LOT-ET-GARONNE
Circonscription d’AGEN*
M * M À R T I N j rad i cal - sociali st e .
Elu au deuxième tour de scrutin. — 9*204 voix*
Citoyens,
Désigné par le comité exécutif du Parti radical-socialiste comme seul candidat du Parti dans l'arrondissement d’Agen, j’ai l'honneur de solliciter vos suffrages.
Il convient, tout d’abord, de dissiper toute équivoque. L'étiquette du candidat est peu de chose. Seul compte le programme, qui en fixe les tendances. Le nôtre tient en trois mots : nous voulons une République laïque, démocratique et sociale*
Une République laïque est celle qui n'accepte aucune ingérence de la religion, affaire privée, dans la conduite de l'Etat. Nous poursuivons la laïcité complète de Renseignement par l’abrogation de ce qui reste encore de privilèges au bénéfice de Renseignement privé et confessionnel ; par 1 extension de la gratuité absolue aux trois ordres d’enseignement; par 1 établissement de 1 école unique nationalisée, avec des garanties de connaissance imposées à chaque palier. Respectueux de toute croyance, nous entendons néanmoins soumettre tous les enseignants publics et privés aux mêmes garanties de culture et au même contrôle professionnel. A défendre ces principes, je me suis attaché depuis que j’ai l’âge d’homme. Fiis d instituteur public et, tour à tour, instituteur, maître-interne, professeur d'école supérieure, d ecole normale, inspecteur de Renseignement primaire, professeur agrégé des lycées, docteur ès lettres enfin, je n'ai pas vécu une minute de ma vie, sauf la guerre, en dehors de 1 enseignement public* C’est La seule garantie qui vaille. C’est par les actes, et non par des paroles que trop d’actes démentent, qu’on prouve sa sincérité*
La République démocratique est celle qui se fonde sur l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Depuis le retour de RUnion nationale, cette égalité n’existe plus. Les classes laborieuses : paysans, artisans, petits commerçants, fonctionnaires, sont en fait sacrifiés à des féodalités financières au bénéfice desquelles le Gouvernement actuel a distribué, depuis 1930, 5 milliards 350 millions de francs : plus que la rançon versée à F Allemagne en 1870, Elu, je défendrai donc le contrôle permanent du Parlement sur les finances publiques. Je défendrai aussi, il va sans dire, la souveraineté absolue du peuple et les élections faites à la majorité des suffrages et non à des rabais de 40 ou 25 0/0. Mais le Parlement qui fait les lois, a besoin d’être renseigné, je suis donc partisan du développement, pour toutes les catégories de citoyens, d'organismes qualifiés : syndicats corporatifs, coopératives, chambres de métiers, de commerce, d 'agriculture, etc. Ces assemblées consultatives facilitent, en effet, le désir de notre parti d'assurer « une collaboration toujours plus étroite entre la direction administrative de chaque service, les agents qui en assurent l’exécution et le public qui en bénéficie
Une République sociale est celle qui cherche le bien-être de tous dans l'organisation équitable des rapports entre les différentes classes de citoyens, La propriété est toujours pour nous, un droit inviolable et sacré.
Mais nous ne saurions considérer comme telles les vastes entreprises anonymes qui forq passer entre les mains de conseils d'administration, toujours les mêmes, la meilleure part du patrimoine commun. Ainsi poursuivrai-je la nationalisation' de tous les services publics gérés par des sociétés concessionnaires ; le contrôle effectif des banques, des compagnies d'assurances, des grands cartels de production.
Notre pays est à la limite de ses sacrifices en matière d’impôts. Il ne saurait donc être question d'en envisager l'accroissement pour équilibrer un budget que Y Union nationale laisse avec 7 milliards de déficit. Partisan d’économies massives, je défendrai la suppression de toutes les largesses injustifiées, la compression de toutes les dépenses improductives, un aménagement moins aristocratique de la défense nationale où le nombre des officiers supé^ rieurs a doublé alors que les effectifs diminuaient d’un tiers; un contrôle moins illusoire des déclarations d’impôts.
Petit-fils de paysans — métayers et domestiques — et appartenant à un parti agraire, je poursuivrai toutes les mesures propres à assurer aux agriculteurs - — - aux vrais, pas à ceux de la rue d’Athènes — l'aisance par le bien familial : extension de la législation sociale avec égalité de traitement entre ruraux et citadins ; protection de la production française envisagée comme prélude d'une rationalisation internationale; aménagement des campagnes destiné à faciliter le travail et à en améliorer les loisirs. Convaincu, d’autre part, que ce n’est que dans ia collaboration de tous les prolétaires que se trouve le' relèvement du pays, je défendrai tous les moyens de perfectionner et de développer la législation ouvrière de la République. Je m’attacherai; en particulier, à rendre efficace et plus acceptable celte loi des assurances sociales, devenue une sorte de monstruosité par la fa faute de ceux qui en fixèrent les règlements d'administration publique.
Sur le plan international, je suis avant tout un pacifiste. J ai fait la guerre dans l’infanterie, comme la plupart d’entre vous, J'en ai, comme vous, rapporLé, avec la croix de guerre et trois blessures, une horreur definitive de ces sanglantes abominations. Les revendications des anciens combattants sont donc aussi lès miennes. Je pense qu’il n’y a point de paix durable sans la collaboration sincère des peuples ; et que notre1 sécurité, qu'on ne saurait laisser menacer, n'a pas de meilleure sauvegarde que l'arbitrage obligatoire, prélude du désarme ment. -Compatriote de Briand, je m’efforcerai d’être toujours dans la ligne de ce grand apôtre.
Je crois vous avoir exposé l’essentiel. Le reste, je vous le1 dirai de vive voix, en visitant tour à tour toutes vos communes* Vous me poserez toutes les questions qu’il vous plaira, J’v répondrai dans toute la sincérité de mon eceur. Mon Parti et moi-même, sommes en effet trop pauvres pour lutter à coup d’affiches' avec Ml de Kérilïis et les affairistes de ses bandes. Fils du peuple, et peuple toujours, c7est en conversant avec vous, d'homme à homme, que je désire me faire connaître.
Venez à moi l Ecoutez* moi I Interrogez -moi î Vous me jugerez ensuite en vos consciences.
D’avance, je vous sais gré d'un verdict qui sera celui de braves gens I Vive la République laïque, démocratique et sociale ! !
Gaston MARTIN.
Circonscription de MÂRMANDE,
AL Renaud JEAN, communiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7.491 voix
Rs O GRAMME .
L — Contre la misère.
a) Pour les travailleurs ;
Contre toute réduction des salaires et des traitements, pour leur augmentation, pour la journée de sept heures et la semaine de quarante heures sans diminution de salaires. Pour de véritables assurances sociales comprenant Fassurance- chômage et aux seuls frais de F Etat et du patronat*
Egalité de droit entre les ouvriers étrangers et les ouvriers français.
Institution des délégués à l’hygiène et à la sécurité. Congé annuel payé d’au moins quinze jours pour tous les travailleurs. Retraite à 55 ans, à 50 ans pour les métiers insalabres*
En attendant l’institution de l’assurance-chômage, le ParLi communiste réclame des secours immédiats d'au moins 20 francs par jour, l’exonération des loyers et des impôts pour tous les chômeurs*
h) Pour les jeunes travailleurs :
Interdiction de l’exploitation des jeunes au-dessous de 14 ans. Elévation de lage scolaire à 14 ans avec rétribution aux jeunes de 1 2 à 14 ans, rétribution prélevée par l’Etat sur les bénéfices patronaux. Droit de vote pour les jeunes des deux sexes à partir de 18 ans. Journée de six heures dont deux heures d’apprentissage.
c) Pour les femmes :
Droits civils et politiques pour les femmes égaux à ceux des hommes. A travail égal salaire égal. Congé obligatoire payé à salaire entier deux mois avant et deux mois après 1 accouchement. Droit à l’avortement avec garantie médicale, suppression des lois de répression existantes.
d) Pour les paysans travailleurs :
Subventions immédiates pour tous les paysans travailleurs touchés par la crise. Exonération complète des impôts directs pour les paysans pauvres. Révision des baux en faveur es Partage de la récolte sur la base des deux tiers au minimum pour le métayer ;
suppression de toute redevance, prestation ou corvée; suppression des dettes hypothécaires*
II* — Contre la guerre .
a) Contre la guerre impérialiste, pour la défense de PU. R, S, S. et pour la paix. Rappel immédiat des troupes ei des navires de guerre de Chine et d'Indochine Contre les transports d'armes et de munitions.
Licenciement des militaires de carrière. Pour l'abolition des périodes de réserve et de la préparation militaire. Pour l'expulsion des gardes blancs.
Pour 1J annulation de toutes les dettes de guerre et des réparations. Pour l'abolition du système des traités de Versailles, du plan Young, du plan Hoover,
Pour le soutien de la révolution indochinoise. Retrait immédiat de tons les corps de troupes d’occupation el des fonctionnaires français des colonies et de F Alsace- Lorraine,
b) Pour les soldats et les marins : Droit de vote, d’organisation, de lecture de la presse ouvrière et de fréquentation des réunions publiques par les soldats et les marins. Prêt à 2 francs. Soixante jours de permission avec voyage gratuit.
Réajustement des pensions des victimes de la guerre au coût de la vie.