‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 159 sur 260 · VI. — Contre l’iniquité politique · texte numérisé non relu

VI. — Contre l’iniquité politique

1° Représentation proportionnelle juste et loyale, sans prime ni panachage ;

'l* Droit des femmes à l’électorat et à l’éligibilité.

Le parti socialiste*

5* circonscription de LILLE.

M, des ROTOUltS, républicain de gauche.

Elu au deuxième tour de scrutin. — 9 . 8 1 B voix*

Mes chers Concitoyens,

Je vous demande de vouloir bien me renouveler le mandat législatif dont votre

confiance m’a investi il y a quatre ans. :i-

Je le demande à ceux d’entre vous qui, comme moi, partisans d une large co . républicaine, la désirent sur le programme suivant ; solution des difficultés économiques^ l’heure présente, préoccupation de nos grands intérêts nationaux saccordan ave idéal de paix, ferme volonté de progrès social.

Crise économique et chômage :

Une crise économique sans précédent a paralysé les affaires, entraîné beaucoup de ruines et, ce qui est plus grave, la misère du chômage.

Vous verrez l'esprit de parti chercher à exploiter la situation dans un intérêt électoral. Mais comment pourriez -vous être trompés ?

Ne savez-vous pas tous que cette crise mondiale a sévi dans les plus grands pays, à commencer par la riche Amérique, bien plus cruellement que dans le nôtre? Far ailleurs, sans parler de nos propres difficultés de 1926, l'expérience toute récente des pays étrangers enseignerait-elle aux Français que, pour remettre ies choses en place, il leur faille compter sur le socialisme qui ne s'entend qu'à rendre irrémédiables et catastrophiques des situations simplement critiques ?

Les Gouvernements que j'ai soutenus ne se sont pas seulement préoccupés d'atténuer les misères du chômage : ils ont défendu contre la concurrence étrangère la production et la main-d'œuvre nationales ; ils ont voulu prévenir le développement du chômage en faisant approuver et en mettant en œuvre un plan d’outillage national, en assurant un soutien, financier à des entreprises qui, faute de trésorerie, auraient dû congédier un nombreux personnel, enfin en entretenant dans le pays une confiance grâce à laquelle la crise économique ne s'est pas compliquée et aggravée d’une catastrophe financière.

Dans de telles conjonctures, une politique socialiste n'aurait pu et ne pourrait que nous faire prendre les chemins qui, à travers le désordre, les ruines et la misère générale, conduisent à la dictature.

Pour 1 avenir, il nous parait que les pouvoirs publics doivent vouloir contrôler notre économie nationale de telle façon que l'organisation de la production soit toujours dirigée dans le sens de l’intérêt general et moins à la guise de certains intérêts financiers : vous devez compter, à cet effet, sur des hommes intègres et indépendants qui peuvent s'honorer de n avoir pas de collusion avec la finance et de ne vouloir se servir que dans l'intérêt du peuple du mandat qui leur est confié par le peuple.

Paix et sécurité :

L'hommage national rendu à Aristide Briand témoigne que la politique pacifique dont il fut 1 incarnation répond trop aux aspirations profondes de l’immense majorité de^ Français pour qu’il appartienne à un parti, si internationaliste qu’il se dise, de revendiquer le monopole de l'idéal de paix.

Aotte génération a été trop meartrie par la guerre pour ne pas avoir la passion de la paix.

Personnellement, j'ai toujours soutenu cette politique non seulement quand M. Briand était dans les ministères Poincaré, Tardieu et Laval, mais quand, en 1929, il était lui-même Président du Conseil. Je n'entends pas m'être contredit eu approuvant, d'autre part, la politique de securité et de défense nationale qui a été celie des mêmes ministères.

Mes idées me permettraient de soutenir demain tout autre Gouvernement de large conciliation républicaine où je verrais collaborer des hommes proclamant, comme Ta fait M. Edouard Herriot, qu’ils sont « ardemment pacifistes en restant patriotes y ; mais je ne conçois pas de solidarité possible avec d’autres hommes qui, dans tant de questions d’ordre

international, parlent et agissent comme si la France avait tort et les autres pavs toujours raison. 1 " J

Notre pays, qui a réduit à un an la durée du service militaire, a encore montré, par les propositions de MM. Tardieu et Paul-Boncour à Genève, en vue ne créer une force internationale au service de la Société des Nations, qu’il était le plus résolu à entrer dans la voie d’un désarmement.

En même temps, il a été le champion d’une politique de coopération et d’entraide internationales susceptible d’amener le désarmement moral des peuples sans lequel le désarmement matériel serait une pure folie.

Alors qu'en évacuant la Ruhr nous avons renoncé ù la politique de « la main au collet »

' 6 . ^emanOe, eu nous prêtant depuis à tous les accords que l’on connaît et qui ont joiir3 réduit ses obligations, comment ne serions-nous pas inquiets de voir ce grand

peuple ne répondre à notre désir de rapprochement et d'apaisement, à nos concessions, qu'en répudiant les traités, en nous notifiant qui] ne paiera plus jamais rien des réparations, en nous rendant responsables d’une détresse économique qui ne l'empêche pas d’avoir une balance commerciale en excédent tandis que la nôtre est en déficit et, enfin, ce qui est le plus angoissant, en se laissant entraîner par une vague de chauvinisme à laqeIJe ceux-là mêmes qui prétendent représenter au sein de ce peuple l’élément pacifique et démocratique, les socialistes en tête, se déclarent incapables de résister autrement qn'en acceptant la dictature d’un maréchal de l'Empire,

Malgré les déceptions, la politique de la France restera de demander à la paix organisée les garanties internationales dont nous avons besoin ; elles seules nous permettront une très sensible réduction des dépenses militairee auxquelles nous condamne le souci primordial de notre sécurité.

Finances et impôts :

La politique financière de cette législature aura essentiellement consisté à maintenir contre F esprit de surenchère et malgré la crise économique un équilibre budgétaire si sagement rétabli par M. Poincaré qui avait dû exiger du pays un effort financier que les difficultés présentes rendent plus pénible encore pour un grand nombre de contribuables ; cette législature a tout de même réalisé six milliards d'allégements d’impôts outre que quatorze milliards ont été consacrés à l'amortissement de la dette publique.

Le retour à une période normale devra permettre, avant tout, non pas d’enfler les dépenses, en pratiquant une démagogie qui a conduit d'autres pays à une dictature financière, mais d'opérer les nouveaux dégrèvements et les réformes fiscales qui s'imposent : en premier lieu, remplacement par une taxe unique à la production de la taxe sur le chiffre d'affaires ; puis suivant une proposition de loi que j'ai soumise à la Chambre, exonération à la base en faveur des commerçants avec déduction de leur revenu imposable du salaire de leur femme travaillant avec eux, une telle réforme ayant déjà été réalisée pour les artisans.

Il est d’ailleurs entendu que^ si lourd soit-il, le budget comporte des charges irréductibles : la dette sacrée de la Nation vis-à-vis des mutilés, pensionnés, victimes civiles, la retraite du combattant. La législature a fait à leur égard ce qu'elle a pu. J y ai personnellement travaillé à la Commission des pensions de même qu'à la Commission des régions libérées, je me suis occupé des intérêts des sinistrés.

Quant aux fonctionnaires qui pourraient se plaindre d'avoir vu ajourner l'examen de certaines revendications concernant leurs traitements ou leurs retraites, ils ne voudront pas oublier les réajustements déjà opérés sans qu'il puisse être question de revenir en arrière par une réduction systématique telle qu'elle a été opérée dans d'autres pays.

Je ne pense pas autrement en ce qui concerne les cheminots dont la situation doit être assimilée à celle des fonctionnaires comme fai eu l'occasion de le déclarer à la tribune de la Chambre.

Réformes ouvrières et sociales :

Les difficultés économiques et financières n'ont pas non plus empêché cette législature de mettre en œuvre plusieurs grandes lois sociales : loiLoucheur, qui a permis la réalisa tien d'un vaste plan d’habitations à bon marché, loi des assurances sociales dont les défauts seront corrigés, mais dont le principe ne doit pas être contesté et dans l'application de laquelle la mutualité doit prendre un rôle plus étendu encore.

Ce sont là des réalisations valant bien toutes les promesses jamais tenues, les surenchères des socialistes, qui restent responsables de ce qui est arrivé de 1924 à 1926 et qui, aujourd'hui dans l'opposition, sans responsabilité par conséquent, nous reprochent de n’avoir pas pu voter toutes leurs propositions démagogiques. Nous pouvons encore leur opposer ce que nous avons fait en plus de ces grandes réformes laissées par eux en souffrance : c'est ainsi que, de 1927 à 1932, les dépenses d'assistance ont passé de 170 millions

à 1 milliard, celles de la lutte contre les maladies de 38 à 123 millions, celles pour le développement du logement à bon marché de 95 à 300 millions, et diverses autres dépenses de prévoyance sociale de 348 millions à 1 milliard 316 millions.

Je tiens d'ailleurs à dire que toutes des améliorations réalisées au fur et à mesure des disponibilités appellent à leur suite d'autres réformes de justice et de solidarité sociales.

Je me suis particulièrement intéressé à une réforme de la loi des accidents du travail : cette réforme votée par la Chambre, mais toujours en instance devant le Sénat, devra être réalisée. D’autres de mes propositions intéressent également les travailleurs et spécialement les ouvriers mineurs, dont la retraite portée à 5.000 francs devrait être élevée à 6,000 francs suivant un vote que j 'ai émis.

Des lois comme celle toute récente sur les allocations familiales obligatoires ont une grande portée sociale : elles témoignent de révolution des idées qui veut qu’on tienne compte non seulement de la valeur économique de l'ouvrier ou de l’employé mais aussi de sa valeur sociale et notamment de ses charges familiales*

Je désire également voir encourager les initiatives grâce auxquelles le contrat de travail deviendra progressivement un véritable contrat de collaboration associant les salariés à la gestion et aux résultats des entreprises.

Enseignement :

En votant à la Chambre des dispositions relatives à la gratuité dans l’enseignement secondaire, j'ai manifesté mon désir de voir renseignement de tous les ordres et de tous les degrés être accessible aux enfants bien doués et laborieux de parents peu fortunés*

J’ai en même temps voté un amendement impliquant que cette réforme qui n’est encore qu'amorcée devait être généreusement poursuivie dans un esprit exclusivement social, avec Tunique souci de l'intérêt des enfants et par conséquent de façon à réserver la liberté d'enseignement.

Cette liberté répond essentiellement au droit du père de famille, le pauvre comme le riche, d'envoyer à l'école de son choix l'enfant dont il est responsable moralement et légalement.

Ceux-là déformeraient ma pensée qui me suspecteraient pour autant de ne pas estimer l'école publique et ses maîtres, à la valeur et au dévouement desquels j’ai eu maintes occasions de rendre hommage.

Agriculture :

Sans oublier la question si actuelle des droits du fermier sortant et de la propriété culturale, les problèmes agricoles motiveraient un assez long exposé que je ne manquerai pas de faire aux cultivateurs et aux ouvriers agricoles intéressés.

Ils sont d’ailleurs bien fixés sur mes sentiments à leur égard et je n ai pas à douter des leurs.

Ils savent que, très touchés par la crise économique, leurs légitimes intérêts n'ont pas été sacrifiés par la législature qui finit.

Ils savent aussi que, membre de la Commission de I agriculture, je me suis associé très activement aux travaux de cette Commission, spécialement en ce qui concerne les mesures de protection reconnues indispensables pour notre agriculture comme pour notre industrie nationale dans la dure période que nous venons de traverser.

Mes chers Compatriotes,

En dehors des questions d'intérêt général, je ne méconnais pas l'importance de toutes celles trop diverses pour être touchées dans une profession de foi et dont vos groupements qualifiés m'ont saisi ; j’ai toujours apporté toute ma bonne volonté à défendre vos revendications légitimes.

J ai conscience aussi d’avoir éf.é fidèle à ma promesse d’être fréquemment eu contact avec vous pour mieux connaître votre pensée et vos sentiments sur les questions de politiaue generale, pour vous aider à faire valoir vos droits, pour me mettre au service de tous v™ légitimés intérêts, s

Je me félicite d’avoir toujours agi de façon à mériter l’estime et la sympathie d’un grand nombre d’entre vous qui ne me connaissaient pas ou me connaissaient mal.

Attaché à la République pour laquelle j’ai combattu et ai été blessé, je suis épris de son idéal social et, avec l’esprit libéral qui doit être le sien, je puis bien dire nue sans tromper aucune de mes amitiés ni trahir aucune de mes convictions personnelles je me suis toujours montré respectueux de toutes les sincères convictions, Lolérant vis-à-vis de tous, toujours disposé à 1 union entre tous les bons Français pour lesquels l’intérêt général domine, de haut, toute autre considération.

J’ai l’espoir, j'ai la certitude que les nécessités de demain se chargeront de réaliser le rapprochement de tous les républicains nationaux, en apaisant les querelles de partis et en réunissant dans les mêmes Conseils de Gouvernement les grands hommes d’Etat dont la valeur et le dévouement au bien public sont reconnus par tous les citoyens qui jugent sans parti pris et sans esprit de parti.

J'ai la plus grande confiance de réaliser sur mon nom l’union républicaine nationale dans la 5° circonscription de Lille. e

Vive la République !

Vive la 5* circonscription de Lille !

G. des ROTOURS

Député sortaBt.

6e circonscription de LILLE.

M. DES PREZ - POTIÉ, radical indépendant. Elu au deuxième tour de scrutin. — 9.756 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le Congrès des Partis républicain, radical et radical-socialiste de la 6* circonscription e 1 arrondissement de Lille, réuni le 13 mars dernier, m’a fait l’honneur de me désigner comme son candidat à l’élection législative du 1er mai prochain.

C'est un témoignage de confiance et de sympathie, dont je sens tout le. prix, es encouragements persuasifs qui m’ont été prodigués dans cette circonstance, les —u ances c u concours de mes amis de toujours, 1 appui désintéressé que je rencontre de \t ce ceux qui, très légitimement, pouvaient tout d’abord envisager la situation sous un angle différent, me font un devoir, comme un honneur flatteur, de me présenter à os su rages. „ est en toute simplicité que je place sous votre égide ma candidature au siège de député de ia 6fl circonscription.

s famille républicaine, dont nous nous réclamons les uns et les autres,

ami e aux ïameaux nombreux et divers, mais toujours cohérents, où les principes d’union, e concorde et de solidarité dominent toutes préoccupations personnelles, des divergences ^ B ^ e" Pein + st" Pro^°^re qui, loyalement exposées à la clarté des discussions cour"

toises, font l’objet de l1 examen le plus scrupuleux. Mais, après la controverse, la décision du Congrès forme la loi de tous. Chacun l’accepte, s’y conforme, en fait respecter la lettre et l’esprit. C’est là la saine doctrine des républicains, l’expression raisonnée du sentiment populaire. Le candidat n’est pas Thomme d’une coterie aux préoccupations mesquines, il incarne les tendances d’un groupe attractif dont il affirme le programme avec mission d’en réaliser les éléments.

Sous le drapeau dont nous nous réclamons tous^ les principes de tolérance et de liberté dominent nos pensées, disciplinent nos esprits, dirigent nos actions. Le respect des convictions intimes de chacun est à la base de tout concert commun* C’est avec un programme imprégné de la vieille doctrine démocratique que se place la candidature d’un modeste serviteur du pays, programme dont vous me permettrez d’évoquer les grandes lignes.

Issu d’une vieille famille républicaine, profondément attaché au terroir de la Pëvèle, du Mélantois et du Carembault, par les liens les plus étroits d’origine, de parenté et d’alliance, ayant toujours vécu au sein des populations des travailleurs de la terre, je connais les besoins de la culture, les charges qui l'accablent, les mesures de protection et d’encouragement qui s’imposent en vue du maintien des conditions économiques capables d’assurer, avec une légitime rémunération du labeur, la dignité de ï’exisience : principe de l’indemnité au fermier sortant ; modification du régime des baux, indispensable pour garantir la stabilité et la sécurité au fermier ; dégrèvement de la terre ; égalité fiscale. Ces questions sont à l’ordre du jour* Votre représentant au Parlement aura pour devoir d’y apporter les solutions nécessaires.

Je ne saurais passer sous silence un élément essentiel pour nos cantons, La Pevèle, qui fut le berceau de la graine de betterave, vit se développer et améliorer celte culture ; elle s’attache à en consacrer les progrès et, grâce à des méthodes rationnelles et scientifiques de sélection, sut y donner une large prospérité. Des mesures sont maintenant à provoquer pour en assurer la sauvegarde. La question m’est familière. Je sais les soucis des planteurs de graines de betteraves ; leurs revendications trouveront en moi un défenseur ardent et averti ; mon concours le plus dévoué leur est acquis.

Les transactions commerciales souffrent d’un ralentissement des affaires, La petite industrie voit tarir la source des commandes. Des mesures d’ordre économique mondial sollicitent l’interveni ion [du Parlement pour ramener dans les classes laborieuses une activité féconde, grâce à un réajustement des conditions de production et d’échange.

L'amélioration du sort des déshérités de l’existence, \ des êtres affaiblis par les privations, atteints par la maladie, les infirmités, est Tune des plus précieuses prérogatives des élus. Nul sacrifice n’est trop lourd à nos cœurs pour qu’aux revendications légitimes, les apaisements nécessaires, les satisfactions adéquates viennent apporter le réconfort de la solidarité sociale.

Le relèvement des taux d’assistance aux vieillards, l’encouragement à la natalité, la protection de la femme en couches, du nouveau-né, forment les bases d’une politique altruiste dont j’entends exalter la valeur. La dignité de l’existence du vieux travailleur doit etre sauvegardée, le droit, au repos acquis par son labeur doit être entouré du respect général et de l’absence de souci matériel.

Le principe de l’assurance contre les risques de l'existence proclamé par la loi est entré dans la voie des réalisations pratiques. Les incertitudes se dissolvent à la clarté des résultats de l’expérience. Des améliorations s’affirment urgentes; le Parlement devra adopter les solutions nécessaires avec le concours des groupements mutualistes qui, dans leur congrès, dans leur action journalière, montrèrent la voie; dirigèrent les efforts, marquant les étapes du progrès social.

Le bienfait de l’instruction, proclamé comme un principe irréfutable, peut et doit être étendu à tous. C’est, largement ouverts à chacun selon ses facultés, que les établissements d enseignement forgeront à la jeunesse l’armure protectrice dans la bataille de la vie, lui apporteront le développement intellectuel, scientifique et technique qui lui est indispensable.

Dans le domaine de la pensée, nulle contrainte ne peut s’exercer sur Tesprit humain La liberté de conscience proclamée par la loi républicaine, la neutralité de l’école sont intangibles*

Afin de réaliser ces desiderata, en maintenant les sacrifices imposés au contribuable dans une limite sainement tracée, une politique de gestion prudente et avisée est à la base de toute intervention d’ordre législatif* C’est en comprimant les dépenses somptueuses en apportant aux services de contrôle des deniers publics les garanties d’indépendance en imposant des mesures de vigilance scrupuleuse, que les Chambres pourront répondre à ces aspirations* L’Administration financière sévèrement conduite, remploi des fonds rigoureusement surveillé, telles sont les bases essentielles de notre politique, si nous voulons éviter le retour des fautes commises qui, il y a peu d’années, faillirent amener le pays à îa ruine.

La prospérité du pays, l’extension des institutions de solidarité sociale, gage d’union et de concorde, l’amélioration du bien-être des classes laborieuses dépendent avant tout du maintien de la paix générale* C’est vers une entente déEnitive entre les peuples, vers raffermissement de l’action de la Société des Nations que doivent tendre les efforts de tous et c’est un devoir pour les élus d’y consacrer leur plus vigilante énergie*

Telles sont les idées qui domineront mon intervention an Parlement; c’est à les soutenir, à les réaliser, que je m'emploierai sans relâche, si vous me faites l’honneur de me consacrer vos suffrages au scrutin du 1er mai prochain auquel je vous convie pour le triomphe de nos principes les plus sains.

Vive la République démocratique et sociale i

Victor DESPREZ-POTIÉ

Conseiller d'atrondissemeiit du canton de Cysoing*

Maire de Cappelle-en-Pévèle*

Délégué cantonal*

Agricul teur-Bra sse u r*

7e circonscription de LILLE*

M* LESAS, S* F* I* O.

Elu au premier tour de scrutin* — 14 *284 voix-

Citoyens,

La Chambre des Députés élue en 1928 voit son mandat expirer et bientôt vous serez appelés à choisir vos représentants à la nouvelle Chambre.

Pour quel parti, pour quel programme voterez-vous ?

Le Parti socialiste vous présente, avec son candidat, son programme total et il vous dit : L heure a sonné des transformations profondes à apporter au régime de la grande propriété capitaliste et de la production ; l’heure a sonné de l’orientation de la politique internationale vers le désarmement général si vous voulez éviter la guerre demain.

Le régime capitaliste fait faillite dans tous les domaines,

lundis que les travailleurs de l'industrie et de la terre nTont jamais tant produit de toutes choses necessaires à la vie, la misère se répand partout avec le chômage. Les ouvriers et les employés sont jetés hors des usines, sans travail, sans salaires ou sans traitements;

commerce est dans le marasme le plus complet; les petits cultivateurs qu'une politique protectionniste ne protège qu’en apparence vendent de plus en plus difficilement leurs produits à des prix rémunérateurs.

Voilà le tableau de la triste situation économique présente, quand les produits de toutes sortes! industriels et agricoles, sont en surabondance et pourraient satisfaire tous les besoins humains. Mais le régime capitaliste est ainsi fait qu'au lieu d’apporter le bonheur aux travailleurs, producteurs de richesses, il les condamne aux privations et à la misère.

Un pareil régime qui est la désorganisation et l'anarchie a trop duré, il doit faire place à un autre, au régime socialiste qui seul pourra faire sortir de la production développée ïe bonheur de chacun et de tous.

Ouvriers, employés, l'impuissance des partis bourgeois est telle que, dans la crise actuelle, leurs Gouvernements et leur lamentable Chambre ont été incapables de traiter également les victimes du capitalisme, les sans-travail. Ils sont aujourd’hui en France au moins un million dont trois cent mille seulement reçoivent une allocation journalière insuffisante. Les sept cent mille autres sans-travail sont même privés de cette allocation parce que les conseils municipaux bourgeois de la plupart des communes ne veulent pas de fonds de chômage. Une inégalité aussi odieuse doit cesser et cessera avec ^assurance-chômage par le service national obligatoire des fonds municipaux et départementaux de chômage réclamée par le parti socialiste.

D’autre part, en attendant le régime socialiste ou la production sera basée sur les besoins de la consommation et où par conséquent le risque chômage ne sera plus à craindre, il faut recourir, pour le combattre efficacement, à la mesure législative réclamée par tous les travailleurs organisés du monde : limitation de la semaine de travail à quarante heures, la réduction de la durée de travail qui en résulte ne pouvant entraîner une réduction des salaires.

Ouvriers, employés, la crise qui continue menace votre dernière conquête, la loi des assurances sociales. En même temps que le chômage vous met dans l'impossibilité de verser vos cotisations, vous êtes menacés de perdre tous vos droits d’assurés. Pour sauver la réforme, pour que vous conserviez vos droits intacts, le parti socialiste réclame de l'Etat sa garantie financière afin que les caisses d’assurances soient en mesure de remplir leurs obligations envers les assurés et leurs familles*

Cultivateurs, fermiers, petits propriétaires, pendant longtemps vous avez traité le parti socialiste en ennemi, trompés que vous étiez par ceux qui ont intérêt à vous mentir. Aujourd'hui vous commencez à voir clair dans votre situation, car vous aussi vous êtes exploités. Vous êtes exploités et volés par ceux qui vous vendent engrais, semences; vous l’êtes par ceux à qui vous vendez vos récoltes ; vous l'êtes encore par le grand propriétaire à qui vous payez de lourds fermages.

Pour vous protéger et pour garantir les intérêts des millions de consommateurs victimes des gros spéculateurs, le parti socialiste réclame l'institution d’Offces des blés, de fabrication et de vente du sucre, de vente des engrais — où vous posséderez une large représentation au sein des Conseils de ces Offices — votre droit à la propriété culturale.

Petits commerçants, artisans, à l'âpre concurrence du grand capital commercial et industriel s'ajoute la crise économique qui vous frappe durement en réduisant fortement vos affaires- elle fait même parfois de vous de véritables sans-travail. C'est en ce moment surtout que vous vous rendez compte de la communauté d'iuLérêts qui vous lie à tous les travailleurs salariés, vos clients. J oignez- vous 4 eux pour protester avec le parti socialiste centre un système d*impôts inique qui fait surtout payer ceux qui n’ont rien on qui ont peu, et qui épargne les possesseurs de grosses fortunes.

Citoyens,

A vous tous qui êtes des victimes de la crise du capitalisme et qui avez droit à des mesures législatives de protection et de justice sociale, nous dénonçons les gouvernants

actuels et les partis dits républicains qui les soutiennent comme coupables de gaspillages des fonds de l'Etat et arLisans d une politique de guerre.

Ils refusent d'instituer un service naLional de secours aux chômeurs, mais ils ont avancé 2J6 millions à la Pologne, 513 millions à la Yougoslavie, 354 millions à la Hongrie Etats réactionnaires eL fascistes, plus de 2 milliards à trois banques menacés de faillite f milliard 413 millions à des compagnies de chemins de fer et maritimes, et enfin ils ont fait un cadeau de 2 milliards et demi à la Banque de France pour l'indemniser des pertes résultant d’opérations spéculatives faites sur la monnaie anglaise.

Gouvernants et partis réactionnaires refusent de réduire les impôts écrasants qui maintiennent la vie chère, mais le dernier budget de guerre a encore augmenté de plus de 1 milliard et il s’élève au total, pour 1932, à 20 milliards. Si bien que la France est aujourd’hui le pays qui a la plus nombreuse et la plus formidable armée, mais où le contribuable est le plus imposé,

11 est temps, Citoyens, que vous mettiez un terme aux gaspillages et aux folies militaristes des partis de réaction.

H est temps que notre pays s’engage dans la voie du désarmement général oh il trouvera, enfin, la vraie sécurité avec la paix pour tous les peuples.

Jî est temps que vous vous serviez de votre bulletin de vote pour remplacer TEtat capitaliste par L'Etat du travail émancipé dëbarassé à tout jamais de l'exploitation, des misères du chômage et des périls de guerre.

Votez pour

Jean LEBAS

A bas l'anarchie capitaliste I Vive l’ordre socialiste I

Le Parti socialiste t

8° circonscription de LILLE.

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