‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 2 sur 260 · AISNE · texte numérisé non relu

AISNE

Circonscription de GHATEÂU-THIEHRY,

M. GU ER N UT, radical indépendant.

Elu au deuxième tour de scrutin, — 7,018 voix.

Extraits de mon programme ,

Scrutin d'arrondissement :

J aï toujours éle hostile au scrutin de liste et à la représentation proportionnelle, qui auraient pour effet de nous imposer des candidats exotiques dont nous ne connaîtrions ni le passé, ni les façons de vivre et qui nous réserveraient des surprises.

Le scrutin ^arrondissement oblige l’élu à être tout près des électeurs et permet à Pélecteur de suivre de près son élu.

C'est le scrutin le plus démocratique.

Sur le Sénat :

Je suis partisan d une seconde Assemblée qui puisse rectifier les erreurs de la première.

Je demande que celte Assemblée soit élue à deux degrés par les délégués, non des Conseils municipaux, mais de tous les électeurs inscrits et que, passé un certain delai, elle ne puisse s opposer aux volontés de la Chambre du suffrage universel.

Réorganisation du travail parlementaire :

J ai protesté à la tribune de la Chambre elle-même contre l’organisation fâcheuse du travail parlementaire,

A de trop longues périodes de vacances, succèdent des périodes de précipitation et de bousculade, peu propice à une œuvre de législation réfléchie,

U faut enlever au Gouvernement le droit de convoquer ou de licencier tes Chambres à son gré, Saul deux mois dété, elles doivent siéger en permanence. Moins de séances plénières, qui sont des séances de théâtres; plus de séances de commissions qui sont des séances d'étude T avec compte rendu analytique au Journal officiel, de telle sorte que Lac ilvite de l'élu puisse être jugée par ses électeurs.

Simplification des méthodes administratives :

Après soixante ans de régime républicain, on conviendra que les fonctions de l’Etat peinent être sans danger décentralisées» On peut sans danger étendre, pour la décision, les

pouvoirs des conseils généraux: et des conseils municipaux; pour l'exécution, les pouvoirs des préfets et des maires* Ce sera une économie de temps et d'argent*

Questions fiscales :

Je Fai dit souvent : le plafond de l'impôt est atteint, meme dépassé.

Dès que la situation économique et financière s’améliorera, il sera équitable de réduire les impôts directs sur les denrées de première nécessité* de faire des abattements sur les cotes modestes, bref d'alléger le petit contribuable, puis le moyen.

11 y a des formes de revenus qui échappent au lise* surtout par l'évasion à T étranger, JJai plusieurs fois exposé à mes électeurs comment une certaine organisation internationale rendrait cette fraude impossible; il faudra l'instituer.

Commerçants :

L’intérêt des petits commerçants est d aller vers les partis de gauche. Us sont broyés entre deux étaux : les intermédiaires grossistes et les banquiers, qui ont l’appui des partis de droite. Us devraient se soustraire, se substituer aux mis et aux autres eu s'associant pour faire en commun leurs achats, et soutenir mutuellement leur crédit. Notre programme, c'est de les y aider.

Nous demandons que îa patente ne soit plus fondée même partiellement sur les locaux d'habitation; qu'ils bénéficient d'un abattement à la base; qu'on déduise de leurs frais généraux le salaire de leur femme quand elle est employée dans l'entreprise; que le chiffre d'affaires soit remplacé par une taxe unique à l’origine.

Cultivateurs :

Les cultivateurs aussi doivent s'associer pour acheter leurs engrais, leurs semences* leurs machines, pour vendre leur bétail et leur récolte.

Y aurait-il scandale à ce que le syndicat des producteurs de blé s'entende directement avec le Syndicat de la boulangerie, le Syndicat des vignerons avec le Magasin de gros des coopératives ou le Syndicat des marchands de vins? Ainsi le bénéfice irait a eux, non à d'autres. L'Etat doit les y aider et, au lieu de renflouer à perte les grandes sociétés capitalistes, faire des avances sur gages aux associations de travailleurs.

Plusieurs fois dans mes réunions publiques j'ai eu Foccadon d'exposer aux cultivateurs de l'arrondissement mon opinion sur les réformes projetées dans l'ordre agricole. Ils savent par exemple que je suis pour la révision des baux, pour la reconnaissance d'un droit de priorité au locataire sortant et, dans le cas ou il est évincé après avoir augmenté la valeur du fonds, une juste indemnité.

Une politique de contingentements, contrôlée par eux, doit empêcher les invasions de l'étranger, comme celle du bétail Fan dernier, comme celle de certaines céréales les années précédentes.

Dans les périodes de chômage comme la nôtre, la main d'œuvre étrangère doit être strictement limitée.

Lapins et sangliers :

On connaît nies efforts pour obtenir que les cultivateurs soient protégés parla loi contre les ravages des sangliers et des lapins. U faut aller plus loin : hâter le règlement des indemnités, donner aux syndicats de défense le droif de battue.

Viticulture :

J'ai dit maintes fois à nos vignerons qu’il fallait les protéger contre la douane de l’étranger, contre la féodalité des grandes marques et en même temps les aider a vendre leur vin directement à l'intérieur.

Il est inadmissible cpion ait prêté de L’ararent à des p|afB. „

la bouteille de champagne. ° 3t& qU1 °lU fraPPé de S» à 100 fr.

Conscients de leurs intérêts, les vignerons de notre vallée commencent à • ,

vers la coopération. C’est le devoir de l’Etat de seconder leurs efforts eTde ne " ' l ner les crédits, rLS et de ne pom\ chica-

Laïcité, école unique ;

Ai-je besoin de dire que j’ai défendu et défendrai sous toutes ses formes et «W , f ses conséquences le principe de la laïcité, ‘ 0 es et dans toutes

Que j ai toujours recommandé ce qu'on annrlV Técole démocratique, IP l unique et qui est en vérité

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Périodes de réserve :

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»„rdede,av.p„t.gescom)ralé" vytt***’* «*j— *.•«. 1»

Combattants, pensionnés, retraités

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leurs proposijjdonsv °y®ns d aife^ms vite. Je soutiendrai

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Protection de l'épargne ;

J ai eu la Lriste occasion, à la commission d’encmêle où i’-ii c; * - . comment des aigrefins raflaient l’épargne de notre pays jl;! r *? 7 S ® * V°ir rendus de mandat, par quels procédés je- voudrais exerSrs., î ^ ^ COmPtes

manent, de telle sorte que tout client soit n«P; y eh i)ancïues un contrôle per-

Ce contrôle devra être appliqué ensuite à toute- wmqLTit™?]'1™111** ^ affair'eS' C est un droit de l’épargnant d’être assuré autant L’il e *“ Crea,t'

ce qu’il a eu tant de peine à économiser. ’ ' 1 humam> conlre la perte de

Petits et vieux rentiers ;

ce soit, le couponTp^elr^^^J^^^j^nlégislature à revalo™er, si peu que engagé à le payer en or. ' q Pa^'e en PaPier talldis qu’on s’était

cparcr cette injustice, en ce qui concerne au moins les petits et les vieux. Contre le chômage :

toutes les catégories doivent être égaux en droit. ^ °lUUei& a&ncoies- Lgj chômeurs de

Je pense que le meilleur moyen, le plus efficace et le plus digne, de remédier au chômage c’est le travail. Il faut donc aider les communes à entreprendre, à cet effet, des travaux ; il faut pour cela que le département prenne à sa charge, comme nous l’avons propose, le quart de la dépense et l’Etat la moitié.

Questions sociales et ouvrières :

J’ai toujours défendu, recommandé, voté toutes les mesures qui rehaussent la sécurité matérielle, la dignité morale, les droits civiques des travailleurs. Je continuerai.

Mutilés du travail :

Les mutilés du travail connaissent mon sentiment à leur égard. J estime qu ils sont égaux en dignité aux mutilés de la guerre; ils devront progressivement être haussés aux mêmes droits.

Assurances sociales :

La loi sur les assurances sociales est loin d être parfaite. Trop de papeiasse, trop dt, lenteur, une centralisation excessive. Il faudra simplifier, accélérer, décongestionner.

H faudra pousser à la création de caisses locales qui, tout près des assurés, les conseilleront et qui, pour l’assurance-maladie par exemple, sur quittance du médecin et du pharmacien, les rembourseront sans délai.

Il faudra dans des aménagements ultérieurs régler le cas de ceux qui, ayant passe 1 âge, n’ont pu opérer de versements.

Politique extérieure ;

Ou la Société des Nations vivra, ou la guerre recommencera. Le souci de la paix exige qu’on renforce l’autorité de la Société des Nations; qu’on lui permette dans le jugement des conflits de se prononcer à la majorité, qu’on la dote de pouvoirs souverains et notamment d’une force internationale qui oblige au respect du droit les nations récalcitrantes.

Désarmement ;

En même temps que cette organisation internationale augmentera la sécurité de chacune d’elles, les nations devront être invitées à un désarmement progressif, universel, contrôlé. La fabrication des armes sera interdite aux particuliers. Seules les nations pourront fabriquer, sous le contrôle de la Société des Nations, les armes nécessaires à leur défense.

L’œuvre de Briand est à reprendre et à poursuivre. Pour ma modeste part, je m y emploierai de toutes mes forces.

Henri GUERNUT

lre circonscription de LAON.

M. RILLARF DE VERNEUIL, union républicaine démocratique, Elu au deuxième tour de scrutin, — 8.903 voix.

Mes chers Concitoyens ,

Je viens une fois de plus, la quatrième, me mettre à votre disposition pour vous représenter à la Chambre,

II y a quatre ans, vous m’avez élu au premier tour à une forte majorité. Je sais que le 1flr mai, je peux compter sur votre fidélité et sur votre sympathie.

J ose dire, en toute confiance, que j’ai rempli, autant qu’il a été possible de le faire, le programme que je vous traçais et qui visait notamment à assainir notre monnaie, à alléger les charges fiscales, à favoriser l’essor de notre agriculture, de notre industrie et de notre commerce, à achever le payement des dommages de guerre, à appliquer les nouvelles lois militaires, à poursuivre 1 amélioration du sort des classes laborieuses en soutenant les lamilles nombreuses, en encourageant la natalité, en favorisant l’accès à la propriété et en secondant l'épargne.

Notre franc est désormais stabilisé, il est la pins solide monnaie du monde et l’encaisse or de la Banque de France donne à notre billet une garantie qu’aucun autre pays ne donne actuellement h sa monnaie fiduciaire.

6 milliards de dégrèvements ont été votés, qui ont porté pour les deux tiers sur les petites successions et sur les contributions indirectes et directes. 20 milliards ont été amortis sur notre dette publique,

La transformation de l’impôt sur le chiffre d’affaires a été commencée. Le payement des dommages de guerre peut être considéré comme achevé, La loi militaire, comportant la réduction du temps de service, a été mise en application.

L agriculture a été protégée par des tarifs douaniers et par des contingentements contre l’avilissement des prix provoqué par l’invasion des produits étrangers et la spéculation a été réfrénée par la réorganisation des bourses de commerce et des marchés agricoles.

L électrification, les adductions d eau potable, les travaux de drainage et d’irrigation ont été considérablement développés. La caisse d avances aux communes a été créée.

Vous rappellerai-je le vote de la loi Loucheur sur les habitations à bon marché, celle des allocations familiales, les retouches à la loi des assurances sociales, la revalorisation des assistances diverses : femmes en couches et vieillards, les encouragements à la natalité, les allocations aux combattants, etc.

Il reste encore beaucoup à faire.

Et d abord, il faut assainir la situation financière, en établissant un sérieux équilibre du budget. Mais cet équilibre ne devra être obtenu que par une réforme fondamentale de notre administration et non par de nouveaux impôts. Le contribuable paye aujourd'hui le maximum et sa charge devra être progressivement allégée.

Je soutiendrai toutes les mesures qui concourront à réduire et à faire disparaître de chez nous les effets de la crise économique dont nous soutirons ainsi que celles qui prépaieront le terrain a une reprise méthodique des atïaires.

La loi des assurances sociales a encore besoin d’être fortement remaniée. Les formalités

et la paperasserie qui l’alourdissent devront être réduites, et la mutualité devra y jouer un rôle plus important — le rôle que lui assigne l’œuvre admirable accomplie par elle dans la pleine liberté.

L'épargne devra être protégée contre les- pièges des spéculateurs par un contrôle vigilant de l’Etat et par des pénalités sévères contre les exploiteurs de la crédulité publique* Je suis en complet accord avec M. Tardieu pour demander la simplification des méthodes de contrôle et de perception des impôts commerciaux et pour créer en faveur des petits et moyens commerçants une organisation du crédit analogue à celle dont nous avons déjà fait bénéficier les agriculteurs.

Pour ces derniers, je m'attacherai à tout ce qui favorisera leur travail et une vente justement rémunératrice de leurs produits.

Sur le plan international, je continuerai à appuyer la politique que les Gouvernements français qui se sont succédé ont poursuivie inlassablement et qui tend à fonder la paix du monde sur l'entente et la collaboration confiante des nations.

Le désarmement ne sera possible que dans la mesure où la sécurité sera établie et dans 1 acceptation par tous de ^arbitrage pour les conflits qui pourraient surgir.

Depuis treize ans que je suis votre représentant à la Chambre, ma ligne de conduite na pas varié ; j’ai soutenu tous les Gouvernements qui s'efforcaient, au milieu des plus grandes difficultés créées par les suites de la guerre, de réparer nos forces, de servir l'intérêt général et de faire prospérer la France* Pendant cette dernière législature, j'ai approuvé la politique d’union républicaine des Poincaré, des Pierre Laval et des André Tardieu C'est celte même politique que je défendrai encore dans la législature prochaine, parce qu’étant une politique d'union, elle est la seule qui assure le salut du pays,

RILLART DE VERNEUIL

Député,

Candidat d’union républicaine.

2e circonscription d© LAODL

M. LENGRAND, S. F, I. O,

Elu au deuxième tour de scrutin, — 9 * 467 voix*

Cher Concitoyen,

C’est un grand honneur pour moi que d'avoir été désigné par mon parti pour porter dans celte républicaine circonscription le drapeau du socialisme. Je remercie mes camarades qui m ont confié cette mission, et je manquerais à mes devoirs si je ne remerciais également les nombreux électeurs qui, ayant assisté aux réunions publiques que j’ai données dans toutes les communes, m'ont manifesté leur estime ou leur sympa ibie*

Mon programme est, sans phrases grandiloquentes,, sans promesses vaines, sans démagogie aucune, le programme du parti socialiste. I! reflète notre étal d'âme : notre profond attachement au peuple, au monde du travail ; notre désir d’une société meilleure basée sur la jusLice, sur l'égalité, où triompheraient les grands principes de la démocratie socialiste-;

notre volonté de paix, d'une paix définitive dans une humanité rénovée faite Ûe fraternité et de confiance réciproque*

Ancien combattant, mes camarades qui, comme moi, ont fait et souffert la guerre dans leur chair et dans leur conscience, me trouveront toujours à leurs côtés pour défendre leurs justes revendications. Les mutilés, les victimes de la guerre, peuvent être assurés de toute ma fraternelle sollicitude.

Je n'aurai garde d'oublier les prisonniers civils, sachant ce que nos malheureux compatriotes ont souffert dans les geôles ennemies, connaissant leur calvaire et leurs privations. Je suis d'accord avec leur programme de revendications résultant des congrès de leurs associations.

Pour les mutilés du travail, si nombreux, toujours si déshérités, je fais mienne la formule a à mutilation égale, pension égale » et je suis d'avis que les victimes de la grande bataille de la vie soient assimilées, pour la pension et les emplois réservés, aux mutilés de la guerre.

La loi des assurances sociales a besoin d'être amendée et son application simplifiée. Egalité de l'assure des villes et des champs. Augmentation de LassBrance-viei liesse. Réglementation des honoraires médicaux.

Les vieux travailleurs, oubliés par la loi des assurances sociales, continueront à trouver en moi un défenseur acharné, ils savent que depuis deux années, mes amis et moi, avons lutté avec énergie pour le triomphe de leur juste cause, et ce avec quelque succès. puisqu'un projet de loi vient d’être déposé en leur faveur.

Amélioration des lois d'assistance (vieillards, femmes en couches, incurables).

Protection aux familles nombreuses par des allocations pécuniaires et non par des distributions de médailles ou de décorations.

Je m intéresserai au petit commerce qui mérite toute mon attention. Reprise du régime actuel des patentes. Suppression de l'impôt sur te chiffre d’affaires. Défense des petits commerçants contre les maisons à succursales multiples.

Défense de l'artisanat et des petits cultivateurs, éternelles victimes du capitalisme qui, de plus en plus, les absorbe et les met sous sa domination.

Le parti socialiste entend vouloir porter son action sur six questions dont importance ne peut vous échapper :

P1 Lutte contre la guerre :

Désarmement général simultané et contrôlé ;

Organisation politique et économique internationale ;

2& Lutte contre l'insécurité du travail ;

Semaine de quarante heures;

Contrôle ouvrier;

A s - u r ëi nct-ch ô m âge ;

Assurances contre les risques agricoles ;

3° Lutte contre l'anarchie de la production nationale ;

Offices publics agricoles (blé, engrais, etc. J, nationalisation (assurances, mines, chemins de fer, pétroles, etc. ;

A ' Lutte contre la spéculation ca ni ta liste :

Organisation du crédit, protection de L épargne ;

Contrôle des banques;

5° Lutte contre l'ignorance ;

Egalité des enfants devant l'instruction par la gratuité de l’enseignement à tous les degrés et ïa sélection par le mérite ;

Laïcité et statut unique de l'éducation nationale ;

6Q Lutte contre l'iniquité politique :

Egalité des sexes et représentation proportionnelle*

Permettez-moi d'ajouter que, si les électeurs m'envoient siéger à la Chambre, j’entends y accomplir scrupuleusement ma mission en assistant assidûment aux séances et participant activement aux Commissions Je veux aussi être !e député de la circonscription, c'est-à-dire que je continuel ai à vivre à Chauny, me tenant a la disposition de tous, et donnant, chaque année, dans toutes les communes, un compte rendu de mandat*

Je compte sur un vote de confiance de tous les socialistes, de tous les vrais démocrates pour faire triompher sur mon nom leur volonté de justice et de paix.

Vi ve la République sociale !

Vive la fraternité humaine î

Marc LE NG RA ND

Candidat du parti socialiste S. F, I, O.

Ire circonscription de SAINT-QUENTIN.

M. TRICOTEAUX, S. F, L 0*

Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.173 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le bienveillant accueil que j’ai toujours rencontré auprès de vous à chaque consuldation électorale, me fait un devoir de solliciter le renouvellement du mandat de député que vous m'avez confié.

Entre vous et moi, toute présentation serait superflue.

Les liens qui nous unissaient déjà avant guerre ont été resserrés profondément pendant la dure épreuve de l'occupation et de l’exil. Depuis la guerre, nos rapports n’ont cessé d'être cordiaux et confiants.

Nous nous connaissons donc assez pour savoir que je puis compter sur vous comme vous pouvez compter sur moi.

Dans les divers postes auxquels vous m'avez fait l’honneur de m’appeler, je me suis toujours efforcé de mériter votre confiance et de la conserver. Je crois y avoir réussi.

En contact journalier avec les humbles, avec ceux que le sort n'a pas gâtés, connaissant

leur labeur, leur, souffrances, j’y ai puisé un plus grand amour encore pour les malheureux

et un désir plus ardent de rendre leur tâche moins pénible.

Mes opinions n’ont jamais varié. Socialiste de la première heure, je continue a voir dans notre grand parti celui qui, en réalisant le maximum de just.ce sociale, conduira la classe ouvrière à son émancipation.

Mon programme est celui du parti. Il combat tout privilège de classe, de fortune,

toute oligarchie financière* * n

Le parti socialiste ne recule pas devant les réformes les plus hardies, pourvu quelles

soient nécessaires à l’émancipation politique, économique et sociale des travailleurs des ville, et des campagnes, et à l’amélioration du sort de tous ceux qui ne sont pas des salariés au sens strict du mot, mais dont la vie est souvent pénible : vieillards sans appui, artisans, employés, petits commerçants, cultivateurs et petits industriels, qui peinent, pour subsister, intellectuels dont les gains ne sont pas proportionnés à leurs connaissances et aux sacrifices pécuniaires qu’ils ont dû faire pour se consacrer à leurs etudes et, parmi les plus malheureux de celte classe moyenne, les petits épargnants dont la guerre et la dévalorisation de notre monnaie ont absorbé les maigres économies. „

Si la défense de toutes les victimes de la guerre ; anciens combattants, mutiles et réformés, ascendants des morts pour la France, victimes civiles, gazés et tuberculeux, pupilles de la nation, anciens prisonniers civils, n’est l’apanage d aucun parti, i n en res <pas moins que le parti socialiste tout entier a exprimé en actes la parole fameuse : « Ils ont

des droits sur nous *, , m

Membre du Comité départemental des combattants, et 1 un des presidents d honneur

des anciens prisonniers civils et des ascendants, je continuerai, comme par le passe, a soutenir leurs revendications justifiées et à m’élever contre toute atteinte que I on voudrait porter aux réalisations qui ont été obtenues par eux, en faible compensation des sacrifices

qu’ils ont consentis envers le pays. , .

Ce bien-être de la classe ouvrière et de la classe moyenne, 1 égalité des charges entre les citoyens, la justice remplaçant l’arbitraire, l’organisation rationnelle de l’Etat faisant place à l’état anarchique qui existe, non seulement en France, mais dans tous les pays, e contré le de la production et de la répartition des richesses en vue du maximum de justice, ne sont possibles que dans 1 état de paix.

Nous sommes passionnément attachés à la paix, non pas seulement parce que nous avons encore présentes à notre mémoire les horreurs de la guerre, mais surtout parce que rien de grand, de juste et de durable ne peut se faire que dans la paix.

La réconciliation des peuples en est le gage. t

Nous avons soutenu la politique extérieure de Briand, non pour ce qu elle nous donnait actuellement, mais parce que nous voyions en elle une première ébauche d un régime intérnational dans lequel les peuples, cessant de se haïr, n’auront plus d armes que contre les erreurs, les préjugés, l’ignorance et tout ce qui retarde leur évolution et

entraîne à la ruine, à la misère et an suicide*

Nous l’avons soutenue parce que nous avons vu dans la confiance entre les peuples le seul moyen pratique de réduire considérablement les charges 'écrasantes .que l’état de paix armée impose au pays et qu’il ne peut supporter plus longtemps, i

Cette politique de justice et de mieux-être social, cette politique de paix, je n ai cesse de la soutenir de mes votes à la Chambre, dans le sein de mon parti et dans nos réunions de commissions*

La confiance que vous m’avez témoignée si souvent, je vous la demande a nouveau. Je m’efforcerai de m’en montrer digne, en me dépensant toujours pour la défense des intérêts que vous m’avez confiés,

La politique n’est pas pour moi une affaire. Je ne recherche ni les honneurs m es profits qu’elle peut apporter. Je suis plus pauvre aujourd’hui qu’il y a quatre ans et j y ai

laissé une partie de mes forces* ,

La politique, pour moi, c est le désir de vous servir, d’agir en votre nom, de famé ce

que vous feriez si vous étiez à ma place, en toute loyauté, en toute conscience, avec le seul regret de ne pouvoir faire davantage. Mais aussi avec cette joie de pouvoir me dire (^aujourd'hui comme hier, on ne pourra rien me reprocher contre l’honneur et contre l’affection profonde que j'ai pour cette classe ouvrière et cette population que je considère comme le plus grand honneur de représenter au Conseil municipal de Sainl -Quentin et à la Chambre pour la première circonscription de Saint-Quentin.

Vive le canton de Saint-Quentin ï Vive la République sociale l

Romain TRI COTEAUX

Député sortant.

Maire de Samt-Qucmtîn.

2e circonscription de SAINT -QUENTIN.

M, BLÉRIQT, républicain indépendant.

Elu au deuxième tour de scrutin — 8.174 voix.

Chers concitoyens,

Les républicains du canton du Catelet qui, en novembre dernier, ont assuré au premier tour ma réélection au Conseil général avec une majorité de plus de 700 voix m'ont fait l'insigne honneur de me désigner comme candidat à l'élection législative de la 2e circonscription de Saint-Quentin,

Cette désignation par un comité indépendant ne saurait signifier que ma candidature s’affranchit des principes qui ont permis à la République de recueillir, depuis cinquante ans, l’adhésion des bons citoyens et d’accomplir son œuvre de pacification, de progrès et de solidarité dans l'épanouissement des libertés dues aux citoyens.

Après quatre années de guerre, d’invasion, d’effroyables épreuves, la France reste fidèlement attachée au régime qu'elle s’est librement donné. Nous avons fait, pendant la guerre, confiance à la République pour sauver nos libertés ; après la guerre, nous avons également tait confiance à la République pour reconstituer nos villes, nos villages, nos foyers, la République ne nous a pas déçus.

1 our la condamner, il faut nous prouver qu’un autre régime eût fait plus et mieux.

Les Français, et surtout les anciens combattants, ne peuvent plus admettre que pour se dire républicain, n (aille autre chose que l’adhésion du cœur et de la raison. On n’est pas républicains par une étiquette, on l’est par des actes ! C’est sur mes actes que les électeurs du canton cl u Catelei m'ont jugé.

Ces électeurs appartiennent à tontes les classes sociales : cultivateurs, commerçants, artisans, travailleurs du sol et de l’usine. S'ils m'honorent de leur amitié et de leur confiance, c Cïît parce que je mets an service de tous, sans distinction d opinion, et que ne marchandant ni mon temps, ni mon activité, ni mon dévouement, nul ne peut contester que je compte à cette heure des amis zélés parmi ceux qui, sans me connaître, m'avaient le plus âprement combattu.

Chers concitoyens, je mettrai ma fierté à mériter votre confiance, comme j’ai conscienct cT avoir mérité celle de mes compatriotes.

Je ne cède à aucune pensée démagogique en disant que si tous les Français ont les mêmes droits et les memes devoirs, T accomplissement de ces devoirs est plus particulièrement pénible pour les déshérités de la fortune, et que le législateur et le gouvernement doivent veiller à ce que les travailleurs ne soient jamais déçus dans leur espoir d’être aides, assistés, soutenus ; à ce qu'ils ne soient jamais frustrés du bénéfice des lois sociales dues à l’esprit de solidarité et qui doivent, de plus en plus, corriger les inégalités et réconforter non seulement les faibles et les vaincus, mais ceux qui, avec un courage émouvant, luttent pour s'assurer et assurer à leur famille le droit à la vie.

J’insiste sur ce pomt, parce qu’il est l’un de ceux qui retiendront le plus ma pensée et mes efforts. Je vis et je travaille parmi vous, avec vous. Ma conviction est que le problème social ne se résoudra ni par la haine, ni par la violence, mais par la bonté, la solidarité et la collaboration de tous-

La crise qui sévit montre clairement l'étroite solidarité qui existe entre l’employeur et le salarié. L’employeur privé de commandes, c’est le salarié privé de travail. Quel parti peut se vanter d’échapper à cette loi ? La solidarité ne peut s’épanouir que dans une nation prospère. Comment la nation serait-elle prospère avec un budget de 53 milliards, capable de calmer des fringales toujours plus nombreuses, mais qui écrase îe travail national et le livre, sans défense, à la concurrence étrangère 1

L’exemple des assurances sociales montre que les intentions les plus louables sont gâchées par des abus scandaleux.

11 faut, de toute urgence, mettre un terme aux abus, à tous les abus* Si la Chambre que vous allez élire n’est pas animée par la volonté de mettre un frein aux appétits, de réprimer la gabegie, de contrôler les dépenses, d’interdire les initiatives somptuaires, de veiller jalousement à remploi des deniers publics, elle sera indigne de la confiance que vous allez mettre en elle. Cela peut se faire, cela doit se faire sans que les droits légitimes soient sacrifiés ou diminués, sans que les bons serviLeurs de FElat ne soient récompensés comme ils le méritent, sans que les victimes de la guerre, militaires ou civils, soient privées des justes dédommagements que la collectivité leur doit, sans que l'outillage et le domaine national aient à souffrir, sans que notre sécurité soit assurée, sans que l’assistance aux humbles soit moins efficace.

Ordre, justice, contrôle, économies, ces quatre propositions se complètent et se confondent dans la gérance de l’Etat, comme dans l’administration de nos départements et de nos communes.

D'autres questions, certes, plus vastes, mais moins près, peut-être, de nos immédiates préoccupations, solliciteront l’attention de vos représentants.

En toute bonne foi, de toute loyauté, je vous fais ici cette déclaration :

Dans la multitude rde questions que la vie d’une grande nation pose à la sagacité des législateurs, il me serait facile de choisir celles qui correspondent le mieux à nos intérêts personnels, corporatifs ou locaux. À quoi bon, si, connaissant comme je les connais, nos désirs et nos besoins communs, vous savez que mon adhésion sera acquise à toute proposition de nature à favoriser votre activité, à alléger vos charges, à rendre vos efforts plus productifs, à proléger plus efficacement vos intérêts, â accroître le bien-être de ious, à permettre à t jus de s’affranchir et de s’élever, â protéger le travail et honorer la famille.

Pour ce qui est des grands et redoutables problèmes internationaux, vous permettrez que ma faible voix ne vienne pas troubler le concert des hommes d’Etat les plus qualifiés*

Je ne m’en fais accroire et je ne vous en fais pas accroire: les problèmes qui réunissent â Genève fclite des nations exigent une documentation que possèdent seuls les gouvernements et leurs conseils. Je n’ai nulle envie d’imiter Gros-Jean et d’en remontrer à mon curé. Une chose paraît certaine, c’est que le monde entier demande la paix. Il reste à déter-

miner quel est le meilleur moyen de F assurer. Je répondrai' à votre vœu le plus cher, à vous qui avez souffert de la guerre dans vos personnes et dans vos biens, en accordant ma voix au gouvernement, quel qu’il soit, qui proposera la formule grâce à laquelle les peuples pacifiques et pacifiés collaboreront au bien de l'humanité sans esprit de conquête et d’impérialisme, Sur ce point, je me réjouis avec vous de la position éminente prise à Genève par les représentants de la France.

Chers concitoyens, il n'y a dans ce qui précède, ni bluf, ni offense. Mon unique ambition est de vous servir, de continuer demain, sur un terrain plus vaste, ce que j’ai fait hier dans les limites d’un de nos cantons.

Vous n’êtes accessibles ni à l'injustice, ni à la calomnie* Laissons ces procédés à ceux qui n’en ont pas d'autres.

Je suis des vôtres, je vis sôus votre contrôle. Votre sagesse vous fera penser qu’il est inutile d'aller chercher au loin le serviteur dévoué que vous avez sous la main.

Votre sympathie et ma sincérité sont les raisons de ma confiance. Puissions-nous, îe soir du 1er mai, unir nos espoirs dans un même cri ;

Vive la France î Vive la République î

E. RLÉIUOT

Adj&iDt au Maire de Nïuiroy.

CotiÊciiïer général du canton du C&telet.

And eu combattant, Médaille militaire, Croix de guerre.

Candidat républicain.

Circonscription de SOISSONS.

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