MORBIHAN
lrf circonscription de LORIENT.
M. L'HÉVÉDER, S. F. I. 0.
Elu au premier tour de scrutin. — 9,713 voix.
Le socialisme et la propriété individuelle.
11 est difficile de plaire ù tout le monde et nos adversaires ne manquent pas d’attaquer avec violence le parti socialiste et ses représentants.
Affolés par la perspective de notre succès, ils racontent un peu partout et mensongèrement que le socialisme combat la propriété individuelle.
Soucieux, avant tout, de ne pas laisser déformer notre belle doctrine de fraternité humaine et de progrès social, je leur donne sur ce point un démenti formel.
Certes, le parti socialiste montre aux travailleurs le danger des congrégations économiques qui forment des états dans T Etat et dominent Tap pareil gouvernemental.
Certes, il propose la nationalisation industrialisée des grands services publics comme les transports, les engrais, les mines, les pétroles dans le but de faire profiter la collectivité des bénéfices réservés aujourd'hui à une poignée d’actionnaires oisifs.
Certes, encore nous demandons la nationalisation au profit du personnel et des usagers des puissantes sociétés nationales ou internationales qui prélèvent abusivement une très large part des salaires des travailleurs et qui sont devenues, par suite de la concentration exagérée des capitaux, une menace véritable pour l’indépendance politique et économique de la nation tout entière.
Mais le parti socialiste n’est pas, n a jamais été l'adversaire de la propriété individuelle, iruit du travail familial et de l'épargne.
Au contraire, le parti socialiste est partisan de la propriété, non pas seulement pour une minorité de privilégiés, mais encore pour tous les citoyens.
Le but du socialisme est de donner au travailleur, quel qu'il soit, la propriété de son instrument de travail.
Nous souhaiterions voir le cultivateur devenir, par son travail, propriétaire de la ferme qu il exploite, le petit artisan propriétaire de son atelier, le commerçant propriétaire de sa boutique.
Nous voulons donner aux milliers de travailleurs exploités par les grosses sociétés
capitalistes r directeurs, ingénieurs, contremaîtres, ouvriers, ïa propriété collective des entreprises pour lesquelles ils travaillent.
Mais nous sommes adversaires résolus de la, bureaucratie étatiste.
Les entreprises nationalisées seraient gérées industriellement par un conseil d'administration composé de représentants de l’Etat, de représentants du personnel et de représentants des usagers (commerçants et agriculteurs).
Le socialisme et la crise économique.
La crise économique qui secoue si durement le monde tout entier montre d'ailleurs la nécessité de substituer au plus tôt Tordre et T harmonie de la République socialiste au désordre et à L'anarchie du régime capitaliste et de remplacer le goût du lucre, la recherche du profit exagéré, par le souci le plus sain du bien-être et de l’intérêt général.
Après une période de prospérité inouïe, le capitalisme s'est montré incapable d’ajuster la production aux besoins de la consommation.
Son incapacité, son impuissance ont provoqué, à travers le monde, un désarroi économique sans précédent.
ïi y a, dit-on, trop de blé et des hommes, des femmes, des enfants meurent tous les jours de faim.
Il y a, dit-on, trop de chaussures, trop de vêtements fabriqués et des millions d’êtres humains iTont pas d’argent pour se chausser et se vêtir.
A une surproduction fabuleuse, dans tous les domaines, correspond, non pas le bien-être général qui, logiquement, devrait en résulter, mais au contraire la crise économique, le chômage, la sous-consommation, la misère des travailleurs et une crise agricole des plus inquiétantes.
C'est aux Etats-Unis d'Amérique, dans le pays où le capitalisme est le plus fort, dans le pays où il n'y a ni élus socialistes, ni, à proprement parler, de parti socialiste,, que la crise est la plus violente puisqu'on y enregistre plus de 10 millions de chômeurs complets.
La crise actuelle est une des crises qui frappent périodiquement le capitalisme, mais des causes diverses : la guerre, le machinisme, la rationalisation, Timpossibildé de trouver dos débouchés nouveaux lui ont donné une amplitude exceptionnelle.
Seul l'avènement du socialisme, l'organisation rationnelle de, la production et de£ marchés, Torga nisaüop de la consommation pourront garantir définitivement 1 humanité contre le retour de pareils bouleversements, Mais, au sein du régime capitaliste lui-mêcie, le socialisme a, pour devoir de lutter contre le désordre du régime et de rendre la vie moins p m i b le a ux . ira v a il Le ors .
Podüique ouvrière el sociale.
Je réclamerai notamment :
1° La semaine de quarante heures, avec maintien des salaires, pour diminuer lé chômage et augmenter la consommation ;
2* La création d’un service public cT assurance-chômage et la limitation de la hausse des loyers ;
3® La création et le fonctionnement d’offices nationaux chargés de discipliner la production et de répartir les produits ;
4° La mise en œuvre d’un large programme de travaux publics et d’outillage national ;
5" Un contrôle rigoureux des banques, en attendant leur nationalisation et des facilités de crédit plus grandes aux petits commerçants, aux petits industriels, aux artisans, aux petits cultivateurs ;
6° Une politique d'entente économique avec les autres nations.
No 2145
Socialisme et désarmement *
Les armements à jet continu préparent et provoquent les guerres*
En outre j tous les pays plient de plus en plus sous le poids écrasant de leur appareil militaire et sont dans l'impossibilité de prévoir, dans des budgets déjà trop lourds, les dépenses sociales indispensables*
Cette situation ne peut pas durer. Tout récemment, un Homme de droite, M* Lucien Ttomier, du <c Redressement français », a pu dire avec juste raison que «. le désarmement se ferait un jour, par T impossibilité, pour les nations, de continuer à payer les armements »,
Les socialistes Tout compris et ils demandent, non pas comme certains l'insinuent, le désarmement unilatéral de leur pays, mais le désarmement général, progressif et simultané de tous les peuples, la démocratisation de la Société des Nations et l’institution de l’arbitrage obligatoire en cas de conflit*
Seul le désarmement de tous les peuples rendra disponibles des milliards qui pourraient être employés utilement à la lutte contre la tuberculose et le taudis, au développement rationnel de T agriculture, du commerce eL de l’industrie*
Politique intérieure et scolaire*
Pour le parti socialiste, la religion est affaire privée et l’Etat ne doit intervenir ni pour la propager ni pour la combattre*
Profondément respectueux de toutes les convictions sincères, je continuerai à lutter Cdiitre Pignorance et le fanatisme et contre les intolérables : pressions que certains gros propriétaires, encore assez nombreux, font peser sur les ouvriers et les fermiers qui ne pensent pas comme eux*
Je suis résolument partisan de fécole laïque et neutre où tous les parents, pauvres comme riches, catholiques comme libres penseurs, doivent envoyer leurs enfants, assurés qu'ils sont d’y trouver une instruction solide et un respect absolu de l âme enfantine et des convictions de la famille.
Je suis enfin partisan de la nationalisation de l'enseignement qui donnerait aux enfants des pauvres, des ouvriers, des paysans, s’ils sont intelligents et travailleurs, les moyens d'accéder aux plus hautes situations.
Politique fiscale.
M. Tardieu et ses fidèles partisans avaient promis à la France le bien-être et la prospérité.
Les résultats de leur politique sont aujourd’hui évidents : crise économique généralisée, chômage menaçant, ralentissement du commerce et des transactions, sous-consommation, mévente des produits agricoles*
Pour mettre fin à la crise économique, pour la reprise des affaires, je ctois qu il faut, avant tout, augmenter la puissance de consommation de tous les travailleurs*
Je regrette que l'Union nationale ait dégrevé les opérations de banque et de bourse et la fortune acquise au lieu de diminuer les impôts de consommation qui ralentissent la vie économique du pays et je me prononcerai en faveur d’impôts directs frappant les grosses fortunes et les revenus importants.
Je me suis aussi élevé, avec tous les élus républicains, contre la politique scandaleuse des Gouvernements Tardieu et Laval toujours disposés à consentir aux banques capitalistes aux Etals réacUoirnaires des avances dont de total se chiffre par plusieurs milliards et toujours enclins à lésiner sur le vote des crédits qui auraient permis de lutter efficacement contre le chômage.
Pour une politique réaliste et réformatrice ,
En attendant la réalisation complète de notre idéal qui permettra aux travailleurs de conquérir le bien-être matériel et moral auquel ils ont droit, nous ne restons pas inactifs, Nous ne sommes pas des rêveurs ou des utopistes, mais au contraire des hommes d’action, énergiques et résolus et des réalisateurs.
Le parti socialiste, sans cesser d’appeler tous les travailleurs à l’organisation, peut proclamer hautement qu’il a toujours accordé son soutien loyal et résolu à tonie politique ayant pour but d'améliorer les conditions de vie des travailleurs et d’assurer la paix*
Fidèle à sa tradition constante, il poursuivra demain son action réformatrice*
Travailleurs de toutes catégories.
En plein accord avec vos syndicats et vos associations, je me suis prononcé au Parlement en faveur des améliorations sociales que vous réclamez. Demain je m'efforcerai de rendre lu législation du travail toujours plus juste et plus humaine.
Ouvriers et retraités de l'arsenal et du parc d' artillerie.
Au Parlement, j’ai eu l'occasion de vous défendre vigoureusement et de ndélever contre les tentatives ouvertes ou déguisées de cession des arsenaux à l'industrie privée, pour le profit d'un quelconque Schneider, Je continuerai à batailler dans le même sens et réclamerai la réalisation aussi rapide que possible du salaire national.
Cultivateurs ? fermiers, ouvriers agricoles.
Ayant vécu votre vie, je connais vos besoins et vos intérêts.
Tous, petits et moyens propriétaires, fermiers et ouvriers agricoles, vous trouverez en moi un défenseur vigilant et actif.
Mon action parlementaire durant les deux dernières années qui viennent de s'écouler vous a prouvé que j'ai été fidèle à mon programme.
Je continuerai à réclamer ;
Application des lois sociales aux ouvriers agricoles.
Création d'un office national du blé ayant pour but d'assurer au cultivateur une rémunération suffisante de son travail et des frais qu il a engagés et chargé aussi de sauvegarder les intérêts des consommateurs en jugulant les spéculateurs sans scrupules.
Vote des millions nécessaires pour améliorer le logement agricole et ouvrier, renouveler l'outillage rural, électrifier les campagnes, etc.
Diminution du prix des engrais, facilités plus grandes de transports pour Importation des produits.
Crédits importants pour la création et l’entretien des chemins ruraux et vicinaux et l'électrification des hameaux.
De plus, si on 'ne veut pas décourager le petit fermier et l’empêcher de vivre, il faut faire aboutir au plus vite les réformes suivantes :
P La suppression des baux à court terme et leur remplacement par des baux de neuf ans au moins*
* La limitation par une loi de la hausse des locations.
3° L'institution du bail mobile suivant les recolles et les prix des produits.
4° LT extension du crédit agricole pour l'accession à la propriété terrienne,
5» Le payement au fermier sortant par le propriétaire de la plus-value des terres due à son travail durant la durée du bail.
6* La création de commissions paritaires chargées de régler les différends entre propriétaires et locataires et, le cas échéant, de fixer les baux à un taux raisonnable,
7° Le vote de la propriété culturale,
8* La liberté de la pêche et de la chasse sous réserve des mesures nécessaires à la protection des récoltes et de la conservation du poisson et du gibier.
Inscrits maritimes, pécheurs , demi-so&diers .
Le recrutement des inscrits maritimes s'opère de plus eu plus difficilement et il importe d’accorder aux travailleurs de la mer des avantages compensant, dans une certaine mesure, les fatigues et les risques de leur pénible métier.
Je suis intervenu à la Chambre pour la défense de vos intérêts légitimes et si nous n'avons pas eu, mon ami Tasso et moi, satisfaction sur tous les points, je suis néanmoins heureux que la pension pour les inscrits de la 6* catégorie ait été portée à 4,200 francs et que les secours des veuves et dos orphelins aienL aussi été augmentés.
Je réclamerai l'institution du vote par procuration, la diminution du temps de service militaire, le développement du crédit maritime, la modification des charges qui frappent le petit armement.
Enfin, je m efforcerai d'obtenir les crédits pour l'équipement des petits ports et de leur outillage et viendrai souvent m'enquérir des légitimes aspirations des pêcheurs.
Commerçants , industriels ^ représentants et, voyageurs de commerce *
Les députés socialistes ont soutenu au Parlement les intérêts et les revendications justifiées du commerce et de l'industrie.
Les socialistes n'ont jamais confondu les intérêts des millionnaires et des milliardaires, représentants des grosses firmes industrielles et commerciales, avec les intérêts des petits industriels et petits commerçants qui, dans leurs ateliers et dans leurs boutiques, ont autant de mal que les autres à vivre.
Les députés socialistes ont toujours voté contre la taxe sur le chiffre d’affaires et pour son remplacement par une taxe unique à la production.
Us ont pu obtenir le vote d'un projet permettant aux commerçants employant leur femme de déduire de leurs bénéfices commerciaux une somme forfaitaire représentant le salaire de leur épouse.
Ils demandent un sérieux dégrèvement à la base pour l'application de l'impôt sur les bénéfices commerciaux.
Je défendrai aussi avec énergie la cause des voyageurs et des représentants de commerce.
Fonctionnaires , retraités de lEtat , de la marine , de l'arsenal
Le parti socialiste a toujours lutté pour vous assurer des conditions de vie normale.
Il a défendu le principe de la péréquation automatique des pensions que repoussent les conservateurs sociaux.
Avec tous les élus du parti, j’ai soutenu vos intérêts en particulier la péréquation intégrale des retraites que le Sénat et le Gouvernement ont fait échouer.
De plus, tous mes concitoyens savent que je n’hésiterai pas â mettre à leur disposition mon plus entier dévouement avec le vif désir de me rendre utile à tous.
Maillés de guerre, mutités du travail.
Frappés les ans et les autres au champ d'honneur, vous avez droit à la juste réparation du préjudice qui vous a été causé. En contact avec vos représentants qualifiés, je chercherai à vous faire obtenir le respect de vos droits. Je m’efforcerai de faire aboutir la refonte de la loi sur les mutilés du travail.
A ne ie n s combattants*
Le parti socialiste a mené une action tenace pour vous faire bénéficier de la retraite du combattant que PEJnion nationale a en vain essayé de vous diminuer.
Je compte réclamer notamment l'attribution, de la carte du combattant aux marins embarqués sur les navires de commerce armés, à certains soldats du train chargé de périlleux ravitaillements, etc.
Instruction physique et sports .
Je juge que le sport est une distraction agréable eL saine qui mérite d’être encouragée. Je chercherai en particulier à obtenir pour les sociétés des facilités plus grandes de circulation etdemanderai une aide efficace pour les sociétés sportives dont Inactivité est nécessaire au développement physique de notre jeunesse.
Au point de vue loeaL
Rien de ce qui touche L'activité économique de la région lorientaise ne nie laissera in différent,
La question dupont du Pouldu, malgré de nombreuses difficultés, semble près d'aboutir Je travaillerai à sa réalisation en accord avec les collectivités intéressées,
La prospérité du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, de la pêche sera l’objet de toutes mes préoccupations.
Le développement du tourisme, les habitations à bon marché, l1 électrification des campagnes et l’extension des voies de communication trouveront en moi un défenseur actif.
En un mot, représentant detousles travailleurs, je m’efforcerai de mériter et de garder leur confiance.
Citoyens, AS!
Je n’ai pas la prétention de vous exposer un programme détaillé et complet mais vous savez tous que je défendrai les travailleurs de la ville et des champs, les humbles et les malheureux que le socialisme voudrait émanciper, sans violences inutiles.
Cette émancipation, votre émancipation, je vous demande d’y travailler avec nous.
Elle sera votre œuvre, l’œuvre de la raison et du travail.
Méprisant les calomnies stupides de nos détracteurs, le 1er mai prochain, vous ferez votre devoir.
Vous voterez pour le candidat de votre classe, pour un breton parlant sa langue natale qui veut voir évoluer la région lorientaise vers un avenir de prospérité.
Vous voterez pour un fils du peuple fidèle à ses origines, pour un candidat qui n'a jamais changé d’étiquette politique.
Vous voterez pour une politique claire- de justice fiscale h l’intérieur, de paix et de désarmement à l’extérieur.
No 2145
Dans 1’isoioir, où nul ne peut vous voir, vous avez le devoir de voter pour le candidat qui se présente loyalement à vous, avec son drapeau fièrement déployé.
En dépit de toutes les tentatives de corruption mises en œuvre par mes adversaires, vous voterez en citoyens libres et conscients pour un homme libre.
Vous voterez pour le développement économique de la première circonscription de Lorient et pour la République du progrès et du travail.
Vive la première circonscription de Lorient î Vive la République sociale I
Louis LvË|VÉDER
Conseiller général.
Député sortant.
2e circonscription de LORIENT.
M. CHARRIER, radical indépendant.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,712 voix.
Mes chers Concitoyens,
Après quatre années de mandat législatif, pendant lesquelles, de toute ma bonne volonté, de toutes mes forces, je me suis attaché à remplir mes devoirs envers vous et envers le Pays, je viens vous demander de me renouveler votre confiance, lors des élections du 1er mai prochain.
Sans être animé d’aucun sectarisme, sans pratiquer une politique d'opposition systématique et stérile, je me suis, dans ma conduite au Parlement, préoccupé, avanL tout, de tenir les engagements pris dans le programme sur lequel vous m’avez élu*
Au reste, mes sentiments n'ont pas changé; tels mes amis du canton de Port-Louis mont connu depuis de très longues années, tel je suis demeuré : fidèle à mes principes, respectueux des libertés d’autrui, serviteur d'une République éprise de justice et de liberté.
Liberté de parole et de pensée, liberté de conscience; F une comme l’autre ne peut s épanouir que dans le respect des lois. Les lois laïques sont le garant de la liberté de conscience, de la liberté d’enseignement ; leur strict maintien peut seul assurer la paix religieuse.
G est le progrès, dont l'évolution constante apporte de jour en jour un peu plus de justice sociale. Il ne peut se développer que dans l'ordre et la légalité, les méthodes révolutionnaires ne sauraient rien produire de durable.
Seule est féconde la paix sociale, par la collaboration des classes»
Politique extérieure.
uité
La paix entre les peuples demeure la condition essentielle du développement de Fhumaî e^e domine 'toutes les préoccupations du pays, Aristide Briand, ce grand Français
qui fut un grand Européen, nous a montré la voie à suivre. Sa politique d'entente et de rapprochement entre les peuples doit être continuée sous l’égide de la Société des Nations.
Tous nos efforts doivent tendre a substituer à l'esprit de guerre t l'esprit de paix.
La formule : arbitrage, sécurité, désarmement, reste la directrice de notre politique extérieure, mais elle ne doit pas être appliquée dans un sentiment de nationalisme étroit et jaloux.
Aussi bien, la crise dont souffre T Europe ne pourra trouver sa solution que dans des accords entre les peuples dans les deux domaines : le politique et P économique.
Politique financière et économique .
Simplification d'un système fiscal trop compliqué par la multiplicité des catégories, des cédules, des taux de taxation et modifications à apporter dans un régime qui surcharge les citoyens par des impôts indirects, plus particulièrement lourds pour les familles nombreuses.
Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires et son remplacement par une taxe unique à la production ; calcul de la patente sur la base du seul loyer commercial et non sur l'habitation de l'assujetti.
Egalité devant l’impôt de toutes les entreprises commerciales quelles qu’elles soient.
Politique sociale.
Amélioration et application des lois ouvrières et sociales, des mesures d'hygiène et de protection de l’enfance, de défense contre la tuberculose ;
— - Continuation ci extension de l’aide aux familles nombreuses,
— Lutte contre le taudis, amélioration du logement, par la prorogation, pour mie nouvelle période, de la loi Loucheur.
“ Ratification des conventions internationales du travail.
— Encouragement au développement de l'artisanat,
— Organisation du vote par correspondance qui permettrait à tous les citoyens éloignés de leur domicile, en raison de leur travail, de faire usage de leurs droits politiques.
— Liberté de renseignement, les mêmes règles, le meme contrôle étant imposés à tous les établissements d’enseignement, les mêmes diplômes étant exigés des maîtres,
— Extension de la gratuité à tous les degrés ; les seules facultés de l'individu doivent conditionner son développement intellectuel.
Pour les agriculteurs*
Augmentation des crédits du budget de l'agriculture :
Pour faciliter et hâter la construction de chemins vicinaux et ruraux ;
Electrifier les écarts.
Aménager les terres : défrichements, assèchements, irrigations.
— Réduction des droits sur les donations-partage.
— Contrôle rigoureux du prix des engrais, réductions sur les prix de leurs transports.
Pour les pêcheurs el marins .
— Amélioration, h apporter à îa loi du 1er janvier 1930, réorganisant le système des retraites,
— Réduction à un an du service militaire et recrutement des équipages par la création dfune marine de métier.
I csures de protection pour l'industrie de la pèche et de la conserve*
Extension de la doLation du Crédit maritime mutuel pour mettre ses ressources au
niveau de ses besoins.
Pour tous les travailleurs»
Qu’ils soient de F usine, de la mer ou des champs, c'est l'intime collaboration des classes, c'est l1 entente harmonieuse entre le capital et le travail qui, seules, leur permettront d’arriver au mieux-être.
Depuis vingt-cinq ans, je me suis dévoué a la tâche de venir en aide â toute la démocratie laborieuse pour lui permettre d'accéder à la propriété : par le Crédit agricole mutuel, par le Crédit maritime, par la caisse immobilière de crédit du Morbihan,
Par tous ces organismes que j'ai fondes ou contribué à fonder, j'ai l’orgueil légitime de voir les résultats magnifiques que nous avons obtenus, de constater la somme des services rendus,
Ce passé est le meilleur gage que je puisse vous apporter de mon dévouement à votre cause, de la persévérance de mes efforts, de mes sentiments à votre égard*
J’ajoute que, non seulement j'ai mis toute ma diligence à défendre vos intérêts généraux, mais encore, je me suis attaché à défendre vos intérêts particuliers, lorsque vous avez fait appel à mon concours.
C5est pourquoi je viens, à nouveau, vous demander voLre confiance; j'ai la conviction que vous ne me la refuserez pas.
Marcel CHARRIER
Député sortant.
Conseiller général, maire de Port-Louis.
Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre. Président du comice agricole et du syndicat d’élevage du canton*
Président- fondateur de la caisse locale et administrateur de la Régionale de crédit agricole.
Président- fondateur de la Caisse immobilière de crédit du Morbihan.
Président du Crédit maritime mutuel du Morbihan* Républicain de gauche.
3e circonscription de LOHIENT*
M. LE PEVEDIG, républicain de gauche.
Elu au premier tour de scrutin. — 9,220 voix.
Mes clïcrs Concitoyens,
Du mandat que vous m'avez fait l'honneur de me confier, je sollicite, aujourd'hui, le renouvellement*
Pendant toute la législature, je me suis efforcé de me rendre digne de votre confiance* Chaque jour, il vous a été possible de contrôler de près mon activité parlementaire. Je ne croîs pas avoir failli au devoir dont vous m'avez donné 3a charge par une majorité imposante qui a été pour moi le plus précieux des encouragements*
Assidu aux séances du Parlement, j’ai, en votre nom, multiplié les interventions. Si ces interventions lurent écoutées, c'est qu’étrangères à toutes manœuvres et à toutes intrigues, elles furent invariablement inspirées par le bon sens et commandées par l’impérieux souci d'être utile à celle classe laborieuse à laquelle je suis fier d’appartenir et que je défends d’instinct avec une énergie que rien ne peut intimider,
J ai continué au Parlement l'œuvre que j'accomplis, sous vos yeux, depuis vingtcinq ans que je suis maire de Plcemel, J'ai poursuivi à Paris la tâche que j'avais entreprise au sein du Conseil général pour le triomphe de vos intérêts les plus légitimes. C'est par un contact permanent, attentif et amical avec vous que je me suis guidé dans mon action. Votre pensée, vos préoccupations, vos volontés ont été les seules à dictermes voles. C’est en interprétant vos sentiments librement manifestés à l'ami que je me suis efforcé d’être pour vous tous, que je me suis associé à toutes les solutions qui ont eu pour but d'assurer la paix entre les hommes et entre les nations, d'affermir la stabilité monétaire et économique du pays au milieu de la crise mondiale, d'affranchir de tous les jougs que l'injustice fait peser sur elle7 la masse qui travaille et qui produit et dont les intérêts se confondent étroitement avec les intérêts supérieurs delà Nation*
C'est par une action diligente et non point par de vaines promesses, décorées de belles phrases, que j ai servi en toute conscience, la cause que vous m’aviez donné mission de faire triompher,
travailleurs de la terre, travailleurs de l'océan, ouvriers des villes et des campagnes :
J ai au cœur le ferme désir de continuer la lutte pour F amélioration effective de vos conditions d'existence.
Ostréiculteurs et armateurs bretons, commerçants et industriels :
Je veux que vous puissiez travailler dans la sécurité, libérés des entraves administratives qui vous paralysent et d'une fiscalité incohérente et trop lourde qui, en vous écrasant, prolonge la dictature odieuse de la vie chère et aggrave le fléau redoutable du chômage*
No 2145
Pour les agriculteurs :
Dont nul mieux que moi ne connaît les besoins, je veux une protection plus réelle du fermier par une réforme de la législation, notamment en ce qui concerne la plus-value pour le fermier et l'édificier.
Il est temps de secourir l’agriculture, aujourd'hui gravement menacée, par une diminution du prix des transports et du prix des engrais, par la protection de la liberté du producteur, par une défense vigilante contre la concurrence étrangère, par des accords économiques internationaux soigneusement étudiés.
Mon plus vif désir est d’amener la création de l'Office des routes, afin d’améliorer et de développer nos chemins i oraux, ces artères qui sont aussi necessaires a la vie de nos campagnes bretonnes que les artères de notre corps le sont à notre propre vie. J'ai déjà bataillé utilement sur ce point* Je vous avais promis d’obtenir l'application des journées de prestations à l'entretien des chemins ruraux. Grâce a mes interventions, la loi a été votée* Vous avez satisfaction.
Je veux obtenir pour nos campagnes les avantages dont jouissent les villes. Aussi suis-je intervenu en faveur d’une meilleure et plus complète électrification rurale. J'ai ainsi obtenu que l'Etat porte du 32 à 57 0/0 la subvention qu’il accorde aux syndicats.
Mon ambition est de modifier la loi trop complexe des assurances sociales, en tenant compte des exigences si différentes de la vie paysanne et de la vie ouvrière.
Pour les travailleurs de la mer :
Parmi lesquels j'ai toujours vécu et dont, mieux que personne, je connais la rude et ingrate besogne, j ai, sans me lasser, rappelé leurs intérêts trop souvent méconnus du Parlement* Je n ai jamais laisse passer une occasion d'attirer l’attention des Pouvoirs publics sur l’équipement si urgent des petits ports. Tous les efforts qui ont été tentés, en faveur de ceux-ci, ont été énergiquement appuyés par mon activité.
J'ai demandé et voté la réduction du service militaire pour les inscrits maritimes, pour lesquels je réclame aujourd hui l égalité devant la loi militaire, c est-ù-dire le service d’un an,
G est le meme respect de la tradition démocratique qui m’a fait préférer l’amélioration de la nourriture des soldats à la modification des soldes. De même, j’ai insisté à la Commission de la marine, pour que l’indemnité de 7 fr* 50 soit portée à 10 francs.
Marins-pêcheurs ;
J ai voté votre pension proportionnelle à quinze ans de services. J'ai obtenu satisfaction pour les veuves et les orphelins de vos camarades disparus, sans distinction de fortune et sans distinction de durée de services, ne tenant compte que de l’égalité de tous devant la douleur.
Je veux une amélioration de la Caisse de prévoyance pour les marins*
Combattants ;
J’ai voté votre pension, comme je m'y étais engagé* Victimes de la guerre, mutilés, veuves, ascendants, orphelins, j’ai jvoté les lois de reconnaissance que la Nation vous devait. Jamais je ne resterai insensible à votre sort et tout ce qui pourra l’adoucir trouvera en moi un défenseur ardenL et convaincu,
J ai 1 intention de demander l’extension de la carte du combattant aux combattants des vieilles classes et aux marins dont les services de guerre n'ont pas été encore reconnus par le Parlement.
Retraités :
Qui avez sacrifié au pays le meilleur de vos forces vives, je veux pour vous la plus ai°e et la plus honorable équité* Et c'est pourquoi j’ai chaleureusement plaidé pour vous au Parlement,
Mutilés du travail, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce:
Je veux pour vous tous les avantages qui sont garantis aux ouvriers des grands établissements industriels.
Familles nombreuses :
En si grand nombre chez nous, j’appartiens au groupe parlementaire qui s’est formé pour !a défense de vos intérêts. J’ai obtenu F encouragement national que je veux voir commencer au premier enfant. Dès 1928, j'ai réclamé pour les familles ouvrières cette allocation familiale que j’ai en la joie de voter en 1932.
Partisan de la liberté de renseignement, j’ estime que les familles sont libres de faire instruire leurs enfants dans Fécole de leur choix,
La législature qui va s'ouvrir aura à résoudre avant tout de graves problèmes d'ordre social et d’ordre économique.
Le pays est las d'un système fiscal qui, le chiffre d’affaires et F impôt sur par l’impôt sur les bénéfices agricoles, retombe lourdement et injustement sur tous les consommateurs, et par conséquent sur ceux qui, eu peinant, élèvent de grandes familles. Je veux une réforme profonde de la fiscalité, réforme entreprise sans retard dans un esprit de clarté et de Justice.
Je veux voir étendre à l’ouvrier et au petit commerçant les avantages que procurent aux agriculteurs et aux marins les caisses de crédits agricole et maritime, en créant des caisses où ils puissent trouver, à taux réduit, l’argent dont ils peuvent, un jour, avoir besoin, soit pour construire la petite maison où ils viendront abriter leurs vieux jours, soit les fonds que réclame l’extension vitale de leur industrie ou de leurs affaires.
Ce n'est pas sur des phrases sonores et creuses que je vous demande de me juger.
Mes votes sont là qui vous prouvent que, jamais je n’ai trahi la cause républicaine, et qu’en breton loyal, je suis resté fidèle à la belle devise de la France : liberté, égalité, fraternité.
Me trouvant sans cesse au milieu de vous et toujours prêt à vous être utile, je ri ai jamais cherché à vous dissimuler ni mes intentions ni mes idées. Elles restent celles que vous avez approuvées lorsque vous m'avez envoyé vous représenter au Parlement,
Cette fois, encore, mes chers Concitoyens, vous ne ferez confiance qu’à F un des vôtres.
Vous renouvellerez le premier mai prochain le mandat que vous m'avez donné en toute indépendance*
Soyez sûrs que je continuerai à défendre avec le plus entier dévouement et la plus active ténacité bretonne les intérêts privilégiés du monde du travail dans le cadre harmonieux, pacifique et fraternel de la France républicaine, résolument tournée vers Fé toile du Progrès.
Joseph LE PÉVEDIC
Député sortant.
Conseiller général de Belz*
Maire de Plœmel, Agriculteur.
Candidat d'union républicaine* Membre des Commissions de la marine militaire et de la marine marchande.
Secrétaire du groupe ostréicole, membre do groupe parlementaire de Teutente paysanne» du groupe de la défense paysanne, du groupe des mutilés et combattants, du groupe des mutilés du travail, du groupe du commerce et de Find uat rie , du groupe des petits retraités, du groupe des cheminots.
Circonscription de PLOËRMEL.