‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 12 sur 260 · M. LAFONT, S. F. I. O · texte numérisé non relu

M. LAFONT, S. F. I. O

Elu au premier tour de scrutin, — 4.827 voix»

Mes chers Concitoyens et Amis,

Mon programme c'est, en réalité, mon passé,

list-il besoin d’ajouter que dans toutes les questions agricoles, pour tous les problèmes ruraux, je serai toujours au premier rang pour prendre les initiatives, pour déposer les textes, pour intervenir dans les Commissions et en séance publique pour le mieux de vos intérêts légitimes.

J ai assez donné de gages à toutes les catégories de travailleurs pour qu’il soit inutile de leur rappeler mon action. Cheminots, petits commerçants, artisans, savent à quoi s’en tenir aussi bien que agriculteurs,

11 reste encore beaucoup à laire. Mais rien ne petit être fait sans ressources. U faudra donc, dans la Chambre nouvelle, où nous aurons la majorité, mettre fin au scandale des gaspillages du Trésor et travailler sérieusemenl à I équilibré du budget, dont le déùcit énorme et prolongé, risque d’être un mal mortel. II faudra équilibrer sans toujours imposer au contribuable qui travaille et au modeste rentier des charges nouvelles.

Aussi sera-t-il nécessaire de continuer plus que jamais contre les grandes puissances financières, contre les consortiums industriels nationaux et internationaux la lutte que j’aî déjà menée hier avec toute mon ardeur et qui m’a valu tant d’ennemis richissimes.

Il faudra faire des économies massives sur l’écrasant budget de la guerre.

11 ne sera pas possible de dépenser 17 milliards comme aujourd'hui pour la guerre, la manne et l’aviation, et demain peut-être davantage, si l’on veut atténuer la crise, rendre un peu de prospérité à tous ceux qui ont tant perdu dans ces deux ou trois dernières aimées.

Ce sera aussi la condition du maintien des quelques réformes sociales que nous avons conquises et du développement de celles que nous n’avons encore pu qu’amorcer ou proposer. r

Avec le gaspillage éhonté d’hier et les budget truqués de M. Flandin, nous n’aurions

pas l'espoir de donner aux assurances sociales leur forme définitive, notamment en relevant les tarifs des visites médicales et en organisant enfin l'assurance facultative pour îes agriculteurs, qu'on vous a promise sans vous la donner réellement.

Pas d'espoir non plus de consolider cette caisse d'avances ou de bonifications aux communes, à laquelle j’ai consacré lant d'efforts. Prêter à 3 0/0, amortissement compris, à nos petites et moyennes communes, c’est bien, mais encore faudrait-il que la caisse soit garnie pour pouvoir accueillir 'les demandes.

Vos subventions d'électricité, grâce a votre député, portées au taux actuel de 50 0/0 environ, celles pour les chemins, les adductions d'eau, tout serait compromis si les amis complaisants des grandes banques en faillite reprenaient le pouvoir.

Et comment pourrions-nous penser à réaliser celte réforme essentielle, que j'ai fait voter par la Chambre à deux reprises à l'expiration de la législature, et que le Sénat n'a jusqu'à ce jour accepté que dans une trop faible mesure : je veux parler de l'assurance contre les calamités agricoles (grêle, gel, mortalité du bétail» etc.) ?

C'est ici de l’orientation de la politique générale que dépendent toutes réalisations heureuses.

Nous sommes bien décidés, et le pays le dira dans ses campagnes comme dans ses villes, au premier mai prochain, à mettre fin à la domination de tous les grands féodaux qui nous oppriment, et en premier lieu, aux plus néfastes et aux plus criminels d’entre eux, les fournisseurs de guerre,

II n’est plus admissible, quatorze ans après la grande guerre, que le sort des peuples dépende des intrigues de quelques gouvernants et des intérêts de quelques particuliers.

Pour vivre demain, pour relever la France qui marchait à îa catastrophe, il faut un peu de tranquillité.

Il faut donc sérieusement et ardemment préparer la paix et non la guerre.

ïl faut faire la politique des travailleurs et non plus celle des marchands de canons!

Vive la République laïque, démocratique, pacifiste et sociale l

Ernest LAFÜNT

Député socialiste des Hautes-Alpes.

Conseiller général de Ri tiers.

Candidat unique des partis de gauche.

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