‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 175 sur 260 · M. PAULIN, S, F. I · texte numérisé non relu

M. PAULIN, S, F. I

Élu au premier tour de scrutin. — 7.722 voix.

Après huit années passées au Parlement, je viens, une fois de plus, solliciter le renouvellement de mon mandat.

L’honneur que vous m’avez fait il y a quatre ans, en me chargeant de représenter à la Chambre la 2e circonscription de Clermont, les efforts que j ai tentés pendant la durée de mon mandat pour me rendre digne de votre confiance, 1 unité parfaite de rna vie politique, l’estime de tous ceux qui me connaissent ; voilà mes titres*

Et je viens, au nom de mon parti, qui m’a confié une fois encore son drapeau, vous proposer à nouveau la politique de progrès, de justice et de paix qui est la raison dêtre de la République*

Cette politique n’a jamais été plus nécessaire. Jamais le peuple français n eut plus besoin de clairvoyance, de sang-froid et de volonté.

Le monde est bouleversé par une crise sans précédent. Vingt millions d hommes, pour la plupart chefs do famille sont réduits au chômage,

La machine et le progrès, au lieu d’être mis au service de la collectivité, pour alléger son effort et améliorer son sort, sont uniquement mis au service du profit et des parasites.

Le travailleur, sans ouvrage, n’achète plus ou achète moins ; le commerce est dans le marasme ; le paysan ne vend plus ses produits ou les vend mal.

Le déficit va croissant. Celui du budget de 1932 est de 1 ordre de 3 a 4 milliaids, celui du budget de 1933 s’annonce comme devant atteindre au minimum 7 milliards.

Pour combler ce’ déficit, il faut de 1 argent. Ou le prendre ?

C’est par une politique de stricte économie, portant sur les gaspillages scandaleux dénoncés par nous à la tribune du Parlement \ c’est par une politique hardie de paix, en vue du désarmement général, simultané et contrôlé* c est par des impôts sur la fortune, sur les superbénéfices du grand capitalisme, qu on doit faire face aux nécessités budgétaires.

La masse des petits contribuables, les travailleurs de toutes catégories, cultivateurs, artisans, petits commerçants, ouvriers, lourdement imposés, sauront exiger sur ces points la réalisation des promesses qui depuis si longtemps ont été faites.

Ainsi, les affaires publiques ont été mal conduites, la paix n est pas encore assurée, es charges de toutes sortes qui pèsent sur la production, vont s aggravant, cl année en année, les grandes réformes ajournées ou mutilées, notre prospérité économique ruinée, finances compromises, tel est le bilan de la bourgeoisie gouvernementale.

Nous dénonçons le mal. ,

Nous dénonçons la malfaisance et la trahison dos puissances d argent, e a

banque et de l’industrie des armes, ■

Nous montrons aux hommes comment ils sont bernés, trompés, pillés par c6^x ^ osent se prétendre leurs amis et basent tout leur système sur 1 exploitation et la spo

Nous leur montrons le vrai visage de notre parti, si souvent calomnié, injurie, ^ qui, de l’avis de nos adversaires eux-mêmes, est le « grand espoir de paix dans e mon De notre parti, vers qui tous les gens sérieux se tournent à l’heure où apparaît incaï et la faillite du grand capitalisme.

— 919 — No 2145

Le socialisme, vous le savez (car ces vieilles légendes n’ont plus cours dans 110s campagnes), n’a jamais voulu dépouiller qui que ce soit, sinon les malfaiteurs qui s’approprient la fortune gagnée par lé travail des autres.

Le socialiste vent, au contraire, garantir à tous les travailleurs la propriété de leur instrument de travail. Pour les uns, c'est la terre. Pour d’autres, c’est l'outil ou la valeur qui le représente.

Il veut, au contraire, arracher tous les travailleurs à Y exploitation honteuse de gens sans qualité, d’affairistes improvisés, de financiers tarés, de spéculateurs éhontés.

11 veut mieux répartir entre les travailleurs les fruits du travail.

Il ne veut pas admettre qu une année d’abondance (hélas ! si rares !) se traduise pour le paysan par un excès de misère, parce que les boursiers, les agioteurs et intermédiaires se sont entendus pour acheter bon marché au producteur et revendre très cher au consommateur.

11 veut assurer une vieillesse digne et paisible à ceux qui se sont usés à la tâche et dont l’effort a créé la richesse pour la collectivité.

11 veut aussi protéger l’épargne, l’économie, si difficile à réaliser contre ceux qui les pillent (avec l’appui des puissants du jour quelquefois), contre les spoliateurs qu'il se flatte d’avoir dénoncés devant l'opinion publique.

11 veut enfin que le peuple s’élève par l'instruction. C’est pour cela que, défenseur convaincu de l'école laïque, il est avant tout partisan de rétablissement d’un système d’éducation plus rationnel, accessible à tous, non par la fortune, mais par le mérite intellectuel.

J ai aide de tout mon effort 1 action du grand parti auquel j’appartiens depuis ma jeunesse.

J’ai conscience aussi d’avoir bien servi votre cause, vos intérêts à tous.

À la tribune de la Chambre, j’ai été à maintes reprises, paysans, planteurs de betteraves delà Limagne, viticulteurs, ouvriers, petits commerçants, artisans, votre porte-parole. J’ai rapporté, pour avis ou an fond, et fait voter plusieurs propositions de loi concernant le rajustement des rentes des mutilés du travail, le crédit artisanal, etc.

Je ne saurais énumérer ici ni les votes que j’ai eu à émettre (même les principaux) ni les articles du programme que je me propose de défendre au cours de la prochaine législature, Ce que je puis affirmer, c’est qo'il n’est pas un de mes votes qui ne soit conforme aux intérêts qu i! m’a été donné pour tâche de défendre.

Paysans, ouvriers, petits commerçants, artisans, petits fonctionnaires, petits rentiers, retraités, anciens combattants, j’ai défendu de mon mieux, je le répète, vos intérêts, en plein accord avec vos organisations départementales et nationales, avec lesquelles je me suis tenu en relations constantes.

Parmi les réalisations les plus urgentes auxquelles je consacrerai mes efforts, je crois devoir noter les suivantes :

1° Sécurité par l’arbitrage et le désarmement. Contrôle simultané et général. Renforcement de la Société des Nations par la nomination de délégations représentant la véritable démocratie.

2° Réduction du service militaire. Suppression des périodes de réserves, la h ^ ^0n^1^U^°n Pro&ressïve prélevée sur la fortune acquise, avec dégrèvement à

^ ^ev*s*on de la patente. Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires Nationalisa longues monopoles de fait détenus par les consortium et les grandes compagnies*

5 Développement de l’instruction par la gratuité à tous les degrés.

Jétense de J école suivant le programme établi par nos congrès nationaux.

éfense des revendications ouvrières.

^ontrole des bénéfices des grosses entreprises montées par actions.

i mé^ora^on de la loi sur les assurances sociales volée dans un geste généreux,

mais dont 1 application a révélé des imperfections et des injustices, apparaissant comme une surcharge de frais généraux pour les employeurs, une diminution de salaires pour les assujettis, et en restant à peu près inapplicable aux facultatifs, ainsi qu'aux travailleurs de la terre*

8° Action énergique pour la défense des petites et moyennes propriétés, sous le contrôle de véritables cultivateurs*

Extension des caisses de crédits agricoles* Création d’une caisse nationale de secours pour les victimes des intempéries et calamités publiques alimentée par un prélèvement sur les super-bénéfices des compagnies et des banques.

9° Application d'un plan d'outillage national financé intégralement par F Etat*

10° Etablissement d’une charte des anciens combattants et victimes de la guerre par le renforcement ou la modification des articles de la loi de 1919 ayant permis les abus criants

Révision des pensions abusives*

Retraite égale à la base et proportionnelle au temps passé au front*

Etendre la carte aux formations du train, aux sections sanitaires, aux vieux territoriaux de la zone du front*

Donner une indemnité spéciale aux poudriers et aux vieilles classes de mobilisés.

Concrétiser les promesses faites aux prisonniers de guerre*

Citoyens,

Si vous me renouvelez votre confianoej je continuerai mon action avec le même dévouement et ïa même énergie.

Vous me connaissez ; vous savez que je suis et reste un socialiste convaincu*

Fidèle à nos idées, je les défends de mon mieux, sans en rien voiler, mais sans sectarisme, en respectant les idées et les convictions des autres*

Vous savez aussi que tous, indistinctement, quelles que soient vos opinions, vous pouvez vous adresser à moi. Gomme par le passé, je vous rendrai service sans me préoccuper de savoir quelle aura pu être votre attitude au cours des batailles électorales.

Je fais appel à vos suffrages, je vous invite à vous rendre sans faute au scrutin le dimanche 1er mai.

En votant pour moi, je crois pouvoir dire, sans fausse modestie, que vous voterez pour un homme qui a bien défendu les intérêts de la circonscription, mais en même temps, vous protesterez contre les méfaits d'un régime où, en particulier, 3a surproduction engendre le chômage et la misère, où les conflits économiques entre capitalistes des différents pays font peser sur le monde de nouvelles menaces de guerre. Vous voterez pour la République maintenue et développée ; vous voterez pour un magnifique idéal de démocratie, de justice, d’émancipation humaine et de paix*

Vive la République sociale l Vive la paix 1

Albert PAULIN >

Conseiller général, Député sortant.

Vice-président de la Commis sion du travail.

Vice-président du groupe parlementaire de défense des planteurs de betteraves* Vice-président du groupe parlementaire de défense de l'artisanat* Secrétaire générât du groupe parlementaire de défense des mutilés du travail.

Candidat socialiste.

3* circonscription de CLERMONT-FERRAND*

M. ROY, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin, — $.640 voix*

Citoyens j

Une tâche rude de redressement s’impose à la prochaine législature, soûle, I1 union des républicains à sincère esprit démocratique peut en assurer la réalisation.

Quelle sera l'œuvre de demain ?

Les vieilles formules de libéralisme économique ne répondent plus aux besoins du moment* Les forces de production eL de répartition des richesses, mal Comprises, mal dirigées, n. ont pu enipeehei la crise economique, le chômage eL la misère. Il est temps que 1 Etat retrouve l’autorité qu’il a laissé choir devant les grosses coalitions d’intérêts. ÎI est temps que 1 Etat retrouve son pouvoir de contrôle dans Farm a tu re d’une coopération des producteurs et des consommateurs, dans Fintelligente collaboration des forces syndicales.

Des économies sont indispensables.

Mais, avant de les rechercher sur les œuvres sociales, sur les retraites des vieux serviteurs de l’Etat, des vieux mineurs acculés à la détresse, sur le traitement modeste des petits fonctionnaires, il faudra réaliser la ré t orme administrative qui supprimera les emplois inutiles et les grasses sinécures, il faudra faire des coupes sombres dans les cadres des officiers généraux et supérieurs, en augmentation de près d’un millier depuis 1913. Ufaudra alléger nos charges militaires eu progression inquiétante chaque année, au point qu elles absorbent près du tiers des ressources du budget*

Défense nationale.

Soucieux autant que quiconque d’assurer la sécurité de la France, c’est dans une politique d organisation internationale comportant notamment la réduction et la limitation simili Lmée et contrôlée des armements que nous cherchons â trouver cotte sécurité*

H est possible et désirable de conclure dès maintenant une première convention oui aura un triple résultat,

1” Accroître la sécurité internationale en faisant disparaître les dangers de la course flux armements;

2° Assurer le contrôle international delà SociéLé des Nations sur tous les armements ponaux et, par là, rétablir la confiance entre les peuples ;

3» Eviter le réarmement de l’Allemagne qui sera tentée de revendiquer sa liberté

mn si nous ne procédons pas à une compression de nos dépenses militaires.

“ *?Ul è£alement interdire la fabrication privée et le commerce privé des armes et b s e guerre, car ce n'est un secret pour personne que les fabricants de canons et de

munitions suscitent des différends internationaux ou enveniment des querelles afin de pou voir se procurer des commandes et des bénéfices.

Nos ambitions coloniales dépassent nos moyens. Avec certaines parties de notre domaine d'ouire-mer, j'estime qu'il serait possible de procéder à des rajustement territoriaux, prélude d’une détente européenne.

Cette détente se réalisera, non par une politique de nationalisme économique, mais par l’organisation de la Fédération des Etats-Unis d’Europe, par le règlement juridique des conflits, par la mise en service de -la Société des Nations, d'une armée internationale, par l’application des sanctions contre l'agresseur.

Les anciens combattants et victimes de la guerre m'ont toujours trouvé à leurs côtés pour les défendre et, demain comme hier, j'examinerai avec bienveillance les revendications de la Confédération générale des anciens combattants qui formulera une doctrine précise dans la révision des pensions abusives.

Penché sur les problèmes agricoles, je m'efforcerai de donner aux paysans les encouragements matériels et moraux que réclame l'adaptation aux pratiques intelligentes et modernes. A la misérable existence d'autrefois, le travailleur des champs ne doit pas se laisser refouler.

Défendons notre école laïque contre toutes les attaques injustes dont on l’invective et réalisons la grande oeuvre de l'enseignement gratuit è, tous les degres en en faisant bénéficier les enfants des campagnes. Elle ne consacre en rien le monopole dont je ne suis pas partisan et assure le respect des consciences.

Il est urgent de protéger la petite épargne qui n’a été que trop souvent victime des banquiers véreux et des spéculateurs sans scrupules.

Dans la pleine mesure des possibilités, j'appuierai les allégements fiscaux du petit et du moyen commerce, les revendications des artisans, des familles nombreuses, des cheminots, et des mutilés du travail.

Membres de la Commission des Mines, j'ai voté la retraite des mineurs à 6 000 francs, combattue parle Gouvernement. En communauté des vues avec la Fédération des travailleurs du sous-sol, ceux-ci peuvent être assurés qu'ils me trouveront pour les défendre dans les rudes épreuves qui les frappent actuellement.

Aux stations thermales d'Auvergne j’ai donné les preuves de mon dévouement. Il est la garantie de l'intérêt que je continuerai à porter à sa cause.

Républicains,

Vous aurez à dire le mai si une manière de fascisme larvé, prêt à toutes les besognes, préparé, dans son avènement, pendant quatre ans, par une scandaleuse campagne de corruption, de promesses et d'influences, doit prendre pied dans cette circonscription.

Une des fiertés de ma vie politique, c'est de lui avoir barré la route en 1928, avec les sympathies nombreuses qui m'ont fait cortège, avec la vigueur défensive, avec mes propres moyens pécuniaires qui consacrent mon indépendance.

L’emblème démocratique que vous m'avez confié, nous le conduirons encore à la victoire, car il est resté et doit rester dans le droit chemin de la République du travail et de la paix.

Docteur E. ROY

Député sortant.

CoDseilîer général du Pay-de-Dûme.

Maire de Roche for L-M on tagne.

Président de FÛffice agricole départemental- Candidat radical-socialiste.

Circonscription dISSOIRE.

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