RHONE
lr* circonscription de LYON.
M. HERRIOT, radical-socialiste.
Elu au premier tour de scrutin, — 5.867 vois.
Citoyens,
Une fois encore, j’ai l'honneur de solliciter vos suffrages qui, depuis près de trente années, mont été si constamment fidèles. Une fois, encore, je viens défendre devant vous
tjT*' PS r ^ nqU J’a‘ rhonneur S’appartenir et que je considère, plus que jamais, comme indispensable à la stabilité politique de la France q
Pendant la dernière législature, nous sommes demeurés dans l'opposdio n. Ge n’est paa t vous le savez, que des offres nombreuses ne nous aient été faites. Mais je S rompras le système qui consiste, de la part de certains adversaires, à couvrir certains
o77é dominer m°T 7 7^' 7*7* C°Uabwal™- 0r’ *« derniers cabinet» ^ domines par la droite, par celle-là même qui, sourenez-vons-en, ü y a quatre
années, au temps de la prétendue union nationale, essayait de renverser ceux qui avaient
prêté leur concours le plus loyal. Expérience décisive, enseignement à retenir *
7 *acUonnai™' Da« feuilles, dont le' fanatisme les
£ P ^ “T SeUlüment P°Ur ,,aPP^ dans leurs réunions,
fJZ-ZmZ r,' V°,r. Ci’er,tendre Ei vingt-sept années - ou
P que d administration municipale, de bienveillance pour tous, de gestion laborieuse
« r “n administrate- * ^ leurs calomnies exprimée^ “ ZT
meugle et hPameiSe°.SSîei’' "7 * C01ldliaüo11 Possible avec la réaction égoïste,
de redresser h^r^r^01^ q° aUX S6uis répuk,icains- J® les invite à comprendre la nécessité et Z M P tZZ ?T ?° r<,Td° l0US’ de lW raô- de M. André Tardieu nntdrieur comme el,Tel T ^ à la P«”P^ '* France court, à
umme a i exteneur, de graves dangers
0Umnéir!,îinÏrril de*aUaqUeS SUbiG" Par IeS h°mines ^ gauche en 1.924 et
encore. On avait T i ^ attaqüe?’ voua ne Pouvez Ies oublier puisqu’elles durent
3 en sont servi cnm “T S danS 06 Pj7S 90 mi]Liards eavirQa de dette flottante- Les droites «connaît auiourd’h- * “"ï 7° polUlque- La Trésorerie — M- àe Lasteyrie lui-même le
échéance eaSÎ ,~, 6t#U 6pU1Sé(\J'al Prouv® que 23 milliards de bons arrivaient à -a- Le budget se présentait en déficit.
Les Gouvernements de ce temps ont connu des heures atroces. Cependant, pour les abattre, on n’hésite pas à sacrifier le pays. Les capitaux émigrent à l’étranger ; les porteurs de bons à court terme réclament des remboursements massifs; les députés de droite et du centre refusent de voler le budget. Et le crédit de la France, sa trésorerie deviennent l’enjeu d’une IuLtc sans merci qui, pour abattre la démocratie, n hésiterait pas à ruiner le pays. Comme nous l’avons pu, nous avons défendu l'Etat. Nous n'avions jamais rien fait qu’en plein accord avec la Commission des finances de la Chambre et du Sénat ; ce qui est, dans une démocratie, la bonne méthode. On peut nous approuver ou nous blâmer. Du moins, c’est pour sauver l’Etat et non pour sauver des sociétés ou des individus que nous nous sommes battus, que nous avons souffert. C’est le bien de tous et non le privilège de quelques-uns que nous avons défendu jusqu’à l'extrême limite du possible.
Vaincus par la férocité de la réaction, on nous appelle, en 1926, à l’aide Sans raneune, sans amertume, nous accourons; vous savez ce qu’il en a coûté de soupçons a certains d’entre nous. Nous apportons à M. Poincaré l’appui politique dont il a besoin. Les finances sont restaurées. Nous reprenons notre liberté.
Qu’est-il advenu depuis? Je n’aurai pas la cruauté de rechercher ce que sont devenus certains de nos plus durs adversaires, l’usage qu’ils ont fait de l’épargne confiée à leur surveillance? Mais que sont devenus un budget en équilibre, une dette en voie d'amortissement, une Trésorerie dotée de 18 milliards? Je l’ai récemment démontré à la salle Rameau. La dette, malgré les apparences, s est accrue. Le l résor est presque vide. Le déficit du budget est si grave (7 milliards au moins), que l’on se demande avec effroi comment on pourra en rétablir l’équilibre. On n’a pas pu contester mes chiffres et ces faits.
Et ce sont les auteurs responsables de cette situation qui viennent, par l’intermédiaire de M. Paul Heynaud, vous dire : « Si vous votez pour la gauche, nous assisterons de nouveau à une panique 1 » Elle est belle, vraiment, la situation financière créée par le Cartel des droites ! Jadis, nous nous sommes battus autour d’un Trésor vide. Ils viennent d’épuiser un Trésor plein ; ils ont renfloué de grandes entreprises capitalistes, fis nous laissent des services publics, comme les chemins de fer, dans une situation de catastrophe. Où serait-on allé si le Sénat républicain n’avait pas mis un frein à tant d’imprudence? — Maintenant, cest l’État qu’il faut renflouer ; c’est à lui qu’il serait temps de songer. C’est pour lui que nous vous demandons vos votes*
Malgré cette prodigalité manifeste, nous n’avons pas pu, ^citoyens, dans la dernière législature, obtenir les réformes les plus justes, comme cette réforme symbolique de l’enseignement secondaire gratuit, selon moi, absolument indispensable. Chaque année, il a fallu arracher, à force de discussion, malgré les amendements astucieux et les manœuvres obliques, des fragments d’un ensemble qui aurait dû être accepte d’enthousiasme, lit, pour la première fois dans l’histoire de la République depuis 1880, nous avons vu des gouvernements et une majorité refuser d’accepter notre idéal de laïcité, idéal qui n’a rien de blessant pour aucune conscience, idéal qui respecte avec scrupule la foi religieuse sincère, idéal qui veut seulement confondre les enfants de ce pays dans la môme fraternité.
Quand nous avons voulu organiser la lutte contre le chômage, nous nous sommes heurtés au même égoïsme. Il est possible que d’autres pays aient commis des fautes, soit eu se donnant une activité industrielle artificielle et excessive, soit en organisant mal 1 assurance. Est-ce une raison pour refuser son droit à la vie au salarié qui, n’étant pas associe aux bénéfices de la prospérité, doit être protégé contre les souffrances de la misère ? Parce qu'un ouvrier ou employé a dû, pendant 180 jours, chômer, esLce une raison pour l adres'
au bureau Je bienfaisance ? Il faut être rigoureux pour celui qui, pouvant travailler, s’y refuse. H faut aider dans toute la mesure du possible celui qui offre son concours et ne peut le voir utiliser. A la tribune du Parlement, c’est la thèse que nous avons soutenue*
Au moins, dans Tordre extérieur, nous a-t-on rapprochés de la paix, ce bien suprême pour lequel nous sommes disposés à tous les sacrifices?
Ici encore, vous vous rappelez, citoyens* les attaques incessantes de nos adversaires contre notre œuvre de 1924, contre la Conférence de Londres, contre fentre vue des Ghequers, contre le plan Dawes, contre ie Protocole* Cependant, celte formule qu’ils étalent maintenant sur les murs : sécurité, arbitrage, désarmement, n 'est-ce pas la nôtre? Ils avaient juré de ne pas ratifier les dettes aux États-Unis sans clause de sauvegarde ; ils les ont acceptées sans condition. Comparez aux professions de foi de 1928 les votes ultérieurs 1 Le plan Dawes ? Ils Tout d'abord attaqué, nous avons alors démontré que ce plan avait rapporté à la France 25 milliards qui ont largement servi à la restauration financière Alors, ce plan, qui, pour la première fois, a fait payer TAllemagne; ils font revendiqué sous prétexte que le Gouvernement antérieur au nôtre avait, quelques jours avant les élections, donné son adhésion de principe au rapport des experts sur lequel ce plan s’est fondé, alors que la tâche essentielle était à faire, alors qu’il fallait faire accepter ce plan par l'ensemble des alliés et par les Allemands. i
Nos adversaires nous ont reproché l'évacuation de la Ruhr, conséquence légitime de l'acceptation et de la mise en vigueur du plan Dawes. Us ont fait mieux. Ils ont évacué la Rhénanie, centre quoi? Contre un plan Young, aujourdbui refusé par l’Allemagne, démoli par la proposition Hoover. Aujourd’hui, en 1932 tout est remis en cause. Il va falloir reprendre à Lausanne le débat sur les réparations. Nous sommes débiteurs sans condition et créanciers presque sans espérance. Et de nouveau, dans le monde, nous voilà seuls, La récente Conférence de Londres Ta brutalement prouvé.
La victime de cette situation, c'est la France. Une autre victime, c'est la paix, Aristide Briand est mort, méconnu, attaqué* A l'intérieur et à l'extérieur, tout est à redresser. Il faut, pour arriver à ce résultat, l'entente de tous les vrais républicains laïques, démocrates, pacifistes.
Les socialistes me combattent. C'est leur droit. Il est facile de critiquer lorsque Ton n'accepte jamais de responsabilité. Il est facile de tout promettre et de ne pas voter les dépenses correspondantes aux promesses De ce côté, j’entends demeurer libre. Mon parti et moi-même, nous sommes indépendants.
Sur la réaction, je suis, plus que jamais, fixé. G’ est elle qui compromet la paix sociale, la paix religieuse, la paix extérieure par un fanatisme qui ne désarme jamais. Je respecte profondément tous ceux qui ont une foi sincère; je voudrais les voir nous aider à lutter pour la vraie liberté de conscience contre tous les sectaires.
Je voudrais aussi pouvoir, à l’âge où je suis parvenu, grouper sur mon nom tous les républicains sincères, ceux qui aiment à la fois ce régime et leur pays, ceux qui croient à la solution de? difficultés par le travail et le bon sens, ceux qui m'ont soutenu déjà de leurs votes à 1 Hôtel de Ville et au Parlement. On *ait bien que, meme pour ceux qui m'ont fait tant de mai, je n'ai pas de haine Mais il m’est permis de leur préférer mes amis républicains, qui j’adresse mon salut et à qui j'exprime ma reconnaissance.
Édouard HERRIOT
Maire de Lyon.
Député sortant*.
2° circonscription de LYON.