COTE-D’OR
Circonscription de BEAUNE.
M; CAMUZET
Élu au premier tour de scrutin. — 9,594 voix.
Mers chers Concitoyens,
Fidèle partisan de la politique qui, sous la direction du grand homme d’Élat et du loyal républicain, M, Raymond Poincaré, nous a permis de rétablir la situation financière et do faire fanion de tous les partis d'ordre, je viens à nouveau me présenter devant vous.
Avec mes collègues et amis, MM. Chariot et Vincent, nous avons déjà publié, dans les journaux locaux, notre compte rendu général de mandat pour la législature qui vient de finir. J’ai à le compléter en ce qui concerne les questions dont je me suis plus particulièrement occupé — sans négliger les problèmes difficiles et complexes que nous avons eu à résoudre depuis la guerre.
Depuis que je siège an Parlement, je me suis toujours spécialisé dans la défense des intérêts agricoles et viticoles, et dans l’élude des questions douanières*
Au point de vue agricole , j’ai proposé et contribué à faire adopter, soit à la Commission des douanes — dont je suis vice-président et le plus ancien membre — soit à la Chambre, les droits réclamés par les agriculteurs, qui voulaient, à juste titre, être protégés contre la concurrence étrangère dans la même proportion que l'industrie.
Qu’il s'agisse de la culture du blé, de la betterave, de la pomme de terre industrielle (fécule), ou de la protection du bétail ; qu’il s’agisse de la suppression des^prohibitions d’exportation qui frappaient les produits agricoles; qu'il s'agisse des droits exorbitants qui étaient proposés pour les engrais (azote synthétique), afin de favoriser fusine d’État de Toulouse, jJai toujours appuyé les propositions les plus favorables à l’agriculture.
Au point de vue viticole, je me suis efforcé, comme vice-président de la Commission des boissons, de faire aboutir les vœux des grandes associations, notamment en ce qui concerne la loi complétant celle du 6 mai 1919 : à l’avenir les appellations d'origine seront basées non pins exclusivement sur f origine géographique, mais aussi sur f aire de production et les cépages consacrés par les usages locaux, loyaux et constants.
En faveur des Hautes-Côtes, j’ai fait voter l'augmentation des droits de douane sur les vins, qui doit profiter spécialement aux vins ordinaires 5 et j’ai toujours secondé les initiatives de fUnion syndicale des Hautes-Côtes de Beaune et Nuits-Saînt-Georges. J’ai contribué à fonder la première Coopérative des Hautes-Cotes; cette expérience a prouvé que, sur leurs coteaux ensoleillés, on peut et on doit produire des vins faisant honneur à la Bonr gogne.
Comme président du Groupe parlementaire des bouilleurs de cru, j'ai veillé à ce que leurs droits ne subissent pas de nouvelle atteinte;
Enfin, répondant aux vœux des producteurs de cassis, j’ai rapporté et fait adopter, en quelques jours, malgré l’opposition .d’un député de Paris* la loi interdisant la fabrication et La mise en vente des cassis et sirops.de cassis fantaisie ou colorés,
J ai défendu les intérêts de tous les terriens en faisant échouer toutes, les propositions qui tendaient à imposer aux propriétaires et aux fermiers la tenue obligatoire d’une comptabilité.
Tous les intérêts sont liés ; dans notre circonscription, essentiellement agricole et viticole! le commerce ne peut être ilorissant que si sa clientèle rurale est prospère cl peut acheter. C’est pourquoi, en défendant les agriculteurs et les viticulteurs, j’ai le sentiment d’avoir soutenu les intérêts de tous, et en particulier des commerçants qui, lourdement chargés et devenus les véritables collecteurs d’impôts ont droit à toute la sollicitude des Pouvoirs publics*
Mes chers Concitoyens,
Depuis de longues années, vous m’avez vu à l’œuvre* Vous savez que vous pouvez compter sur moi. Je ne vous ferai pas de vaines promesses : mon passé vous est un sûr garant de ce que seront mes efforts pour vous, si vous me renouvelez mon mandat,
La; guen eT qui a tout bouleverse au point de vue économique et financier, a posé de nombreux et délicats problèmes. La tâche de demain, et même d'a près-demain, sera d’achever F œuvre commencée par le Gouvernement actuel, pour le redressement définitif du paye au point de vue financier, économique et social.
Au point de vue financier, la stabilisation de fait dont nous jouissons depuis la fin de 1926, est le préludé de la stabilisation légale. Elle a mis fin aux mouvements désordonnés des changes qui ne profitaient qu’aux spéculateurs.
Au fur et. à mesure que la situation financière s’améliorera — et elle doit s’améliorer avec une politique qui assure 1 ordre et la paix à l abri de toute démagogie — il faudra rajuster les impôts Jes répartir d'une façon plus équitable, simplifier l’impôt forfaitaire sur les bénéfices agricoles, alléger les impôts de consommation au fur et à mesure que la situation financière le permettra, transformer dans tons les cas oîi ce sera possible la taxe sur le chiffre d affaires en une taxe plus simple à la production ou à la première vente, et diminuer les impôts sur les transports.
Au point de vue économique, lefc buts à atteindre sont à mon avis : la rationalisation dans tous les domaines de l’économie sociale, la révision dès conventions de I9GI avec les Compagnies de chemins de fer* I utilisation des prestations en nature du plan Dawes pouf les grands travaux publics, la collaboration de. fait des grandes collectivités : départements et villes, chambres de commerce et d’agriculture aux grandes entreprises publiques, avec contrôle et participation aux bénéfices, préférable à totrtto- extension- des monopoles, la création d’une caisse de prêts et d'avances aux départements et communes.
Au point de vue social, la collaboration et non pas la lutte des classes, encouragements à la natalité et aide aux familles nombreuses, réalisation des chambres de métier comme le demande 1 artisanat, recherche et application de toutes les mesures propres à empêcher le dépeuplement des campagnes, application de la loi sur les assurances sociales avec une mise au point nécessaire pour répondre aux désirs des représentants autorisés de l'agriculture» tels sont les résultats à atteindre pour assurer à tous les travailleurs et à leur famille la garantie du lendemain.
Au point de vue « politique intérieure », c’est, sous l'égide des lois de la République» une politique dîunion et de concorde entre tous les citoyens, que nous devons pratiquer et développer, La laïcité de l'État dans un régime d'équité et de droit commun doit assurer.
avec les prérogatives du pouvoir ci vil , le respect des droits de la famille et des consciences* et les libertés de pensée, dissociation et d’enseignement.
Maintien d'une armée capable d'assurer la sécurité du pays dans le cadre du service militaire d'un an et de l'organisation méthodique de toute la Nation, décentralisation et simplification administratives, réduction du nombre des députés et des sénateurs, tels sont les buts a atteindre.
Au point de vue « politique extérieure », les accords de Genève et de Locarno sont I« début de l’œuvre si désirable de la paix: entre les peuples; nous aurons à les compléter et à les fortifier dans le cadre de la Société des Nations,
11 faudra veiller à la dé militarisation des rives du Rhin, ainsi qu'à l'application du plan Dawes.
Un réglement plus équitable des dettes interalliées doit être obtenu, ainsi qu’une clausede sauvegarde pour nous garantir contre toute défaillance de l'Allemagne.
Mes chers Concitoyens,
Pendant la dernière législature, deux politiques ont été mises en pratique :
L'une, de mai 1924 à juillet 1920, n'a pas réussi et nous a menés au bord de Tabime: je t’ai toujours combattue;
L’autre, de juillet 1926 jusqu'à maintenant, a ramené la confiance, remis Tordre dans nos finances et dans nos affaires et nous permet aujourd’hui, en toute bonne foi, d’envisager Eivenir avec sérénité.
C’est cette politique que j’ai toujours soutenue et, si vous me donnez vos suffrages, c’est celle que je continuerai à défendre afin d’assurer la prospérité du pays et la grandeur de la République.
Étienne CÂMUZET
Député sortant*
Candidat d'ünioa républicaine et aociaLe.
Circonscription de GHÂTILLGN-SUTVSEINE.
M. Émile VINCENT
Elu au premier tour de scrutin, — 6.498 voix.
Mes chers Concitoyens,
Elu en 1910 et en Ï9l4 par les électeurs de l'arrondissement de Châüîion-sur-Seine et représentant en outre, depuis 1919, les électeurs des cantons de Grancey, Is-sur-Tiî!et Saint-Seine et Selongey incorporés dans notre circonscription électorale, je viens vous demander aujourd’hui le renouvellement de mon mandat.
J’ai conscience, au cours des quatre années qui viennent de s'écouler, de m'être conformé au programme que nous vous avions soumis et de n’avoir pas failli au devoir républicain.
J’ai constamment vote contre les mesures néfastes proposées au début de cette législature et qui nous ont conduits aux heures difficiles de juillet 1926; j’ai, au contraire, dans Fesprit do concorde que nous avions préconisé en 1919, soutenu de mes votes la politique d’union républicaine nationale, politique dirigée par M* le président Poincaré et qui nous a permis de commencer la restauration financière du pays.
Cette œuvre, poursuivie heureusement par le Ministère actuel, doit être continuée sans défaillance jusqu’à son complet achèvement.
C’est à obtenir ce résultat que je consacrerai tous mes eJTorts,
L’énumération suivante vous donnera une idée générale de mon programme législatif.
P o lit ique fl na ne ière .
Réduire les charges fiscales actuellement arrivées à leur maximum avec la prudence nécessaire pour ne pas troubler Féquilibre financier. Réorganiser et clarifier notre système fiscal en établissant plus de justice et d'égalité dans la répartition de l'impôt.
Faire bénéficier le commerce, Findustrie et Fagriculture cFun abattement à la base de leurs impôts, analogue à celui qui existe pour les salaires et les bénéfices des professions libérales. En outre, remanier le système actuel de l’impôt sur les bénéfices agricoles.
Régime fiscal spécial pour les artisans, selon les directives fournies par la Confédération générale de l’artisanat. Remplacer progressivement la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe unique à la production ou à la première vente. Réduire les impôts sur les transports.
Préparer la stabilisation de la monnaie de façon à ne Felfectuer que dans des conditions de sécurité absolue et en s’inspirant d’un souci de justice vis-à-vis des épargnants qui n'ont jamais cessé de faire confiance à F Etat.
P a 1 il iq u e ex tërîe u re ,
Accroître le prestige moral de la Société des Nations, étendre la politique de Locarno, veiller au respect des Traités, obtenir par une entente internationale un règlement définitif des dettes interalliées en liaison avec F exécution du plan Dawes, compte tenu des compensations qui nous sont dues pour la réparation des dommages causés aux biens et aux personnes et dont nous avons seuls assumé la charge.
Politique intérieure.
Je suis et demeure attaché à un régime de droit commun garantissant avec la suprématie du pouvoir civil et sous le contrôle de FEtat, les libertés de pensée, dissociation et d'enseignement.
Sécurité garantie par une armée démocratique réorganisée en vue du service militaire réduit à un an.
Réduction du nombre des députés, des sénateurs et des fonctionnaires. Vote personnel à la Chambre des Députés et indemnisation sous forme de jetons de présence.
Incompatibilité entre les mandats de député et de sénateur avec les fonctions d'administrateur de sociétés en rapport direct avec FEtat et avec les fonctions d’administrateur ou de gouverneur des colonies.
Politique sociale.
Lutte pour la natalité, pour la protection de Fenfance et des familles nombreuses, contre le taudis, la tuberculose. Organisation définitive des assurances sociales en y apportant les modifications demandées à juste titre par le monde agricole et par le corps médical dont 1 adhésion sans réserve est nécessaire au fonctionnement de cette loi.
Maintenir le principe de la loi de huit heures, mais apporter à son fonctionnement les dérogations indispensables à la vie artisanale dans nos campagnes, seul moyen d'éviter une aggravation de la dépopulation.
Chers Concitoyens,
Eu dehors des grandes lignes du programme que je viens de tracer, tous mes efforts tendront à la défense des intérêts particuliers de î agriculture, de la viticulture et du commerce de notre région.
Connaissant tous vos besoins, je m'efforcerai d'obtenir l'extension du crédit agriché, du crédit au petit commeree, le renforcement de la protection indispensable à notre domaine forestier en encourageant tes recherches destinées à donner de valeur à nos taillis au grand avantage des communes et des travailleurs de la foret, le maintien d'une protection douanière efficace pour les producteurs de blé, de vin, de houblon.
Je suis résolu à revenir à la charge pour la révision de la loi sur F appellation d’origine a Champagne h en faveur des communes injustement exclues et si possible au profit de quelques communes voisines qui ont fréquemment vendu leurs vins aux fabricants de champagne.
Je demanderai ia suppression de tous les sous-préfets, et, à défaut de cette solution, le rétablissement de la sous préfecture de Châtillon avec son ancien cadre administratif. Au point de vue judiciaire, je m’efforcerai d’obtenir le rétablissement du tribunal dans son ressort/ attitré par la création du juge unique ou parle vote des conclusions du rapport Escoffier.
Vous pouvez être convaincus que mon énergie saura s'employer utilement à la défense de vos intérêts, si vous me faîtes l'honneur de me renouveler votre confiance ; mon travail et mon temps seront entièrement consacrés à l’exercice de mon mandat et aucune profession ne pourra m'en distraire.
Vous avez à choisir entre deux: politiques :
L'une vous conduira, par la voie des surenchères, à une situation désastreuse ; l'autre est celle inaugurée et poursuivie par M. Poincaré. Elle assurera, dans i ordre, la sécurité financière et l'avenir du pays,
G est avec une entière confiance que j'attends votre libre verdict.
Vive la République démocratique et sociale !
Émile VINCENT
Maire de Vcmbuiieg. ■*— 'Conseiller géiiéraL Député sortant*
1TC circonscription de DIJON.
M. GÀSTO N- GÉRARD Elu au premier tour de scrutin, — 10/262 voix.
Mes chers Concitoyens ,
Comment ne serais-je pas confus de votre insistance à me démontrer que l’œuvre dont j'ai fail le but de ma vie ; mettre Dijon et la Bourgogne au premier rang des villes et des provinces françaises, ne sera pas complète tant que je n'aurai pas tenté de leur donner, au Parlement, la place qu'elles occupent maintenant dans le monde?
Comment pourrais-je résister aux si flatteuses démarches de vos fédérations, groupements, sociétés qui me rappellent sans cesse que le maire de Dijon est à peu près le seul maire de grande ville qui ne soit pas parlementaire et qui devrait l’être pour devenir à la fois le fidèle interprète de l’esprit de la circonscription et le mandataire ilirecL de son administration auprès des pouvoirs publics ; comment ne me laisserais-je pas convaincre qu'il s'agit, en l'espèce, comme vous me l’affirmez, non pas d’une ambition à satislaire, mais d’un nouveau devoir à remplir, d'un service de plus à rendre à la collectivité ?
Vous savez bien qu'en posant la question sur ce terrain, vous m enlevez toute possibilité de me dérober l
Dès lors, plus besoin entre nous, n'est-ce pas, de profession de foi, celle-ci pouvant se résumer dans les deux affirmations suivantes que j'ai mises, depuis longtemps, à l’épreuve de votre contrôle :
Je ne suis pas l'homme d'un parti, mais le serviteur d'un pays.
Je suis un réalisateur et non un politicien.
Ma candidature se place donc, avant tout, sur le terrain économique, mon désir étant de participer ardemment à Tceuvre de relèvement de notre pays, en commençant par défendre, avec toute l'énergie dont je suis capable, les intérêts de Dijon et de la région,
La politique ? Certes, comme tant d’autres républicains avancés et bons Irançais, j'ai pu lutter sur le terrain des doctrines aux temps — qui nous apparaissent aujourd'hui si lointains — où l'on en avait encore le loisir et, par deux Fois, en 1910 et 1914, me désister pour des candidats socialistes ; je n’ai rien à cacher de ce passé.
Mais au moment où le pays adjure ses enfants de ne pas s'écarter des plis de son drapeau et les convie encore à un immense effort de restauration, j’estime que la politique de parti, qui n'est plus aujourd’hui qu'une politique de parti pris, injustifiable dans ses manifestations, néfaste dans ses conséquences et qui ne conduit qu'au néant, doit être complètement abandonnée.
Je pense fermement, avec tous les républicains de cœur, de tradition et de raison, avec les radicaux groupés autour de 'Franklin-Bouillon, et je le prouve depuis bientôt neuf ans par mon administration municipale, qu’aucun résultat ne peut être obtenu dans un pays ruiné par la plus grande crise que Inhumanité ait traversée, et littéralement écrasé de charges, sans l'union de tous les Français sur le Lerrain sacré oes intérêts de la Nation*
La situation demeure, et demeurera longtemps très grave ; les remèdes à y apporter échapperont souvent à toute formule absolue et seront commandés par des nécessités contre lesquelles les discours les plus éloquente ne pourront rien. Il faudra donc taire confiance aux hommes qui vont être choisis pour trouver, aux problèmes posés, des solutions pra-
tiques et non oratoires, leur Laisser démontrer que Le goût de créer et de produire doit remporter sur celui de L'agitation.
Donc, point de temps perdu en divagations, en querelles, en manœuvres qui discré* ditent le Parlement en France et à Fétranger ; mais présentation d'initiatives mûrement réfléchies, de réformes bien étudiées, de projets soigneusement établis, voilà en quoi s'analyseront mes interventions à la tribune et dans les commissions.
Et voici le programme dont je m'inspirerai, avec les directives suivantes :
a) Changement immédiat clans les méthodes de travail parlementaire ; les membres des commissions choisis, non plus pour Leurs opinions politiques, d’après la force de leur groupe, mais pour leur compétence ;
b) Orientation constante dans le sens de la décentralisation et de la liberté administrative. Le gouvernement de la commune par les habitants de la commune; le gouvernement de la région par une assemblée régionale, avec représentation professionnelle; Faction de I Etat limitée, dans des assemblées parlementaires considérablement réduites, au rôle de régulateur des mouvements nationaux.
Au point de vue extérieur :
Consolidation de la paix, fondée sur le respect des traités et des pactes de sécurité ; par le développement de la Société des Nations, le désarmement effectif de l’Allemagne, k stricte exécution du plan Dawes et une organisation solide et vigilante de la défense nationale ; La réduction du service militaire compensée par des cadres renforcés, un matériel moderne et une meilleure utilisation du temps de service*
Méthodes diplomatiques nouvelles par le développement des missions, des congrès internationaux, des visites réciproques de personnalités appartenant aux mêmes professions et aux memes catégories sociales, les peuples parlant autant que les gouvernants ; résistance énergique aux menées de l'internationalisme révolutionnaire*
Au point de vue financier :
Rétablissement de la notion d’épargne par la fidélité rigourouse de l’Etat à tous ses engagements, par un équilibre budgétaire absolu. Plus d’inflation. Amortissement progressif de la dette publique. Compression des dépenses dans un esprit de sévère économie. Suppression des rouages et des fonctions inutiles. Amélioration des services de perception et de contrôle, simplification et plus exacte application des lois fiscales à tous les assujettis. Suppression de 1 initiative parlementaire en matière de dépenses. Justice fiscale sans impôts de confisca tion. Recours le plus étendu aux méthodes d’imposition forfaitaire, réduisant au minimum 1 inquisition fiscale. Remaniement des taxes successorales en laissant à l’énergie créatrice un stimulant suffisant. Révision des dettes interalliées en vue de n’acquitter q"ue les dettes commerciales.
Au point de vue économique :
Liberté du commerce, de l'agriculture et de l’industrie. Droit de produire, de transformer, de transporter et de vendre, seul moyen efficace de lutter contre la vie chère. Politique de larges crédi ts au petit commerce et à la petite industrie à libérer des charges qui les écrasent. Dégrèvement à la base de 1 impôt sur les bénéfices agricoles, commerciaux et industriels, analogue à celui qui existe pour l’impôt sur les salaires. Encouragement aux initiatives individuelles, entravées aujourd'hui par des règlementations tracassières. Pas de nouveaux monopoles et application des méthodes commerciales et industrielles aux services pu > ics que 1 Etat ne peut concéder. Adoption intégrale des revendications artisanales en ce qui concerne la fiscalité, le crédit, la propriété, l’apprentissage, les chambres de métiers, etc.
Politique de production et d’expansion agricole. — Garanties nouvelles données à la
viticulture et aux bouilleurs de cru par une protection que ne leur assurent pas les lois existantes, et des possibilités d'écoulement en France et à l’étranger soumises actuellement au Gouvernement par le signataire de ces lignes ; encouragements à la culture du blé ; lutte énergique contre l'exode rural par la protection de la petite propriété agricole, le perfectionnement de l'outillage, l’amélioration des conditions de la vie rurale, la multiplication des transports.
Politique nouvelle de l'exportation par la réorganisation de nos services consulaires à l’étranger, le développement de notre marine marchande, une meilleure utilisation en France et aux colonies de nos ressources communes.
Création de la propagande commerciale à l'étranger, dont la possibilité et Futilité ont été démontrées, mise en valeur de toutes nos ressources par la publicité collective. Institution d'agents officiels de vente des produits français à l’étranger, rémunérés sur leur chiffre d’affaires.
Au point de vue intérieur :
Ni dictature d’en haut, ni dictature d’en bas : la République,
Ordre et tranquillité pour tous. Sécurités données à la propriété et à l'épargne. Rémunération équitable des fonctionnaires et limitation de leur nombre. Laïcité de FEtat dans un régime d'égalité, assurant, avec les prérogatives du pouvoir civil, pour tous les citoyens, la liberté de pensée, d’association, d’enseignement, le respect des consciences, des droits familiaux, de la constitution et de la séparation des pouvoirs. Vote des femmes qui n’ont pas dans notre société les droits qu’elles devraient avoir.
Rétablissement des circonscriptions électorales d’autrefois avec rattachement à la Ville de Dijon de son canton Est qui lui a été arraché clans des conditions plus qu’anormales.
Au point de vue social :
On connaît, sur ce terrain, les réalisations de celui qui fui, pendant quinze ans, Favocat de la Bourse du travail, qui vient d’en construire une nouvelle, et qui est resté le conseil et Farni d'un grand nombre de syndicats ouvriers dont il a fait triompher les revendications. On sait de quelle façon est traité le personnel municipal. On comprendra donc qu’à la Chambre, il ait une politique généreuse et hardie de réformes sociales.
Syndicats professionnels orientés vers la pleine capacité, la responsabilité civile, la propriété syndicale et F administration des œuvres sociales. Participation aux bénéfices. Refonte des retraites ouvrières et des lois sur les accidents de façon à donner satisfaction aux demandes légitimes des mutilés du travail. Statut des cheminots. Développement des œuvres de mutualité et de solidarité et mise en application, avec leur concours, d’un réseau complet d'assurances sociales. Règlementation nationale et régionale de l’immigration. Politique de l’habitation, du logement à bon marché et de F hygiène ; aide réelle, sous diverses formes, aux familles nombreuses; développement du goûL de l’éducation physique et de la pratique des sporLs ; adoption du programme des associations de victimes de la guerre, mutilés cl anciens combattants, artisans de la paix comme ils Font été de la victoire et qui ne doivent pas être l’objet d’un injuste oubli.
Mes chers Concitoyens,
Voici, brièvement — ^efc non limitativement — exposé, ce que tentera de faire pour vous au Parlement, tout en restant votre maire de Dijon, celui qui, depuis de longues années, vit pour vous et non pour lui, l'enfant du peuple de Dijon qui, appartenant à la classe la moins favorisée, est 4 devenu, grâce à la confiance que vous n’avez cessé de lui témoigner, F exemple^ vivant que la République permet à tout citoyen, fût-il sans ressources et sans appui, de se faire une place au soleil par le seul effet de son travail.
Ferme républicain aujourd’hui comme hier, confiant dans les magnifiques lendemains
que réservent à la France l'activité, l'intelligence et le courage de ses enfants, persuadé d7un glorieux renouveau de l'énergie et de la prospérité bourguignonnes, je vais aller lutter pour vous assurer une vie plus douce, un avenir exempt d'inquiétudes, dans une société où chacun aura sa place harmonieuse et où s'édifiera la science de la paix totale, intérieure et extérieure, la seule qui soit vraiment féconde et profitable au bien général de l'humanité.
Vive Dijon eL la Bourgogne I
Vivo la République démocratiqùe et sociale î