‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 161 sur 260 · M DELCOURT, S, F. I. O · texte numérisé non relu

M DELCOURT, S, F. I. O

Élu au deuxième tour de scrutin* — 8,987 voix.

Chers Citoyens,

Vous êtes appelés, le dimanche 1er mai, à une importante consultation électorale.

D’elle, de ses résultats, dépend le sort de la Nation — dépend votre sort, celui des vôtres, pour le proche avenir,

Lee organisations ouvrières et socialistes de la premîèi'e circonscription ont décidé de me représenter à vos suffrages.

Conscient d’avoir rempli de mon mieux, le mandat que vous m’aviez remis, il y a quatre ans, j’ai accepté*

Aussi, à la veille du scrutin, auquel vous êtes conviés, j’ai le double devoir de vous dire à la fois : ce qu’a été mon action d’hier — ce que sera celle de .demain.

Comme il y a quatre ans, en une série de circulaires, je me propose de vous entre** tenir de quelques-uns des graves problèmes qui se posent.

Je m’efforcerai de le faire en toute clarté, en toute loyauté, dédaigneux des polémiques stériles ou haineuses.

Mêlé depuis. plus de douze années — * par la confiance sans cesse renouvelée des populations laborieuses du canton de Coudé — à la vie publique, j’ai conscience d’avoir toujours défendu les intérêts de notre grande région.

À la Chambre, au cours de cette 14e législature, qui vient d’expirer, de nombreuses questions étaient susceptibles de retenir l’attention de vos représentants.

J’ai choisi, pour tâche, quelques-uns des grands problèmes sociaux, vers lesquels devaient peut-être me tourner tout naturellement une certaine formation et une certaine tendance d’esprit mais auxquels j’estimais devoir me consacrer, étant le représentant de populations, qui travaillent, qui peinent rudement, — de populations, qui en ces temps de désordre économique — souffrent.

Mes interventions à la tribune de la Chambre ont été animées par le souci d’assurer la défense des intérêts sacrés du monde du travail

A la Commission de prévoyance sociale, à laquelle j’appartenais, j’ai eu l’occasion de

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présenter, de défendre, de faire adopter, un certain nombre de propositions de loi, dont l'intérêt social a été reconnu par tous.

J ai eu notamment la satisfaction de fsire prendre diverses dispositions en faveur de mutilés du travail, et en particulier Je rajustement des rentes.

Mais cela ne peut suffire.

Il faudra aborder demain la refonte de la loi de 1S98, la faire plus généreuse à ceux qui sont tombés au champ du travail.

Ainsi donc, l’effort entrepris au cours de ces dernières années, il faudra le reprendre

Je il y faillirai pas.

Quoi qu i! en soit* les résultats acquis sont appréciables.

Et mon action parlementaire se fût-elfe limitée à eux, permettez-moi d’en garder fierté :

Elle aura permis d’arracher des infortunés à l’extrême misère dans laquelle ils se trouvalent.

J’ai encore lutté — avec certains des nôtres — pour l’amélioration des conditions d'existence des déshérites.

Dès le lendemain de la loi de slabilisation — qui consacrait la dévalorisation de notre franc, un (f rajustement » de nos lois sociales s imposait.

J affirme ^ujourd hui encore que la Nalion manquera à son devoir à l’égard des vieux, des vaincus de la vie — qu elle manquera à la parole donnée — tant qu’elle n’aura pas adapté ces lois aux conditions actuelles de l’existence.

C est dans cet esprit, c’est animé de ce souci — que j’ai posé devant la Chambre - la

question du cumul de 1 allocation du combattant avec l'allocation de l’assistance aux vieillards.

Rappellerais-je enfin en quelques mois* qu’à trois reprises je suis monié à la tribune de la Chambre pour dire 1 insuffisance des allocations accordées aux travailleurs frappés par la crise économique, — pour dénoncer le scandale de la limitation à 180 jours de l'attribution des secours, - pour marquer le caractère inique des mesures prises à l’égard des chômeurs partiels.

Electeurs,

De tout celaf j’aurai — au cours de la campagne qui s’ouvre — l’occasion de reparler*

II m aura suffi de vous dire, dès aujourd'hui, quelques mots sur le caractère de notre action.

J'ai la certitude, d’avoir,

— en la poursuivant inlassablement, pendant quatre années

— et dans des conditions parfois difficiles, tant certains égoiïsmes sont puissants, répondu à vos aspirations

Aussi, est- ce avec confiance que j’attends votre verdict.

Le scrutin du Ier mai affirmera, une fois de olus ;

— la communauté de notre pensée,

— la communauté de notre volonté de toujours plus de justice sociale.

Pierre DELCOURT

Député sortant.

Conseiller général du Nord.

Maire de Condé-sur-Escaut.

2e circonscription de VALENCIENNES,

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