‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 8 sur 336 · ALLIER · texte numérisé non relu

ALLIER

Circonscription de G ANN AT .

M. PR AD ON -Y ALLA N G Y Elu au deuxième tour do scrutin, — 7*3l5 voix.

Citoy en s t

Cédant aux très pressantes et très nombreuses sollicitations des républicains de cet arrondissement j je me présente aujourd'hui à vos libres suffrages*

Mon nom, ma carrière vous sont, d’ailleurs, connus déjà.

Né dans la commune de Taxat-Senat, j’ai vécu dans l'amour du sol, au milieu del affectueuse estime de mes concitoyens.

Durant la terrible tourmente, j’ai, comme il convenait, accompli dans les tranchées de Champagne et de Belgique, mon devoir de soldat.

En 1919, à peine démobilisé, ma commune natale faisait de moi son premier élu, et, quelques semaines plus tard les républicains du canton de Chan telle m’envoyaient siéger au conseil d’arrondissement.

En 1924, ces mêmes électeurs me renouvelaient leur confiance avec des majorités sans cesse accrues.

En 1927, les agriculteurs de cet arrondissement me désignèrent à une imposante majorité pour les représenter à la Chambre d’agriculture.

Mon premier acte a été de combattre vigoureusement, en liaison étroite avec mes collègues, le projet de loi sur les tarifs douaniers qui, s’il avait été voté par le Parlement, aurait provoqué la ruine irrémédiable de l'agriculture française.

Pour agir d’une façon plus énergique et plus efficace auprès du législateur, j’ai fait adopter à Funaniniité par le Comice agricole de Gannat réuni à Ébreuiï et par la Chambre d'agriculture une mo tion, adressée aussitôt aux parlementaires de F Allier, et d’après laquelle nous étions résolus à prendre position aux élections législatives actuelles contre tous les élus qui, par leur vote ou leur abstention, auraient contribué à l’adoption, à la mise en vigueur d’une loi aussi funeste aux intérêts agricoles de notre région.

Ce que j*ai fait pour ma commune, pour mon canton, je suis tout disposé à le réaliser pour ce bel arrondissement de Gannat, si foncièrement agricole et si fermement' attaché aux principes républicains qui me sont chers par conviction personnelle et par tradition.

J’appartiens, en effet, à une vieille famille républicaine honorée de l’amitié de Gambetta et j’ai, dès ma prime jeunesse, été imprégné de l’esprit qui animait les fondateurs mêmes du régime issu de la volonté populaire : labeur toujours orienté vers le progrès, mieux-être du travailleur, paix sociale, paix extérieure.

Ce passé, ces doctrines inspirent les différentes parties de mon programme*

Programme financier ï

J’envisage comme necessaires :

l3 Le maintien de la confiance en empêchant les manœuvres tendant à déprécier le franc et comme conséquence logique la continuation de la politique actuelle de large concentration républicaine;

2° Le rejet du prélèvement sur le capital qui ruinerait la production et atteindrait toutes les classes de la société en commençant par Y ouvrier, (Estampille du billet de banque) ;

3° La stabilisation légale au taux actuel. (La stabilisation de fait devra devenir une stabilisation de droit et ainsi le franc conservant sa valeur présente, aucune crise économique ne serait plus b redouter);

4° La diminution du taux d'amortissement de la dette ;

5° La non -ratification des accords de Washington, (Yœu de mes camarades anciens combattants et mutilés) ;

6° Le remplacement de la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe à la production ;

7Û La réduction au strict minimum des dépenses publiques;

8° La répartition plus équitable de l’impôt grâce à une nouvelle évaluation cadastrale*

Politique intérieure :

À cet égard, je suis et resterai l'indéfectible défenseur de Fin-tangibilité des lois républicaines dans la laïcité de FÉlat, le respect de toutes les croyances et de toutes les libertés.

Je réclame :

1° Des réformes administratives et judiciaires capables de simplifier les formalités, les rouages trop compliqués d’un, système trop vieux , et d'accélérer les décisions des tribunaux ;

2* En ce qui nous concerne d’une façon particulière, le rétablissement du tribunal et de la sous-préfecture do Gannat, leur suppression n ayant donné jusqu’ici aucun bon résultat ;

3° La diminution du nombre des députés;

4° La suppression du vote par procuration et, par suite, F obligation du vote personnel, le député ne devant pas bénéficier d'un privilège refusé à F électeur.

Politique extérieure ;

En cette matière, je demande :

1°' L'élargissement des accords de Locarno ;

2° L organisation définitive de la Société des Nations, C’est d’elle que dépend, apres entente indispensable entre toutes les puissances d’Europe et autres parties du Monde, la réduction des armements terrestres et navals de chacune en proportion de l'étendue de son territoire métropolitain et colonial;

3° Le règlement par les tribunaux d’arbitrage existants de tous les conflits interna^ iionaux.

Programme social :

Le problème de I enseignement est fondamental pour une démocratie. Aux solutions qui lui sont données tient F essor intellectuel national*

Il est nécessaire quel enseignement gratuit à tous les degrés soit promptement organisé pour que tous les enfants du peuple, lorsqu’ils le méritent par leur intelligence et leur ira-

yail^ puissent, pour le bienfait du pays^ recevoir leur plein développement éducatif et moral.

Par ailleurs, et sur des points différents, je veux :

[° L'accroissement de la natalité en encourageant par tous les moyens les familles nom breuses ou indigentes ;

2° Une meilleure hygiène des habitations ouvrières et rurales ;

3° L'application rapide de la loi sur les assurances sociales et ensuite son perfectionnement ;

4° La répression impi toyable de la spéculation ;

5° L'in tangibilité de la propriété individuelle ;

6° Enfin, la réalisation des promesses faites aux anciens combattants, mutilés, prisonniers de guerre, conformément à leurs cahiers de revendications, le réajustement et la liquidation d’urgence de toutes les pensions dues aux victimes de la guerre*

Programme agricole :

À ce sujet, les améliorations qui s’imposent — outre la révision du cadastre dont j'ai parlé plus haut — sont les suivantes :

1° La liberté d’exportation et Légalité douanière avec l’industrie, principalement la diminution des droits d'entrée sur les machines agricoles;

2° L'abaissement des tarifs de transport pour les denrées agricoles ;

3° L’introduction mieux organisée de la main-d'œuvre étrangère qui, en aucun cas, ne doit nuire à la main-d'œuvre nationale ;

4° La mise à îa disposition des agriculteurs de sommes plus considérables et plus facilement accordées pour l'amélioration du sol, l'achat d'instruments agricoles, et 1 accession à la propriété. (Crédit agricole) ;

5° L'augmentation des crédits attribués au Ministère de 1 Agriculture, pour qu'il puisse venir en aide aux cultivateurs sinistrés ;

6* La nomination de plus nombreux professeurs d'agriculture, et notamment d un à Gannat, afin de guider, de promouvoir la culture et l’élevage, de conseiller les intéressés dans les circonstances critiques, telles que les épizooties,, comme la tuberculose bovine ;

7° La création de nou velles écoles d’agriculture et de fermes-écoles pour les enfants des cultivateurs, l'organisation de champs d'expérience pour l'étude des meilleures méthodes de culture, h encouragement à instituer des associations agricoles mutuelles ;

8° Le développement de Renseignement agricole dans les écoles primaires rurales ;

9° L'appui aux petites industries rurales ;

10° La suppression de la taxe exception n elle de 7 0/0 sur les premières mutations ;

11° La modification de l'assiette de l'impôt sur les bénéfices agricoles avec de plus larges abattements à la base; de meme pour l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux ;

12* Une politique du blé, (Semences sélectionnées, engrais azotés produits à bon marché; surveillance des importations; organisation de la vente; élévation suffisante des droits de douane pour permettre aux producteurs de couvrir leurs frais) ;

13° Les mesures propres à enrayer la désertion des campagnes, et, a ce sujet, ici, 1 achèvement le plus tôt possible de la ligne La Ferté — Gannat qui assurerait aux habitants des communications plus faciles ;

14° Une lutte énergique contre la reprise du néfaste projet de loi de 1926 sur les baux à cheptel ;

15° L'établissement des listes électorales agricoles par les chambres d'agriculture sur la base des listes électorales politiques, afin que les ouvriers agricoles, métayers, fermiers, qui changent d'exploitation, puissent être inscrits sur Ja liste électorale agricole de leur nouvelle commune au bout de six mois et non plus après cinq ans de résidence comme l'exige

la loi ;

16û La simplification des formalités prévues pour l'inscription des syndicats et asso-

dations agricoles sur la liste électorale départementale afférente et leur non-renouvellement annuel.

Pour la France et la République !

Citoyens,

La consultation nationale actuelle aura une immense importance dans les destinées du pays.

Votre décision rfen aura donc pas une moindre.

A vous de choisir entre de nombreux candidats un homme nouveau, indépendant, ferme dans ses conceptions républicaines, le plus apte à défendre les intérêts conjoints de l1 agriculture, du commerce et de l'artisanat si souvent méconnus et à coopérer ainsi à l'œuvre de régénération nationale,

A vous d'opter entre deux politiques : celle de la violence, du désordre qui mène à la catastrophe et que je repousse, eL celle du progrès constant, de la liberté, de la concorde civique que je représente.

Quant à moi, que vous avez sans cesse vu prêt à vous rendre service, à prendre en mains votre cause, à répandre les théories républicaines, j'attends avec confiance votre verdict. Mon passé vous est un garant de ma ligne de conduite si je suis votre élu.

Je résume du reste mon programme en ces quelques mots : Dévouement illimité à tous en travaillant activement à la grandeur de la France, au progrès continu de notre démocratie, et à la gloire de la République 1

Citoyens, vous êtes le nombre, vous êtes la force, montrez que vous n'èies pas indifférents à votre propre sort en allant tous aux urnes, sans aucune abstention, voter contre la dictature, contre le communisme, pour la vraie démocratie !

Vivent les agriculteurs et les commerçants de notre cher arrondissement, fraternellement unis dans un même idéal de justice et de paix !

Vive ia République démocratique et sociale !

Hubert PRADON-VÀLLÀNCY

Agriculteur. — Ancien Combattant.

Maire de Taxat-Senat, — Conseiller d'arrondissement du canton de Chantclte.

President de la Société d’aviculture de PAlîier (Bourbonnais-Club).

Secrétaire-adjoint et trésorier de Ja Chambre d’agriculture de T A3 lier.

Titulaire de la Médaille d'or des Assurances sociales* — Officier du Mérite agricole* Socialiste indépendant — Candidat de Concentration républicaine et sociale*

Circonscription de LAFALïSSR

M, LAMGUREUX

Au moment ou, pour la première Fois depuis le rétablissement du scrutin uninominal, je viens poser ma candidature dans l'arrondissement de Lapai isse, j'ai le devoir de vous dire clairement pour quelle politique et sur quel programme.

Je suis entré à la Chambre, fen 1919, comme candidat du parti radical-socialiste auquel je demeure fidèle.

Partisan du maintienne la propriété individuelle, résolu à défendre toutes les lois fondamentales de la République, y compris les lois laïques; oppose aux dictatures de droite comme d' extrême -gauche qui, en portant la main sur le régime parlementaire, détruiraient nos libertés, je crois à la nécessité d’achever la restauration économique et financière de la France, dans la justice sociale, dans une meilleure répartition des charges fiscales et en réalisant ^indépendance de l’État à l’égard des grandes puissances d’argent et des grands monopoles de fait.

C’est dans cet esprit et dans ce cadre, qu’en collaboration avec toutes les fractions du parti républicain, je suis prêt à entreprendre la réalisation du programme suivant :

Politique étrangère :

Elle doit être orientée nettement vers la paix et, par conséquent, continuer l’œuvre entreprise à Genève par Herriot et Briand.

Cette politique, qui s’est traduite par les accords de Locarno, la signature du protocole de Genève et la mise en vigueur du plan Dawes, tend à introduire dans le monde la pratique de l’arbitrage international et à réaliser le désarmement progressif des peuples.

Politique militaire :

La loi établissant le service d’un an, aujourd’hui votée, sera appliquée, au plus tard, en 1930, La législature prochaine devra en surveiller la préparation et réduire autant que possible les délais prévus.

Elle aura aussi pour tache de raccourcir, en les organisant mieux, la durée des périodes d’instruction, de prévoir des allocations pour soutiens de famille au titre de l’active et de la réserve sans limitation de crédit et, grâce au recrutement accru des soldats indigènes, de n’envoyer sur le théâtre d’opérations extérieures, Maroc ou Syrie, que les volontaires ou tes engagés.

Politique sociale :

Le vote de la loi sur les assurances sociales, qui doit donner au monde du travail la sécurité du lendemain, impose à la Chambre nouvelle le devoir d’en surveiller l'application rapide et loyale. Néanmoins, des aménagements seront nécessaires pour tenir compte des desiderata de F agriculture, du corps médical et pharmaceutique, et de certaines autres cor* porations dont les observations ont été sommairement examinées.

Avec la C« G.T,, qui, se libérant courageusement de l’idéologie traditionnelle des partis

révolutionnaires, a dressé un programme économique et social, généreux et réaliste, je préconise notamment le développement des contrats collectifs entre patrons et ouvriers, la participation des ouvriers à la gestion des grandes entreprises, Tex tension des pouvoirs du Conseil national économique, l'amélioration du sort des mutilés du travail, la diffusion plus grande du crédit artisanal et la solution du double problème de 1’hygiène et des loyers par la pratique méthodique d’une politique de constructions à bon marché, l'amélioration des pensions payées aux vieillards.

Politique agricole :

Si Ton veut retenir l'agriculteur à la terre, il faut lui permettre de gagner largement sa vie et améliorer ses conditions d1 existence.

L'agriculteur trouvera une bonne rémunération de son travail, si on lui permet de vendre ses produits à un cours suffisant par le maintien de la libre j exportation agricole et par une protection raisonnable contre la concurrence étrangère.

Mais il faudra, en outre, poursuivre la réduction de ses trais généraux, en lui faisant fournir à bon compte, par une politique appropriée, les engrais, les tourteaux et les machines agricoles dont il a besoin.

Pour améliorer les conditions d’existence du cultivateur, il convient d’achever P électrification des campagnes, de créer ou de mieux entretenir les chemins ruraux, de développer les relations postales et téléphoniques, de poursuivre les adductions d'eau, de diffuser le cinéma et la T. S. F.? etc.

L'amélioration et la vulgarisation du crédit agricole devront permettre plus facilement aux jeunes ménages sans fortune, de prendre néanmoins à leur compte une exploitation ou d’agrandir le fonds qu’ils cultivent.

Bien entendu, le projet de loi sur les plus-values de cheptels doit être considéré comme définitivement écarté.

Politique a l'égard des commerçants :

Le commerce, surtout le petit commerce, se plaint, avant tout, des impôts qui l’écrasent et de l’inquisition du fisc.

Je propose, à cet égard, les réformes utiles a propos de la politique financière. Ce sont celles que j'ai développées récemment à la tribune de la Ghambre,

Il convient, en outre, d’améliorer la législation sur la propriété commerciale, de développer les banques populaires qui accordent du crédit aux petits commerçants, etc.

L'enseignement public :

Mon devoir strict d’ancien Ministre de l'Instruction publique sera de défendre, de mieux aménager renseignement public et de le rendre accessible aux plus humbles par la sélection du travail et de l'intelligence.

Je poursuivrai la réalisation de ce qu’on appelle d’un mot Impropre a l'école unique dont les deux buts essentiels sont : j

1° De permettre à l'élève le plus modeste de pouvoir, à condition d'être laborieux et intelligent, entreprendre et continuer les plus hautes études, quel que soit l'enseignement par lequel il a débuté ; - J-

2° D’autoriser un enfant, en cours d’étude, à changer d'enseignement, sans perdre le bénéfice de la bourse, s'il s'aperçoit qu'il s’est trompé de vocation,

Les mutilés et anciens combattants :

Fort sagement, grâce à un rapprochement de leurs diverses organisations, ils établissent

périodiquement des cahiers de revendications, qui deviennent la charte collective des victimes de la guerre.

En collabora lion amicale et confiante avec les présidents des diverses associations de l'arrondissement et du département, je défendrai ces revendications, convaincu que, comme dans le passé, elles tiendront compte des possibilités financières du pays. Nous aurons k rechercher, en outre, le moyen de donner satisfaction à de nombreuses associations qui demandent la révision des pensions abusivement consenties à des mobilisés de l'intérieur.

Il ne s’agit pas de porter atteinte à Tintangibilité delà loi de 1919, mais de modifier cer tains articles. D’autre part, il Faudra envisager la question de la retraite gratuite aux anciens combattants,- oeuvre d'équité et de justice,

La politique financière :

La situation financière actuelle se présente en amélioration sensible sur celle de ^ancienne législature.

Elle présente les avantages suivants :

Unité et équilibre du budget;

Fin de la politique des emprunts ;

Règlement du problème des réparations dans des conditions qui permettent d'obtenir de l’Allemagne des payements réguliers et importants;

Amortissement rigoureux de la dette publique, laquelle, compte tenu de T amélioration du change, a diminué de 26 milliards, par rapport à 1926 ;

Stabilité de fait de la monnaie ;

Fin des crises de trésorerie, grâce à une sage politique de conversion progressive et volontaire de la dette à court terme et de la dette flottante.

Nous sommes en pleine convalescence financière.

Mais ces résultats ont été acquis au prix d’une fiscalité excessive et souvent injuste, qui écrase l’activité économique du pays.

Je propose, pour réduire et répartir plus équitablement les impôts, le programme suivant, qui, à fencontre du programme socialiste, ne recourt à aucun impôt nouveau ;

Révision du revenu cadastral, afin de mieux répartir les impôts agricoles ;

Substitution progressive de la taxe à la production à la taxe sur le chiffre d’affaires, étant entendu que la taxe à la production, en aucun cas, ne s’appliquera aux cultivateurs ;

Réduction du taux de tons les impôts cédulaires (impôts sur les bénéfices agricoles, impôts sur les bénéfices industriels et commerciaux, impôt sur les salaires, impôt sur les coupons de rente) ;

Egalité d’abattement à la base entre tous les contribuables, quelle que soit la nature de leur profession;

Diminution du taux des impôts indirects et de consommation ;

Diminution du taux de la taxe sur les premières mutations;

Généralisation du forfait pour le calcul du revenu des petits et moyens contribuables, afin de leur éviter l’inquisition du fisc;

Stabilisation légale de la monnaie, au cours le plus favorable.

Ces mesures entraîneront une perte de recettes qui risque de compromettre J1 équilibre du budget.

Nous rétablirons cet équilibre, s’il y a lieu, sans recourir à aucun impôt nouveau, en faisant appel aux mesures suivantes :

Utilisation de ressources budgétaires prochainement disponibles ;

Accroissement du rendement des impôts directs et d’enregistrement par un renforce-

ment du contrôle des déclarations de revenus et par une lutte sévère contre la. fraude et l'évasion fiscale des grosses fortunes. Elévation, s’il est besoin, du taux limite de l’impôt sur le revenu, afin de demander un sacrifice supplémentaire aux très gros revenus ;

Renforcement des droits successoraux frappant les très grosses successions ;

Discrimination entre les revenus du travail et ceux du capital oisif, ces derniers étant, plus sévèrement frappés que les autres ;

En cas de besoin, réduction des sommes affectées à f amortissement de la dette intérieure ;

La solution du problème des dettes interalliées réside dans uo règlement général entre tous les créanciers et tous les débiteurs, par futilisalion des obligations industrielles ei de chemins de fer remises par f Allemagne à ses créanciers. Des négociations actives sont en cours et, je crois, en bonne voie.

R este n t 1 e s questi on s dlia t ér ê t 1 o cal .

Je me propose d'entretenir avec les maires, les conseillers généraux, les conseillers: d’arrondissement, les syndicats agricoles* commerciaux et ouvriers, les chambres de commerce, etc., des relations permanentes, afin de me tenir au courant, pour mieux les défendre, des besoins de notre arrondissement.

Parmi les divers problèmes d'actualité, je m'attacherai plus particulièrement à poursuivre le rétablissement du tribunal de Gusset, la réalisation prochaine des projets dT électrification des campagnes, le classement des chemins vicinaux, Y entre lien des routes, etc.

Tel est mon programme, citoyens !

Nul îfen contestera la hardiesse, ni la précision.

Il est inspiré d’un large esprit de justice sociale et fiscale*

il tend au maintien de la paix et au rétablissement de la prospérité et de la sécurité dans notre pays.

Je le-crois pratiqué et réalisable.

Je le soumets avec confiance à vos suffrages, sous la double garantie de mes nettes origines républicaines et de mou passé qui, pour être court, porte l'empreinte du travail et de la fidélité à mes idées.

À vous maintenant de me juger et de vous prononcer.

Vive la République démocratique et sociale l

Lucien L AMOUREUX

Député sortant.

Ancien rapporteur général tie la Commission des finances* Ancien Ministre,

No 3814

lr* circonscription de MONTLUÇON,

M* THIYfiJLER

Elu au deuxieme tour de scrutin- — 7,9l4 voix»

Citoyens,

Eu venant vous demander vos suffrages, au nom du Parti socialiste, dont je suis le candidat, je Liens à vous exposer -rapidement ce que fut la législature qui vient de prendre fin, et quelle activité les élus du Parti socialiste, parmi lesquels votre député s'honore de prendre rang, ont dépense dans l’intérêt de la nation, de la classe ouvrière, des agriculteurs et des commerçants*

Avec une impudence admirable, nos adversaires oseift prétendre que nous avons compromis le crédit français et que notre œuvre fut une œuvre contraire aux intérêts du pays*

Je uradresss à tous les hommes ne bonne foi et je leur demande de se rappeler quelle était la situation financière à la veille des élections de 1924, quand la livre avait atteint le cours de 125 francs* Le Bloc national qui, aujourd’hui, ose redresser la tête, avec une imprévoyance folie, avait dans la période de 1919 à 1924, emprunté pour plus de 150 milliards de francs : les empmts de paix avaient dépasse les emprunts de guerre puis, sans souci des conséquences, les échéances avaient été accumulées dans un délai très court, qui mettait l’État à la merci d’une panique ; une dette flottante de plus de 65 milliards, constamment remboursable, pesait ‘Comme une menace constante sur la politique intérieure ; aussi, quand il fut question de frapper les capitalistes, pour liquider une situation qui continue, encore maintenant, de peser si lourdement sur la nation et dont les répercussions continueront à se faire sentir par une aggravation formidable du coût de la vie; les grands groupements économiques : assurances, métallurgie^ et banques entamèrent une lutte sournoise contre ceux qui voulaient frapper les profiteurs, affolant les porteurs de bons, dépréciant systématiquement nos valeurs, provoquant l’afflux vers les guichets des demandes de remboursements, au risque de pertuber toute l’économie nationale et de causer les ruines les plus douloureuses. De l'aveu du Figaro de M* Coty, 25 milliards de capitaux avaient déserté à l’étranger.

Cependant, si la finance a pu triompher, ce n’est que par la trahison de quelques hommes qui n’avaient de républicain que le masque et qui empêchèrent de prendre les mesures vigoureuses qui eussent permis d’écraser les puissances financières. Ce fut aussi grâce à F appui des 28 députés bolchevist'es qui s’allièrent à la droite contre le Ministère Herriot et amenèrent ainsi M. Poincaré au pouvoir. Les puissances financières, momentanément, ont repris le pouvoir et elles ont, comme don de joyeux avènement, consenti à une stabilisation financière de fait, qui remet la livre au cours qu’elle avait atteint avant 1924* Beau triomphe, en vérité î Dans les impôts nouveaux qui ont été votés, les impôts de consommation ont été accrus de pins de 4 milliards, pendant qu’ont été allégés les impôts sur les gros revenus; les petits héritages ont été frappés plus lourdement, pendant qu’étaient dégrevés les gros et ainsi, c’est sur le dos de ceux qui produisent, travailleurs, agriculteurs, petits commerçants, que pèse la plus grosse partie des nouvelles charges fiscales.

Cependant, nos adversaires de l’ Union nationale n'ont pas détruit toute reeuvre que mous nous étions efforcés de réaliser, Rappelez- vous qu’eu 1924, le monde avait semblé se dresser contre la France et ses prétentions impérialistes ; il a faliu l’arrivée de la Chambre <

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du 11 mai pour permettre les accords de Londres et ensuite les accords de Locarnoj- qui semblent avoir écarté de nous le spectre de la guerre. Mais les imprudences, les folies de ceux qui n'ont pas perdu V espoir d’une politique de prestige et de force, pourraient nous ramener aux heures d’angoisse»

À T intérieur, nous avons rétabli, dans une certaine mesure, F ordre par une largé amnistie, apaisant ainsi les conflits qui subsistaient par suite des condamnations des conseils de guerre et aussi, des mesures de répression contre les travailleurs en grève qui frappèrent les cheminots et les fonctionnaires» La réintégration des cheminots a été assurée par la victoire républicaine de 1924, Les fonctionnaires ont vu leurs traitements relevés dans une certaine mesure ; les pensions des victimes de la guerre ont été rajustées ; les ascendants dont les fils avaient été tués à 3a guerre ont vu reconnaître leurs droits à la pension ; enfin, nous avons voté le service militaire d'un an, après avoir proposé le service militaire de huit mois» Le Parti socialiste reprendra son projet dans la prochaine législature. Si la réforme des conseils de guerre n’a pas été faite suivant nos désirs, 3a pression morale exercée sur le Parlement a provoqué une amélioration de la loi existante.

Enfin, le vote des assurances sociales, môme dans leur cadre insuffisant, marque une ère nouvelle pour le monde du travail. Cette importante réforme garantira le travailleur contre les risques de maladie, lui assurant soixante pour cent de son salaire, en même temps qu'il permettra aux femmes, pendant une période de six semaines avant la maternité et six semaines après, de toucher soixante pour cent du salaire. Enfin, si on n'a pas encore réalisé l'assurance contre le chômage, Fassurancc contre la vieillesse permettra de toucher dès cinquante-cinq ans une retraite pouvant atteindre cinquante pour cent du salaire annuel.

Certes, cette réforme peut encore donner lieu à d'assez vives critiques ; mais enfin, la loi votée présente cet avantage d'apporter non pas de vaines formules, mais une réalité, et si l'ouvrier et l’employé doivent, comme le personnel des "administrations publiques, verser une cotisation égale à cinq pour cent du salaire, la réforme réalisée écarte de leur foyer les conséquences de la maladie, puisque, en outre des soins médicaux et des médicament accordés dans le cadre de la loi, la famille continue de percevoir une large partie du salaire qui défend le foyer contre la misère absolue. Nous ne verrons plus ce spectacle abominable d^hommes et de femmes ayant usé leurs forces dans un travail ingrat, condamnés a tendre les mains, au crépuscule de leur vie.

Il appartiendra donc à la Chambre nouvelle d’agir dans le sens de larges améliorations qui auront pour effet de créer une véritable solidarité sociale. Il lui appartiendra aussi d'en étendre plus largement l'application au monde du travail agricole, et particulièrement de garantir le cultivateur contre les risques des intempéries et des désastres qui ruinent souvent en quelques heures le fruit de son dur labeur d'une année» Pour cela, nos agriculteurs peuvent compter sur l'appui total des élus socialistes.

Les cultivateurs savent d'ailleurs que leurs droits et leurs intérêts ont été défendus par moi au même titre que les droits et les intérêts des mineurs, des ouvriers et employés, des fonctionnaires, des petits commerçants, en un mot de tous les travailleurs, sans distinction.

Contre les spéculateurs :

On sait que le véritable travail parlementaire s’effectue surtout dans les Commissions, avant et pendant le débat public et les discussions à la tribune. Comme secrétaire de Fimportante Commission des marchés et spéculations, j’ai participé à l'élaboration de toutes les mesures législatives prises contre les trop nombreux spéculateurs qui s’étaient enrichis scandaleusement par des marchés avec l’Etat. La Commission des marchés a, depuis plusieurs années, vérifié ensuite tous les contrats importants de l'Etat, et nous avons ainsi, en réduisant les prétentions des profiteurs, économisé aux contribuables un nombre respectable de millions. Nous avons également fait décider des poursuites contre les chacals, ces odieux trafiquants qui exploitaient les deuils des familles en spéculant sur les cercueils des malheureuses victimes cle la guerre.

Pour les cultiva teurs :

Je ine contenterai de mentionner ici les propositions que j’ai déposées pour rétablir la justice dans l’impôt sur le revenu, et particulièrement pour que les agriculteurs ne soient plus rançonnés par le fisc deux fois plus que les autres contribuables, Je compte en effet vous faire parvenir prochainement, un exposé complet et détaillé de ces propositions, qui doivent servir de base à l'œuvre indispensable et prochaine de révision des impôts.

Avec plusieurs de mes collègues, je suis intervenu déjà dans ce sens au dernier budget et nous avons pu obtenir un léger abaissement des impôts agricoles. E)e même, nous avons demandé la révision de la loi votée par le Bloc national, sur les baux à long terme, loi qui lèse les intérêts d’un grand nombre de cultivateurs.

Nous sommes parvenus à empêcher le vote d’une loi sur le cheptel de fer, qui aurait r u in é l’a gri cul tu r e .

Je suis monté à la tribune pour m’opposer, en 1927, aux mesures de réquisition du blé chez le producteur, mesures que nos protestations ont empêché d’être votées.

Je me bornerai à énumérer enfin les nombreuses lois favorables h l'agriculture, que je m'honore d’avoir défendues et votées :

Création des Chambres d’agriculture et de l’enseignement agricole ; protection des blés français ; électrification des campagnes ; loi sur les engrais azotés.

En outre, j’ai réclamé avec mes collègues socialistes, le monopole des engrais pour l’Etat, afin de l’enlever aux grands capitalistes de St-Gobain et de Khulmann, qui rançonnent odieusement l'agriculture. Notre projet prévoyait la répartition des engrais au prix coûtant, sous le contrôle des agriculteurs eux-mêmes.

Pour les ouvriers :

J’ai, en toutes occasions, défendu le droit syndical et résisté aux tentatives faites par la réaction pour revenir sur les lois sociales, et particulièrement sur cette loi de huit heures, qui constitue le progrès social le plus important de notre époque. Toutes les lois favorables à la classe ouvrière et paysanne ont été votées grâce aux efforts obstinés des députés socialistes : améliorations à la loi sur les accidents du travail ; mesures de protection des locataires — hélas ! insuffisantes — ; assurances sociales, etc.

Pour les commerçants :

J’ai voté îa suppression du chiffre d’affaires, cet impôt doublement inique, parce qu i! frappe si lourdement et le commerce et les consommateurs. On sait que c’est la Ghambre du Bloc national qui l’avait établi, et. Ton sait que ce sont les gens de droite et les réacteurs du Sénat qui en ont obtenu, malgré nous, le maintien. ïls l’ont même porté de 1 fr, 30 à 2 francs, alors que les élus socialistes et républicains avaient exonéré 800,000 commerçants dans le budget de 1925. De même, j’ai voté contre les impôts Doucheur, qui frappaient uniquement les commerçants. Enfin, j’ai volé cette loi sur la propriété commerciale qui, aussi imparfaite qu’elle soit, constitue néanmoins un avantage sérieux, et qui ne put être votée qu’en résistant à l’opposition des hommes de la droite.

Pour les fonctionnaires :

Nous avions donné en fait, aux fonctionnaires, celte liberté syndicale qu’ils réclament avec raison, et que la nouvelle majorité d’Union nationale a laissé remettre en cause une fois do plus. J’ai voté les augmentations de traitement qui remédient en partie à la situation désastreuse faite aux fonctionnaires par la vie chère et la baisse du franc. Aucune des mesures proposées en faveur des fonctionnaires n’a rencontré mon opposition. Pour eux aussi, c’est toujours aux hommes de la droite que se sont heurtés leurs intérêts.

Pour les cheminots ;

Comme membre du groupe de défense des cheminots, j’ai, avec mon ami Rognon, harcelé les ministères pour réclamer la réintégration totale des révoqués. Nous avons aussi] par de nombreuses interventions, travaillé au réajustement des salaires sur les grands réseaux et les compagnies secondaires, en prenant pour base l’échelle établie par les

syndicats. Les cheminots des Economiques savent aussi qu’au Conseil général je le dis

en passant — j’ai toujours défendu leurs droits.

Pour les mineurs :

Gomme secrétaire de la Commission des mines, et comme rapporteur, j'ai travaille activement à 1 adoption des mesures favorable aux ouvriers mineurs : Loi augmentant les pouvoirs des délégués mineurs (rapportée par moi à deux reprises) ; augmentation des retraites à 3.730 Iranes, avec progression à partir de 15 ans de mines, etc., etc. J’ai lutté, en outre, à la Commission, pour que l’âge de la retraite soit ramenée à 50 ans.

Pour les sports :

Je me sms apphrpaé également à aider le sport lé plus possible. C’est sur ma demande que le Stade de MonUuçon a obtenu 20 000 francs de subventions, et j’ai fait de pareils efforts en faveur des différentes sociétés sporLives de Commentry et d’ailleurs.

Pour noire région :

Je n’ai jamais négligé les intérêts de notre région. De concert avec mes amis Dormoy et Constans, j’ai pu obtenir diverses subventions pour les œuvres sociales créées par la Municipalité dé Montluçon et pour les écoles. J’en ai fait autant pour Commentry et pour lès autres communes qui m’ont demandé d’intervenir dans co sens. Durant ces quatre années et en grande partie grâce à mes -efforts, le téléphone a été installé dans la presque

totalité de nos communes. De même, j’ai poussé activement à l’électrification des campagnes. Pour le canton de Marwllat, c’est chose faite, et les travaux vont commencer incessamment, fl en sera de même pour les autres communes. Dois-je rappeler mes interventions â la Chambre pour le chemin de fer de Monthiçon-Goutlières, et au Conseil Général pour le maintien de r économique ?

On comprendra qu’il me soit impossible d’énumérer tous les votes intéressants de cette législature et les multiples démarches que j’ai faites en faveur des intérêts des électeurs de notre circonscription ?

On ne peut citer un seul de mes voles, en particulier, qui n’ait été favorable aux interets des mutilés, des veuves de guerre et des ascendants, qui m’ont toujours trouvé lorsqu il a fallu intervenir en leur faveur auprès du ministre*

Je m’honore, d’ailleurs, d’en avoir fait autant pour tous ceux qui se sont adressés à moi pour une juste cause, et sans jamais leur demander compte de leurs opinions*

Je crois donc avoir rempli loyalement et honnêtement le mandat que vous m’avez confié, et si votre confiance m’est renouvelée demain, je continuerai dans celte voie, ce qui me sera facile, car je le ferai en plein accord avec mon parti et avec les idées que ie défends depuis mon enfance.

Isidore THIVRIER

Député social i&te sortant. — Conseiller général.

Secrétaire de la. Commission dos mines.

Secrétaire de la Commission des marchés et spéculations.

Me mime du Groupe do Défense paysanne*

Membre du Groope de défense dos rhemïnols.

2* circonscription de MQNTLUÇONT.

' M. Paul CONS-TANS

Élu [bai premier tour de scrutin. — 8*452 voix*

Citoyens,

Le scrutin de liste qui a servi de base aux élections de 1919 et 1924 est supprimé et remplacé par le scrutin uninominal qui fonctionnera comme en 1914,

Vous êtes donc appelés à désigner votre représentant àJ la Chambre pour la 2e çir^ conscription.

Candidat du Parti socialiste dans cette circonscription , vous ra'avea faitTbonneur de m'accorder votre confiance en 1902, Î906 et 1 91 4. En 1924, le département de F Allier m'a réélu avec la majorité absolue , en tête de la liste socialiste.

Désigné encore une fois par le Parti socialiste auquel je nTat jamais cessé d'appartenir, j'ai accepté la candidature et je viens à nouveau demander les suffrages des électeurs de la circonscription de Montluçon -Ouest, au milieu desquels j'ai vécu et luUé^pour le monde du travail depuis bientôt quarante années.

J'ai le droit de sentir quelque fierté, à invoquer un passé encore pins lointain, puisque dès 1878, il y a un demi-siècle, avant la fondation en France du Parti socialiste, j’ai pris pour la première fois la parole en public, pour l'organisation à Paris, du syndicat des employés de commerce de la région parisienne.

Je suis jresté — j’ai la joie de pouvoir F affirmer — ce que j’étais à Page de 21 ans, ce que jetais en 1896, au moment où je sms entré clans la bataille poliLique auxjcôtês de Jean Dormoy* Tous les ouvriers, tous les travailleurs, qui ont suivi, les manifestations de la classe ouvrière, savent que dans- les bons comme dans les mauvais jours, jejsuis resté à côté d’eux, fidèle à la défense de leurs intérêts*

A la Chambre, où je suis entré pour la première fois en 1902, aujConseil général ou j'ai siégé durant vingt-quatre années, comme jadis à F Hôtel de y ille,^j 'ai ta certitude de n’avoir jamais oublié les engagements pris. A l'égard de tous ceux qui travaillent et produisent, des ouvriers des ateliers, dès eültivateuTS, des artisans et des petits commerçants, tous plus ou moins victimes de l’oppression des puissances d’argent. wSans oublier le but à atteindre qui1 est l’êmaneipa-fcien des travailleurs, je n’ai jamais négligé, en plein accord avec le Parti socialiste, d’agir de toutes mes forces pour atténuer la souffrance humaine et essayer de créer quelque joie pour les déshérités de la vie, par les réformes sociales.

Citoyens Électeurs,

Contre les socialistes, se dressent des adversaires dont Tes 'communistes ne sont pas les moins violents* Ils nous opposent que la G b ambre du lïÿnai 1924|n’a pas complètement réalisé ce qia’oii pouvait alLendre de son action, comme si les socialistes de jla Chambre qui étaient une centaine ^restés fidèles à J cura engagements,, peuvent jet re^respon sable s de la volonté d'une assemhlée comprenant près de 69 0 représentants

Les, communistes,, eux, noua accusent suit tout d'avoir pratiqué ; le soutien du cabinet Herriot,; qui a, pu grouper au début. de la législature, grâce^à notre" appoint „ une majorité de 330 vois. Sans noua, le cabinet Flerriot était renversé et remplacé sans délai, par un

autre Gouvernement do Bloc national, renouvelant la politique de 1919-1924, néfaste pour la situation financière du pays et menaçante pour la paix du monde*

Les communistes qui ont divisé la classe ouvrière en 1921 « pour faire la révolution â main armée », ne s'embarrassent ni de progrès social, ni de réformes, ni d'intérêt public, sauf en période électorale pour essayer de piper les voix des électeurs*

Dans les statuts et résolutions de l'internationale communiste, édités à Moscou le 7 août 1920^ on lit, page 11 ; « Ce n'est qu'au prix de la plus âpre guerre civile, que l'éducation, l'instruction, l’organisation des plus grandes masses exploitées pourra se faire autour du -prolétariat » ; page 44 : « Mais ce n’est pas k grève générale par la tactique des bras croisés que la classe ouvrière peut remporter la victoire sur la bourgeoisie. Le prolétariat doit en venir à T insurrection à main armée* »

Le Parti communiste n’a pas fait la révolution annoncée depuis huit ans, mais à la Chambre, il s'est associé plusieurs fois aux pires réactionnaires pour faire échouer d'utiles propositions.

Le Parti socialiste conserve intacte sa foi dans son idéal d'émancipation totale du travail-mais il tient compte des réalités et de la vie ; il adopte, selon les circonstances, la tactique la plus favorable aux réformes qui donnent plus de bien-être aux travailleurs et les préparent à la conquête du Pouvoir.

Oui, nous avons décidé de pratiquer îa politique de soutien du -Cabinet Herriot et de lui accorder nos votes tant qu'il resterait fidèle à son programme dominé par la nécessité de consolider k paix et de restaurer les finances do Pays.

C'est le gouvernement Herriot qui, soutenu par nos 100 voix, a travaillé utilement contre les dangers de guerre créés par ia politique de force de M. Poincaré qui avait occupé la Rhur en 1923. La France était isolée dans le. monde et ses rapports étaient tendus, notamment avec l'Angleterre, Après k Conférence de Londres, après le protocole de Genève en faveur de l'arbitrage général, apres l'évacuation de la Ruhr, les relations amicales entre la France et 47 nations furent rétablies ; grâce à cette politique de paix, l'Aile- , magne est entrée dans la Société des Nations et le rapprochement entre k France et

l'Allemagne — facteur de paix par excellence - est déjà un fait sanctionné par le pacte de

non- agression de Locàrno,

Ï1 faut y ajouter k reconnaissance du gouvernement des Soviets de Russie et le rétablissement des relations normales entre les deux pays.

Et cette politique extérieure favorable à k paix du monde a en un tel succès qu'elle s'est imposée aux successeurs du premier gouvernement du 11 mai 1924, même à M. Poincaré jadis irréductible contre T Allemagne*

La Chambre du H mai n'aurait-elle que ce résultat à son actif, nous devrions lui en savoir gré.

Au point de vue financier, le Bloc national a laissé à la Chambre de 1924, une dette de 432 milliards sans compter k dette extérieure ; plus de 68 milliards remboursable à court terme, le franc qui valait 0 fr. 85 or en 1919 tombé à moins de 0 fr. 30, un déficit budgétaire qui s’élevait en 1924 à 116 milliards.

Enfin, pour tout actif : 18 millions au Trésor.

Malgré tout, si la finance a pu triompher, c'est par tout une campagne de presse organisée contre le crédit public, campagne dénoncée en 1924 par M, Peretti de k Rocca, ambassadeur de France à Madrid, par k désertion de 25 milliards de capitaux à l'étranger de 1924 à 1925, désertion avouée par M. Coty dans le Figaro , par une offensive contre le franc menée par k haute banque* Mais c'est la trahison de la part des hommes qui n'avaient de républicain que l’étiquette, et empêcha, à la Chambre comme au Sénat, M, Herriot déjà hésitant, de prendre les mesures capables de juguler les puissances d'argent.

En 1925, la Commission des finances de 1a Chambre, sous la présidence de notre ami Vincent Àuriol, avait établi le premier budget en équilibre, il fut voté par la Chambre le 12 lévrier, mais le Sénat qui, depuis, vote le budget en huit ou quinze jours, temporisa à dessein, garda pendant quatre mois le budget et k renvoya à la Chambre après avoir

supprimé tout ce qui ménageait petits contribuables et consommateurs et ''menaçait les fxau-« deurs, la suppression de la taxe sur le chiffre d'affaires pour plus rde 800,000 petits commerçants, etc. Cela aboutit à la loi du 3 août 1926 qui devait assommer le travailleur et le petit contribuable de tout le poids d’impôts dont Foisif et les gros furent allégés, sous Je gouvernement de M, Poincaré devenu le chef de FUnion nationale, succédané du Bloc national.

En 1927, 12 milliards d’impôts nouveaux ont frappé le travail et la richesse en formation, les gros millionnaires ont vu leurs charges diminuées de moitié, 25 0/0 au lieu de 500/0, L/ inflation dénoncée comme une catastrophe en 1925 Iorqu elle atteignit 42 milliards est actuellement portée à plus de 60 milliards, et la presse de FUnion nationale chante les louanges de M* Poincaré,

Le franc est revalorisé à 0 fr, 20 or, mais le chômage et le malaisément été la conséquence de cette revalorisation sans stabilisation légale; une partie de la dette à court terme a été consolidée à deux ansi mais la dette n+a pas diminué et Fa venir reste incertain et plein de dangers.

Citoyens,

La Chambre de 1924 a fini dans l'équivoque, par la faute1' de ceux qui, après avoir vaincu le Bloc national, sont devenus les collaborateurs d’une nouvelle édition de ce go u ver n em ent .

Cependant, malgré le trouble de la seconde moitié de cette législature, en dehors de la consolidation de la paix, nous pouvons signaler :

Le retour des budgets en équilibre;

Le fonctionnement du Conseil national économique ;

Le vote définitif de la loi sur les Assurances sociales ;

La réduction a un au de la durée du service militaire, que nous voulons réduire à six mois ;

Lêgè re ré d uc lion des impôts agr ic oîe s mal é ta bli s •

Electrification des campagnes : loi sur les engrais azotés1;

Loi sur la propriété commerciale ; mesures de protection pour les locataires ;

Nouveaux statuts de retraite des cheminots, dont les caisses seront gérées par des commissions triparties ; améliorations des retraites pour les cheminots des réseaux secondaires ;

Loi du 24 mars 1928 apportant d'importantes majorations des rentes aux mutilés du travail, etc.

Pour le 22 avril, il faut choisir pour ou contre FUnion nationale, édition revue et grossie du Bloc national de 1919. Il faut choisir entre la politique de paix du Parti Socialiste et la politique de défiance entre les peuples qui conduit à la guerre. Il faut choisir entre une restauration financière organisée au moyen d’une contribution exceptionnelle sur la fortune acquise et une politique d’impôts sur la consommation.

Pour l’avenir, le Parti socialiste vous demande de donner votreYdhéwon aux mesures suivantes, en votant pour son candidat.

Pb O GRAMME SOCIALISTE

Programme politique :

Pour perfectionner les institutions démocratiques, nous voulons modifier et améliorer la constitution républicaine sur les points essentiels suivants :

1° Institution de la pratique du référendum, qui accroîtra, par la consultation populaire sur les grandes questions, la souveraineté des électeurs ;

2° En attendant que soit possible la suppression du Sénat, obstacle essentiel aux lois démocratiques et sociales, limitation de ses pouvoirs ;

3U Rénovation de l’Etat par b ex tension des attributions du Conseil national économique et la coopération des organisations professionnelles à la gestion nationale ;

4a Egalité civile et politique des deux sexes ;

5° Représentation proportionnelle juste et loyale, sans prime à la majorité absolue et sans panachage.

6° Abrogation des lois scélérates ;

7° Amnistie générale en matière politique ;

8Û Suppression des conseils de guerre et des cours martiales ;

Programme de réformes sociales :

1° Interdiction d’employer les enfants avant Page de 14 ans, dans les établissements industriels et commerciaux ;

2* Limitation de la durée maximum du travail à huit heures par jour, ou à quarantehuit heures par semaine ;

3° Droit pour les salariés à un congé annuel payé et non récupérable en heures supplémentaires ;

4° Révision complète de la loi de 1898 sur les accidents du travail et extension de cette loi aux maladies d’origine professionnelle ;

5° Participation du personnel à l'élaboration des règlements d’atelier. Interdiction aux patrons de frapper leurs ouvriers d’amendes ou de retenues sur les salaires;

6° Réorganisation et extension de l’inspection du travail ;

7° Ratification sans réserve de toutes les conventions adoptées par la Conférence internationale du travail ;

8° Extension du droit syndical aux travailleurs de l’Etat, des départements, des communes;

9* Amélioration de la nouvelle loi sur les assurances sociales et extension des bénéfices de cette loi à l’agriculture ;

10° Développement des contrats collectifs et reconnaissance complète du droit syndical ;

11° Mise en accord avec le coût de la vie des pensions des retraités ;

12° Appui donné aux revendications des mutilés de guerre, des ascendants, des veuve® et des victimes de la guerre, ainsi qu’à celles des mutilés du travail.

Pour les cultivateurs :

1° Création d’nn office du bïé, pour mettre un terme aux manœuvres des spéculateurs qui trustent l’ agriculteur de son bénéfice normal ;

2° Mise à l’étude d’un vaste programme d’amélioration du sol (drainage, irrigation, assèchement, etc.) ;

3° Aménagement des forces hydrauliques sous le contrôle de la Nation et des producteurs ;

4° Nationalisation de la fabrication et de l’importation des engrais, sous la surveillance des délégués des cultivateurs, afin que les engrais soient livrés au prix de revient à l’agriculture ;

5* Intensification de renseignement agricole nouvellement créé ;

6° Développement, avec la collaboration des pouvoirs publics, des syndicats, des mutuelles et des coopératives agricoles;

7° Extension des caisses de crédit agricole ;

8° Tarifs réduits pour le transport des engrais, des machines et des produits agricoles ; ür 9° Application aux travailleurs agricoles des lois ouvrières et de prévoyance sociale;

10û Institution de commissions d’arbitrage pour la révision des baux de fermage et d'arrérages. Ces commissions auront le droit de réduire le fermage à la valeur normale de la rente foncière.

Programme économique :

1° Nationalisation et industrialisation des services publics et retour à la Nation des monopoles de fait ;

2° Contrôle ouvrier et participation ouvrière à la gestion ;

3° Contrôle des prix et lutte contre la spéculation.

Programme financier :

1° Règlement des dettes interalliées, en tenant compte des versements de l’Allemagne (clause de sauvegarde) et avec possibilité de transférer notre créance sur l'Allemagne à nos créanciers (clause de transfert) ;

2° Stabilisation légale et rapide du franc ;

3° Consolidation de la dette flottante ;

4e Reprise et intensification de la vie économique;

5° Remaniement des charges fiscales, et particulièrement établissement de la justice fiscale dans les impôts directs ;

6“ Réduction des droits sur f héritage en ligne directe et augmentation des droits sur les héritages collatéraux.

Réduction des droits sur tous les petits héritages eL augmentation de la progressivité pour les gros héritages ;

7° Suppression de îa taxe de 7 0/0 sur les mutations ;

8“ Contribution progressive sur la fortune acquise avec sérieux degrèvement à la base.

Cette politique, dont la nécessité s'impose immédiatement à nous, ne peut certes donner à la classe ouvrière toutes les satisfactions légitimes ni sa complète libération qui est f objet essentiel du socialisme ; mais dès maintenant elle nous permettra de restituer l'Etat dans sou indépendance à l’égard des puissances financières et de donner au travail la stabilité et la force grâce auxquelles, loin des secousses économiques et financières dont le prolétariat est la principale victime, il fera valoir avec plus de succès ses revendications de complété justice.

Pour FéducaLion nationale :

T Maintien et application des lois laïques ;

2° Ecole unique, c’est-à-dire enseignement gratuit à tous les degrés, accession aux ensei gnements secondaire et supérieur par voie de concours.

Cette grande réforme démocratique, qui est en voie de réalisation, permettra aux enfants du peuple Faccès des études réservées jusqu'ici aux favorisés de la fortune;

3° Nationalisation de renseignement, en commençant par F école du premier degré, sous le triple contrôle de 1 Etat, du corps enseignant et des parents-

Nous réclamons également ;

a) La gratuité complète de la scolarité (fournitures, soins médicaux, cantines, etc*) ;

j 5) Le respect absolu des lois sur la fréquentation scolaire et une aide aux familles pau* vres par des allocations compensatoires ;

c) La prolongation de la scolarité obligatoire jusqu^au minimum de 14 ans, comme danâ tous les grands pays d'Europe ;

1" Organisation de F éducation populaire, par le développement de l'enseignement post-scolaire, et la création d’un enseignement populaire pour les adultes.

Pour Fhygïène et f assistance :

1° Création d’œuvres en faveur de P enfance (consultations des nourrissons, inspection médicale des écoles, colonies de vacances et de plein air, etc.) ;

2a Réorganisation, sur des bases plus humaines, du service des enfants assistés ;

3° Création d'un vaste service d'hygiène pour la surveillance et la protection de la santé publique ; *

4° Large dotation du budget de l'hygiène et de Eàssistance, Lutte sérieuse contre la tuberculose, la syphilis, le cancer ;

5° Politique active du logement et de l'habitation.

Pour la paix internationale :

Les socialistes s’attacheront particulièrement à la grande œuvre d’établissement et de consolidation de la paix mondiale. Pour eelaT nous entendons intensifier Faction de la Société des Nations, seule garantie actuelle des peuples contre la guerre*

Nous voulons que la S, D. N. arrive à exercer une sorte de souveraineté collective supérieure aux souverainetés nationales.

U faut revenir au Protocole de Genève, ce pacte de septembre 1924, par lequel les Etats s’engageaient, d'une part, à soumettre à l'arbitrage tous leurs conflits, et d'autre part, a se prêter leur assistance en cas d'agression de la part d’un Etat violateur du Pacte,

Le refus de l’Angleterre, seul, empêcha alors la signature du Protocole. Il faut reprendre les négociations internationales, pour substituer le Pacte aux accords particuliers, comme ceux de Locarno, utiles, certes, mais insuffisants.

Nous voulons arriver en outre, par la réduction progressive des armements, et la constitution de toutes les armées sur un mode purement défensif, à supprimer la guerre.

La Société des Nations doit également étudier le s moyens de prévenir la guerre par le règlement des conflits économiques (répartition des matières premières, émigration, systèmes douaniers, partage des débouchés, gestions coloniales, etc.). La Conférence écono mique internationale doit, dans ce but, aboutir à îa création d'un Bureau internaLional économique.

ï! faut, enfin, abandonner le système des alliances particulières et supprimer la diplomatie secrète.

La France doit montrer sa volonté pacifique par la réforme militaire et îe service de six mois, ainsi Par la suppression des périodes de réserve, inutiles, coûteuses et qui enlèvent au travail et à l’agriculture mie main-d'œuvre Indispensable.

Politique coloniale :

L'impérialisme colonial figure au premier rang parmi les causes de guerre continentales. Jaurès a montré prophétiquement Fencliainemeut qui a conduit de F expédition marocaine à l'expédition t ri poli tain e, de la campagne de Tripoli aux deux guerres balkaniques dont devait sortir la guerre générale.

Le Parti socialiste combat donc au nom de la paix toute espèce iF expédition ou rïV ventura coloniale.

Liquidation de îa Sarre :

La population de la Sarre devra décider en 1935, par voie de referendum, si elle entend être définitivement rattachée à la France ou a F Allemagne. Personne n'a plus ou ne peut avoir la moindre illusion sur le résultat du plébieiste. Dans ces conditions, il est absurde de prolonger jusqu'à, la date prévue par le traité un système de gouvernement qui provoque d'incessants conflits.

Evacuation de la Rhénanie :

Le Parti socialiste, en plein accord avec le socialisme international, a toujours condamne dans son principe meme i'occupalion de territoires allemands. Nous réclamons donc^ comme nous l'avons toujours fait, F évacuation immédiate.

Citoyens,

Le Parti socialiste fait appel à tous les travailleurs. et leur demande de se grouper autour de lui. Armé de sa doctrine, il ne craint ni le présent ni P avenir.

11 affirme devant ie pays qu’il est prêt à assumer la responsabilité du pouvoir, persuadé que, pour ceüe tache, un gouvernement résolu à briser les spéculateurs quels qu’ils soient * à mettre lin aux enrichissements scandaleux, à rétablir Ja souveraineté de la Nation, compromise par une minorité de ploutocrates, aurait l’appui du peuple tout entier.

Pour sauver le pays, pour rétablir les finances dont la situation est toujours fragile et précaire, pour inspirer à la Nation confiance en elle-même, il faut imposer silence à la minorité de réacteurs qui la Lrompcntr la découragent et la ruinent.

Pour cette œuvre, le Parti socialiste est toujours prêt. Il appelle à lui tous ceux qui veulent s’organiser en vue de la lutte et de la victoire, dont le prix n’est rien moins que la paix du monde, f affranchissement du travail et Ja réconciliation de l'humanité.

Vive la paix I

Vive la République sociale î

Paul GONSTÀNS

Maire honoraire de Montluçon. — Député sortant. Candidat du Parts socialiste.

îre Circonscription de Moulins.

M, EOUDET

Élu au deuxième tour de scrutin, — 7.121 voix.

Citoyens,

La législature élue en 1924 vient d’achever son mandat et l’heure approche ou 3e pays va porter sur elle son jugement,

Jamais la situation politique et économique de notre pays ne fut aussi trouble, aussi obscure, aussi incohérente. Non seulement tout progrès social a été entravé, tout élan généreux, brisé; mais nous avons assisté à la collusion honteuse des politiciens de réaction et des gens d'affaires qui n’ont fait qu'accroître, depuis la guerre, les difficultés et les charges nationales en organisant la panique et l'évasion des capitaux.

Pour satisfaire la politique d’imprévoyance et d’im prévision du bloc national, 3e Gouvernement Poincaré a créé, depuis 1920, plus de 20 milliards d’impôt, portant surtout sur la consommation, et dont le poids écrase le contribuable et fait augmenter lé coût de la vie.

Malgré les vives protesta lions des socialistes, le chiffre d'affaires a, non seule ment été maintenu, mais on en a élevé le taux ; élevé également le taux de l'Impôt sur les bénéfices agricoles.

Malgré 1 action énergique des socialistes^ malgré fi avis compétent des généraux demeurés clairvoyants, le service militaire de 18 mois est maintenu, les périodes de 21 jours rétablies, les garanties légales obtenues pour les travailleurs, violées; la liberté d’opinion, foulée aux pieds.

EL la Chambre a permis tout cela ï

C’est à la trahison d’un grand nombre de politiciens à faux visage que nous devons cefc arrêt soudain du progrès social, La plupart de ces fêlons ont été élus avec des étiquettes de gauche, notammenL les saxons et ceux qui s’intitulent indépendants et dont l'indépendance consiste toujours à se jeter dans les bras de la réaction.

Il importe que les électeurs avertis par une douloureuse expérience redoublent, cette année, d’efforts et de clairvoyance et votent en masse pour le candidat du parti socialiste qui, dans la tourmente, a su, par une discipline admirable, garder intacte sa dignité et imposer Je respect par sa fidélité à ses conceptions et à son programme.

Camarades,

Dans celte faillite de l’esprit républicain, le parti socialiste peut revendiquer fièrement Y honneur dTavoir soutenu la grande tradition démocratique et défendu les intérêts des travailleurs : (petits et moyens commercants, fonctionnaires, agriculteurs, ouvriers de tontes professions).

Nous n’étions qu’une centaine à la Chambre qui disparaît. Malgré notre petit nombre, nous avons pu souvent imposer silence a la réaction et parfois mettre un terme aux abus les plus-révoltants.

Par son action et ses interventions, le groupe socialiste a obtenu l'amélioration. de la loi sur les loyers, l'extension de la Joi sur les accidents du travail à tous les salariés agricoles.

Le groupe socialiste a ratifié les accords de Londres, Locarno, Lausanne, Genève, qui constituent un premier pas vers la paix et le désarmement général des nations.

Il a pris une part importante dans la discussion du projet de loi d’amnistie.

Le parti socialiste s’éleva, dès son début, contre Paventure marocaine. Penaude! et Blum marquèrent fortement la position socialiste et déclarèrent ne vouloir prendre aucune espèce de responsabilité dans cette nouvelle guerre. Dès 1925, le parti socialiste vota contre tous les crédits provisoires demandés, mois par mois, et dans lesquels se trouvaient inclus les crédits nécessaires à poursuivre la guerre marocaine.

Il eut une attitude analogue en ce qui concerne la Syrie.

La question de Inorganisation de la nation armée pour le temps de guerre a été longuement discutée dans les assemblées de notre parti. Renaudel déposa, au nom du groupe socialiste, au Parlement, une proposition de loi réorganisant les forces défensives de la nation. Les dispositions de son texte, dont l’économie tendait au service de 12 mois pour aboutir progressivement au service de 9 mois, furent repoussées par 338 voix contre 150,

Le groupe socialiste s’est constamment élevé, soit à la tribune, soit dans les commissions, contre les convocations de réservistes. Une demande de réduction de crédit de U millions, pour en amener la suppression, a été rejetée.

Le groupe socialiste a réclamé instamment la suppression des conseils de guerre et des bagnes militaires : il a refusé les crédits nécessaires à leur fonctionnement.

Il s est élevé de toutes ses forces contre le projet de loi portant augmentation de la taxe sur le chiffre d’affaires : il a été battu.

ü a demandé vainement la suppression de l'article majorant de 80 0/0 le droit de timbre pour les assurés.

li a insiste pour que les municipalités puissent établir une taxe sur les locaux laissés vacants ou inhabités volontairement. Peine perdue.

II a protesté, par son vote, contre les 12 milliards d'impôts nouveaux sur la consom^ mation.

Il s’est refusé à aliéner le monopole des tabacs.

Il a demandé que les syndicats et les coopératives de production agricole bénéficient de l’exonéra tion de l’impôt sur le chiffre d’affaires.

Il a protégé la main-d'œuvre française en demandant que les étrangers ne soient pas employés à des conditions inférieures aux conditions moyennes faites dans la région aux travailleurs de même catégorie.

II a demandé qu’une subvention de 15 millions soit attribuée aux offices agricoles régionaux et départementaux. (Repoussé, la question de confiance ayant été posée par le Gouvernement )

Pour le service des études et travaux hydrauliques du génie rural, une subvention s'élevant à 7,800.000 francs proposée par le groupe socialiste a été rejetée dans les mêmes conditions.

Le même sort a été réservé à une proposition tendant à accorder un crédit de 44 millions 190.000 francs pour l'électrification des campagnes.

Le groupe socialiste s'est attaché k doter les services d'assistance aux vieillards r infirmes et incurables de crédits suffisants. — Rejeté

Un crédit de 12 millions pour l'organisation de la lutte contre la tuberculose n'a pas eu plus de succès. Il en a été de même d'un crédit d'assistance aux femmes en couche.

Pour l’instruction publique, un crédit de 2.500.000 francs est refusé.

Pour le service des constructions scolaires, un crédit de 26.000.000 de francs est rejeté.

Le groupe socialiste avait demandé que les militaires allant en permission voyagent gratuitement. Rejeté,

Il a voté la proposition de M. jDucIqs tendant à accorder une subvention de 25 millions 160.000 francs à l'office national des mutilés et réformés et secours aux associations d'anciens combattants, — Rejeté,

Au nom du groupe socialiste, Calmon, grand mutilé de guerre , a demandé un crédit pour avances sur pensions et majorations de pensions de 191.1 50.000 francs. Le Gouvernement s y est opposé e* la Chambre, docile, a obtempéré. Pour les prisonniers de guerre, même résultat.

Pour les retraités civils et militaires et ouvriers d'Etat, nous avons obtenu de notables bonifications de pension.

Afin d'obliger les Compagnies de chemins de fer à réintégrer tous les cheminots révoqués en 1920, le groupe socialiste a demandé que la garantie d'intérêt des Compagnies soit réduite de 1 7. 500. 000 francs. — Rejeté,

Au point de vue agricole :

Le parti socialiste, par l'Intermédiaire de Compère-Morel, a proposé de taxer d’après leur bénéfice réel les exploitations dont le montant total des recettes brutes annuelles excèdent 100,000 francs.

Pour la détermination de l'impôt agricole, le groupe socialiste demandait que les revenus agricoles pour l'assiette de l’impôt soient établis dans les conditions suivantes :

Une commission cantonale présidée par le juge de paix, assisté du contrôleur des contributions directes et composée de cinq membres désignés par le préfet et choisis sur les listes présentées par les associations et syndicats agricoles, détermine annuellement, avant le 31 décembre, sur la proposition des classificateurs de chaque commune, le bénéfice net moyen à l'hectare par nature de culture et par classe, ou s'il s’agit de régions consacrées à Pélevage, le bénéfice moyen par tête de bétail.

Dans le calcul du bénéfice, il sera tenu compte de la rémunération du travail fourni

par remploi tant et les membres de sa famille ; rémunération calculée sur la base de la moyenne des salaires {en espèce et en nature) payés dans la région.

Le groupe socialiste a demandé que Ti'mpot sur le chiffre d'affaires appliqué nus engrais soit remplacé par une taxe unique de 2 0/0 sur la valeur des engrais commerciaux à îa sortie de l’usine et de I 0/0 pour le sulfate d’ammoniaque.

Grâce à son intervention* le projet de loi sur les cheptels qui dépouillait fermiers et métayers de leur psi tri moi no, a été retiré de Tordre du jour du Sénat,

L’assainissement financier :

Lors de la discussion du budget, le parti socialiste a déposé un contre- projet perme ttant* en vue de I1 assainissement financier, d'établir une contribution exceptionnelle et unique sur la fortune acquise. Le contre-projet a été rejeté par 319 voix contre 206,

Par contre, la Chambre a voté plus de vingt milliards d impôts nouveaux , frappant les petite* exonérant les gros,

-Citoyens,

Fidèle âmes engagements* fidèle à tout mon passé* j’ai* pendant ces ’ quatres années, scrupule use me n t ace o m p l i la ta ch e q ue vous m ’ aviez co üEea.

De toute mon énergie, j'ai combattu T injustice sociale; par mon action commune, j’ai tenté d’ arracher aux privilèges et aux égoïsmes un peu de bien-être en faveur de J a classe ouvrière afin de la réconforter eide Te n cou rager â préparer sa libération totale,

Mon vote et ma parole ont toujours été mis au service de ces nobles causes. J'ai le droit de penser que l'œuvre accomplie en votre nom a votre pleine approbation, et c’est parce que je me sens de cœur avec vous que je continue la lutte et me présente de nouveau à vos suffrages.

Galle lutte iTest pas terminée. Plus que jamais lesllpuissanees de régression s'opposent aux puissances de progrès. Plus que jamais, la pensée réactionnaire déguisée* cachée, maquillée, va chercher à tromper votre confiance,

A mesure .que le socialisme grandit, la bourgeoisie conservatrice T agite comme un épouvantail et lui suscite de nouveaux oblacles. Nous louchons à Tôre des grandes difficultés, des conflits aigus où les travailleurs peuvent perdre leurs dernières libertés, s’ils ne savent* par leur union compacte* conquérir leur émancipation économique..

Mous avons l’espoir tenace. Notre cause triomphera* parce qu'elle est juste. Nous nous dress on s de vaut V ê guïsme e 1 1 ’o ppre s s i o,n . Mous v o nlo ns 1 a vra le R ê pub ] i q u e , la ïiéjpubl i q u e sociale, le régime dléquité* de justice et de liberté qui donnera au producteur la part qui lui revient dans la compétition sociale.

Cultivateurs* employés, commerçants, travailleurs manuels et intellectuels, c’est pour cet idéal que je combats depuis 35 ans. Si vous me faites l'honneur de m’accorder à nouveau vos suffrages, soyez assurés que j'en resterai digne,

Programme politique et constitiiiUormel r;

Referendum* qu’il ne faut pas confondre avec plébiscite. Le corps électoral doit être consulté pour l'examen des grands problèmes dont la solution est urgente.

Suppression du Sénat. — Avec tout le parti républicain, nous réclamons rassemblée unique, issue du suffrage universel. En attendant* limitation des pouvoirs d'un Sénat trop souvent hostile aux desiderata populaires.

Extension des attributions du Conseil national économique pour assurer la coopération des organismes professionnels aux fonctions de T Etat.

Egalité civile et politique des sexes* comportant le droit de vole et d'éligibilité des femmes à toutes les fonctions publiques.

Représentation proportionnelle* juste et loyale, sans prime ni panachage.

Quelques mesures urgentes :

Abrogation des lois scélérates.

Amnistie générale.

Suppression des conseils de guerre et des cours martiales.

Programme de législation du travail :

Notre programme est celui de la C. G, i . :

1° Interdiction d'employer les enfants avant l’âge de 14 ans dans les établissements industriels et commerciaux ;

2° Limitation de la durée maximum du travail à huit heures par jour ou à quarantehuit heures par semaine ;

3° Droit pour les travailleurs salariés à un congé annuel payé ;

4* Amélioration de la loi de 1898 sur les accidents du travail et extension de ladite loi aux maladies d'origine professionnelle ;

50 Participation du personnel à 1' élaboration des règlements d'atelier et de toutes entreprises industrielles et commerciales ;

6& Ratification sans conditions, ni réserves, des conventions adoptées par la Conférence internationale du travail ;

7° Extension du droit syndical aux travailleurs de F Etat, des departements et des communes ;

8° Application et amélioration de la loi sur les assurances sociales en vue de protéger Jes ouvriers et leurs familles, en cas de maladie, cie maternité, d'invalidité, de chômage, de vieillesse et de décès.

Développement de la législation sociale en ce qui concerne l'artisanat, Y apprentissage, le travail des femmes et des enfants.

Programme agraire :

Création d’un office des blés.

Mise à l'étude immédiate d'un programme ayant pour objet P amélioration du soi. Aménagement des forces hydrauliques.

Nationalisation de la fabrication et de l'importation des engrais.

Développement général de renseignement agricole.

Création d'écoles d'agriculture saisonnières, d'écoles ménagères et de fermes-écoles. Développement et extension, avec la collaboration des pouvoirs publics, des syndicats, des mutuelles et des coopératives agricoles.

Extension des caisses de crédit agricole.

Accès des travailleurs ruraux à la propriété terrienne.

Établissement de tarifs réduits pour les engrais, les machines et les produits agricoles, et création de tout un matériel moderne pour le transport des denrées périssables,

Application aux travailleurs agricoles de toutes les lois ouvrières et de prévoyance

sociale.

Réduction des droits de douane sur les instruments aratoires.

Encouragement aux mutualités agricoles pour favoriser l'assurance contre les accidents et îa mortalité du bétail.

Larges subventions aux syndicats des communes pour 1 électrification des campagnes. Institution de commissions d'arbitrage devant lesquelles seront portées toutes demandes en révision des baux â fermage et d'arrérages.

Développement du cinéma éducatif et de la T. S. F, dans les campagnes.

Programme économique :

Nationalisation des services publics et retour à la Nation des monopoles de fait.

Contrôle ouvrier et participation des travailleurs a la gestion des entreprises. <

Développement de l’outillage économique du pays : canaux, ports, électriOcation par Temploi des prestations en nature provenant du plan Dawes.

Protection des consommateurs contre les compagnies concessionnaires productives de courant électrique.

Création de ressources pour accroître le; champ d’action des chambres d’agriculture.

Suppression des crédits alloués sur les fonds du pari mutuel aux agents du Saint- Hubert-Club et affectation de ces crédits aux sociétés de chasse et de pêclie départementales. ^

Programme financier :

Le Parti socialiste a toujours proposé de résoudre les problèmes financiers nés de la guerre par une politique hardie don tente internationale.

II demande notamment ;

Le règlement dés' dettes interalliées.

La s ta bi 1 i sati o n 1 égal e du frrm c .

La reprise d'une intense vie économique.

Le remaniement des charges fiscales et mie répartition plus équitable des charges publiques. &

La contribution exceptionnelle sur la fortune acquise avec dégrèvement à la hase.

L amenagement de la taxée s ur le chiffre d'affaires et son remplacement éventuel par une taxe à la production. r

Programme deducation nationale :

Dcfense laïque. Le Parti socialiste tient à proclamer, une fois de plus, qu'il veut ignorer les questions confessionnelles et les divergences religieuses ; mais il est Lien obligé de mesurer ehaquejour,£dans notre pays, la puissance que tous les cléricalismes mettent au service de la réaction et du capital, C’est pourquoi, le premier souci du parti socialiste sera de renforcer les lois protectrices de fécole laïque.

Enseignement gratuit, pour tous, à tous les degrés, avec sélection par l’intelligence et non par la fortune. *

Respect absolu de l’obligation et delà fréquentation scolaires rendues effectives par des allocations compensatrices aux familles nécessiteuses.

Organisation et développement parallèles de Lappren tissage.

Diffusion et mise en application de toutes les méthodes modernes de pédagogie active, etc.

Organisation de l'éducation et de renseignement populaires.

Développement de renseignement post-scolaire.

1 cogramme d hygiène, d'assistance et de pré voyance sociale :

Création d’œuvres en faveur de l'enfance (consultations pour nourrissons, gouttes de lait, inspection médicaletdcs écoles, colonies de vacances, écoles de plein air, etc.).

Assurance sociale des enfants, ’ ’

Réorganisatiqo^omplètejdu service des enfants assistés sur des bases plus humaines.

Kelonte des lois d'assistance.

Création d’un vaste [service d’hygiène en vue d’assurer la surveillance et la protection

a -an e iquc et toules^mesures propres à atténuer les souffrances et à sauvegarder la vie humaine, °

Large dotation des budgets d'hygiène et d'assis tance.

Politique coloniale :

Le Parti socialiste combat, au nom de la paix et de l’humamLc, toute expédition, toute aventure coloniale ; mais il est résolu à mettre eu valeur les colonies françaises et à utiliser le plan Dawes pour permettre notre complète indépendance économique (création do ports, de canaux, transsaharicn , etc.).

René BOUDET Député striant. — fijaîre de Moulins.

2e circonscription de MOULINS.

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