‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 63 sur 336 · M. LANDRY · texte numérisé non relu

M. LANDRY

Élu au premier tour de scrutin. — 7,084 voix.

Mes chers Concitoyens,

J'ai l’honneur de solliciter vos suffrages pour l'élection législative du 2U2 avril.

Représentant de la Corse à la Chambre depuis dix-huit ans, je pense être assez connu de vous pour n avoir plus besoin de développer longuement mon programme.

Républicain fervent, mais éloigné de tout sectarisme, j’ai toujours considéré que l’action politique devait se détourner le plus possible des questions qui divisent les Français pour s'orienter plutôt vers les œuvres fécondes intéressant la sûreté, la grandeur et la prospérité de notre pays.

L’Union nous a sauvés dans la terrible épreuve de la guerre. Elle a permis, depuis deux ans, le redressement financier qu’a conduit avec tant de maîtrise M. Poincaré, Elle n’a pas encore épuisé ses bienfaits.

Les grandes tâches qui s’imposent aujourd’hui sont de consolider la paix, de favoriser le développement économique, mais aussi de réaliser le progrès social. Pour celui-ci, j’ose dire que j’ai toujours travaillé avec toute mon âme. Qu’il me soit permis de citer les études que j’ai consacrées pendant la législature qui vient de finir au problème du logement, la part que j’ai prise à l’ élaboration de la grande loi des assurances sociales, mes initiatives en faveur des retraités, les efforts que j’ai déployés, souvent avec succès, pour les familles nombreuses.

La population de notre île prétend légitimement s’élever au même degré de bien-être dont on jouit dans le reste de la France. A cet égard des résultats ont été obtenus dans ces dernières années. La question, pendante depuis si longtemps, de nos services maritimes postaux, a reçu une solution dont ou appréciera les avantages quand seront en service les trois paquebots qui se construisent actuellement et le quatrième qui va être mis en chantier l'été prochain. L’augmentation récente de la subvention cinquantenaire a permis, notamment, d’entreprendre l’électrification de notre département. Il reste beaucoup à faire. Comme par le passé, je ne cesserai de donner l’attention îa plus soutenue à toutes les parties du problème corse.

Laissez-moi ajouter que si vous me renouvelez votre confiance, élu, celte fois, de la circonscription d’Ajaccio, j’aurai le devoir de me consacrer particulièrement à celle-ci. A ce devoir, comment pourrais-je manquer? Enfant d’Ajaccio, attaché à ma ville natale partant de souvenirs, fier de ses gloires, familier depuis mes plus jeunes années avec toutes les

beautés incomparables que la nature présente dans notre région, je niai pas d’ambition plus chère que de servir utilement les intérêts dont vous m’aurez remis ta charge.

Vive la République démocratique et sociale !

Vive la Ccrse !

Vive Ajaccio ï

Adolphe LANDRY

Circonscription de BASTIA.

M. PIERÀNGEL1

Elu au premier tour de scrutin. — 5,928 voix.

Mes .qheïo Concitoyens,

C’est en toute confiance que je viens solliciter vos suffrages.

Mes opinions politiques vous sont connues.

Pendant quatre législatures, j’ai été votre représentant au Parlement et j’ai conscience d’avo'r rempli les engagements que j’avais contractés.

Républicain fidèle aux traditions démocratiques, je me suis toujours efforcé de défendre dans le plus large esprit d'équité les intérêts de la collectivité, estimant que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus que par Puni on de tous, dans une atmosphère de concorde, de travail et de saine indépendance.

Respectueux de toutes les libertés, j’ai toujours défendu les droits du travailleur qui doit à la République le statut social qui le régit. Dans la réorganisation de P économie nation aïe, on ne saurait faire abstraction des justes revendications de la classe ouvrière qui réclame, à bon droit, la réalisation de l'assurance -chômage, le respect absolu de la loi de huit heures, 1 extension des libertés syndicales, la ratification des conventions internationales du travail,

À poursuivre ce but, je consacrerai tous mes efforts, persuadé, aujourd1 hui comme hier, que 1 amelioration du sort des travailleurs est la condition nécessaire du développement de la production nationale. ^

Toujours fermement attaché à dés principes qui n’ont jamais varie, je persiste à penser que la République forte et libre doit respecter toutes les opinions, toutes les croyances et que, dans le domaine de l'activité et dè l'in tel ligence, elle ne doit porter aucune ai teinte aux droits imprescriptibles de l’individu et de la famille.

La France traverse une crise dont on ne saurait méconnaître îa gravité Gomme en Ï924, j ai la conviction que, seule, une politique prudente peut là sauver et c’est sans réserve, comme sans défaillance, que je témoignerai toute ma confiance au chef du Gouvernement, dont le patriotisme avisé et résolu a permis d’éviter les pires désastres.

Je n aurai garde d oublier que de la prospérité de la grande patrie dépendent l’avenir et la vie meme de îa Corse. Il n’est pas une des questions qui intéresse son outillage économique à laquelle je ne me sois attaché avec la ferme volonté de la résoudre.

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A poursuivre la réalisation de l’œuvre entreprise, je consacrerai toutes mes forces, je n'ai qu’une seule ambition, qui doit être la vôtre : faire la Corse plus prospère et plus heu -euse.

Vive la Corse !

Vive Bastia î

Henri PIERANGBLL

Circonscription de G O RTE ,

M. François PIEÏRI

Elu au premier tour de scrutin. — 8.747 voix.

Dans Toi dre politique :

Je suis pour une majorité de concentration et d’union républicaine, excluant à la fois les adversaires du régime et les ennemis de l’ordre. Je réprouve les coalitions ou les cartels qui n ont point pour base une communion de tendances politiques et sociales et, par-dessus tout, le sens de la Patrie.

Dais l’ordre des relations extérieures ;

Je tiens pour nécessaire une politique de paix et d’ententes internationales, éloignée des provocations inutiles comme des faiblesses humiliantes. — J’ai, pour l’avoir faite, la haine de la guerre, et je considère que la lutte contre l’esprit de conquête s’impose aux peuples comme le premier de leurs devoirs. — Mais ce n’est point y faillir que de poursuivre notre action coloniale, respectueuse des usages des populations indigènes et leur apportant avec les progrès de la civilisation, la liberté et la paix françaises. — Ce n’est point y faillir non plus que do se montrer soucieux de notre prestige national et de ne rien permettre qui lasse déchoir la France de son rang éminent et historique de grande puissance.

Dans Tordre économique et financier :

Le pays ne peut retrouver son équilibre qu’à la condition de régler défitsnivement son statut monétaire. — L’œuvre admirable du Gouvernement actuel, que le Parlement et le pays ont soutenue de leur confiance, doit être achevée^ — Sans préjudice de certaines réparations nécessaires, les intérêts de la production et du travail, qui- se trouvent liés à ceu-: de l’Etat, doivent primer les autres. — Le seul moyen de ramener le coût de la vie à UQ Uu* nomal et de réduire la charge des impôts, c’est de faire cesser, une fois pour ou es, e malentendu qui pèse sur la monnaie et de provoquer ainsi la réadaptation £réoé~ raie des prix et des salaires.

Dans Tordre social ;

Je tiens le principe de la propriété privée, tel que nous Tout légué les hommes de la Révolu tion, pour inviolable et sacré, mais je n’en suis pas moins partisan cTun effort de socialisation aussi large que possible, — La dignité de la personne humaine doit dominer révolution de nos lois* Je ne crains pas de me prononcer pour le maintien et même pour l'extension des monopoles d’Etat, dans tous les cas où il s’agit de briser certains abus et certains égoïsmes* — Je suis, surtout, pour une politique de hauts salaires agricoles et industriels qui tendra à rapprocher les classes, à élever la condition des travailleurs et à développer leurs facultés de consommation et leur bien-être.

Le mouvement coopératif, surtout en matière agricole, doit être favorisé et encouragé : il est une des formules de T avenir. — Il en est de même du mouvement syndical qui a déjà rendu d’immenses services sur le terrain corporatif et professionnel et que je ne redoute même pas de voir s étendre aux associations de fonctionnaires, à condition que toute préoccupation politique en soit bannie.

Dans Tordre moral :

Je réclame le respect absolu de nos croyances et de nos coutumes religieuses, respect que je juge pleinement compatible avec le principe de l’Etat laïque.

La Corse, dont Le loyalisme est attesté par le sang qu’elle a versé sur les champs de bataille, entend demeurer, avec les droits et les devoirs d’un département français, une région vivante, jalouse de son histoire, de son dialecte et de ses traditions, comme aussi des privilèges qu’exige sa situation particulière,

François PIÉTRI

Ancien Sous-Secrétaire d’Etat des Finances.

Candidat républicain de gauche.

Circonscription de SARTÈNE,

M. de ROCCA-SERRA Élu au premier tour de scrutin. — 4.179 voix.

Mes chers Concitoyens,

Je viens solliciter vos libres suffrages avec la confiance que me donne le soutien presque unanime des populations auxquelles j'ai consacré vingt années d'inlassable dévouement.

Mon œuvre a été modeste, mais saine.

Je puis avec fierté rappeler les résultats que j’ai obtenus dans mon canton comme animateur au point de vue économique, comme pacificateur au point de vue social.

J’ai la conviction profonde d’avoir, par mon exemple, puissamment aiguille nos paysans vers le retour à La terre et par mon action ramené la confiance entre employeurs et employés dans un pays où les conflits du travail prenaient autrefois un caractère d’émeute. D’importantes réalisations ont marqué mon persévérant effort.

No 3814

ïmbu des traditions libérales qui me furent transmises intactes depuis la Révolution à travers tous les régîmes, j’estime que le dévouement aux institutions républicaines, le souci de progrès et de justice social peuvent aisément se concilier avec le respect de toutes les convictions, avec la foi de nos ancêtres.

Ayant vécu votre vie, souffert comme vous des misères que nous vaut notre état d’abandon, j ai la connaissance exacte des besoins de notre pays et des moyens dont dépend son relèvement :

L’amélioration de nos voies de communication terrestres et maritimes et des conditions de transport ;

L’achèvement de la voie ferrée ;

L’électrification des campagnes ;

L’assainissement, la lutte contre la malaria, les adductions d’eau potable et l’irrigation ; L’amélioration des conditions des travailleurs ;

La construction de groupes scolaires, constituent un programme de réalisation urgente.

Si vous m’honorez de votre confiance, le '22 avril prochain, j’apporterai a F exécution de mon mandat cet esprit de sacrifice que vous me connaissez, heureux de collaborer au bien de notre île avec mon éminent ami François Piétri dont on a déjà pu apprécier la haute valeur, persuadé que mon élection ouvrira une ère de paix et de concorde dans F arrondissement.

Vive la République E Vive ia Corse î Vive Sartène !

Camille de RO CCA- S ERRA

Chevalier de la Légion d 'honneur.

Docteur en médecine.

Maire et Conseiller général de Porto -Vecchio,

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