‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 72 sur 336 · M* LE GUEN · texte numérisé non relu

M* LE GUEN

Elu au deuxième tour de scrutin. — 9,385 voix.

Messieurs et chers Compatriotes,

Je vous demande le renouvellement de mon mandat* Et comme il me sera impossible à mon grand regret, de vous voir tous avant le jour du scrutin, je vous envoie la présente lettre, persuadé que vous faccueillerez favorablement*

Vous savez dans quelles circonstances la population des Côtes-du-Nord m’a élu député, Vous n’avez, certes, pas oublié le fameux scrutin abstentionniste du 17 avril 1921* Ce fut un événement électoral mémorable, sans précédent, et qui fit grand bruit. Il est bon de Je rappeler, car, dit-on, le passé éclaire parfois l’avenir.

Cinq députés nouvellement nommés venaient d’êLre élus sénateurs* Une réunion de délégués radicaux-socialistes, organisée avec habileté au Gymnase municipal de Saint-Brieuc, voulut imposer au département, pour les remplacer, cinq autres candidats appartenant à la même coterie.

C’était une sorte de mainmise sur tout le département par un syndicat de politiciens*

La population, menacée dans son indépendance, et sentant qu’on voulait l’asservir, se cabra. Des protestations se produisirent dans tous les cantons, puis on trouva la bonne combinaison, celle qui devait restituer au peuple la souveraineté Jque la coterie voulait confisquer à son profit.

Je fus parmi les premiers, et parmi les plus ardents, à prêcher l’abstention. Je fis placarder des affiches en ce sens* L’effet produit fut formidable* ;Sur 150,000 électeur» inscrits, il n’y eut même pas 60.000 votants. Jamais encore pareil résultat ne s’était produit avec le scrutin de liste 1

Aucun des cinq candidats, malgré qu’ils fussent à peu près sans concurrents, ne réunit un chiffre de voix égal au quart des inscrits. C’était le ballottage général.

Mon concurrent d’aujourd’hui, bon premier au sortir^ de la réunion du Gymnase municipal, arrivait bon dernier, et de beaucoup, au scrutin. Ses co -lia tiers le débarquèrent

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prestement, car tous ses nouveaux amis, qui étaient pour lui d'anciens adversaires, considérèrent le transfuge comme responsable de leur échec retentissant. On l’enterra donc provisoirement.

Je peux bien d're cela sans qu’on me taxe de manquer de courtoisie envers un concurrent, puisque M. Meunier, votre ancien député, mes chers compatriotes, mais votre ancien député d Action libérale populaire, passé aujourd’hui au rang des cartellistes, m’attaque toutes les semaines de laçon inqualifiable, dans son journal La Démocratie Bretonne ce journal qui se vante d’exploiter à fond les scandales !

Il raconte contre moi des histoires dignes de figurer à coté des récits scabreux du bedeau.

Croît-il que je ne pourrai pas, moi aussi, raconter des histoires, et qui seraient plus semeuses et plus graves? Nous verrons bien, s’il continue ses provocations, que tout le

inonde juge souverainement déplacées.

Mais revenons au scrutin abstentionniste qui le replongea momentanément dans le néant.

Ali suutin de ballottage, le mai 1921, une liste républicaine de représentation professionnelle, sur laquelle je figurais, fut présentée au peuple, qui lui fit un accueil nomp a puisquelle obtint quatre élus sur cinq, avec près de I0.ÜÛÜ voix de plus que les co-lis tiers du candidat débarqué à la suite des résultats du premier tour.

Le département avait opéré un rétablissement merveilleux, il s’était soustrait à la domination politique de la coterie. C’était ma première élection comme député

Au renouvellement général de 1924, la même coterie voulut éliminer tous les vainqueurs du scrutin du 1 'ma., non pas franchement, à visage découvert, mais sournoisement, en leur a.ssant croire, jusqu au dernier moment, qu’on tiendrait compte de la volonté manifestée, U 1, par e suffrage universel. On les écarta, à la dernière heure, presque à leur insu Jans tout e departement, ce fut un cri d’indignation et de révolte. Je pris la tête d’une liste de protestation, composée à la hâte, et les électeurs bretons lui firent encore bon accueil, puisquelle eut deux élus : mon ami Epivent et moi.

Mes chers Compatriotes,

Vous voyez que, chaque fois que la coterie a voulu m’écarter, le peuple lui a imposé sa volonté en m’élisant. Je lui en exprime toute ma gratitude. P

rn,; ?TS qUaLre Tu,à ia ^hambre et dans le Pays> j’ai combattu la politique du Cartel, qui, en deux ans, a failli conduire la France à la banqueroute*

Kepms le retour au pouvoir de M. Poincaré, j’ai toujours «pu tenu le Ministère d’ünion nationale qui s est formé sous sa présidence.

Dans les deux grands dtscours qu’il vient de prononcer, M. Poincaré a dît sa,recon-

Doïit*™ I’UX depUteS qU1 r°nt touJ°urs soutenu et démontré qu’il fallait continuer une 1 * ique d union sous peine de revoir les jours sombres de juillet 1926.

en P°!!tiq“C d’un10" était abandonnée demain, au profit du Cartel, par exemple

obtenu ri°mphû deS amiS de M' Meunier’ c’e11 serait faH du redressement financier déjà

Et aiors^ le commerce, l’industrie retomberaient dans l’instabilité. Et les retraités

ierv^TZniP0Urraient ' "““T Crailldre la Puine déJà aPParue « y a deux ans, A quoi

valeurs mnhîl 1106 PenS1^ SI, ar&enL man(luaiL P°ur Ia Payc1’? Et les possesseurs de aleups mobilières verraient la dégringolade des cours!

êtes de ^.appelM de Poincaré à Bordeaux et à Carcassonne, je réponds : présent! Si vous écarterez nneT1 ^ "en0UVelIerez mon ma"dat d« député le 22 avril prochain et vous du Cartel 4™°™’ ° C°n°Ur™nt quj’ ouvertement ou en dessous, combat en faveur

du Conseil ire 00 6 P°htiqi,e d’Uni0n nalionale pr<iconiséc P** Aident

Anciens Combat Umts,

Plusieurs d’entre vous m'ont connu au front pendant la guerre. Voua savez avec quel empressement j’ai alors rendu, à tous les poilus et, notamment, à mes compatriotes, tous les services qui dépendaient dé moi, Est-ce vrai, chers camarades?

Électeurs,

Depuis, dans le civil, les memes sentiments rn ont guide* J’ai toujours essayé de faire donner satisfaction, en toute équité et dans la mesure du possible, à tous ceux qui se sont adressés à moi.

*Pai étudié les affaires que vous m'avez soumises, 'je n-ai épargné ni mon temps, ni ma peine, ni mes démarches, pour que justice soit rendue à chacun de vous.

Ouvriers, Travailleurs1,

Vous avez été mes plus fidèles et mes plus dévoués partisans, parce Ique j’ai peiné avec vous, parce que j’ai toujours défendu vos intérêts.

Ma porte vous a toujours été largement ouverte et vous avez toujours été cordialement accueillis dans ma maison* SI vous y êtes venus en toute confiance, et sans appréhension, c’est que vous saviez que chez nioi on ne fart pas antichambre et qu on ne se heurte pas au concierge*

Électeurs de la deuxième circonscription,

Voilà ce que je voulais vous dire* J’espère que votre coeur bat à 1 unisson du mien pour le redressement de la patrie, sous la direction du Gouvernement de la République d? Union nationale dont le programme a été arrêté par M. Poincaré* Et alors le scrutin du 22 avril prochain sera le digne continuateur des scrutins de 1921 et 1924, rappelés ci-dessus.

Veuillez agréer, Messieurs et chers Compatriotes, 1 assurance de tout mon dévouement et de toute ma gratitude*

VicTon LE GL EN

Député des C6te9“du-iSTûrd*

Conseiller général. — Conseiller municipal de Samf-Bdeuc* Candidat de la Fédération républicaine de France*

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