‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 132 sur 260 · M, GUILLOIS, U, R, I · texte numérisé non relu

M, GUILLOIS, U, R, I

Elu au premier tour de scrutin, — IL 872 voix

Electeurs,

Sollicité par de nombreux amis, j’ai accepté de poser ma candidature aux élections législatives dans Tunique but de réaliser l’union de tous les républicains nationaux de la circonscription de PloërmeL

Et si d’aucuns ont pu s’étonner de me voir abandonner mon poste de sénateur, qu’ils veuillent bien considérer que le but k atteindre vaut quelques sacrifices, puisqu’aux divisions intestines et aux luttes stériles qui ruinent un parti il s’agit de faire succéder Tunion des cœurs et des esprits, seul gage de paix et de prospérité.

Faisant de la politique à ciel ouverL et n’ayant jamais varié dans mes opinions, j’ai l'avantage d’être connu de vous, ce qui me dispense de développer longuement mon programme.

Maire de Ploermel depuis près de trente ans, Conseiller général depuis vingt-cinq ans, Sénateur depuis douze ans, j’appartiens à 1a Fédération républicaine de France, ayant meme l’honneur de faire partie de son conseil national et de présider, dans le Morbihan, aux destinées de sa section départementale.

Catholique convaincu, je me suis toujours élevé contre , les lois injustes tendant à restreindre nos libertés. Respectueux de toutes les croyances, je ne demande pas pour les catholiques un régime de faveur, mais un régime de justice et de stricte égalité,

La taxe sur le chiffre d’affaires pèse lourdement sur le petit commerce, L inquisition qui raccompagne et les inégalités que crée son application nous obligent A dire 'que la taxe unique doit la remplacer. Le législateur est entré dans cette voie puisque déjà plus de vingt articles échappent à la taxe incriminée, ÏI convient qu’au plus vite la taxe unique à k production ou à la sortie de l’usine du produit manufacturé soit généralisée,

La réforme de la patente qui doit être basée sur les locaux à usage commercial et non sur Thaï» talion, le salaire de la femme mariée qui doit être “déduit des bénéfices commerciaux ou industriels^ le contingentement des produits étrangers constituent autant de chapitres à un livre qu’il s’agit de bien lire, de bien comprendre, afin de bien défendre les intérêts de tous,!

Po lit iq ae in l é rie u re.

Estimant que la Chambre doit être l’image exacte du pays et qu’au surplus personne n a le droit de sc désintéresser de la chose publique, je suis un partisan résolu de la représentation proportionnelle intégrale, du suffrage familial, du suffrage des femmes et du vote obligatoire/

La réduction du nombre des Députés et des Sénateurs et leur équitable répartition sur 1 ensemble du territoire proportionnellement au chiffre des habiLants s’imposent. De même, fi importe de donner aux fonctionnaires, dans une organisation administrative modernisée, le statut qui les libère du favoritisme et de la politique tout en les astreignant à leurs devoirs professionnels et moraux,

Telles sont, brièvement résumées, les grandes lignes de mon programme. Mieux que toutes les promesses, mon passé politique, que vous avez le droit et le devoir de scruter, est là pour répondre de ravenir.

J’entends demeurer près de vous pour mieux connaître vos besoins; j’entends garder le contact avec mes électeurs pour les mieux servir,

En sollicitant vos libres suffrages, j'affirme être l'ennemi du « Cartel » qui — l'expérience de 1926 est présente à nos mémoires — détruit la confiance, ruine l'épargne et fait, dans tous les domaines, le malheur du pays.

Je suis pour une politique de large union nationale, telle que ïa veut M. André Tardieu. Avec lui nous ferons vraiment de la République « la chose de tous le régime de progrès, de liberté, de fraternité, de sécurité et de paix auquel aspire la grande majorité des Français et pour lequel nous lutterons sans répit dans l'intérêt de la démocratie et de la Patrie,

Dr L. GUILLGIS

Sénateur -Ma ire de PloërrneL Conseiller général.

ir& circonscription de FONT! V Y.

M, LOTZ, radicab socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 8.445 voix.

Mes chers Concitoyens,

Désigné, par le congrès du 29 mars dernier, comme candidat des républicains dans la première circonscription de Ponlivy , je me présente en toute confiance à vos libres suffrages.

Vous me connaissez : Maire de SainRAgnan depuis vingt-huit ans, Conseiller général de Cléguérec depuis vingt-deux ans, mon passé répond de la fermeté de mes convictions républicaines et de l'ardeur que j'apporterai demain, comme je l'ai fait hier, à la défense de nos communs intérêts*

Mon programme sera un exposé bref et loyal de ma pensée.

Alu point de vue finnnciert économique et commercial

La situation financière, d'une exceptionnelle gravité, exige un redressement énergique. Convaincu que îe bilan déficitaire de la Trésorerie provient, pour une grande part, d'une fiscalité excessive et maladroite qui paralyse la vie économique, j'estime que les mesures immédiates suivantes s'imposent :

Larges abattements à la base pour toutes les cédules sur les divers revenus, notamment en faveur des victimes de la guerre, des chefs de familles nombreuses et des anciens combattants*

Révision des lois fiscales en vue d’une répartition plus équitable ;

Nü 2145

Remplacement de l’impôt sur le chiffre d’affaires par une taxe unique à la production ; Compressions vigoureuses des dépenses publiques ;

Contrôle sévère en vue de la protection de l’épargne ;

Défense des consommateurs, producteurs et commerçants contre les trusts, cartels et autres puissances d’accaparement, ainsi que contre toutes fausses organisations coopératives.

Création d’institutions de crédit en faveur du petit et du moyen commerce.

Au point de vue agricole.

L’équilibre économique de !a France repose essentiellement sur la prospérité de son agriculture, dont les intérêts ont été indiscutablement sacrifiés, par la majorité de droite, au cours de la dernière législature.

II faut obtenir :

Un nouvel effort pour le développement du réseau de chemins ruraux et l'augmentation de la subvention de l’Etat qui devrait être en rapport avec le centime de la commune pour permettre de favoriser les communes à faibles ressources.

Une politique d’engrais à bon marché :

Un développement toujours plus large du Crédit agricole, apportant aussi de plus grandes facilités aux ouvriers pour devenir propriétaires de leur habitation.

Une révision profonde de la loi sur les assurances sociales et son adaptation aux conditions spéciales de la vie rurale qui les exigent facultatives.

Le vote définitif d’une juste indemnité aux fermiers sortants, la prolongation de la durée des baux à ferme, condition indispensable à La sécurité de T exploitant et protégeant également les intérêts des propriétaires-

L’organisation immédiate, de la Caisse des calamités agricoles,

La défense vigilante des produits agricoles français,

La réglementation de la main-d’œuvre étrangère, etc,..

Au point de vue social.

Lutte contre 3a spéculation et la vie chère.

Construction d’habitations à bon marché, tant a la ville qu’à la campagne, avec importantes subventions spéciales aux victimes de la guerre et du travail, aux chefs de familles nombreuses et anciens combattants.

Lutte contre les fléaux sociaux : le chômage, la misère, le taudis, la tuberculose, etc.

Au point de vue politique extérieure.

Organisation définitive et loyale de la paix internationale ;

Par la coopération fraternelle des peuples ;

Par l’arbitrage obligatoire des conflits ;

Et, la sécurité établie, par le désarmement progressif et simultané,

L oeuvre magnifique du grand breton Aristide Briand doit, être inlassablement poursuivie, jusqu’à la réalisation du plus bel idéal humain : la paix du monde.

Républicain sincère, mes opinions n'ont jamais varié. Je reste fidèle au principe de laïcité que je considère comme la meilleure garantie de la liberté de conscience.

Mes vingt-huit ans de vie publique vous sont le gage le plus sûr du profond respect que je professe k l'égard des opinions de tous* quelles qu’elles soient ; mais elles vous sont aussi un gage certain que je m’emploierai de toute mon énergie au triomphe de l'idéal républicain , au perfectionnement des œuvres sociales, m'efforçant d’apporter à tous le maximum de bien-être clans la prospérité, la concorde et la paix.

Vivo l'arrondissement de Pontivy 3 Vive la République 1

Paul LOTZ

Ingénieur agricole*

Maire de Samt-Aignan*

Vice -président du Conseil général.

Président de T Office agricole.

Administrateur délégué du Crédit agi c oie du Morbihan, Chevalier de la Légion d’honneur.

Officier du Mérite agricole.

Candidat d’union républicaine.

2e circonscription de PONTIVÏ.

M. R AUDE, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. — - 6.692 voix.

Mes chers Concitoyens et Amis,

En 1928, vous m'avez fait l'honneur de me choisir pour vous représenter à la Chambre des Députés. J7ai conscience d'avoir rempli mes obligations envers vous en toute franchise et loyauté. Je sollicite de votre confiance le renouvellement de mon mandat législatif.

Vous me jugerez sur les principes directeurs de la politique que j'ai toujours suivie* Vous connaissez ma fidélité aux grandes idées de laïcité, de progrès social, de justice fiscale, de respect dos croyances, de liberté, de paix, qui sont la base même du régime démocratique, que la France s'cst librement donnée.

Nettement opposé à tous ceux qui, de parti pris, sont hostiles aux lois fondamentales de la République, je fais appel à tous les républicains sincères, désireux de voir les destinées de notre pays se développer, prospérer et grandir dans Tordre public, le travail productif, la concorde nationale et internationale.

L’œuvre magnifique de la République, menacée aujourd'hui par un gouvernement de droite, doit être reprise et affermie.

Ordre politique.

Dans une démocratie, le suffrage universel est souverain* Je suis opposé aux 40 0/0 et aux *25 0/0 qu’une Chambre de droite a votés, comme une atteinte même au régime républicain.

Je considère comme intangibles les lois laïques, qui sont Je complément naturel de libertés civiles, la garantie de la liberté de conscience et la condition de la paix religieuse*

Ordre admi n is ira t if 1

Extension des libertés communales. Avances aux communes à un taux réduit, pour leur permet trc de réaliser les projets si impatiemment attendus.

Enseignement.

Partisan de la liberté de renseignement, je considère comme urgent et indispensable de fortifier l'oeuvre d'enseignement laïque,

U faut établir, pour tous les enfants, le droit à l'éducation suivant Leurs aptitudes, en facilitant l’accès, sans privilège, à l'enseignement secondaire et supérieur.

La propriété .

Le progrès moral et matériel du pays doit être poursuivi clans le respect de la propriété individuelle et par la collaboration du capital et du travail, collaboration qu’il faut opposer à la lutte des classes.

Commerce <

Révision et détermination des tarifs douaniers par le Parlement. Réforme des élections consulaires et du recrutement des chambres de commerce, selon les règles démocratiques.

Protection, effective de la propriété commerciale.

Agriculture .

Le Morbihan est un pays de culture difficile et peu rémunératrice. Il a droit h des égards particuliers dans la grande famille agricole française. Il faut en premier lieu au Morbihan de bons chemins ruraux, une politique de remembrement et de la main-d'œuvre salariée agricole. Jusqu'à présent, quoiqu'on en dise, l'agriculture n'a pas été favorisée. Les crédits affectés au Ministère de l'Agriculture en témoignent.

Les coefficients imposables des terres sont à diminuer, le régime des successions et donations en partages à reviser, les allocations familiales doivent être obligatoires.

Des indemnités et primes accordées au remembrement.

Des facilités toujours plus grandes données aux salariés pour les constructions de logements et l’accession à Ta petite propriété.

Le Morbihan est très gros importateur d’engrais, surtout en phosphates et calcaires.

Il faudrait :

Une réglementation stricte des engrais,

La représentation large de l'Etat et des agriculteurs dans les conseils d'administration des comptoirs nationaux.

Une politique de transport des engrais , base de la prospérité agricole.

Une loi de protection sur la fraude dans les amendements calcaires.

Une politique du blé s’impose également.

Il faut du pain français de blé français, les blés exotiques utilisés seulement en année déficitaire sons le contrôle du Gouvernement, Assurer une fixité relative des prix de vente du blé. Contrôler les stocks. Développer le financement des récoltes par une dotation plus large du crédit agricole.

Le Morbihan est le premier département exportateur de pommes de terre. La cris s qui s'ouvre sera ressentie particulièrement par nos agriculteurs. Des mesures doivent être prises d'urgence. Contingentement sévère et prohibition totale des semènces étrangères, des amylacés et fécules étrangers. Politique des transports à organiser comme pour les engrais* Lutte contre le doryphore.

Notre bétail, chevaux et bovins, se développe et gagne en importance et en renommée. Les éleveurs demandent une protection efficace pour enrayer la baisse continue vraiment déconcertante. Ne conviendrait-il pas d'interdire l’entrée en France des viandes frigorifiées étrangères, de renforcer les contingentements ? De doter les services vétérinaires et d'appliquer largement la loi sur les calamités en faveur des paysans pour perte de bétail ? D’obtenir des tarifs spéciaux et réduits de transport, etc.

Notre région est un pays de petit fermage et de petite propriété* Les baux sont de trop courte duree et souvent à un prix trop élevé, il faudrait revenir aux baux de neuf ans et accorder une juste indemnité au fermier sortant qui la mérite.

Réglementer sévèrement la main-d'œuvre étrangère pour que nos ouvriers agricoles qui, émigrant l’été, puissent trouver en France un travail rémunérateur et n’aient pas à lutter contre l'envahissement des ouvriers polonais, italiens ou tchèques.

Le crédit agricole fonctionne, dans le Morbihan, d’une façon parfaite. On ne peut qu’inviter les cultivateurs à y avoir recours.

Je représente une région agricole. À la Chambre, j’ai suivi de très près les questions qui intéressent ma circonscription plus particulièrement. Avec une mauvaise foi bien marquée^ mes adversaires m’ont reproché de n’avoir rien fait pour l’agriculture. Je les reporte à mes votes et à mes interventions au Parlement. Ils se convaincront que j’ai défendu tous les intérêts qui m'étaient confiés avec tout le dévouement dont je suis capable et avec le souci d’apporter à ces différents problèmes des solutions pratiques.

Politique sociale .

Le Parlement doit s'attacher à combattre les lléaux sociaux, la misère, la tuberculose, le taudis, à favoriser les familles nombreuses par des allocations plus généreuses et des primes à la natalité plus fortes.

A accorder aux vieillards, infirmes et incurables des allocations en rapport avec les nécessités de la vie, à augmenter les retraites ouvrières,

 faire prévaloir les droits des mutilés, des veuves et orphelins, de toutes les victimes de la guerre, des anciens combattants, et des mutilés du travail, dont la situation a été trop longtemps méconnue.

Par l application plus étendue de la loi Loucheur, permettre aux travailleurs d'avoir des logements sains en rapport avec leurs charges de famille.

Je suis de ceux qui considèrent que la loi sur les assurances sociales, excellente dans son principe, doit être sérieusement modifiée.

Pour les fonctionnaires cîviis de tout ordre, la garantie de leurs intérêts civiques et professionnels, le droit syndical.

Domaine financier .

II faut exiger la sincérité financière absolue et l'équilibre rigoureux du budget. L essor économique de notre pays et le progrès social ne seront possibles que par l'assainissement des finances publiques, or les finances de la France sont sérieusement compromises par l'imprévoyance criminelle du cartel des droites : nos réserves gaspillées, un budget en déficit de cinq milliards, des perspectives peu réjouissantes pour l’avenir, voilà ce que les gouvernements Tardieu Laval laissent à leurs successeurs. La nouvelle Chambre aura à résoudre ce diificile problème, bile le fera avec le souci de servir les intérêts généraux, du pays et d'établir la justice fiscale entre tous les contribuables.

Politique extérieure ,

Toujours préoccupé d'assurer le développement d'une politique de paix, tout, en veillant sur la sécurité de la 1 rance, dJ accord en cela avec le grand citoyen Aristide Briand, l'apôtre de la paix, je demande qu on poursuive son oeuvre et les efforts déjà tentés pour l'application rapide des principes d'arbitrage, de désarmement et de sécurité.

Je vois dans la Société des Nations, élargie et fortifiée, le moyen de réaliser la paix fondée sur la solidarité internationale et h droit des peuples pour laquelle la France a combattu et souffert.

Electeurs, n

* tf

Le scrutin d’arrondissement, rétabli en 1928, vous permet d'être en contact avec votre élu, de juger son œuvre, ses actes.

Vous me connaissez. Ce que je veux, c'est l'union étroite de toutes les forces vraiment démocratiques. Ce que je veux, c est une République ouverte à tous les coeurs généreux, une République de justice et de progrès social.

Lne République, enfin, gouvernée par des républicains.

Vive la République 1

Eugène RAUDE

Député sortant.

Vice-Président de la Commission des douanes et conventions commerciales* Vice-Président de la Commission de la marine marchande.

Secrétaire de la Commission des pensions»

Maire de Guémené'Sur-Scûrfl,

Président de la Caisse cantonale du crédit agricole. Administrateur de la Caisse du crédit immobilier (Loi Loucheur).

Candidat radical-socialiste.

lro circonscription de VANNES-

M. l’abbé D® S GRANGES, indépendant.

Elu au premier tour de scrutin. — 7,341 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le Président du Conseil et ses principaux collaborateurs viennent de retracer l’œuvre féconde de la fl 4e législature.

Cette œuvre doit être continuée avec méthode et constance.

En dépit d’un cataclysme mondial sans précédent, nous avons redressé notre situation.

Pour qu’on mesure l’action efficace des Ministères Poincaré, Briand, Tardieu et Laval, il suffit de constater un fait évident ; en 1926, après deux années de domination cartelliste, la France ruinée mendiait des crédits. Durant ces quatre années, au contraire, presque tous les peuples sont venus à Paris, chapeau bas, pour supplier la République de leur venir en aide. Quel revirement !

Mis en confiance par la sagesse de nos Gouvernements, une foule d’épargnants étrangers nous ont confié leurs économies. Nous avons ainsi d’abondantes réserves.

Mais comme Fa dit justement M, tterriot, il suffirait d’une alerte un peu vive pour que la panique de ces innombrables possesseurs de francs vidât les coffres de la Banque de F rance et mît de nouveau notre monnaie en péril.

Cette alerte, si grosse de dangers, elle se produirait le 2 mai prochain si les électeurs commettaient l’imprudence de livrer le pouvoir aux socialistes et à des radicaux ayant partie liée avec les socialistes.

Que deviendraient vos épargnes, vos traitements, vos retraites, après une nouvelle chute du franc !

La sagesse Financière s’impose plus que jamais en raison de Funiverselle dévastation du monde,

G’et également avec une ardeur plus intense et mieux réglée qu’il faut travailler à T organisation de la paix, menacée à cette heure par tant de périls.

Nous arrivons à la période critique où les conscrits, nés durant la guerre, seront moitié moins nombreux qu’aux années normales. Nos frontières ne seront couvertes que par une demi-armée, et il faudra une extrême vigilance pour sauvegarder Lout ensemble la paix du monde et la sécurité française.

Pour mener à bien cette entreprise complexe et délicate, ceux qui ont peiné et saigné sur le front semblent plus qualifiés que ceux qui se sont enrichis à Pintérieur,

Nous prêcherons plus efficacement la paix aux peuples, en continuant de la réaliser entre nous. Ecartons avec soin ce qui pourrait ranimer les querelles religieuses où nous avons trop longtemps épuisé nos forces et qui n’ont pas etc moins funestes au progrès social qu’au prestige de la République.

Finissons-en avec les injustices scolaires qui ont si souvent envenimé ces conflits.

Qu’on ne refuse plus le droit d’enseigner aux maîtres d'élite qui ont mérité depuis des siècles l’affectueuse confiance des familles françaises,

Que la liberté d’enseignement — principe fondamental de la République — ne soit pas le luxe des riches, mais que puissent également en jouir les parents sans fortune.

Qu’on ne cherche pas à peser sur la conscience d’un père et d’une mère en refusant à leurs enfants les secours, les fournitures scolaires dont ils ont absolument besoin.

Qu’on aide le mérite pauvre a gravir tous les degrés de l'instruction, sans brimer les croyances et les préférences familiales, comme le permettra l’Office national des bourses dont j'ai fait accepter le principe par la Commission de l’enseignement, J

Catholiques bretons, vous êtes attachés à ces libertés par toutes les fibres de votre cœur.

Vous savez avec quelle ardeur je les défends.

Je suis tout dévoué à vos intérêts matériels, mais vous souhaitez que je sauvegarde avec une énergie encore plus vive le patrimoine moral et religieux qui a été et reste votre force, votre honneur, votre supi^me espérance.

C’est pour cela que vous m’avez choisi, il y a quatre ans, pour votre mandataire^

Je me suis donné à vous sans réserve.

Tout ce que j’ai d’activité et d'influence, je vous l’ai consacré.

Vous ne m’abandonnerez pas.

En dépit des subtiles manœuvres de la franc-maçonnerie morbihannaise, vous n’expulserez pas du Parlement, — où il sera désormais l’unique représentant du cierge catholique — le prêtre-député que vous avez élu.

Vive la Bretagne 1 Vive la République !

Abbé DESGRANGES

Député sortant,

2e circonscription de VANNES.

M. PEZET, démocrate populaire.

Elu au premier tour de scrutin. - — 12,467 voix.

En politique in t ér ie u re ,

La liberté pour tous (liberté de conscience, d’association, d’enseignement), un office national des bourses ou une réforme générale de l’enseignement qui garantisse la liberté du chef de famille et en assure le plein exercice ;

Le respect des forces morales et religieuses ;

L' égalité de tous les citoyens devant la loi, notamment 1 égalité et 1 équité en matière fiscale ;

La réforme de 1 Etat et de la Constilütion ; réforme électorale par le vote familial et la représentation proportionnelle intégrale;

Un Gouvernement républicain stable et Fort, seul capable de faire une politique d'économies rigoureuses pour préserver le r franc » de toute atteinte et de gérer la Nàtion en bon père de famille.

En politique sociale*

Reconnaissance et respect des droits de la famille, de la dignité du travail et de la propriété ;

Une législation protectrice du travail et de l’épargne des travailleurs des villes et des campagnes ;

La collaboration 'loyale des divers éléments de la production, la réforme fiscale, notamment selon les vœux du commerce trop frappé ;

L organisation et la représentation professionnelles dans l'Etat ;

La défense des intérêts agricoles, spécialement la révision de la loi sur les assurances sociales dans 1 agriculture et sa mutualisation générale»

En polilù/ue extérieure.

La paix par la sécurité nationale; .par .le respect des signatures, ; par la. collaboration internationale, le rapprochement des peuples, l'entente économique, en un mot par une organisation morale et économique, juridique et politique (Société des Nations).

Je fais appel à tous les hommes de bonne volonté pour une politique de concorde inténeure, de collaboration républicaine, de défense agricole et commerciale, de. progrès social, de liberté et de paix, *

Ernest PEZET

Secrétaire de la Chambre dea Députés.

Député sortant

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