M. PLANCHE
Élu au deuxième tour de scrutin.— B . 590 veix.
Citoyens,
Désigné par le Parti républicain socialiste et socialiste français comme candidat aux élections législatives du 22 avril, ayant vu ma candidature approuvée à l' unanimité par une assemblée tenue à Moulins, ouverte a tous les partisans de l’Entente des gauches et presidee par le citoyen Louis Soulié, sénateur-maire de Saint-Étienne, première ville ouvrière de
France je me présente à vos libres suffrages.
Je ne vous tracerai pas un programme visiblement irréalisable. Je me bornerai a examiner successivement les principales questions qui vous préoccupent, étant bien entendu qu'au cours des réunions publiques et contradictoires qui ont eu lieu dans la circonscription, j’ai répondu à toutes les questions, même d’ordre secondaire, qui m’ont été posées.
Partisan résolu de l’union des forces de gauche, n'assignant pas de limites au progrès, je me présente devant vous avec un passé de jeune militant qui défie la critique. Mes concitoyens de Moulins m’ont du reste approuvé en faisant de moi leur second élu par 2. 609 voix,
et le conseil municipal m’a désigné comme adjoint. .
Le scrutin d’arrondissement rapproche le député de ses électeurs. Habitant Moulins, ou vous pourrez aisément me rencontrer, je m'emploierai, si je suis élu, à défendre les in térêts de notre circonscription, et m’attacherai spécialement à améliorer son réseau routier et nos moyens de communication, à doter toutes les communes de l’électricité^ à développer la
prospérité de nos cités et de nos tourgades et à donner particulièrement à Bourbon-1 Archambault le rang quelle devrait tenir parmi nos stations thermales françaises.
Il faut à la circonscription, quia été délaissée, un représentant actif et dévoue : je
pense pouvoir être cet homme. J’ai montré, en eflet, dans d’autres domaines, que je sais faire preuve d’activité*
Mais les problèmes qui préoccupent à juste titre l’opinion publique sont les problèmes nationaux et juter nation aux,
La situation financière du pays— qui commande toute la politique intérieure — nécessite des mesures hardies que je préconise sans Faiblesse : annulation, des dettes interalliées, stabilisation légale immédiate au taux actuel, amortissement de la dette Intérieure en deman-
ierp!TifT^ Nécessaires à ceux qui détiennent le superflu, récupération des sommes dues a I Etat sur les marches passes par les profiteurs de guerre.
, }* hüute( Cnance internationale exerce sur le monde une contrainte intolérable : il faut (tu. eue cesse !
Nos impôts, dont le plus grand nombre sont indirects et qui, par suite, pèsent surtout sur les consommateurs (cest-a-dire sur les familles nombreuses), sur les travailleurs et les petits retnu tes^ct qui éerasen t la nation, doivent être mieux répartis en partant de cette idée queue ne^paslaotivitôcommemale, industrielle, agricole ou le travail, sous toutes ses tonnes, qui doivent etre frappes, mais l'oisiveté.
Ainsi, nous pourrons, pour chaque catégorie de citoyens, apporter les améliorations nécessaires a un sort que la guerre a singulièrement aggravé.
Pour lajelasse ouvrière, qui réclame une rapide mise en vigueur de la loi sur les assurances somales (en tenant compte, pour l’agriculture, des difficultés qui se présentent) qui désiré participer au contrôle, à la gestion et aux bénéfices des grandes entreprises capiL listes, qui désire ne plus etre réduite à la portion congrue, mais obtenir sa part de bien être
Beu. ro T’ J° erct àtrava,1Ier de toutes forces. Le prolétariat minier, notamment peut compter sur moi.
Au surplus, j’acceple' intégralement le programme de la C. G. T.
Je défendrai les droits des familles nombreuses, et partisan du développement de la
Tariat dTr ‘ T1’"’ CO"S;dérée COmme IWil ^cessaire de la IibéraUon du proll
tana défenseur par suite du crédit populaire, je m’attacherai tout d'abord à résoudre le
problème de Hiabilation, par une politique des loyers et surtout par une politique de construction d habitations à bon marché. *
Pour ies commerçants, je réclamerai, d’accord avec leurs organisations professionnelles la suppression de la axe sur le chiffre d’affaires (et son remplacement par une taxe unique perçue, a un des stades de la fabrication), un abattement à la base identique pour toutes les categones de contribuables et enfin la réalisation de la propriété comLJale intéÏale impliquant une indemnité d éviction réelle et non fictive. ° ?
Pour les artisans, la création des chambres de métiers n’est plus qu’une question de malS le crédlt artisana} estmal con™ et hérissé de difficultés. 11 faut simplifier et
iar„ Pr Ie* caIfivateurs. ?“* ®nt subi seuls, la baisse (laquelle n’a profité qu’aux spécu- 4 urs), qui achètent cependant aux plus hauts prix, qui ont vu leurs baux reviséSP qui
Sue tl ‘S hTreS eX-Cr,fS 6- ma! répartiS’ 0nl faiIli victimes du projet inique sur les cheptels, je réclamerai une révision du cadastre pour asseoiriez impôts
sur une base équitable et des mesures de protection destinées à assurer un équilibre entre
a^rfcT V , Stne- Je défen<Jrai une Politique d’intensification de la production
cL!° Ô Pa‘ “ d,m,rt,“U°n dea tarifs de transport, spécialement pour ies machines agri-
r«C.’ i"5"’? (d°"1 “ t“<l" '* «”>•)• do plu,-
a ue vi. ant les améliorations foncières apportées par le fermier ou le métayer sortants
rjT,UVh T' d4velW“”)'1“ Crédit agricole, modilkUii de, régit
ments sur la chasse, permettant notamment aux métayers et fermiers de chasser sur les
terres qu ils cultivent et rétablissant le droit de chasser sur les routes et chemins sont autant de mesures destinées à combattre la désertion des campagnes, où il faut rendre la vie agréable et ga.e, en y multipliant les distractions, le confort et le bien-être
améi tér;^~rurauxetdes domestiques •***■ ^
PouHa ïïanstrildîautPm°uhérré t ** ^ ^ U à Ia Prospérité de ses habitants, causer, faut multiplier les échangés internationaux, spécialement avec nos dos
sessions d outre-mer (et, au lieu d’y faire la guerre, y libérer lés Ligènes » JÏÏ fauL pra-
q r résolument, dans tous les domaines, une politique de production accrue.
ouïes les categories somales ont des droits à la sollicitude des Pouvoirs publics (sauf
les parasites 1), ma.s les victimes de la guerre et anciens combattants, ainsi que les mutilés
du travail^ doivent être spécialement protégés dans l'apre Jette pour la vie : je ri ai pas besoin de dire que, sur ce point, mon concours affectionné est acquis à mes camarades. ïts le savent^ du reste, comme ils savent aussi, par contre, que ce n'est pas moi qui soutiendrai les abus que nous devons tous avoir à cœur de faire disparaître.
Mais, pour réaliser de telles réformes, H faut nécessairement réaliser des économies dans le budget, et pour cela, il faut s'adresser surtout à l'organisme qui nous coûte le plus, parce qu’il n’est pas établi sur le plan démocratique, à l’armée. Celle-ci regorge décadrés et de rouages inutiles qu’il faut supprimer. Puis, il faut réduire le service militaire de caserne au strict minimum, en attendant le désarmement international, et supprimer les périodes de réserve. Enfin, puisqu’il est question de l'armée, nous réclamons la suppression toi ale et définitive des conseils de guerre.
Toutes ces mesures ne sont possibles que dans une démocratie organisée et instruite. L’enseignement post-scolaire obligatoire s’impose, la défense de I1 école laïque neutre s’impose également avec non moins de force. Enfin, la grande réforme de l’école unique (qu'il ne faut pas confondre, comme le prétendent à tort ses adversaires, avec le monopole) pou^ vaut seule permettre T égalité des enfants devant l'instruction et F accession des enfants des familles pauvres aux plus hautes fonctions sociales, doit être préparée et réalisée.
Alors pourra s’organiser l’Etat nouveau qui fera sa place au syndicalisme professionnel sous toutes ses formes et dans lequel les fonctions aires, réduits en nombre, niais jouissant des mêmes droits que les autres citoyens, pourront travailler d’un cœur allègre à un labeur bien rétribué et profitable à la collectivité.
Si nous ajoutons à ce tableau de la politique intérieure le respect des libertés syndicales et politiques et, par voie de conséquence, la cessation des poursuites arbitraires pour délits politiques, si nous proclamons F égalité des sexes, ainsi que la nécessité de la réforme du Sénat, nous aurons brossé en gros une image de la société de demain, respectueuse des droits de chacun, tolérante, mais ferme, douce aux malheureux, mais impitoyable pour les fainéants.
De cette république de demain, où les parlementaires, réduits en nombre également et obligés de travailler en assistant aux séances, seront véritablement les représentants de la Nation où, par le compte rendu de mandat (que, pour ma part, je promets annuel), une solidarité continue s’établira entre Félu et les électeurs, nous bannirons les méthodes d autorité qui nous conduiraient au fascisme et nous n’oublierons jamais que la liberté reste le plus sacré de noswdroits — cette liberté qu’aucune dictature ne sera assez puissante pour nous enlever î
Quant à notre politique extérieure, elle se trouve naturellement orientée vers la paix qu ü faut assurer par tous les moyens. La Société des Nations, lueur dans l’obscurité, doit être améliorée et fortifiée ; c’est elle qui doit devenir, un jour, le tribunal international des peuples.
Poursuivons la politique basée sur les principes : arbitrage, sécurité, désarmement* Multiplions les occasions de rapprochement des peuples, pratiquons le désarmement moral des haines en même temps que le désarment matériel. La Révolution française avait pro^ clamé la guerre aux tyrans : que la troisième République déclare la paix au monde ï
Fraternellement unis, les peuples poursuivront ainsi leur destinée immortelle. Ils multiplieront les progrès scientifiques et finiront par donner au travail la place prépondérante à laquelle il a droit.
Contre tous les profiteurs et les parasites î Pour et par le travail : Vive la République .sociale !
Camille PLANCHE
Avocat. — Adjoint au maire de Mon Uns.
Candidat socialiste d’ünion des travailleurs.