AIN
Circonscription de BELLEY,
M. BRÀVET, républicain socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin, — 9,935 voix
Mes chers Concitoyens,
En avril 1928, vous m'avez élu votre Député. Pendant quatre ans, je vous ai représentés, je crois, consciencieusement: au jour le jour, vous avez suivi mon action parlementaire par mes votes qui furent tous franchement opposés aux erreurs du Gouvernement,
J’ai gardé avec vous le fidèle contact d'un mandataire dévoué, contact d’ailleurs nécessaire à l’exercice de mon mandat.
JTaïja conviction de n’avoir pas démérité en rien dans votre estime et je viens à nouveau solliciter vos libres suffrages et vous demander de me renouveler votre confiance»
La législature que nous abordons est, certes, l’une des plus inquiétantes de l après guerre, mais, avec la volonté et l’énergie qui caractérisent les vrais républicains, tous les problèmes troublants et urgents que la situation actuelle nous impose doivent se solutionner dans Fïnlérêt supérieur de lu République et de l1 humanité tout entière,
La paix entre les peuples, la paix juste et féconde, la paix solide et durable sera le point le plus important ou se porteront mes efforts.
Vous connaissez, Citoyens, avec quelle ardeur notre éminent et regrette Aristide Briand, « T honneur du parti républicain-socialiste » a conduit, àLocarno comme k Genève, son action pour fonder la paix, non seulement sur la réconciliation franco- allemande, mais encore et surtout sur la consolidation économique de l’Europe tout entière.
Son œuvre est ébauchée ; à nous, fervents républicains, de 1 achever !
Soyons pacifistes, clamons la nécessité impérieuse du désarmement et de la paix organisée.
L ’é q uilib re/écono m ique de la France, comme de toutes les nations, gravement compromis, n 'obtiendra son redressement efficace, qufl soit basé sur les productions agricoles, industrielles ou commerciales, que si tous les peuples travaillent en paix»
Partisan, pour notre pays, de faire le rude effort méthodique indispensable pour que la crise économique et financière actuelle soit définitivement conjurée, j emploierai toute mon énergie à soutenir et à voter toutes les lois susceptibles d’alléger 1 écrasant fardeau des charges du petit et moyen contribuable, dussé-je pour cela inquiéter les gros possédants et les puissances d’argent. Solutions énergiques : Imposition extraordinaire à la grosse fortune ; contrôle renforcé de T Etat sur les grandes entreprises publiques et privées nécessaires à la vie de la nation ; suppression des multiples et nombreuses hautes fonctions
publiques, civiles ou militaires injustifiées, grevant nos finances dans des proportions
exagérées ; application immédiate des lois de protection de l’épargne publique ; tels
sont, en autres, les moyens énergiques que j'emploierai pour justifier mon action.
Le monde est anxieux I Les chômeurs, tant en France qu’à l'étranger, demandent du travail et du pain, ils sont saturés de belles paroles et de belles promesses ; passons aux actes, donnons-leur ce qui leur est dû, enlevons aux œuvres de mort les milliards que nous leur jetons sans compter, cela en accord avec les autres nations, et distribuons-en la bonne part aux travailleurs, aux indigents et à toutes les œuvres de la vie.
Il faut, coûte que coûte, aboutir à une entente internationale économique et pacifique, si nous voulons vivre, — Le désarmement progressif, simultané et contrôlé, on attendant le désarmement totaf, sera un des buts les plus urgents à atteindre*
Renforcement de la Société des Nations par un service armé international ayant des moyens d’action et de coercition contre les fauteurs de troubles internationaux.
Je continuerai à défendre fermement les justes revendications de nos populations agricoles, comme celles de tous les ouvriers et petits commerçants par la recherche et l'application des lois sociales existantes, à modifier ou h créer : assurances sociales à modifier et à améliorer dans leur application ; protection de l'agriculture ; développement des syndicats et coopératives agricoles par les crédits mis à la disposition de ces organismes ; lutte contre la spéculation; stabilisation; amélioration des contingentements ; adaptation complète au point de vue ouvrier du programme de la G. G. T#
Réduction des impôts exagérés accablant le petit commerçant par la compression des dépenses publiques.
Je resterai le défenseur des institutions laïques, bienfait de la République, considérant que l’on ne peut être un vrai républicain si Von n’est pas un bon laïque.
Tolérant et aimant la liberté de conscience pour autrui comme pour moi-même, je ne raviverai pas sans raison les luttes passées, les considérant éteintes.
J'accorde aux femmes le droit de regard sur nos actes en attendant de leur accorder le droit de contrôle qu’elles sauront bientôt mériter par leur sagesse et leur action réfléchie et pacifique : « d’elles dépend aussi la paix »,
Les anciens combattants, les exclus de la carte, et toutes les victimes de la guerre trouveront toujours en moi un ardent défenseur et un soutien attentif. Je m’emploierai à ce que tous obtiennent de la Nation, qui le leur doit, la légitime compensation de leurs sacrifices.
Les jeunes nous regardent, leur éducation et leur bonheur dépendent de nous : ne soyons pas inférieurs à notre tâche, sachons les guider vers un idéal de travail, de liberté et de fraternité.
fit maintenant, mes chers Concitoyens, voici traduit brièvement l’esprit du parti républicain socialiste.
L action que nous avons meuee hier, nous la mènerons encore demain, avec plus d’ardeur, plus de volonté, en ajustant notre effort aux difficultés changeantes de l'heure pour aboutir à une solution pratique des grands problèmes qui nous pressent..
Républicain de gauche, j entends donner à ce qualificatif son plein sens pour mon attachement à îa République et mon inlassable dévouement à la démocratie et à ia paix.
Citoyens, si ce programme et ces idées sont les vôtres, vous me donnerez à nouveau votre confiance et vos libres suffrages le 1er mai f 932-
Vive la République démocratique, laïque et sociale î
BRAVET
Député sortant.
No 2145
lre circonscription de BOURG.
M. Tony RÉ VILLON, radical-socialiste.
Mes chers Concitoyens,
Au moment où je sollicite vos suffrages, je dois vous exposer mon programme; je le fais aussi brièvement que possible. Une brochure plus détaillée est adressée à chacun de vous. Je vous demande de la lire avec soin afin de pouvoir juger du caractère de ma candidature au point de vue politique et au point de vue économique.
Avant tout la paix :
L — Paix extérieure. — Nul Français ne peut désirer revoir les conflits sanglants qui ont laissé tant de traces douloureuses dans notre pays. Aussi voulons-nous, avanf tout, contribuer à rétablissement d’une paix solide et duraljle.
Avant la grande guerre, les peuples de l’Europe faisaient dépendre leur sécurité d’un réseau d’alliances et d’un renforcement continuel des armements.
Ce système, qui est ruineux pour les finances publiques, s’est révélé impuissant, puisqu’il n’a pas pu éviter la guerre.
Il faut donc autre chose pour asseoir la paix.
Pour cela, nous voulons la continuation, sous l’égide de la Société des Nations, de la politique de Locarno et d’accords internationaux suivant la formule : « Arbitrage, sécurité, désarmement », formule admirable proposée par le président Herriot et défendu si énergiquement par le grand Français que fut Aristide Briand.
Rapprochement loyal avec les anciens belligérants sous la haute direction de la Société des Nations, avec sanction effective de ses décisions par l’organisation d’une force armée internationale, comme l’avait demandé, dès l’origine, au nom de la France, Léon Bourgeois, l’un des chefs les plus éminents du parti radical-socialiste.
Réduction progressive des armements et des charges militaires dans toute la mesure compatible avec notre sécurité, au fur et à mesure du développement des garanties internationales de paix.
IR — Paix intérieure . — Assurer par une action concertée et hardie, à l’abri des luttes stériles, un meilleur équilibre social et l’amélioration des classes laborieuses.
Laïcité absolue de l’Etat, dont la stricte neutralité peut seule garantir le respect de toutes les croyances.
Gratuité de l’enseignement à tous les degrés : primaire, technique, secondaire et supé* rieur, qui permettra aux enfants intelligents et travailleurs, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, de poursuivre leurs études. — Œuvres post-scolaires, — Développement des sociétés sportives.
Politique financière :
La Chambre dont le mandat est terminé avait trouvé 19 milliards dans les caisses de 1 Etat; ces milliards ont disparu. Le budget qui s’équilibrait en 1928, est pour 1932, malgré le recours aux expédients, en déficit de deux milliards et demi. Ce déficit sera triplé en 1933, si aucune mesure n’est prise avant la fin de l’année pour y remédier.
L’Etat sera obligé cette année d'emprunter au moins 10 milliards pour ses besoins connus.
Il faut donc établir une politique d’ordre et d’économie.
La prochaine Chambre aura pour premier devoir de procéder à l'assainissement de nos finances. *
Dans la crise que nous traversons, il est impossible de recourir à de nouveaux impôts,
Tï est donc indispensable de comprimer les dépenses, principalement les dépenses militaires, par une défense nationale modernisée, tout en assurant notre sécurité. (Voir la brochure détaillée.)
Politique agricole :
Il convient tout d’abord de lutter contre la crise économique dont souffre cruellement P agriculture par une politique douanière appropriée. On a imaginé une politique de contingentement agricole, malheureusement mal appliquée par les Gouvernements de droite, mais qui pourra donner de bons résultats lorsque le Gouvernement ne sera plus sous la tutelle de la grosse industrie.
Il ne suffit pas de restreindre les importations étrangères. Il faut aussi sauvegarder les exportations françaises. On y parviendra en obtenant des nations voisines un régime do réciprocité dans les échanges.
Il importe de presser le vote des nombreux projets intéressant l'agriculture et qui dorment dans les cartons de la Chambre,
Un des devoirs de la prochaine Chambre sera de pratiquer une politique d'engrais à bon marché, en exerçant une action efficace sur les producteurs d’engrais et en modifiant la politique actuelle des hauts prix des engrais azotés qui, sous prétexte de défense nationale, accorde une protection scandaleuse aux fabricants français.
Il faut obtenir des tarifs réduits pour le transport de tout ce qui est utile à l'agriculture et pour tous les produits agricoles.
Le développement du crédit agricole devra être poursuivi. En pleine crise économique, les besoins de crédit de l’agriculture sont plus importants que jamais.
Il faudra en terminer avec la révision des baux locaux qui n’a pu être définitivement votée par suite de l'obstruction de la droite qui préférait discuter sa loi sur la réforme électorale.
Il faudra aussi rétablir les indemnités accordées jusqu'au lerjanvier 1923 pour la saisie d’animaux tuberculeux.
Indemnité également pour réparation des calamités publiques.
Lutte contre les gros spéculateurs dont les manœuvres faussent les cours.
Privilège des bouilleurs de cru.
Il est nécessaire de développer renseignement agricole, etc.
Je m engage à rester eu contact étroit avec toutes les organisations agricoles du département*
Politique à l’égard du commerce et de l’artisanat ;
La majorité de droite de la Chambre a sacrifié constamment aussi bien les intérêts de I agriculture que ceux du commerce et de Y artisanat au profit des magnats do la grosse industrie.
La substitution^ reconnue aujourd'hui possible par l'Administration elle-même, de la taxe à la production à la taxe sur le chiffre d’affaires doit être réalisée.
La réforme des impôts départementaux et communaux a donné lieu à un projet qui, rapporté par la Commission des finances, peut et doit être voté au début de la prochaine législature. Elle entraînera la réforme profonde de la patente que personne ne défend plus.
Dès que la situation financière, dont la majorité de droite surtout est responsable, sera
rétablie, il faudra réaliser Y égalité des commerçants avec les autres contribuables en créant, pour tous, les mêmes abattements à la base sur les impôts cédulaires.
La crise bancaire, dont souffre encore le pays, et la sévérité avec laquelle les grandes banques ont traité les commerçants ont montré la nécessité d'organiser le régime de crédit au profit du petit et du moyen commerce.
Les artisans jouent un rôle social important dans l'activité du pays. Quelques avantages leur ont été déjà accordés* 11 appartiendra à la Chambre prochaine de faire droit dans la mesure des possibilités financières à leurs légitimes revendications.
Politique sociale :
La loi sur les assurances sociales et entrée en application. Elle a révélé de graves imperfections qui la rendent impopulaire. Elle a besoin d’être modifiée* (Voir la brochure détaillée.)
La loi sur les habitations à bon marché a permis de lutter utilement contre le taudis malsain et. 1 insuffisance des logements. Il faut continuer l’œuvre commencée, (Voir la brochure détaillée.)
Quant aux mutilés du travail, frappés sur le champ de bataille de la production, ils ont droit que ht société leur assure l’eatière réparation du préjudice subi et des facilités pour se refaire une situation honorable.
Mutilés* anciens combattants t mobilisés non titulaires de la carte
Tous ceux qui ont souffert de la guerre ont droit à réparation. La France a une dette envers eux. Je défendrai de toutes mes forces leurs légitimes revendications. Et je me tiendrai en rapport constant avec leurs organisations.
Pour réaliser un tel programme, capable de répondre aux légitimes aspirations du peuple, cultivateurs, commerçants, ouvriers, employés, je fais appel à tous les républicains qui veulent le progrès dans la légalité, La réconciliation des peuples dans une universelle fraternité.
Vive la République démocratique, laïque et sociale!
Vive la première circonscription de Bourg!
Ton,v RÉVILLQN
Avocat à la Cour,
Candidat radical ®t radicabsocialiste.
2e circonscription de BOURG.
M. BLANC, républicain de gauche.
Elu au deuuxième tour de scrutin, — 6,913 voix.
Mes chers Concitoyens,
J ai P honneur de solliciter le renouvellement du mandat qui m’a été confié il y a quatre ans.
Indépendant j'étais.; indépendant je suis resté ç car j'estime1 qu’entre électeur et le candidat, nul n’a le droit de s’interposer.
J estime aussi que le meilleur moyen d’affirmer ses idées démocratiques est de faire soi-même la preuve que par le travail, l’épargne et la probité, il est possible de s’assurer 1 indépendance et de1 prendre une part directe et active à la gestion de^ araires publiques.
Républicain de cœur et de raison, je réprouve toutes luttes stériles et j’entends que la République soit libérale et fraternelle, qu’elle soit ouverte et accueillante à tous les citoyens*
j’entends rester fidèle aux directives républicaines et d’union nationale de réminent citoyen, du grand Français M. Poincaré, qui, en 1926, par ses talents et son prestige, a sauvé le pays d’une catastrophe.
Je n’ai pas cessé, selon vos vœux, de le soutenir de mes votes, comme j’ai soutenu ses successeurs, continuateurs de son œuvre et de sa politique, lorsque ses forces, usées au service du pays, l’eurent contraint d’abandonner le pouvoir.
Je revendique hautement cet honneur qui se confondait avec mon devoir* Je ne suis pas de ceux qui ont oublié.
Je pense qu’il faut continuer aujourd’hui, où l’intérêt général est menacé, de rechercher non ce qui divise, mais ce qui unit,
La crise économique, conséquence pour une grande part des difficultés monétaires particulièrement aiguës de 1924 à 1926, doit retenir toute notre attention et toute notre énergie*
Je m'attacherai, de tout mon pouvoir, à rechercher des économies nécessaires et urgentes, par la réforme de nos administrations, gestions et monopoles publics, trop formalistes et trop paperassiers, par la remise aux initiatives privées des empiètements d’un Etat envahissant.
ïi faut répartir, d’une meilleure façon, les attributions administratives : ici, il faut concentrer certaines administrations diss émînées, trop spécialisées, ou faisant double emploi ; là, il faut décentraliser certains services, car si on gouverne bien de loin, on administre mieux de près.
Des services actifs et techniques, qui tendent à se substituer aux bureaux administratifs, doivent être rendus à leur destination.
La simplification de la hiérarchie administrative me paraît tout à fait souhaitable.
Les charges énormes que supporte le pays peuvent et doivent être réduites; car elles contribuent à paralyser les échanges et à prolonger la crise économique.
D autre part, les finances locales — départements et communes — doivent être réformées, L’Etat doit assurer les dépenses d’ordre général, Des recettes suffisantes doivent être laissées à la disposition des départements et des communes pour permettre de subvenir à leurs besoins et de réaliser certains travaux publics nécessaires à l’activité économique locale
Equilibre budgétaire, poursuite de l’amortissement de la dette, équilibre de notre balance commerciale, telles doivent être nos préoccupations.
Mes chers Concitoyens, vous le savez : je suis un cultivateur de profession et de race et j Tai l'honneur de représenter une circonscription essentiellement agricole,
J estime que, pour bien connaître certaines questions, il faut, comme moi, les avoir vécues et en avoir souffert.
Aussi je continuerai de tenir le plus grand compte des revendications des cultivateurs, sans oublier cependant celles très justifiées des commerçants, des industriels et des artisans,
J entends que 1 agriculture bénéficie des protections douanières équitables, vitales pour
elle.
L:n trop grand nombre d’agriculteurs ont cru devoir abandonner leurs terres pour vivre la vie de nos cités. Pour maintenir le paysan à la campagne, des mesures énergiques s’imposent.
Il faut faire en sorte que le cultivateur puisse gagner largement sa vie en travaillant, avec 1 espoir d être à 1 abri du besoin sur ses vieux jours, lorsqu’il ne pourra plus travailler.
La France est Je pays des petites propriétés agricoles. Il est utile qu’elle conserve ce caractère de démocratie rurale.
En améliorant le sort des habitants de nos campagnes, on contribuera à les fixer à leur lieu d origine et à les détourner des mirages, souvent trompeurs, de la grande ville*
Il faut, à mon sens, par tous les moyens possibles, développer au village l’esprit de
mutualité et dissociation: répandre de plus en plus renseignement agricole et ménager' encourager les améliorations foncières, l'etitrétien dés chemins ruraux qui laissent tant à désirer ; développer l'électrification rurale et remploi de la force motrice à 3a campagne; favoriser les assurances contre les risques multiples qui menacent l'agriculture ; simplifier la procédure des prêts aux cultivateurs ; augmenter la dotation des caisses de crédit agricole ; encourager les petites industries locales ; protéger l'artisanat rural et rechercher des débouchés aux produits des cultivateurs et des artisans ruraux.
Les lois sociales doivent être mieu* adaptées aux professions et notamment à la profession agricole,
La loi sur les assurances sociales doit être remaniée. Il serait souhaitable que la gestion des assurances sociales soit confiée aux sociétés de secours mutuels et qu'il soit trouvé une formule pour comprendre dans les assurances sociales, gérées par les sociétés de secours mutuels., le risque accident, ccmme le risque maladie*
Partisan d une politique extérieure entièrement tournée vers la paix et las solutions juridiques, j estime que les pouvoirs de la Société des Nations doivent être accrus, afin de permettre les déarmements et d'assurer, dans le respect des traités et dés 'signatures, la sécurité de tous, des faibles comme des forts p des petites comme des grandes nations*
Mes chers Concitoyens,
Vous m avez vu k l'œuvre. Vous me connaissez : je suis un enfant du pays, un travailleur comme vous*
1 our connaître vos besoins,, je n ai pas à prendre des renseignements ; je suis bien placé pour m’en rendre compte par moi-même.
Lest avec confiance que j attends votre décision* Si à nouveau, je sois votre élu, comme par le passé vous pouvez compter sur moi* Tous mes efforts tendront à justifier votre estime.
\ ous pouvez compter sur mon entier dévouement*
Vive la Bresse î Vive la France !
Vive la République l
Paospin B LA NC Cultivateur*
Conseiller général et Maire de %ÎBt-Martin4e*Chàtel.
Secrétaire de la Chambre des Députés.
Député sortant*
Circonscription de NANTUA— GEX
M. PAÏNLËVË, républicain-socialiste.
Elu au premier tour de scrutin. ~ tO.856 voix.
Electeurs, mes chers Amis,
ü y a quatre ans, vous m'avez accordé votre confiance. Je me surs efforcé de Ja mériter
Si j’en juge par les témoignages d'estime qu’au cours de celle brève période électorale vous m’avez déjà témoignés, celte confiance je J ai gardée entière et j’en éprouve une grande fierté.
Vous pouvez aujourd’hui méjuger, non sur des mots, mais sur des actes.
Ministre de ta Guerre du Cabinet Poincaré en 1028, je vous ai dit : « A moins d événements extraordinaires, je vous donne ma parole que ïa loi d’un an entrera en vigueur en octobre 1929, c’est-à-dire que les jeunes hommes appelés sous les drapeaux en octobre 1929 seront bbérés à la fin de septembre 1950, après une année de service ».
L’événement a justifié pleinement ma promesse.
Si, à la suite du Congrès d’Angers, je suis resté à mon poste dans le cabinet Poincaré* alors que les ministres radicaux démissionnaient, ce fut pour mener à terme la loi d’un an qui, autrement, n eût pas vu le jour. J ai annoncé qu’aussitôt cette loi promulguée, je quitterais le pouvoir.
Ce double engagement, je Fai tenu.
J’ai refusé d’en trer, malgré des sollicitations pressantes, dans le premier cabinet Tardieu, comme dans ceux qui ont suivi, présidés soit par M. Tardieu, soit par M Laval. Je ne pouvais, en effet, me soumettre aux directives d'une majorité dont une moitié au moins, le groupe Marin, avait, sur le problème essentiel des relations internationales et de îa paix, des conceptions profondément différentes des miennes.
Vous n avez pas oublié que, Président du Conseil, en 1925, j’ai apposé ma signature au bas du pacle de Locarno, clans le dessein de commencer la pacification de l’Europe, c'est-àdire d’assurer ïc développement, sous toutes ses formes, de la solidarité cnLre les peuples, tout en gardant les yeux grands ouverts sur les forces mauvaises qui tourmentent encore le monde.
Une telle politique se résume dans le programme suivant :
Développer toutes les mesures de conciliation ou d’accords économiques entre les
peuples.
— Réduire les armements, à mesure que des conventions internationales efficaces garantiront la sécurité de la France.
— Maintenir le principe du respect des traités, non qu’ils soient intangibles, mais ils ne peuvent cire modifiés que par un accord mutuel entre les contractants.
Ce principe une fois hors de cause, consentir, dans l’application, les concessions nécessaires. sans paraître jamais obéir à quelque pression ou à quelque contrainte extérieure.
Appliquer ces directives au problème des réparations et des dettes. Accorder à FAI le-
~ 41 No 2145
™agne tous les moratoires indispensables, mais sans lui donner u„ quilus définitif alors (,„e fran^aT' ™'Ser!Ui d® ^ 'C remb°Urseme,lt ** sa créance, revêtue de la’ signature
Une telle politique est la seule qui puisse faire renaître la confiance et la sécurité sans lesquelles le desordre economique dont les peuples souffrent si cruellement ne peut prendre fin 1) autres mesures intérieures seront en outre nécessaires pour remeLLre l'ordre dans la maison 1) faut rétabur l'équilibre budgétaire par le réveil des affaires, par une réduction éventuelle des dépenses m.liU.res, - double conséquence qu'entraînera le rétablissement
c a confiance et de la secunte - ; par une politique d’économies sévères portant sur les dépenses administratives qui ne sont pas productives ou indispensables ; par un accord
méthod* Pr°d f °n Rf i6K P°SSibilitéB de la sommation, compte tenu d£ progrès des
me triodes m J us in elles. 1 °
D’autres grands problèmes sociaux s’imposent à l’aitention du législateur,
-es assurances sociales doivent être assouplies et rendues moins bureaucratiques, grâce au concours efficace de la mutualité. * b
U faut protéger et organiser l’agriculture, en poursuivant les améliorations matérielles de la vie des campagnes, en développant puissamment les syndicats, les coopératives, les caisses de crédit elles mutualités agricoles, en conciliant les intérêts des producteurs et’ des travailleurs des champs et de l’usine. Cette conciliation est possible, à condition de réfréner la spéculation, qm oppose les uns aux autres ces inLércts au profit d’une minorité
. , Pr(Tmrae COraP°rte le mai”tîen rigoureux de la laïcité (qui n’csL pour nous
qu une forme généreuse de la liberté de conscience) et le développement de l’enseignement dans des conditions telles que les enfants des campagnes disposent des mêmes facilités pour
Trr f r VilleS’ GW danS Cet "P"1 ^ être réalisée graduelle¬
ment I ecole unique, qu d ne faut pas confondre avec le monopole de renseignement mais
La t,erveau d’er,ranL de recevoir ,a cuiiure compièie p°ur « -
.le laisse à vos élus, aux maires de nos communes, aux instituteurs de nos écoles aux auxSméd T S°tf S Sp°rhVCS' n0S œilvres de rnutu^litè, d’assistance et de crédit,
ïabus 1 A 1,0S îP,t,aUX'Je ^ a°SSi Ù C6UX ^ furent ™limes d’inj«slice= ou
L US, le soin de rappeler les occasions que j'ai saisies de leur être utile.
Républicains,
Vous m'avez adopté, il y a quatre ans, pour être votre porte-drapeau.
Vous savez qui je suis, vous savez où je vais.
J attends sans crainte votre décision et je suis sûr que l’élection du 1*- mai dans la circonscription Nantua— Gex, marquera pour la République un nouveau triomphe.’
Paul PAIN LEVÉ Membre de Plnstitut.
Ancien Président du Conseil des Ministres.
Député sortant.
CirconsoriptioB: de TRÉVOUX,
Ml F R I B OtLT RG , radical - socialiste *
Élu au deuxième tour de scrutin, — 9.718 voix.
Citoyens,
Apcèe av.omrété pendanlprès de oeuf années: voire député, je me |>résenLe à nouveau à vos libres ^suffrages. ..Fai' été. choisi comme candidat par le Congrès- du parti républicain radical et. radiGaîrSocialiste qui s’est tenu à Villars, le 9 août 1981- Après un débat loyal, le Congrès^ composé de conseillers généraux, de conseillers d’arrondissement, de 15& maires et adjoint sr de^ délégués de comités, me désigna par un nombre imposant de suffrages . et l'imam mité se lit aussitôt sur mon nom .
Vous jine; connaissez tous. Mou apprentissage ire si plus à fane. Je suis à même de d é£eu dre v o s , i n ter ê ts des m a 3 re n t rée au Pari e ment ,
Vous savez que tant que j'ai eu l'honneur d'être votre représentant, je me suis attaché avant tout à la .défense? des. humbles* k la défense des intérêts généraux de la nation et à rétablissement delà paix.
Demain, comme hier? je défendrai le petit cultivateur.
Mon programme comporte :
D'abord la protection des produits agricoles par des tarifs douaniers et deSiContingentements permettant au cultivateur de tirer une juste rémunération de son travail, mais à la condition expresse que les premiers bénéficiaires de ces mesures ne soient pas les jntermé-* diaïres et les spéculateurs, comme cela arrive trop souvent au détriment du consommateur*
Ensuite une diminution dm prix, des. engrais .
Notre pays, grâce à ses ressources métropolitaines et coloniales, est l’un des plus favorisés du monde à ce point de vue. Les engrais devraient y être moins chers qu ailleurs, étant donné leur diversité ei leur quantité. Or leurs prix ont monté dans des: conditions, invraisemblables. Î1 faut qu’ils diminuent.
Il faut que diminuent également les impôts qui pèsent sur F agriculture, ainsi que ceux qui majorent les tarifs de transports, si préjudiciables à F agriculture comme à l’industrie*
Je sois partisan de la prompte révision des baux ruraux, par une commission paritaire cantonale ou les pe lits fermiers seront équitablement représentés, à côté des propriétaires et de r&rbilre. Je prends rengagement, si vous me faites l’honneur de me renvoyer au Parlement, d’agir immédiatement pour hâter le voie, par les deux Chambres, de la loi sur la révision de ces baux, si nécessaire à l’existence même de l'agriculture dans nos régions.
Demain, comme hier, je soutiendrai nos organisations agricoles de production et d’achat en commun, ainsi que nos mutuelles et nos caisses de crédit agricole.
Demain, comme hier, je m’eflorcerai :
De développer L’éducation et renseignement professionnel agricole;
De former un personnel enseignant bien préparé à remplir sa mission dans les écoles rurales ;
D’organiser des champs de démonstration avec la collaboration des instituteurs et des
syndicats agricoles ; , ,
De développer les cours postscolaires, les écoles ambulantes professionnelles et mena-
gerC D’améliorer les conditions générales de la vie à la. campagne, par l’établissement du téléphone automatique rural, par la réfection de nos chemins ruraux et vicinaux, en réorganisant nos services d’autobus, notre réseau d'électrification, notre régime de distribution
postale ;
De développer les services du génie rural ;
D’améliorer l’inspection médicale comme la lutte contre l’alcoolisme et la tuberculose ; De défendre, comme je m’y suis employé depuis tant d’années, les cultivateurs contre
les dégâts du gibier ;
De défendre les petits chasseurs brimés par les possesseurs de grandes chasses ;
De défendre les familles nombreuses ;
D’aider d’une façon générale eos petites communes rurales trop délaissées et dont la vie est devenue si difficile que, si elles ne peuvent compter sur un appui solide de la part des pouvoirs publics et de leurs représentants, elles seront fatalement vouées à un dépeuplëment progressif et à la mort.
Demain, comme hier, je défendrai le petit commerçant ;
Je continuerai à mener la lutte que j'ai entamée en 1924 pour la suppression complète de la taxe sur le chiffre d’affaires et son remplacement par une taxe unique à la production ou à l'importation ;
Je continuerai à mener la lutte pour la réforme de la patente en attendant sa suppression ;
Contre les excès de l’inquisition fiscale ;
Pour la défense du petit commerçant contre les puissantes sociétés à succursales multiples ;
Pour la suppression des timbres-primes ;
Pour l’égalité de tous les commerçants, gros et petits, sociétés et particuliers, doant
l’impôt ; . (
Pour la création d’un crédit commercial, analogue au crédit agricole dont bénéficie te cultivateur, qui permettra au petit commerçant d'échapper à la toute puissante dictature de la liante banque inflrnationale *
Demain, comme hier, je défendrai l'ouvrier, si durement atteint aujourd hui pai la crise de chômage. Demain, comme hier, je défendrai ou volerai les lois indispensables pom assurer son indépendance, sa, santé, sa dignité.
Demain, comme hier, je défendrai les lois qui protègent le travailleur. Ici, une œmre importante est. à accomplir, œuvre à laquelle je m'étais déjà attaché dans les précédentes législatures* Il faut améliorer la vie matérielle de l’ouvrier, de l’employé, leur logement, protéger leur santé, celle de leur femme et de leurs enfants, lutter contre la vie chère en poursuivant les spéculateurs, les intermédiaires, qui, sans créer de richesse, vivent aux dépens des consommateurs et des producteurs. 11 faut par ailleurs poursuivre lr amélioration des lois sociales, la suppression progressive du salariat, 1 institution des banques populaires* Demain, comme hier, je défendrai les artisans, les industriels de noire région, qui, eux aussi, connaissent en ce moment de rudes heures et doivent lutter avec énei gie poui ne point fermer leurs usines par suite des effets de la crise économique.
Demain, comme hier, je défendrai les petits retraités, les petits fonction n aiies*
Demain, comme hier, je défendrai mes camarades les anciens combattants, les mutilés, les anciens prisonniers et toutes les victimes de la guerre. J’aiderai de tout mon pouvoir nos associations à se développer et à maintenir vivant parmi nous le souvenir de nos dis parus. Je m’efforcerai de développer les moyens d'action du Comité département al des mutilés et anciens combattants dont je fais partie depuis sa formation.
Demain, comme hier, je défendrai renseignement laïque qui, seul, assure la neutralité, I école unique qui, seule, permettra aux enfants les plus pauvres de parvenir, dans l'intérêt général et, s ils on sont dignes, à jouer leur rôle dans F élite de la nation.
Demain, comme hior, j aiderai de mou mieux nos sociétés du sou des écoles, nos syndicats d initiative, nos sociétés sportives, nos sociétés musicales, qui savent mon dévouement de toujours.
Contribuables,
d ai éLé, en novembre 192/, 1 un des quelques fondateurs à la Chambre du groupe delà défense du contribuable. C'est assez vous dire que je continuerai 1 effort de justice fiscale et d'économie que j’ai poursuivi lorsque j'étais votre représentant.
Demain, comme hier, je m’efforcerai de réduire au minimum le lourd poids des charges militaires qui pèsent sur notre pays, sans cependant porter atteinte à sa sécurité.
Demain, comme hier, je m'efforcerai de réaliser dans les services publics les économies nécessaires par la suppression des emplois inutiles et une meilleure utilisation du personnel*
Je continuerai a défendre la politique de justice fiscale que j'ai toujours préconisée, la diminution indispensable du faux des impôts si on veut assurer leur rendement, la refonte totale de notre système financier.
Citoyens, je suis 1 élève et j ai été 1 ami de ceux que vous avez estimés et aimés, de ceux qui furent les dignes représentants de notre arrondissement, les Bérard et les Bollée*
Alexandre Bérard, qui me témoignait de l'affection, m’écrivait le 30 octobre 1919, il y a bientôt treize années, quatre jours après la iormation de la liste des anciens combattants, sur laquelle je tig Lirais ; " "lù
« Mon cher ami,
u J ai dévouement inaltérable et inlassable pour les combattants de la grande guerre, qui, à 1 ombre du drapeau de la République, ont sauvé la France et le monde.
« Kl, en particulier, j ai vive amitié pour le soldat Fribourg, héroïquement blessé,
^Alexandre Bjéraru, »
Ce témoignage, citoyens, m'est une sûre garantie. Quand j'ai eu l’honneur d'être pour la dernière lois candidat devant vous, vous m'avez élu au premier tour, à la majorité absolue, par 9.300 voix, malgré le nombre des candidats.
Si vous me renouvelez votre confiance, vous me trouverez toujours le même : profondément républicain, passionnément attaché h l'œuvre de progrès social, de laïcité et de paix internationale réalisée par la République j je détendrai à la Chambre les conquêtes de la démocratie. Aucune réforme ne m'effraye si elle est juste et possible.
Je poursuivrai toujours notre idéal de liberté, de justice, de fraternité humaine et de paix ,
André FRIBOURG
Ancien Député.
Chevalier de la Légion d'honneur. Médaillé militaire.
Croix, de guerre.