PYRÉNÉES (HAUTES
Girconscription d'ARGELÈS.
M. FOULD, ü. R. D,
Elu au premier tour de scrutin* — 7.103 voix*
Mes chers Concitoyens, mes chers Amis,
Fier de la confiance dont vous m'avez honoré depuis plus de douze ans, et conscient d'avoir fait de mon mieux pour la justifier, je me présente à vos suffrages pour la quatrième fois.
Vous avez pu vous rendre compte que, toujours fidèle à mes déclarations, j’ai rempli scrupuleusement et loyalement mon devoir.
ïï abord, au Parlement ou, comme membre de la Commission des finances, j'ai rapporté le budget du Ministère de l'Agriculture pour 1928 et 1929; ensuite, dans les conseils du Gouvernement, où j'ai été appelé à siéger il y a dix-huit mois par M. Pierre Laval, comme Sous-Seqrêiaire d’Etat, puis comme Ministre de P Agriculture et, plus récemment, par M. André Tardieu, comme Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère de la Défense nationale*
Mes chers concitoyens, tel j’étais il y a douze ans lorsque vous faisiez de moi votre député, tel je suis demeuré.
Républicain sincère, dans le vrai sens qu’attachaient à ce mot ceux par qui la République fut fondée*,. Républicain respectueux de toutes les libertés, mais ennemi déterminé du désordre dont je sais trop qu’il entraîne fatalement la ruine de toute liberté, je me présente à vous comme candidat de concorde républicaine.
Cela veut dire qu’il faut que tous ceux qui repousse les doctrines du socialisme marxiste et de l’ internation alisme révolutionnaire doivent s’unir pour lutter contre les difficultés et faire face aux maux qu’une crise mondiale peut faire subir à la nation*
Deux politiques onL été pratiquées au cours de la législature qui vient de prendre fin :
D’une part, celle des socialistes et radicaux groupés en un cartel d'opposition systématique et, d'autre part, celle de la majorité républicaine du 28 avril 1928 fidèle aux chefs qu elle s’honore d’avoir constamment soutenus de ses votes ; Poincaré, Briand, Lavai, Tardieu.
Les polémiques rétrospectives qui ont marqué l’ouverture de la période électorale ne sauraient vous égarer. Ceux-là mêmes qui ont été bien contents, en juillet 1926, cle ramener au pouvoir l’homme qu’ils appelaient Poincaré-da- guerre et Poincaré-la-faillite, prétendent maintenant que leur politique peut être reprise sans péril,
Prenons-y garde, ne les écoutons pas, ils nous ramèneraient au bord de l’abîme. Douze ans après une guerre qui nous a été imposée, l’équilibre financier et économique du monde n’est pas rétabli*
Nous sommes eu convalescence. Abandonner la ligne de conduite suivie depuis 1926, aurait les conséquences les, plus dangereuses.
Mon programme, loi aussi, est resté le même.
Au moment de l’exposer, j'ai tenu à relire mes professions de foi de 1919, de 1924, de 192a.
Il vous suffirait de les parcourir vous-mêmes pour vous rendre compte, et de ma fidélité à mon idéal politique et de- l’œuvre réalisée.
Ce programme, le voici, :
Au point de vue extérieur :
Nous donnons notre approbation sans réserve à la politique de paix et de dignité sagement suivie par les Ministres des Affaires étrangères que certains disent avoir « soutenus de leurs vœux » mais que nous avons plus efficacement « soutenus de nos votes » et de notre collaboration personnelle, Briand, Laval, Tardieu.
La Société des Nations doit être munie de tous les moyens moraux et matériels qui peuvent renforcer son action.
Nous estimons que L’adoption du plan tendant à créer une force militaire internationale, proposé le 5 février dernier à Genève par André Tardieu serait de nature à écarter dans la plupart des cas les occasions, hélas trop nombreuses, de conflits armés.
Au point de vue militaire :
Nous devons veiller à ce que les crédits affectés à notre sécurité soient employés avec la plus stricte économie.
L’œuvre admirable d'André Maginot d’organisation défensive de notre frontière doit être achevée.
Sécurité et désarmement doivent être liés. L’une et F autre question seront étudiées et réglées d’après la volonté inflexible d’assurer notre indépendance nationale et de maintenir la paix.
Au point de vue intérieur :
Cette paix, nous la voulons aussi à l’ intérieur.» Dans un Etat républicain, une école publique loyalement neutre, et Tin tangibilité de toutes les libertés républicaines : liberté de conscience,, liberté de réunion et d1 association, Liberté: de la presse, b ber te d enseignement.
Les mies et les autres devront être* dans un large esprit de tolérance, le bien inaliénable de tous les citoyens* quelles que soient leurs conditions sociales* leurs croyances ou leurs opinions.
Nous réclamons 1- accession, de tous les enfants à tous les degrés de l’enseignement.
Les sports, dont l’Etat commence à comprendre l'importance vitale pour notre race, doivent continuer à être particulièrement stimulés. Toutes les manilestalions sportives devront, lorsque la situation budgétaire îe permettra, bénéficier de nouveaux dégrèvements fiscaux. Les associations devront être plus largement subventionnées.
Au point de vue financier :
Notre monnaie a été stabilisée et est garantie par une encaisse d or qui représente '0 0/0 des billets émis. Une partie de ces 77 milliards d’or, qui sont dans les caves de ia Banque de France, nous est venue do nations étrangères qui ont marqué ainsi une immense confiance en notre monnaie.
L’équilibre du budget légèrement compromis par la crise mondiale doit être rétabli par une gestion plus économique des services de l’Etat et par la réduction des armements, dès que des accords internationaux nous aurons garanti de manière réelle et efficace notre sécurité.
La reforme du chiffre d’affaires et son remplacement par une taxe unique — reforme que nous avons déjà réalisée pour un grand nombre de produits et, tout dernièrement encore, pour les alcools, les essences, les pétroles, les corps gras — doit être continuée en plein accord avec les intéressés*
Partisan de toujours de l’impôt progressif sur le revenu, nous veillerons à . son applicalion stricte en évitant toute vexation et toute inquisition tracassière»
Les abattements à la base, et spécialement pour charges de famille, qui ont été augmentés sur mon initiative et celle de M. Champetier de Ribes, devront être majorés à nouveau des que la situation financière le permettra et réaménagés de manière à en faire profiter les chefs de famille les moins fortunés. 1
A u point tic vue agricole :
La h rance a moins souffert de la crise que les autres pays, parce que, chez elle, l’agriculture est Ja principale branche de notre activité nationale*
Pour garder le cultivateur à la terre, il faut deux choses :
D abord, lui rendre la vie moins pénible, en intensifiant l’exécution de notre programme i ar c notion d’eau potable, d'électrification des campagnes et plus particulièrement des écarts et de réfection des chemins ruraux ; ensuite, lui permettre de vendre ses produits un prix rémunérateur en continuant notre politique de proteclion douanière et do contingentement, tant que cela sera nécessaire.
, Jf pr°jet de Ioi reIatif ù ]a tuberculose des bovidés adopté par la Chambre devra être vote dans un bref délai par la Haute Assemblée.
V oici egalement la tâche à laquelle nous voulons, comme par le passé, nous consacrer • desenclavement des villages en montagne ; lutte contre la crise de la main-d’œuvre ; protection de la petite propriété rurale; action résolue contre le démembrement { accession à la propriété ou au patronat pour les fermiers, métayers et ouvriers des champs; tarifs spéciaux de transport pour les produits agricoles et pour les engrais; développement des organisations professionnelles; fourniture de machines et engrais à meilleur marché; protection de e evage et encouragement à l’industrie muiassière ; lutte contre toute taxation et réquisition entraînant des tenues de livres et des déclarations incompatibles, en temps de paix, avec exercice de la profession d’agriculteur; augmentation de la dotation du crédit mutuel agricole; simplification des formalités administratives pour l’attribution de prêts, nolamment aux mutilés et anciens combattants»
La Caisse nationale de crédit agricole devra recevoir de nouvelles avances, notamment pour in eusi îer les prêts à long terme. J ai d ailleurs, comme Ministre de l’Agriculture,
signe et fait voter un projet do loi augmentant sa dotation de 400 millions pour les prêts à moyen terme*
Au point de vue touristique :
Le tourisme constitue un des éléments créditeurs les plus importants de notre balance commerciale* Xos sites admirables, nos stations climatiques et thermales constituent un e api ta qui 11e rapporte pas ce qu il devrait rapporter à Y économie nationale.
armi les dégr él éments que 1 opposition nous reproche, mais dont je suis fier d’avoir pris initiative (suppression de la taxe d’embarquement, modération de la taxe de luxe, rejet du projet de création d’une catégorie d’hôtels et restaurants taxés à 8 0/0, etc,}, certains doivent être à nouveau accentués, notamment au regard du chiffre d’affaires, les hôtels
e res auianïs classés en deuxième catégorie doivent rentrer purement et simplement dans ■e droit commun*
^ u pundrai ma proposition de loi créant le crédit thermal pour Inapplication de aqiie e des crédits étaient prévus dans le projet d’outillage national. Le crédit hôtelier de vra recevoir de nouvelles avances de l’Etat, L’Office national de tourisme, dont j’ai fait reta ir en KL J Ja subvention, devra être pourvu de fonds de propagande*
Au point de vue des transports :
Nous voulons continuer la politique de réfection des routes entreprise par André Tardieu* Ministre des Travaux publics, de 1920 à 1928 ; résoudre la crise des chemins de fer par une réorganisation et une coordination des moyens de transports par l’union du rail et de la route.
Au point de vue social ;
Lutte contre le chômage; protection de la main-d’œuvre nationale; lutte contre la tuberculose et le taudis ; construction de logements ouvriers par le développement de ^application de la loi Loucheur; application de cette loi pour le logement de l'ouvrier agricole; sursalaire familial; encouragement aux familles nombreuses ; simplification et rénovation du fonctionnement de la loi sur les assurances sociales par la collaboration de la mutualité; amélioration du sort des mutilés du travail; participation des salariés aux bénéfices; institution de commissions mixtes d’arbitrage, etc.
La collaboration des classes, qui est notre principe absolu d’action démocratique et sociale, doit uniquement nous inspirer dans la recherche du mieux-être de tous.
C’est par cette action réfléchie, par un travail éclairé, traduits en une législation chaque jour perfection née t que nous saurons montrer à la classe ouvrière de quel côté se trouvent ses véritables défenseurs.
Au point de vue des victimes de la guerre et des anciens combattants :
Maintien des allocations aux grands invalides ; amélioration de la situation des grands invalides atteints d’infirmités multiples ; allocations spéciales aux mutilés dits implacables ; coefficient d’aide aux amputés, aux trépanés et aux blessés nerveux, etc., et, en général, l’ensemble des mesures proposées par la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre au fur et à mesure que des disponibilités budgetaires pourront être dégagées.
Ancien combattant, j’ai voté la retraite du combattant que je considère comme une dette intangible et sacrée. Je m’engage à m’opposer à toute mesure qui tendrait à supprimer ou à restreindre pour mes camarades l'application des articles 197 à 199 de ïa loi du 16 avril 1930 et 144 de la loi du 31 mars 1932.
Mes chers Concitoyens, mes chers Amis,
Je vous le répète, vous me connaissez, mais il n’est pas superflu de vous appeler à constater vous-mêmes la situation devant laquelle vous vous trouvez.
Il vous faudra, le Ier mai, choisir entre voire député sortant, républicain de concorde et d’union, et deux autres candidats. Le premier, qui se présente sous une étiquette modérée et vague, mais que patronnent des hommes qui n’ont jamais fait mystère de leurs opinions anticléricales, radicales-socialistes ou socialistes ; le second appartient au parti communiste.
L’union des républicains d’ordre et de progrès, en face des éléments plus ou moins camouflés du cartel et de l1 Internationale.
Je vous disais, il y a huit ans, dans la profession de foi 4 « La Chambre que vous êtes appelés à élire ne pourra faire œuvre forte et saine que si elle est composée en majorité de représentants soucieux de ne pas raviver les querelles du passé et désireux de pratiquer une large politique d’union nationale. »
Kien n’a changé depuis lors.
La l1 rance est encore à un carrefour.
H dépend de vous, roes chers Compatriotes, soit de ramener au pouvoir un nouveau cartel de démagogie et d'illusion, destructeur des finances, propagateur de révolution, préparateur inconscient de misère et de servitude, soit de renvoyer â la Chambre la majorité
qui a sauvé le pays de la faillite, une large majorité républicaine, groupée sous le signe du patriotisme et de la raison, respectueuse des principes sur lesquels est basé le régime, moins soucieuse des étiquettes et des formules que des réalités et résolue à défendre l’ordre le travail, le progrès et la paix.
Mes chers Amis, c’est avec une Toi absolue et votre sagesse que je vous demande d’affirmer sur mon nom le 1er mai, avec la plus grande majorité possible, votre volonté de voir s’achever la grande œuvre de redressement national, entreprise il y a six ans par Raymond Poincaré et continuée par Pierre Laval et André Tardieu.
Vive la France !
Vive la République I
Vive l1 arrondissement d’Argeîès '!
Achille FO O LD
Soufi-Secréïatrfi d’EjUtt à la Défense aationaJe.
Àacieù £t>m luttant.
Officier dù la Légion d’honneur.
Crois de guerre française et belge.
Ancien Ministre de l’Agriculture.
Docteur en droit-*
Diplômé des Sciences politiques de l’Université d’Oxford.
Candidat d’uinon nation aie et de concorde rcpuldicaitie.
Députe sortant.
Circonscription de BAGNXÈRES-DE-BIGOFtRK
M* NOGARO, radical-socialiste.
Ehi au premier tour de scrutin. — 8.362 voix.
Réalisations et Programmes.
.Mes commettants n ignorent sans doute pas que, en dehors de ma participation aux débats relatifs a la politique generale et financière, je ne me suis pas borné à émettre des votes, conformes au programme «pie j’avais exposé en 1928, mais que jai pris mi grand nombre d initiatives en laveur de nombreuses catégories de citoyens.
Chargé pendant deux années du rapport sur le budget du Ministère des Pensions, j ai soutenu notamment une demande de crédits en faveur des anciens prisonniers de guerre, J ai demandé et obtenu nue augmenta lion du secours aux anciens combattants de 1876,
majoration des crédits pour les blessés du poumon., le rajustement du taux des
pensions (1928); j'ai demandé et obtenu l'augmentation de la dotation de l'Office du combattant (1929).
Enfin, j ai, en concluant à 1 insertion im médiate dans îa loi de finances et en exigeant un ote par appel nominal, fait aboutir la retraite du combattant et je me suis opposé, dans la suite, à la tentative faite par le Gouvernement pour en opérer la réduction.
ï'ai poursuivi, d’autre part, mon action en faveur des familles nombreuses. Promoteur j0 )a prime à la natalité dans le département des Hautes-Pyrénées, j’ai continué a soutenir au Parlement la juste cause des citoyens les plus chargés d’enfants, et j’ai pu faire passer un amendement à la suite duquel l’aide nationale accordée aux familles de quatre enfants et. plus, comporte désormais une allocation pour le troisième enfant,
Tai soutenu, d’autre part, en faveur des petits commerçants, un amendement voté par h Chambre malgré Imposition du Gouvernement, qui leur accorde une réduction d'impôts correspondant au salaire qui revient à leur femme lorsque celle-ci travaille avec eux,
Les travailleurs des entreprises privées et de l’État savent, de leur côté, que je n’ai jamais perdu de vue leurs revendications légitimes.
En ce qui concerne les agriculteurs, pour lesquels de nombreuses initiatives ont été prises par les membres du parti radical, j’ai pris part aux discussions relatives au tarif douanier, au classement des routes, aux désençlavements. D’ailleurs, les maires de nombreuses communes peuvent attester l’activité que j’ai déployée pour leur faire obtenir les crédits nécessaires à la création ou à la restauration des chemins, pour faire établir des lignes d’autobus, ainsi que pour faire aboutir les projets d’électrification, dTadduction et de constructions scolaires,
Voilà pour le passé. En ce qui concerne F avenir, je m’efforcerai, avec mes collègues de gauche, de parfaire la réalisation du programme que j’ai déjà exposé lors des précédentes élections législatives.
En matière de politique intérieure, j’écarte résolument tout ce qui peut créer des divisions parmi le peuple travailleur ; la neutralité laïque de l’État est. et doit rester respectueuse et protectrice de la conscience individuelle, et rien, à mon sens, ne devrait empêcher de s’unir, dans une action commune, tous ceux qui défendent les intérêts matériels et moraux des travailleurs contre la puissance oppressive de l’argent.
Je considère donc que ma tâche consistera, comme par le passé, à prendre, en toute circonstance, le parti de ceux qui ont souffert pour le pays, de ceux qui vivent de leur travail et à favoriser tout ce qui tend à développer la solidarité sociale et à rendre accessible à tous Instruction à tous les degrés.
Je m’efforcerai également, en dépit de la situation financière très grave qui nous sera léguée par les gouvernements de droite, de sauvegarder îe programme d'outillage national et particulièrement les crédits qui tendent à encourager la production agricole (mesures tendant à la protection de l’élevage, des céréales, sans omettre les céréales secondaires, des produits forestiers, etc.) et les conditions de la vie rurale (chemins, adduction d’eau, électrification), etc.
Conscient, d'autre part, de toute l’importance que présente le développement de l’industrie touristique et du thermalisme dans notre économie nationale, je me ferai un devoir d’appuyer les justes revendications et les utiles initiatives qui me seronL soumises à cet effet.
Enfin, en matière de politique extérieure, je m’associerai de tout cœur, et sans me laisser décourager par les difficultés de la tâche, aux initiatives qui tendent à développer la politique d’ Aristide Briand, et à assurer la paix à la fois par un travail d’organisation rationnelle et par un effort inlassable pour arriver à la compréhension mutuelle entre les peuples.
Bertrand N O GA RO Député sortant.
Circonscription de TAREES.
M. DASQUE, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 11.407 voix.
Mes chers Concitoyens,
Répondant à l’appel de mes amis politiques de l’arrondissement de Tarbes io viens solliciter 1 honneur de vous représenter au Parlement.
trente ans de vie publique où, en de nombreuses luttes, j'ai pu rencontrer des adversaires, jamais des ennemis, me dispensent de vous exposer longuement mon programme.
Mon idéal est celui de mon Parti : réaliser la démocratie intégrale obtenue dans l’ordre politique par la répudiation de toute dictature ; dans l'ordre économique, par la diffusion reelle de la propriété et la lutte contre les puissances financières ; dans l’ordre social par la généralisation de toutes les œuvres de solidarité et d’assistance. ’ 1
i Pollr r^liser cet idéal, il est nécessaire qu’une majorité de gauche remplace demain à la Chambre des Députés, une majorité de droite dont je vais, en deux mots, laissant aux chiffres leur triste éloquence, exposer le bilan de faillite :
Un budget en déficit de six à sept milliards, une balance commerciale se chiffrant par douze milliards d’excédent d’importation ; les réserves d’une trésorerie s’élevant à dix-neuf milliards dilapidés, souvent en dehors de toute légalité, pour venir en aide à des banques à des sociétés industrielles défaillantes et aux gouvernements étrangers ; une inflation qui' a porté la circulation des billets de quarante-huit milliards en 1026 à quatre-vingt-quatre nul hards en 1932. Ajoutez une crise industrielle et commerciale sans précédent, avec quinze cent mille chômeurs qui ne mangent pas à leur faim ; une crise agricole qui réduit à la misère les travailleurs des champs. Voilà les résultats indéniables de l’ère de prospérité joyeuse annoncée par M. Tardieu ; voilà la succession que la Chambre que vous allez élire devra accepter. Son premier devoir sera d’exiger des budgets en équilibre et une trésorerie al aise ; elle devra alléger une dette qui absorbe le plus clair de nos revenus ; elle repoussera 1 inflation comme le pire des dangers ; elle ne tolérera aucune coalition contre le crédit public et saura prendre les mesures nécessaires pour empêcher les naufrage ors de notre monnaie de recommencer leurs exploits de 1926.
. . '■ '•i’1’ honneui d être votre élu, avec toute mon indépendance et ma conscience, je défendrai les intérêts dont vous m’aurez confié la garde.
En ce qui concerne la politique agricole, j’estime, comme vous tous, que les méthodes emp o\ ccs jusqu à ce joui par les Gouvernements Laval-Tardieu se sont révélées, pour la p o part, inefficaces quand elles n ont pas été nuisibles.
In Gouvernement, diurne de ce nom, aurait dû comprendre avant les catastrophes de ces derniers mois que la politique agricole de la France ne consiste pas uniquement dans la IMolc^tion du cours des blés et des betteraves, protection d'ailleurs facile puisqu'une simple c é\ ation des dioits de douane suffisait h la réaliser. Pour notre région, une politique suivie et effective de l'élevage est absolument indispensable, je suis donc partisan ;
l O un vote rapide de îa loi qui donnera aux coopératives agricoles leur autonomie et leur statut fiscal sur les bases les plus libérales j
D uuc réglementation sévère des bourses et marchés avec l'application stricte des lois
existantes et, si celles-ci sont insuffisantes, la promulgation de nouvelles pour réfréner la
spéculation ;
3° Une politique des transports agricoles à bon marché qui devra être établie en même temps que sera résolue la grave question du déficit des chemins de fer ;
4e Dans la limite des disponibilités budgétaires, augmentation des subventions de REtat pour P électrification, les adductions d’eau potable, P amélioration de la voirie vicinale et ruraîet amélioration du crédit agricole dont les dotations ne devront jamais être réduites de façon h le rendre effectif et non théorique comme il Test trop souvent à l'heure actuelle ;
5° Constitution d’une caisse des calamités agricoles pour mettre les travailleurs de la terre à Rabri des risques non assurés ;
6° Une politique énergique des engrais, la destruction des cartels nationaux, et internationaux: qui augmentent le prix de ces amendements indispensables à nos terres, sans autre justification que l'intérêt des gros producteurs ;
1° Enfin et surtout une politique de l’élevage ; soit par l’amélioration du système inefficace du contingentement, soit par P application stricte de la loi du cadenas, de façon à obtenir une stabilisation durable du cours du bétail à un prix rémunérateur.
En résumé : d’un côté, lutte contre la spéculation et les intermédiaires, d'autre part, facilités et protection efficace accordées aux travailleurs de la terre.
La politique industrielle et commerciale doit être envisagée sur le plan national et sur le plan international.
Sur le plan national, notre premier devoir sera d’adapter le régime politique actuel aux conditions nouvelles de la production, d’équilibrer les forces productives avec le pouvoir d’absorption du marché national. Les entreprises faisant appel à l’épargne publique ou constituant des monopoles de fait devront être contrôlées par P Etat.
L’élévation de nos prix de revient étant la cause principale du ralentissement de nos exportations, il faut y remédier par un allégement des charges fiscales pesant sur le commerce et l’industrie, cet abaissement du prix de revient doit avoir pour conséquence l’abaissement des prix de détail et du coût de la vie,
Une caisse autonome des travaux publics, alimentée par des emprunts nationaux, remettra en circulation les capitaux immobilisés et permettra de lutter contre le chômage.
Sur le plan international, la réorganisation économique de l'Europe ne sera réalisée que par une politique de rapprochement entre les peuples ; elle doit avoir pour base la constitution d'ententes internationales entre producteurs, dans le but d’ajuster le niveau de la production aux possibilités du débit et de procéder à la réglementation des échanges.
La lutte contre le chômage nécessitera Rétablissement d’accords internationaux portant sur la réglementation du travail et l’entreprise des travaux publics.
Au point de vue social, j’appuierai les réformes suivantes :
Refonte de la loi de 1898 sur les accidents du travail et création d'une caisse autonome^
Obligation de la tentative de conciliation dans les conflits industriels;
Révision de toutes les allocations, retraites, rentes en fonction de la baisse de la monnaie ;
Ratification des conventions internationales du travail ;
Amélioration de la loi sur les assurances sociales en y apportant les simplifications que l'expérience indiquera et en faisant appel, dans tous les cas, au concours de la mutualité ;
Mise à l’étude de R organisation de l’assurance- chômage, conjuguée avec un système complet de placement et d’exécution de travaux publics.
Je resterai en contact étroit avec les organisations syndicales pour défendre leurs droits et pour soutenir toutes les œuvres sociales d'éducation et d'organisation démocratiques.
Les anciens combattants, mes camarades des heures douloureuses, peuvent être assurés
que je serai toujours prêt à défendre leurs droits imprescriptibles; pour eux pou I victimes et les orphelins de la guerre, j’exigerai les sacrifices budgétaires qui leur son^d^
et qui seront toujours inférieurs à la dette de reconnaissance que la Nation a conf (US vis-à-vis d'eux, c tract ee
Je soutiendrai les revendications des grands mutilés de la guerre ; des prisonniers d combattants exclus de la carte du combattant et aussi des mobilisés qui, comme les poudrie ” ont contracté au service du pays des maladies graves* rs*
Enfin, je veillerai à ce que les promesses, souvent faîtes et jamais tenues, soient réalisées en faveur des victimes du travail, des cantonniers, des postiers, des vieillards exclus dcs assurances sociales, de la péréquation des pensions, de l’organisation des retraites des employés communaux et départementaux*
Mes chers Concitoyens,
I idele à la politique de mon Parti, qui a toujours appuyé les apôtres de la paix : Léon Bourgeois, Herriot, Briand, j’estime que la politique extérieure de la France doit être basée sur la réduction simultanée et la limitation contrôlée des armements, sur l’extension des pouvoirs de la Société des Nations et l'organisation de la sécurité internationale.
L’avenir est sombre, l’heure est grave et sur les élections de demain peut se jouer J avenir de notre pays.
Si vous voulez la paix, l’ordre, le progrès de la démocratie en France, l’amélioration du sort des classes laborieuses, vous voterez pour le candidat des gauches.
Vive la République démocratique et sociale !
Docteur Emile DASQUE
Ancien combattant.
Chevalier de la Légion d11 honneur.
Croix de guerre.
Vice-président du Conseil général.
Président de la Commission départementale*