‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 179 sur 260 · M. LISSA R, U. R. D · texte numérisé non relu

M. LISSA R, U. R. D

Chers électeurs,

J’ai l’honneur de solliciter de vous le renouvellement de mon mandat, auquel j’ai conscience de n’avoir pas failli pendant la législature qui vient de prendre fin.

Ma profession de foi reste la même ; toutefois, certains problèmes qui,* lors des dernières élections, primaient tous les autres, passent, à l’heure actuelle, au second plan en raison des complications extérieures qui menacent la paix*

La paix n’est le monopole d’aucun parti.

Comme tous les Français, nous la désirons ardemment, mais sans méconnaître les justes exigences du patriotisme conformes au droit et an devoir.

Partisan de la paix en réaliste et non en visionnaire, nous voulons qu’elle s'affirme par !e respect des signatures apposées au bas des traités internationaux et ne saurions en concevoir rétablissement sans que fût assurée la sécurité de la France,

C est pourquoi nous donnons sans réserve notre approbation au projet que M. André Tardieu, I résident du Conseil, a présenté au nom du Gouvernement français à la Conférence de limitation et de réduction des armements à Genève*

Mais la paix, qui est si désirable au delà de nos frontières, ne l’est pas moins à Finierieur du pays*

Plus que jamais, les circonstances imposent l’union de tous les Français.

Ge ?’cst P“ rheure de se livrer à des querelles religieuses, ni de mettre en cause la liberté d'association et la liberté de l’enseignement qui, toutes deux, se réclament de la justice et de la liberté égales pour tous.

En nous associant à la célébration du cinquantenaire de Jules Ferry; nous avons tenu, dans le même esprit que cet homme d’Etat, à signifier que la liberté de l’enseignement est inséparable des lois fondamentales de la République.

Les premiers essais de réalisation de l’école unique ne font que légitimer nos appréhen¬ Bien que juste dans son principe — à condition de se développer en dehors du monopoe de l’enseignement — dette conception, qui a été mise hâtivement en application, avec un personnel à effectifs insuffisants, dans des locaux trop exigus pour une affluence excave d’élèves, nous porte à regretter le régime des bourses scolaires, qui avait

aja ait ses preuves eL pouvait être amélioré en augmentant le nombre de ses bénêliciaires*

Nous demanderons au Gouvernement d’assurer l’ordre dans la Nation, et de maintenir a propriété individuelle contre toute entreprise collectiviste*

de iiC1[Ce qlU cû"cernf le mode électoral, nous avons volé la suppression du deuxième tour JCCy ln’ afin d’e™ pécher la confusion politique qui eu résulte, et, d-’autre part, ainsi que ut, avons promis, nous avons donné notre suffrage à l’électorat, à l’éligibilité des femmes ut au vote obligatoire.

.ot^rr: n°US conEfmerons ces votcs et persisterons à réclamer l’institution du lorale^™ ^ ^ CS 6 du Carnet civi(lue destiné à assurer la sécurité des opérations élcc-

La situation financière commande notre attention la pins vigilante.

Sans doute, Tor affine à la Banque de France; mais c’est pour une large part de Tor étranger, en dépôt provisoire dans les caisses de notre banque nationale, et qui peut en être retiré au fur et k mesure de la restauration des devises des autres pays ; ce qui risquerait de bouleverser notre système monétaire.

Cette richesse de façade ne saurait masquer la réalité :

Celle-ci se traduit par les effets de la crise mondiale actuelle, tels que le déficit de notre balance commerciale, les moius-values budgétaires de Tannée en cours, et l’équilibre du budget, qui n’a pu être assuré que par des ressources exceptionnelles et non renouvelables.

Deux remèdes, suivant la formule courante aujourd’hui, s’offrent à nous :

L1 inflation monétaire ou la déflation budgétaire.

L'inflation monétaire, nous savons, par la cruelle expérience de 1926, ce qu elle peut coûter au pays.

Notre choix est donc fait :

Il faudra procéder à une compression rigoureuse des dépenses publiques.

Les impôts actuels sont trop lourds ; il sera nécessaire de les réduire.

Des améliorations devront aussi être introduites clans notre système fiscal, afin de le rendre plus souple, et moins tracassier pour le contribuable.

Le remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe unique à la production devra être généralisé.

Au poinl de vue économique, nous nous ferons un devoir de nous opposer à la création de tout monopole nouveau, et de souscrire à toutes mesures de nature à faire baisser le prix de la vie*

Les circonstances exceptionnelles que nous traversons nous obligent à subir les Inconvénients de Téconomie fermée.

C’est ainsi que nous avons été amenés k protéger par des relèvements de droits douaniers, et par des contingentements, l’industrie française de la conserve des poissons et celle de la chaussure.

Mais, dès que les événements le permettront, nous ne manquerons pas de substituer Téconomie concertée avec les autres pays à ce système protecteur qui, à la longue, pourrait aggraver la cherté de la vie.

Quant à l'agriculture, nous continuerons a revendiquer la protection douanière pour ses produits, la liberté d’exportation, T encouragement à la coopération, à la mutualité et a renseignement agricole, le développement des adductions d’eaux et de l'électrification des campagnes, la diminution des frais de transport des engrais : tout ce qui peut, en un mot, rendre moins pénible la vie rurale, et favoriser ainsi le retour à la terre *

Au point de vue social, nous avons soutenu toutes les initiatives ayant pour but d'améliorer les conditions de l’existence à la ville comme à la campagne, et nous ne cesserons de persévérer dans cette voie.

Nous nous efforcerons de faire bénéficier nos cultivateurs des bienfaits qu’ils ignorent encore, de la loi Loucheur sur les habitations à bon marché.

La loi des assurances sociales — excellente dans son essence — a fait apparaître, à Tusage, des inconvénients graves qui peuvent faire souhaiter une refonte de cette loi, sinon en vue de la rendre facultative dans toutes les catégories, du moins afin de la faire jouer davantage dans le cadre de la mutualité.

La crise douloureuse du chômage appelle toute notre sollicitude.

Gomme par le passé, nous voterons toutes les dispositions capables de contribuer a atténuer la gravité de ce fléau.

Assuré que les anciens combattants prendront en considération les possibilités financières du pays, nous aurons à cœur d’appuyer leurs revendications, d’accord avec les presidents de leurs diverses associations.

Dans le domaine plus restreint de la deuxième circonscription de Bayonne, nous avons été heureux d’obtenir des pouvoirs publics des subventions qui ont permis, d’une

part, de secourir d’urgence les sinistrés riverains de la Nive et de VAdour, et, d’autre part, d'effectuer des travaux mettant désormais ces populations mieux à lTabri des inondations annuelles.

Pans la mesure du possible, nous avons tenu les promesses que nous avions faites. Nous n’avons pas hésité à voter la réduction des taxes abusives qui grevaient les casinos et portaient un si grave préjudice à nos stations touristiques.

Le projet d’amélioration du port de Saint-Jean-de-Luz-Giboure, qui facilitera rentrée et la sortie des bateaux à toute heure de la marée, est en voie d’execution, de même que Installation du frigorifique qui permettra d’éviter les aléas d une pêche variable, tantôt trop abondante, tantôt insuffisante*

Tel est, chers électeurs, mon programme dans ses lignes essentielles.

C’est celui d’un républicain désireux de progrès social dans la paix et dans l’ordre. Pour réaliser ce programme, vous pouvez compter sur toute mon activité et. mon profond dévouement si, toutefois, comme j ose Tespérer, vous me jugez toujours digne de votre confiance.

Vive la République [ Vive îa France I

Docteur J, LISSÂTt Maire de Hasparren.

Conseiller général de b Basses-Pyrénées Député sortant,.

Candidat républicain d’union nation aie.

Circonscription d?QI*ORON.

M* LILLÀZ, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin. — 6 994 voix.

Mes chers Concitoyens*

Lorsque je me suis présenLé à vos suffrages, j'affirmais ma volonté de poursuivre la politique d’union que représentait avec tant d’éclat le Président K, Poincaré.

Fidèle à ma promessej j’ai soutenu son gouvernement et tous ceux qui, dans la suite s’inspirant de son exemple, se sont efforcés d'unir les partis d'ordre et de progrès. Je .donné aujourd’hui ma confiance au Ministère présidé par A. Tardieu, dont j’ai été, au Gouvernement, le collaborateur fidèle, dont je reste l'ami sincère eL dévoué.

J ai^ tenu mes engagements et rempli sans défaillance le mandat que vous m'avez confié, j’ai le sentiment d’avoir uLilement servi l’intérêt général de l’arrondissement, d’avoir donné, avec un égal dévouement, mon appui à tous ceux qui l’ont réclamé : groupements, municipalités, particuliers, tous ont trouvé, avec un accueil cordial, un soutien sans réserve, tous onL rencontré la même sympathie, tous ont éprouvé la même fidélité.

La plus violente des crises a bouleversé le monde. La France n’a pas été épargnée ; la législature qui prend fin a accompli une lourde tâche. Elle a stabilisé le franc* amorti la dette de plus de 20 milliards, opéré G milliards de dégrèvements ; plus qu’aucune autre, die s’est préoccupée du sort des agriculteurs* elle a défendu leurs droits, elle les a protégés* elle a élevé les subventions qui permettent aux communes de faire les travaux d’intérêt général* voté un crédit spécial pour venir en aide aux victimes des calamités, a accompli de nombreuses réformes en faveur des populations rurales.

La défense nationale a exigé des sacrifices, ils ont été limités aux besoins de notre indépendance et de notre sécurité,' la situation économique et financière a soulevé de graves problèmes auxquels nous avons apporté des solutions efficaces. La loi s’est efforcée de tenir

compte de tous les intérêts dans la limite des disponibilités budgétaires.

Jamais une législature n a montré plus de sollicitude pour la terre et les paysans* jamais i appui de 1 Etat n a été aussi largement accordé. Toujours je me suis efforcé de faire œuvre de justice et d’équitc.

Une œuvre considérable reste à accomplir, I état de nos finances exige des économies rigoureuses* il appartiendra à la prochaine Chambre de les réaliser. Le devoir s’imposera de résister a toutes les surenchères démagogiques. ‘

Les mesures intérieures commandent le concours sans réserve de toutes les bonnes volontés . nous devrons réformer les services de l'Administration* tracer à l’iæbterveûticm de I Etat ses devoirs et ses limites* répartir l’impôt avec toujours plus de justice, assurer â tous les esprits leur développement par l’école, qui doit rester neutre et respecter toutes les ci oyances , avec le concours des mutualités* apporter à la loi sur les assurances sociales, rendue facultative, les réfections que Inexpérience a montrée nécessaires; par-dessus tout* assurer un équilibre budgétaire rigoureux. Telle sera l’œuvre de la prochaine Chambre, bai politique extérieure, dans un large esprit de conciliation* rapprocher les peuples poui maintenir sur des bases solides la paix du monde, tel sera mon idéal.

En ous demandant le renouvellement du mandat que vous m’avez confié, j’apporte quatre années d expérience. J ai défendu votre politique de foutes mes forces, j’ai soutenu

vos intérêts de tout mon pouvoir, je n'ai rien négligé pour faire triompher vos idées, pour soutenir vos droits.

Aujourd'hui, comme en 1928, deux politiques s'opposent :: la politique d'union des gauches et la politique de concentration républicaine.

La politique d union des gauches, c'est la politique du cartel qui, par son alliance avec les socialistes, dont le but est Ja lutte des classes et la révolution sociale, a conduit la France à Ja ruine. Cette politique, vous l'avez condamnée en 1928, je l'ai combattue à la Chambre pendant quatre ans; quel que soit le masque dont elle se couvre, vous saurez à nouveau lui barrer la roule. Vous ferez triompher la politique de concentration républicaine qu’avec R. Poincaré, Laval, Tardieu j'ai ardemment soutenue. C’est la politique de raison qui fait appel à tous les républicains pour réaliser les progrès dans l’ordre et dans la paix. C’est la politique qui a restauré notre crédit, nos finances, ramené les rentes à un cours normal, assuré la paix dans le monde. Elle a fait ses preuves, vous connaissez ses résultats. C'est la politique que je poursuivrai en plein accord avec vous pour la sauvegarde de vos droits, la défense de vos intérêts.

Aux liens politiques qui m’unissaient à vous s'ajoutent des amitiés solides qui fonL ma tache plus légère. ProJoiidemcnt reconnaissant de la sympathie que vous m'avez toujours témoignée, vous trouverez chez moi, demain comme hier, de toute mon affection dévouée, un défenseur vigilant, un conseil, un soutien. Votre fidélité est ma meilleure récompense. Comptez sur moi,

Henri LILLÀ2 Député sortant.

Circonscription d'OHTHEZ .

M. MOUTET, radicaLsocialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 8.106 voix.

Mes chers Compatriotes,

Mêlé depuis de nombreuses armées à la vie économique de notre région? j’en connais autant que quiconque les besoins*

Mon action passée est garante de mon action future. Si je suis votre député, le mandat que vous me confierez sera pour moi un instrument de travail et rien d'autre.

Au point de vue politique, j'estime que l’ordre intérieur et que l’entente des peuples doivent dominer tous les problèmes.

11 faut que le retour à la confiance, au respect des engagements et des sentiments de So ^ant^ internationale permette aux nations si cruellement éprouvées parla guerre d'abord par la crise économique ensuite, de diminuer leurs budgets de mort, de cesser la course c e aux armements, d'éviter de nouvelles souffrances et de guérir leurs maux,

F artisan d un large programme de réformes sociales, je désire :

ha protection de l'agriculture par la possibilité d'achat à meilleur compte de tous les engrais, par le développement de l’enseignement agricole et par l’octroi de subventions spoliantes en faveur de l'électrification rurale et des organismes agricoles;

L’aide financière aux petites communes par une large et équitable répartition des fonds de Ja caisse d’avances, récemment créée ;

L’amélioration des voies de communication et la prise en charge totale par l'Etat de certains travaux incombant actuellement aux communes (création, réfection et redressement de chemins);

La réforme de la fiscalité et la meilleure répartition du budget;

La révision de la loi sur la tuberculose bovine, dont les textes votés récemment par la Chambre sont loin de satisfaire encore les agriculteurs de cette région et laissent toujours la porte ouverte aux marchandages éhontés et aux tractations scandaleuses qui découragent le commerce honnête et ruinent l'agriculture.

Enfin, au point de vue politique républicaine, je veux fermement le maintien delà

laïcité de TEtat et des lois fondamentales de la République dont l'œuvre scolaire doit être

défendue, développée et affermie dans l'école unique qui n'est pas — comme certains le croient — le monopole de l'enseignement, mais la gratuité de renseignement secondaire.

Candidat de l'union des gauches, respectueux de toutes les croyances religieuses, partisan de la liberté de conscience la plus absolue, je n'exclus aucun républicain sincèrement attaché au progrès social et à la laïcité et je Lai prouvé en toutes circonstances en restant à la disposition de tous mes concitoyens, quelles que soient leurs opinions politiques, pour tout ce qui a pu seconder leurs préoccupations personnelles sans porter atteinte à l'intérêt général dès l'instant où, par mes fonctions, je me devais leur être utile.

Il en sera de même si vous me confiez le soin de vous représenter à la Chambre des Députés où, par l'Importance de mon mandat, j’aurai de plus grandes possibilités de vous servir en servant la démocratie béarnaise tout entière.

Mes chers Compatriotes,

Vous m'avez vu, il y a quatre ans, au premier rang de la bataille aux côtés de mon éminent et vaillant ami Danty^Lafrance qui, pour des raisons de santé, a du renoncer à la lutte. Je la reprends jusqu'à la victoire finale pour le progrès et F avenir de notre bel arrondissement et pour l'affirmation de notre dévouement commun à la République laïque, démocratique et sociale.

Et je termine par un appel aux nombreux camarades du '218e régiment d’infanterie qui m'ont vu à leurs côtés, et b tous mes amis, anciens combattants de la grande guerre, en les adjurant de me faire confiance dans le cas où nos droits viendraient à être discutés.

Nos droits sont sacrés : je n'y laisserai pas toucher.

Georges MOÙTET

Officier d'académie*

Maire d’Orthez.

Conseiller général des Basses-Pyrénées.

Républicain radical d'union des gauches*

lrs circonscription de PAU.

M. CHAMPETIER DE RIBES, démocrate populaire, Elu au premier tour de scrutin. — 8.390 voix.

Mes chers Concitoyens,

Premier élu des Basses-Pyrénées en 1924, élu de la première circonscription de Pau à une majorité de plus de 6.000 voix, en 1928, je vous demande aujourd'hui dé me renouveler la confiance, dont deux fois vous m’avez donné la preuve et dont je ne crois pas avoir démérité-

Depuis le mois de novembre 1929, j'ai participé, d’abord, comme Sous-Secrétaire d'Etat au Ministère des Finances, puis comme Ministre des Pensions et des Régions libérées, aux cabinets d’André Tardieu et de Pierre Laval, deux chefs éminents dont je suis fier d’être le collaborateur et l’ami-

Eu plein accord avec eux, je suis resté fidèle à la politique, qui, sous la direction de Raymond Poincaré, avait sauvé le pays en 192C et qu’avec la grande majorité de* Français vous avez approuvée en 1928-

Nous avons dû faire face, pendant la 14e législature, aux graves difficultés de la crise économique, qui, frappant d’abord les pays étrangers, a fini par nous atteindre.

Le déséquilibre des prix et des échanges, la crise de surproduction et de sous-consommation, le chômage, l’inflation des dépenses publiques risquaient de provoquer des catastrophes. Elles ne se sont pas produites et malgré des heures mauvaises l’essentiel est sauf

Dans le désarroi où se débat le monde, la France est le pays qui résiste le mieux aux périls de l'après-guerre, mais la tâche est lourde encore qui reste à accomplir.

Politique économique.

lit d abord la Chambre nouvelle devra, pour remédier à la crise économique, consolider l’œuvre de défense entreprise par la dernière législature, et organiser la reprise des affaires.

U nous faudra, demain comme hier, défendre notre agriculture, notre industrie et notre commerce contre les importations massives et à vil prix, qui ont failli nous frapper à mort- 1 r

11 nous faudra, demain comme hier, protéger les chômeurs involontaires, qui ayant le moins, profité delà prospérité* souffrent le plus durement de la crise.

Mais cela ne suffit pas; ce ne sont là que des remèdes provisoires : il faudra organiser a reprise des affaires par la poursuite de l'outillage rationnel, par la recherche des e ouehés et 1 organisation des échanges internationaux, par la protection de héparine et par une réforme de la législation des sociétés -

hn juste équilibre entre la production et la consommation doit être recherché instamment dans la réalisation d’une politique agraire, qui, s’appuyant sur les organisaprofessionn elles et sur un statut juridique et fiscal de la coopération paysanne, permette aux travailleurs de la terre d’obtenir un minimum de sécurité et de mieux-

Politique sociale ,

Le problème social ne peut être isolé du problème économique, car l'organisation de la production ne peut s'accomplir qu’avec la collaboration de tous les éléments qui y concourent.

La loi des assurances sociales, excellente dans son inspiration et dans son principe, appelle des modifications profondes, qui feront disparaître les abus de la paperasserie et des formalités administratives et feront rentrer la loi dans le cadre de la mutualité.

L’effort entrepris pour l'amélioration du Logement et des habitations à bon marché devra être poursuivi et adapté aux besoins spéciaux des habitants de la campagne*

Non seulement les droits acquis des anciens combattants et victimes de la guerre devront être respectés, maïs la 15° législature devra achever l’œuvre de réparation, encore incomplète*

Toute notre législation fiscale et sociale, notamment notre régime successoral, doit s’imprégner de plus en plus des préoccupations familiales et protéger la famille française* La loi récemment votée, qui rend obligatoire les allocations familiales, marque, à ce sujet, une étape dans la voie qu'il faudra poursuivre*

Au surplus la question sociale ne saurait être résolus par l'application de réformes de détail, elle pose un problème plus large d'organisation meilleure de la société moderne.

Le développement de l'organisation ouvrière, la reconnaissance complète du droit syndical, le développement des contrats collectifs, la participation progressive des travailleurs à la vie de l'entreprise, sont les étapes d’une évolution bienfaisante vers un régime, qui associe plus étroitement pour le bien commun les divers éléments de la production*

Politique financière*

La crise économique, la défaillance de T Allemagne ont entraîné le déséquilibre de notre budget. II est moins grave que chez nos voisins, si I on tient compte surtout do l'effort d'amortissement que nous nous sommes imposé; il devra néanmoins attirer l’attention delà Chambre nouvelle.

Pour équilibrer nos budgets, il ne peut être question d’augmenter les impôts, déjà trop lourds malgré les dégrèvements votés dans la dernière législature* Il faudra donc diminuer les dépenses.

Le problème serait facilement résolu si, notre sécurité étant assurée par l’organisation de la paix, nous pouvions réduire nos dépenses militaires. C’est pourquoi la question fiaancière est étroitement liée à celle de notre politique extérieure*

Politique extérieure.

La politique extérieure de la France, à laquelle reste attaché le nom d’Aristide Briand, le grand disparu, n'a pas varié au cours de la dernière législature. Elle est celle de tous les gouvernements qui se sont succédé, celle] du Parlement qui l’a toujours approuvée, celle du pays tout entier : politique1 d’organisation de L’arbitrage obligatoire et sanctionnée, assurant la sécurité et permettant le désarmement.

Elle est celle que défend le gouvernement à Genève, ou la France propose un plan, qui, créant une force Internationale, assurerait aux peuples la sécurité dans le respect des contrats cl leur permettrait de réduire sans danger leurs dépenses militaires.

Sans doute la France ne méconnaît aucun des obstacles que rencontre sur son chemin la cause de la paix, mais elle ne trouve dans L'inquiétude de l’Europe qu'une raison de plus de poursuivre ses efforts dans la seule voie possible, vers le seul but possible ; la collaboratien , f anion européenne*

Politique intérieure*

L/importance, la complexité et la nouveauté des problèmes qui se posent dans un inonde bouleversé par la guerre, imposent l’oubli des vieilles querelles et le désarmement des partis, qui se sont trop longtemps déchirés autour de formules aujourd’hui périmées. Dans un pays, oii T unité de croyance n existe pas, la laïcité de l'Etat, c’est-à-dire son impartialité à l'égard des confessions religieuses, ne peut être assurée que par le respect des consciences et la pratique sincère de la liberté et do l'égalité civique.

Notamment la réforme scolaire, qui doit assurer à tous les citoyens, quelle que soit leur situation de fortune, la possibilité d’atteindre à la plénitude de la culture, doit respecter les droits sacrés de la famille et la liberté de renseignement, qui, dit la loi récemment votée^ « est un des principes fondamentaux de la République

Pour la réalisation de ce programme, je fais appel à tous les républicains, qui, n’acceptant pas l'opposition surannée des deux blocs, de droite et de gauche, veulent avec moi la rénovation politique et économique, la justice sociale, la paix extérieure, à ceux qui, repoussant toute dictature, qu'elle soit d’un homme, d'un parti ou d’une classe, croient la démocratie française capable de se discipliner et d’assurer par ses propres forces ses destinées*

Vive la République î

À* CHÀMPETIER DE RIBES

Député sortant*

2e circonscription de PAU*

M* DBLOM-SORBÉ, radical indépendant*

Elu au deuxième tour de scrutin* — 8*047 voix.

Mes chers Compatriotes,

Au lendemain des élections législatives de î 928, mes amis d’alors et nombre d’autres que des engagements antérieurs avaient empêchés de me donner leur concours, me demandèrent de ne pas abandonner la lutte, mais de rester leur candidat en 1935* J’ai donc 1 honneur de briguer vos suffrages au scrutin du 1er mai prochain.

Agriculteur comme vous, vivant avec vous et au milieu de vous de votre laborieuse vie de travailleurs de la terre, j’ai la prétention de connaître aussi bien que quiconque vos besoins et vos nécessités et cTest pourquoi je me présente comme candidat de défense paysanne.

Républicain de cœur et de raison, élevé dans l’amour des idées démocratiques par un PeiG cIue vous connaissiez bien, et qu’à deux reprises différentes vous avez envoyé siéger à R Chambre, je me présente aussi comme républicain radical.

J estime, en effet, que seule une majorité vraiment républicaine, consciente de la gra- V1t^ c^e 1 heure et sachant ce qu’elle veut, est capable de réaliser enfin par une action continue et un labeur opiniâtre, le programme de réformes politiques, de redressement économique et financier, de progrès social et de paix internationale que le pays attend.

La France veut la paix. Elle Fa assez chèrement acquise pour avoir le droit d'en jouir en toute tranquillité dans le respect des traités. La première condition de Ja paix c'esl l'organisation des rapports entre les nations conformément aux principes du droit international. G?esf l'œuvre de la Société des nations»

En assurant avant fout la sécurité de la France, il faut donc poursuivre V oeuvre grandiose do Genève, oeuvre de réconciliation et d'entente des peuples, par l'arbitrage et le désarmement,

La crise économique actuelle donne d'ailleurs une excellente occasion aux peuples de se rapprocher, en leur faisant une obligation de rechercher sur le seul plan interna tional le remède au mal qui les étreint.

Après avoir combattu le chômage par la mise en chantier d’un vaste programme de travaux publies nationaux et internationaux, on doit s'efforcer de résoudre la crise économique par une collaboration loyale des peuples et la constitution de cette union européenne dont la voie a été sî magnifiquement tracée par Aristide Briand.

Au point de vue financier, la principale préoccupation de la majorité nouvelle sera de remédier au déséquilibre budgétaire existant, non par une augmentation de recettes, en ayant recours à l'impôt, mais par une politique de compression des dépenses et de courageuses économies. Le poids des impôts est lourd, il est surtout mal réparti. Un travail de - révision et de coordination de notre système fiscal s’impose (suppression de la taxe sur le chifi re d'affaires, taxe unique à la production).

Le relèvement de nos finances est d'ailleurs intimemunt lié à la reprise de l’activité économique du pays et l'Etat doit se souvenir que la France est avant tout un pays agricole.

La production agricole est en effet un élément capital du redressement et de l’in dépendance économique du pays. Toutes les mesures d'ordre social, économique et fiscal ainsi que d'organisation professionnelle concernant l'agriculture doivent donc être prises en vue de lui permettre de remplir son office»

Au point de vue social, la politique agricole doit tendre à favoriser l'accession à la petite propriété par la diminution des droits de première mutation, le développement de caisses de crédit agricole et la simplification des formalités exigées pour faire appel à ces caisses* Elle doit aussi encourager rattachement à la terre et éviter la dislocation familiale par une réforme sérieuse du régime successoral actuel, une diminution des Laxes successorales et une plus grande facilité accordée a l’héritier pour se libérer de cos taxes.

Au point de vue fiscal, il y a lieu d'actïviter la révision cadastrale entreprise et de procéder à une meilleure adaptation de l'impôt sur les bénéfices agricoles.

Àu point de vue économique, les efforts doivent tendre à encourager la production en mettant les engrais eL semences à la disposition des agriculteurs dans des conditions de transport et d’achat moins onéreuses, en protégeant les produits {céréales, vin, bétail) par une réglementation des importations et un tarif douanier approprié, en perfectionnant le machinisme agricole.

Les modifications apportées récemment par la Chambre à la loi sur la tuberculose bovine doivent être complétées par le marquage obligatoire au fer ronge des animaux tuberculeux, leur envoi à l'a battoir et b indemnisation du propriétaire.

La création d’une caisse d'assurance obligatoire d’Etat contre les calamités agricoles et surtout contre la grêle donnera la possibilité aux cultivateurs de se prémunir contre ces 11 eaux*

L’organisation des agriculteurs au sein de leur profession leur permettra de contrôler la conception et L’application de toutes ces mesures. Le statut des chambres d'agriculture doit être renforcé et elles doivent s'appuyer sur de vivantes organisations locales (syndicats, coopératives, mutuelles) dont la fédération fera la puissance.

Le problème social ne saurait être séparé du problème économique, pas plus que celui-ci ne saurait l'être du problème financier, car l’organisation de la production ne peut s’accom-

pj;r qUe par la collaboration de Lous les éléments qui y concourent et ont droit à une répartition équitable des produits.

Il faut donc maintenir et compléter îa législation protectrice du travail et s'efforcer Rappliquer les diverses réformes qui permettront de réaliser la démocratie dans Tordre social, non par la lutte des classes, mais par la collaboration de tous les éléments de la production.

L’application des assurances sociales, indiscutables dans leur esprit, doit être largement réformée et laissée à la seule compétence de la mutualité*

La République ne saurait être séparée des lois qui ont assuré l’indépendance de 3 'Etat et la neutralité de T école* La liberté de renseignement doit être cependant respectée sous la garantie des capacités et du contrôle de l'Etat et je suis, quant à moi, opposé à tout monopole de renseignement qui priverait les [ familles du droit de choisir les maîtres de leurs enfants* La gratuité de 1 enseignement secondaire, complément nécessaire de la gra~ lui té de renseignement primaire doit donner la possibilité aux élites de se révéler, à quelque classe de la société qu’elles appartiennent.

Je crois superflu d’assurer les anciens combattant et mutilés de toute mon amitié* Ancien combattant moi-même au 34e d’infanterie, militant de leurs associations, je serai toujours un défenseur acharné de leurs justes revendications*

Telles sont, mes chers Compatriotes, les grandes lignes du programme que je soumets à votre choix* Si ie 1er mai vous lui faites l’honneur de le sanctionner de vos suffrages, vous pourrez compter sur mon dévouement, mon énergie pour en poursuivre l'application et Fheureuse réalisation*

Mes chers Amis,

J’ai foi en votre bon sens, en votre attachement aux principes républicains. C’est donc avec une entière confiance que j’attends votre jugement.

Républicains, agriculteurs ou anciens combattants, en votant pour moi, vous voterez toujours pour T un des vôtres.

Vive la France I

Vive la démocratie rurale et paysanne I

Maurice DELOM-SORBÉ

Agrî culte ur*

Croix de guerre, croix du combattant*

Maire de Séméacq-Elachon*

Candidat de défense paysanne.

Républicain radical*

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