M. NICOLLE, U. R. D
Elu au deuxième tour de scrutin, — 8.456 voix.
Mes chers Concitoyens,
À la suite des longs pourparlers qui ont fini par réaliser Tunion entre les partis nationaux dans les quatre circonscriptions de Ja ville de Lille, j'ai l'honneur de solliciter des électeurs de la première, le renouvellement de mon mandat.
En soutenant de mes votes et de mon action la politique de M* Poincaré, poursuivie par M. Tardieu et par M. Laval, fai répondu a la confiance de ceux qui, en 1924, puis en. 1928, m’ont envoyé au Parlement,
Je leur demande de me continuer cette confiance leur promettant de poursuivre la meme politique dans la prochaine législature*
Politique extérieure*
Les problèmes de 1 heure présente sont graves. Les grands troubles financiers, le désarroi économique engendrent pour les peuples des difficultés au milieu desquelles il faut d'abord conserver là paix.
Elle est , dans ce monde, le plus grand des biens, et elle ne peut se garder qu'au prix de la sécurité nationale* Celle-ci doit être assurée suivant la formule qu'avait adoptée le regretté M, Maginot. Son plan comprenait la défense de notre frontière, et, en particulier de notre frontière du Nord. Les douleurs de l'invasion sont encore trop présentes à nos mémoires pour que nous en évitions le retour par les mesures appropriées. Les crédits nécessaires ont, d’ailleurs, été voté à la fin de la législature»
1 rotégé par les mesures de sécurité nécessaires, la France devra suivre la politique d entente entre les nations qui fut celle des gouvernements nationaux et qui, soutenue par M. Aristide Briand, est continuée en ce moment par M. André Tardieu, eu se conformant à, 1 évolution de la mentalité des peuples de T Europe et du Monde.
Politufiie financière et économique*
Pour ces mesures de sécurité comme pour les autres dépenses publiques, la France doit pratiquer, dorénavant, une stricte politique d'économies.
Le début de Ja législature qui se termine avait été marqué par l'effort fiscal que M. Poincaré avait demandé au pays pour assurer sa stabilité monétaire. Cet effort avait, d ailleurs, donné les meilleurs résultats, et nos excédents étaient considérables. Aussi la
egislature a ôté marquée par l'équilibre budgétaire, les dégrèvements et les amortissements.
Mais la situation financière a été compromise par la crise économique. Il s’agit de la nij m tenir, et, pour cela, d une part, diminuer les charges du budget par la compression eS. cFenses de TEiat, et, d'autre part, puisque ie nombre et Tassiette des impôts sont arrives à leur maximum, en assurer le rendement par le renouveau de la prospérité économique £ 1
L1 agriculture est à ]a base de toute richesse.
■ La législature qui se termine, à l’instigation d’André Tardieu dont ce fut la grande pensée, lui a permis, par les droits de douane et les contingentements, de passer sans trop de dommages les jours difficiles de la crise actuelle.
Je me flatte d’y avoir contribué comme membre de la Commission des douanes.
Le problème, économique de demain consiste à maintenir l’agriculture française, tout au moins dans la situation où elle se trouve aujourd’hui, tout en permettant à l’industrie et au commerce, victimes du chômage, de reprendre leur activité.
En particulier le commerce extérieur demande l’attention des pouvoirs publics. Seul il peut permettre la reprise des affaires et l’enrichissement de la Nation. J’y comprends à la fois l’exportation vers les pays étrangers et les transactions avec nos colonies.
Notre empire d’outre-mer a été constitué depuis un siècle par le sang de nos soldats, 1 épargne de notre pays et Fénergie de nos colons. Le moment est venu de lui demander, outre 1 expansion de notre influence spirituelle à travers le monde, l’accroissement de notre politique économique par le développement de nos échanges réciproques.
Et quant à nos relations avec Fétranger, elles nécessitent, pour être fructueuses, le redressement de nos accords commerciaux. La rapidité et la variété des phénomènes économiques et financiers les a souvent, très rapidement, déviés de leur but ; il y a lieu de les reviser et de supprimer, en particulier, la clause sans souplesse de la nation la plus favorisée.
L’étude rationnelle et l’ajustement de notre régime économique doivent, en peu de temps, rendre à nos usines leur activité, et à nos ouvriers leur pouvoir d’achat, en supprimant Ig chômage.
Ce fléau écarté, nous devons continuer l’étude et la solution des problèmes sociaux. Pour l'agriculture, élargissement des droits du fermier sortant.
Pour l’industrie, politique des maîtres premières, des combustibles, de l’expansion économ'que et de l’outillage national.
Pour le commerce, diminution des impôts qui le grèvent excessivement, adaptation de la taxe sur le chiffre d’affaires aux diverses branches de la production et du commerce, exonération à la base par la déduction du salaire du commerçant et de sa femme, péréquation des charges fiscales entre les coopératives et Le commerce privé.
Politique sociale.
Pour les travailleurs, enfin, application raisonnable de la loi des assurances sociales, dont le principe ne saurait être remis en question, mais dont la gestion trop onéreuse et trop complexe doit être confiée à la mutualité, qui a, dans notre région surtout, donné a^sez de preuves de dévouement et de sagesse, prorogation de la loi des habitations à hon marche en 1 adaptant aux circonstances financières et économiques de 1 heure présente.
Pour les victimes de la guerre, les législatures précédentes ont accompli une œuvre de reconnaissance nationale qui doit être continuée et perfectionnée.
Pour les familles nombreuses qui, seules, peuvent perpétuer la grandeur de la race française, leurs revendications doivent être Fobjet, de la part du Parlement, d'une étude particulière et de réalisations indispensables,
lous les résultats ainsi poursuivis ne sauraient être profitables si nous ne conservions à ce pays les libertés qui ont fait sa grandeur, au premier rang desquelles il faut placer la liberté de conscience, et, par conséquent, la liberté d’enseignement.
Appel à l’union.
J estime qu aucune des parties de ce programme ne saurait être réalisée, ni par le parti communiste ni par le parti socialiste, car toute leur doctrine est attentatoire à la liberté politique, à la liberté économique, et même à la liberté de pensée*
C'est contre leurs théories, dont de récents événements à travers le monde ont montré, non seulement l’inanité, mais le danger que je brigue dans la première circonscription de LUle] les voLes unanimes de tous les citoyens attachés à ces grandes idées d’ordre, de travail, de paix extérieure, de paix intérieure, et de fraternité, m’engageant à donner comme par le passé, à leur défense et à leur expansion, le meilleur de moi-même.
Vive la République !
Louis NICOLLE
Chevalier de la Légion d'honneur.
Député sortant.
2e circonscription de LILLE*
M. SALENGRO, S, F. I, 0,
Elu au premier tour de scrutin* — 9.278 voix.
I* — Contre la guerre :
1° Arbitrage international obligatoire ;
2* Désarmement général, simultané, sur la base de l’égalité des devoirs et des droits, sous la garantie d'un contrôle international pour tous.
IL — Contre f insécurité du travail :
1° Institution de la semaine de quarante heures permettant le remploi immédiat d'un grand nombre de chômeurs ;
Contrôle ouvrier notamment en ce qui concerne l'embauchage et le débauchage de k main-d'œuvre ;
3° Assurance-chômage remplaçant de toute urgence le système actuel, si précaire, si insuffisant, si fragmentaire ;
4® Assurance contre les risques agricoles libérant les paysans des prélèvements abusifs des compagnies d'assurance privées*
HL — Contre I1 anarchie de la production :
1° Offices nationaux où les représentants élus des producteurs, des consommateurs, des pouvoirs publics, régulariseront la production, fixeront les prix de telle sorte qu un juste bénéfice, à Fabri de la spéculation, récompense le producteur sans rançonner le consommateur ;
2° Restitution à la Nation des monopoles capitalistes ruinant \ Etat et accablant la production ; assurances, chemins de fer, engrais, mines.
IV* — Contre la spéculation capitaliste :
1° Protection de l’épargne ;
2* En attendant leur nationalisation, contrôle immédiat des banques d autant plus
légitime qu’avec les deniers de l’Etat les Gouvernements les renflouent quand les menace la faillite.