M. MATHIEU
Élu au deuxième tour de scrutin, — 7,877 voix.
Mes chers Concitoyens,
Sollicité par de nombreux agriculteurs et commerçants de tous les partis, j'ai 1 honneur de me présenter devant vous comme candidat aox Élections législatives.
Ayant exercé ma profession de vétérinaire pendant vingt-sept années dans une grande partie de l'arrondissement, j’ai appris à connaître les besoins des populations rurales, avec lesquelles j'ai vécu la même existence de travail, et dont j ai partagé je peux le dire les peines et les satisfactions.
Bien souvent, ma visite terminée, j'écoutais leurs doléances , et dernièrement, lorsqu'ils me demandèrent de me charger de leurs justes revendications, j’ai estimé que je ne devais pas me dérober. Après avoir assuré le service de ina clientèle d une façon inespérée, j ai accepté la lourde tâche de candidat.
Au point de vue politique, je m'intitule républicain unioniste, c’est-à-dire que, fermement républicain, j’aspire à l’union de tous les Français pour le relevementiotégrai dupays, dont l’intérêt doit passer avant celui des partis.
Faisant appel au concours des républicains de tous les partis, qui acceptent les responsabilités du pouvoir, je ne ferai d’exception que pour le parti communiste, lequel, organise et soutenu avec l'argent de l'étranger, ne vise qu’à la désorganisation de 1 ordre, à la ruine publique et à la spoliation de l'épargne.
En France, pays classique des initiatives où chacun peut aspirer à se faire une situation par son intelligence et son travail, tout ban citoyen ne peut que combattre un parti de destruction; nul contact direct on indirect n’est possible avec Les ennemis de la nation, comme nulle alliance électorale n'est réalisable avec ceux qui refusent leur part de responsabilité.
Mon programme est avant tout un programme de paix sociale, basé sur la propriété individuelle accessible à tous, telle que la définit la Déclaration des droits de 1 Homme et du Citoyen, avec le développement du bien dè famille insaisissable et exempt d impôts.
Je vous propose donc une trêve de quatre ans - durée de la législature dans un esprit de tolérance absolue entre tous les partis de gouvernement, chacun restant sur ses positions. Ni sacrifices pour personne, ni menaces contre personne. Le pays d'abord et les partis ensuite.
C’est dans cet esprit que j'envisage les points suivants :
Finances , — Stabilisation du franc, possible seulement avec une stabilité politique assurée, — Reglement des dettes interalliées : révision des accords proposés, inacceptables dans leur forme actuelle. — Unité nationale s'affirmant absolue pour que les alliés donnent à la France les garanties accordées par eux à l'Allemagne (clause de sauvegarde et clause de transfert).
Défense agricole, — Je donne mon adhésion sans réserve, au programme agricole établi et publié parla Fédération régionale des associations agricoles du Centre et m engage à en réclamer la réalisation.
Impôts. — Rajustement des impôts, trop lourds et mal répartis : — Révision du mode de perceplion sur les bénéfices agricoles (forfait).
Économie politique. — Réorganisation économique de la nation; — Politique douanière rationnelle ; - — Défense agricole contre la lutte de classes ; appel à la collaboration de tous les éléments de la production professionnellement associés, pour la participation dans les bénéfices ; — Développement systématique des grands travaux publics (ports, routes, chemins de fer — métropole et colonies), basé sur les annuités du plan Dawea.
Affaires étrangères* - — Assurer notre sécurité extérieure. — Maintien de nos alliances et conservation de nos gages.
Politique intérieure. — Opposera la démagogie révolutionnaire une véritable politique sociale (assurances, logement, hygiène, protection de la famille et de la race), programme irréalisable sans les ressources financières de la stabilité politique.
- — Achever la réforme militaire à peine ébauchée.
— Organisation défensive de la frontière.
Persuadé que nous n’arriverons à bien mener les affaires du pays qu’en maintenant au pouvoir un Gouvernement d'union nationale auquel reviendront l’honneur et la charge de terminer l’œuvre de redressement financier si heureusement entreprise par le Gouvernement actuel, je ne vous ferai qu'une seule promesse:
Celle d'apporter, dans ma collaboration aux affaires publiques, le dévouement et l'énergie que j'ai mis depuis vingt-sept ans au service des agriculteurs.
Vive la République I
Joseph MATHIEU Candidat républicain unioniste.