des marins français, — Amélioration du projet de retraites Baudoin, dans le sens de f unification- des retraites pour tons lés marins âgés de 50 ans. D’autre part, le Parti socialiste veillera à ce que - les moyens et les petits ports de pêche reçoivent de l’Etat les subventions nécessaires à leur développement.

Programme agraire :

Bien loin de constituer une menace pour la propriété paysanne, le Parti socialiste entend la défendre contre les entreprises du capitalisme qui l’exploite. Les rois d’aujourd'hui, ce sont les sociétés d’engrais, les agioteurs de blés, les ramasse ura de lait, les compagnies d' électricité et d’assurances. Voilà ceux qui rançonnent et pillent la propriété rurale, Lest le Parti socialiste fj ai a déposé clés propositions de loi tendant à organiser la fabrication et 1 importation do3 engrais, dont 1 emploi à bon marché s’impose, si noos voulons que les quantités de matières fertilisantes utilisées en France cessent d’être inférieures à celles employées par la plupart des pays voisins,

G est le Parti socialiste, par l’organe de Compère-Morel et Valière, rapporteurs du budget de l’Agriculture, qui a fait augmentera les crédits destinés à l’électrification des campagnes, dont le plan doit être largement développé.

C’est le Parti socialiste qui a demandé : 1° par Lorgane de Compère-Morel, l’institution d • iia. -Ü Ulcs des. blés pour que les petits et moyens producteurs de- froment, d’un côté, et 1 ensemble des consommateurs de pain des villes et des campagnes, de l’autre, ne soient plus les victimes d’une spéculation scandaleuse ; 2° par l’organe de Valière, un crédit de un milliard pour hâter le développement de la production agricole,

G est le Parti socialiste qui, sur la proposition de Félix Gouin, a fait exonérer les coopératives agricoles du. payement du chiffre d’affaires et de limpôl sur les bénéfices agricoles*

Notre programme agraire, se complète par les reformes suivantes :

10 Mise" à l 'étude immédiate d’un programme ayant pour objet P aménage meut du sol (drainage, irrigation, assèchement).

2 Aménagement des forces hydrauliques, qui devront être soit nationalisées, soit concédées à ^es coopératives de producteurs,

3° Développement général de l’enseignement agricole,

4° Développement et extension, avec la collaboration des pouvoirs publics, des syndicats, des mutuelles et des coopératives agricoles.

4- Extension des caisses de crédit agricole, afin. do permettre l’accès de la. propriété terrienne aux travailleurs des champs,

6° Etablissement de tarifs réduits pour les engrais, les machines et Les pro luits agricoles et création de tout un matériel moderne pour le transport des denrées périssables.

/ J Applications de toutes tes lois ouvrières et de prévoyance sociale aux travailleurs agricoles, de manière à rendre leur situation équivalente à celle des ouvriers des vides-,

8 fixation, par les syndicats ouvriers et patronaux, d^accord avec les municipalités^

d\m minimum de salaire, tant pour les*' ouvriers h la journée que pour ceux loués à Tannée,

9° Institution d'une journée de travail normale.

10° Bail mobile, suivant les récoltes, les intempéries! et les prix.

Programme économique :

La nationalisation des assurances, des sucres, des pétroles, de l'alcool, est de nature à entraîner, en même temps qu'une diminution des tarifs et des prix imposés aux usagers et consommateurs, des ressources fiscales abondantes. Il convient de noter que les chemins de fer sont déjà des propriétés domaniales et que ce qu'il s’agit de nationaliser, c'est seulement leur exploitation.

Le Parti socialiste inscrit également à son programme :

1° Le contrôle ouvrier et la participation ouvrière à la gestion;

2° Le contrôle des prix et 3c développement de la coopération;

3° L'adoption de mesures énergiques et de lois efficaces contre la spéculation illicite, qui favorise les hauts prix, en meme temps qu elle est un facteur de désordre dans la production et les transactions.

Hygiène sociale, — Protection de la vie humaine contre toutes les formes de la maladie et de la misère.

Habitai ion. — U faut doter le service public des fonds nécessaires pour construire en grande série.

Programme financier :

Si la France est accablée par les arrérages d’une dette effroyable, si elle souffre d'une fiscalité inique, c'est parce que Ton nTa pas suivi le Parti socialiste qui, à la politique d'égoïsme et d illusions, qu’ont pratiqué tous les gouvernements, depuis 1915 jusqu'à 1924, opposait une politique dégageant l’avenir : réquisition des usines de guerre, application rigoureuse de l'impôt sur le revenu, révision des bénéfices de guerre, prélèvement sur les capitaux en 1920, pour éviter les lourds emprunts envisagés pour L'équilibre budgétaire et la reconstitution des régions dévastées. Il se dresse aujourd'hui encore contre la politique d'illusions de M. Poincaré, qui repose tout entière sur le facteur psychologique de la confiance, et qui a bâti sur le sable. Le gouvernement d'union nationale n'est arrivé à une stabilisation de fait de la monnaie qu’en créant, pour la défense du franc, sept milliards de billets de banque et qu'en recourant à onze milliards d’impôts nouveaux : impôts indirects, qui grèvent lourdement la consommation et que supportent surtout les classes laborieuses; impôts directs qui, comme le droit de 25 0/0 qui grève, a îa première mutation, les voulus d'immeubles, ou comme le droit de 18 0/0 qui frappe les ventes de fonds de commerce, constituent un prélèvement inique sur la fortune de quelques-uns. Pour rendre la con unce aux capitaux qui avaient passé la frontière, T Un ion nationale a dégrevé les grosses successions et réduit de 50 0/0 l'impôt global sur îe revenu. Par contre, elle surcharge les peîites successions et eüe accroît dans des proportions écrasantes les impôts cédulaires du travail, G est ainsi que l’impôt sur les bénéfices agricoles a éLé quintuplé. Kl cependant, ces sacrifices n’ont pa^ em péché le gouvernement Poincaré de recourir à l'inflation L'examen du dernier bilan de la Banque de France, publié le 5 avril, fait ressortir que, dans Je courant de la dernière semaine, îa banque a émis pour un milliard sept cent millions de billets dont plus' de un milliard ne sont pas gagés par l’achat de devises. Pour la première fois, le montant des billets en circulation dépasse le chiffre de soixante milliards! Voilà les résultats tangibles de la politique d'union nationale, que les socialistes ont constamment combattue.

Gomme mesures immédiates, le Parti socialiste réclame la stabilisation légale du franc. Pas de vie économique possible sans la sécurité monétaire à l'Intérieur. Celle sécurité est menacée par les mouvements économiques et par la toute-puissance de l'oligarchie financière. 11 en sera ainsi tant que Ton n’aura pas assuré la convertibilité de îa monnaie en or, à un taux consacrant les rapports économiques établis par la stabilité de fait. Toutes les

conditions techniques se trouvent aujourd'hui réalisées. La stabilisation légale ranimera l'activité de l’agriculture, de l'industrie et du commerce par la certitude des transactions. Elle rendra également au pays la liberté de sa politique.

La stabilisation suppose la consolidation de la dette flottante. Elle peut être accomplie par l’offre de litres facilement négociables et fortement gagés, notamment par la création d’obligations industrielles servies et amorties grâce aux produits des manufactures nationales ou des régies nationales à créer par le retour à la nation des monopoles de fait, tels que les assurances.

Pour l1 assainissement financier du pays, il faudra donc choisir entre les solutions de l'Union nationale et celles du socialisme. Nous voulons alléger le travail des charges qui l’ écrasent et demander à k fortune acquise, au grand capitalisme, les sacrifices nécessaires, en prévoyant à la base de larges exonérations.

Programme d'éducation nationale :

1° La défense laïque. — La fonction enseignante ne saurait être considérée comme un droit naturel? felle ne peut qu’être déléguée sous le contrôle de la collectivité. Le premier souci du Parti socialiste sera de renforcer les lois protectrices de l’école laïque;

2° Enseignement pour tons à tous les degrés. — Par la réalisation de l’école unique, nous voulons permettre à tous les enfants, sans considération de fortune, d’accéder à tous les degrés de renseignement en tenant compte seulement de leur, valeur et de leur mérite. Cette réforme implique la gratuité et la sélection,

Programme de politique internationale :

t° Démocratisation delà Société des Nations. — Jusqu’ ici la Société des Nations n’était qu’une- survivance des Conseils suprêmes interalliés ïl faut qu’elle devienne une communauté réelle de ions les peuples; ' ,

2° Organisation de la paix : protocole et désarmement. — Le problème, pratiquement posé depuis plusieurs années, a été rajeuni par la proposition russe qui a été renvoyée à, l’examen des gouvernements. Le Parti socialiste s’efforcera, par tous les moyens, d’en accélérer la solution ;

3° Organisation êeomique internationale, — - La Société des Nations doit s emparer des grands conflits économiques latents, qui: peuvent à tous moments dresser les nations les unes contre les autres : répartition des matières premières, migration de la main-d’œuvre, systèmes douaniers, partage des débouchés, gestions coloniales. La Conférence économique de 1927 est un premier pas dans cette voie. La Société des Nations doit .hardiment y persévérer;

4° Suppression de la diplomatie secrète. — Le Parti socialiste demande la fin de toute politique de compfai sauce vis-à-vis des gouvernements fascistes qui sont une menace pour la paix. Il se prononce énergiquement pour le maintien des relations avec la Russie;

5° Réforme militaire. - — Réduction à neuf mois de la durée du service militaire, pour îa ramener progressivement à six mois;

G° Politique coloniale. — Le Parti socialiste combat, au nom de la paix, toute espèce d’expédition ou d'aventure coloniale. Notre effort doit viser à l'assimilation la plus complète.

Il se prononce pour Indépendance de la Syrie, constitué en un Etat libre, admis à I& Société des Na Lions; pour la liquidation de la Sarre et pour l'évacuation de la Rhénanie.

Tel est, dans ses dispositions essentielles, le programme de réalisations immédiates que le Parti socialiste demande aux électeurs de la 2* circonscription de F arrondissement d Aix de faire triompher sur le nom du citoyen

Vive la République sociale!

Faoien ALBERTIN Candidat du Parti socialiste.

Circonscription d’ARXiES.

M. SIXTE-QUENIN

Elu au deuxième tour de scrutin. — 9.587 voix,

Citoyens,

Le Parti socialiste m'a désigné comme son candidat dans V arrondissement d’Arles *1 je iviens solliciter de "votre confiance l'altnbulion dWmandat, dont je pins affirmer «avoir usé lorsque j’en fus investi, que pour h défense de causes justes. Je me pesen.e e vous avedia fierté de pouvoir rappeler que, .contrai, -eme.it à d autres, je respectai toujours

scrupuleusement les engagements que j'avais pris envers vous. , irt-

Ces «roifements, je puis les renouveler sans -y rien changer. -Ce- Boni- les mcme& tdees que je détends depuis trente-quatre ans que pardonné mon aohes.on au Part! 8oc.al«tent-M 1 expérience de la vie m’a appris depuis à ne pas prendre des des.rs pour des rcaUtcs jc demeure convaincu que ce n’est que par l’avènement du régime socialiste, attribuant -a

clraque .travailleur la propriété de son instrument de travail, que , Imman, te pourra se

libé-er pleinemeatrdes misères et de la servdude.qui pèsent sur trop de producteur et des incertitudes du lendemain auxquelles Réchappent même pas les plus fortunes

Mais aujourd’hui, comme hier, je pense aussi qu’en attendant 1 heure de leur libéra ion intégrale, les travailleurs ne sauraient faire fi des mesures suscept.bles d améliorer leur situation, ni. se -désintéresser de la direction politique donnée à ce pays et dont ils risquent

tant d'être les victimes. .

C’est pourquoi- si vous me renvoyés au Parlement j’y défendra,, comme par le passe, une politique d’action pour la paix internationale, pour l’allégement des charges militaires contre les folies ruineuses du colonialisme et du nationalisme, pour la justice fiscale, pour

la défense des lois laïques, . . , - j* ,

Comme par le passé également, en luttant loyalement pour le triomphe de mes , nées et

de mou parti, -j’entends respecter et défendre les droits et les l.bertés de tous les doyens de tou! es les opinions, me refusant à remplacer’ l’argument par la menace, la persuasion pa

l'oppression.

Citoyens,

Si l’on voulait en croire cert.dns, les questions politiques devraient passer au dernier plan et les électeurs ne devraient songer qu’à se faire représenter par des candidats gouvernementaux, seuls capables de défendre les intérêts de leur circonscription.

Je ne veux pas rappeler que lorsque j avais mission de plaider poui notu a non îs sement, je n’ai laissé à personne le soin de le faire à ma place. Mais je pu, s bien signaler que depuis deux législatures que le député d’Arles est aux ordres du pouvo.r, les travaux du canal de Marseille au Rhône n’en avancent pus plus vile et que le barrage de Greoux et

l’assainissement delà Camargue sonttoujours en projet. Quant aux figues de chemins e

fer, si facilement promises, on ne les voit pas s'avancer, .pas plus que l’on ne s Aperçoit que nos routes soient en meilleur état*

Je me garderai pour mon compte de faire des promesses. Je répète, ce que je ne cessât de dire autrefois, que c'est seulement lorsqu on ne gaspillera plus l'argent de la t rance ans

des entreprises lointaines, que l’on pourra dépenser, en France, en travaux d'utilité publique, tes millions qui sont nécessaires pour assurer l'essor économique de notre pays.

Citoyens,

La législature qui finit ne vous a apporté que des déceptions. La majorité de soi-disant Union nationale dont la partie radicale trahissait tout son programme de 1924, a écrasé les

travailleurs de taxes de consommation, à l’heure même où elle osait diminuer les impôts des gros possédants, 1

Cette majorité à jeté des milliards dans les gouffres du Maroc et de la Syrie • elle a laisse dans la misère noire les vieillards et les mutilés du travail ; elle a menti à tonies les promesses faites aux victimes de la guerre et aux fonctionnaires ; elle a sacrifié, par servii c envers le pouvoir, les intérêts des justiciables, en laissant supprimer les tribunaux d’arrondissement ; elle a ratifié, sans oser le dire, des reconnaissances de dettes envers i Amérique et 1 Angleterre qui feront peser pendant soixante-deux ans, sur le peuple français, dos charges formidables, 1

f La réaction sénatoriale s’est dressée contre la volonté du pays affirmée le II mai 1924 e a majorité du parti radical s’est inclinée, ne voulant pas « gouverner contre le Sénat »

1 tant condamner ceLte politique dont la République finirait par pâlir. Le Sénat rend vain tout le travail accompli par la Chambre. 11 faut rc viser la constitution, enlever au Se.nat S°? Pouvolr d’étouffement, ne lui laisser qu’un droit de contrôle, de façon que la volonté du suffrage universel, lorsqu’elle est bien claire, bien nette, soit obéie

Aux urnes pour le socialisme, pour la République, pour la paix, pour la liberté d opinion, pour l amnistie ! f

, ,.AU,X UnlfS COntre le mditarisme, contre le colonialisme, contre le fascisme sournois qui u attend que le triomphe de la prétendue Union nationale pour jeter le masque.

Vive l'arrondissement d'Arles I

Vive k République sociale î

SIXTE-QUENIN

And en Député*

Ve circonscription de MARSEILLE,

Page 1