‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 187 sur 260 · M. SALLES, U. R. D · texte numérisé non relu

M. SALLES, U. R. D

Elu au deuxième tour de scrutin. — 5*325 voix.

Cher concitoyen,

En désignant, le lor mai, votre représentant à îa Chambre des Députes, vous êtes appelé à vous prononcer sur l'œuvre de là législature qui vient de s'achever.

Suivant la si juste expression du chef du Gouvernement, M. André Tardieu, te peu de législatures, mieux que celle-ci, ont mérité, par les difficultés surmontées et les résultats obtenus, l’ estime et la reconnaissance du pays ».

À T extérieur :

Lue politique de sécurité, ferme autant que conciliante, recherchant, d'accord avec nos anciens alliés, les moyens de consolider la paix dans le respect des traités,

A l'intérieur :

Lue politique d1 ordre et de liberté, respectueuse des droits, des convictions, désintérêts de tous, animée d un large esprit de réformes en faveur des travailleurs et des humbles, tout en se montrant soucieuse de ne pas aggraver, voire même d'alléger les charges trop lourdes des contribuables.

Dans l'ordre social :

Lu effort persévérant et efficace a été poursuivi, auquel ne peut être comparé celui d aucune législature, et que quelques exemples suffisent à mettre en évidence :

Loi du 13 juillet 1928, sur les habitations à bon marché, qui, sur un total prévu de 260.000 logements, a abouti à T exécution de près des deux tiers de son programme, soit 162.000 logements mis dès à présent à la disposition des travailleurs (premier effort de ce genre entrepris depuis la guerre).

Loi sur les assurances sociales, dont l1 aménagement, encore bien imparfait, devra, pour donner plus de résultats et occasionner moins de dépenses, s'appuyer sur le concours nécessaire de la mutualité. L'expérience déjà faite prouve combien nous avions raison, il y a quatre ans, de préconiser l'application des assurances sociales dans le cadre des sociétés de secours mutuels, afin de donner à cette loi, dont le principe est excellent, un caractère moins étatiste, moins administratif, plus souple et plus économique*

Institution de la retraite du combattant eL amélioration notable des pensions allouées aux victimes de la guerre.

Généralisation des allocations familiales, qui vont donner un milliard de supplément de salaires aux travailleurs pères de famille.

Amélioration de la loi sur l'encouragement national aux familles nombreuses.

Relèvement des taux d’allocations aux femmes en couches, des primes d 'allaitement, des allocations aux vieillards et aux incurables,

Intensificaliofi de la lutte contre les fléaux sociaux (cancer, tuberculose), dont la dotation a plus que triplé ces quatre années.

Péréquation, tout récemment votée, des retraites civiles et militaires.

Dégrèvements et amortissements :

Ces importantes améliorations sociales, non seulement n’ont nécessité rétablissement d'aucun impôt nouveau, mais encore, grâce à Y excellente gestion de nos finances, des dégrèvements d’impôts de près de six milliards (au prolit des classes moyennes et populaires) ont pu être réalisées. En même temps, notre dette publique a été amortie de plus de vingt milliards.

Comparez ce bilan à celui du Cartel des gauches, de 1 924 à 1920, qui, sans faire aboutir aucune réforme sociale, a conduit la France à deux doigts de sa ruine, vidant les caisses de FEtat et faisant perdre 80 milliards aux épargnants.

En toute impartialité, dites qui a le mieux mérité du pays,

La crise :

Nos adversaires font état de la crise économique qui sévit sur le monde entier, et à laquelle aucun pays ne pouvait échapper. Mais il est hors de doute que, de toutes les nations, la France est la moins atteinte ; elle le doit à la sage politique des gouvernements Poincaré, Laval, Tardieu et de la majorité qui les a fidèlement soutenus. Le chômage que nous subissons, dans des proportions d’ailleurs bien moindres que les autres grands Etats, aurait même été sensiblement réduit, si on avait adopté plus tôt le projet d’outillage national de M, Tardieu, douL nous nous étions déclarés partisans dès qu’il fut rendu officiel, et qui s’est heurté soit à Fobstruction, soit aux surenchères de nos adversaires,

La crise mondiale ne pouvait manquer de restreindre les rentrées fiscales et de compromettre Téquilibre budgétaire, A cet égard encore, nous sommes beaucoup moins touchés que les peuples voisins ; et, atteints les derniers par la crise, nous en serons peut-être libérés les premiers , à en juger par certains signes avant-coureurs d’une reprise des affaires.

Le danger à éviter :

En présence de cette crise, la pire des éventualités serait le retour du cartel des gauches au pouvoir. Les effets de la désastreuse expérience carteliiste de 1924 à 1926 ont pu être en partie détruits grâce an redressement opéré par M. Poincaré, et aussi par le fait qu?on se trouvait alors dans une période de prospérité générale. Si, par malheur, la politique du cartel des gauches devait être de nouveau appliquée demain, elle produirait inévitablement les mêmes conséquences qu’en 1924-1926, et on serait conduit à rappeler M, Tardieu, successeur politique de M. Poincaré. Mais le redressement serait, cette fois, bien plus difficile sinon impossible, après une période de forte crise. Et c’est pourquoi l'intérêt du pays, comme le vôtre, veut que vous réélisiez, le 1er mai, la majorité républicaine nationale qui, dans des circonstances difficiles, a su conduire à bien les destinées de la France,

L’œuvre de demain :

La prochaine Chambre devra s’attacher â une politique d’économies, par la simplification des rouages administratifs, de manière à pouvoir réaliser de nouveaux dégrèvements, notamment au profit du commerce de détail,

La réforme de la patente, que nous avions préconisée et que la Chambre sortante a votee, devra être appliquée sans nouveau retard.

On devra poursuivre graduellement le remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe unique à la production.

11 y aura lieu d’assurer une meilleure protection de l’épargne, notamment par le contrôle des émissions d’actions et d’obligations réalisées en France.

Nous préconiserons une action concertée, sur le double plan national et international, cn vue ^ éviter la surproduction et de supprimer le chômage.

Nous soutiendrons les légitimes revendications des ligues de familles nombreuses.

Nous nous prononcerons en faveur du vote familial et du vote des femmes.

Nous réclamerons a nouveau la diminution du nombre des députés et des sénateurs conformément au vote qu'a déjà émis à ce sujeL Antoine Salles.

II conviendra d'établir un mode de consultation populaire éventuelle sur les projets de loi (referendum).

Nous sauvegarderons les libertés publiques, particulièrement la liberté d'enseignement contre toute atLcinte plus ou moins déguisée.

En toutes circonstances, nous préconiserons l'union de tous les Français, en combattant le sectarisme et la démagogie.

Dans ïe domaine international, nous veillerons à maintenir intacts tous les droits de la France.

Pour réaliser ce programme minimum, le seul qui soit exempt d'utcpies, le seul qui soit conforme à l'intérêt général, vous réélirez l'homme compétent et dévoué à qui vous aviez, en 192$, confié le mandat de vous représenter et qui s’est consciencieusement acquitté de sa tâche.

Vous voterez tous pour

Antoine SALLES Député sortant.

Conseiller général, Délégué cantonal.

Ancien adjoint au maire de Lyon.

Administrateur de la Caisse d'épargne.

Chevalier de la Légion d'honneur.

Vive la République !

3e circonscription de LYON.

M. JULIEN, radical-socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 5.147 voix.

Programme Politique financière .

Le parti radical-socialiste est convaincu que l'œuvre de redressement financier ne peut être menée à bien que dans le cadre d’un système fiscal fondé sur la justice.

Mais les charges fiscales, même équitablement réparties, sont faites non pour renflouer des entreprises privées, maïs pour assurer la gestion des services publics.

Nous inscrivons dans notre programme les réformes suivantes :

Abaisser le taux des impôts de consommation. Assurer dans les cédules un abattement à la base Frapper d un taux différent les revenus du capital et ceux du travail. Augmenter rabattement à la base de l'impôt sur les salaires. Instituer une progression réelle qui adapte l'impôt aux facultés de chacun. Réprimer énergiquement la fraude fiscale. A l'impôt sur le chiffre d’affaires substituer la taxe à la production. Alléger, par un meilleur rendement, les charges fiscales des commerçants et industriels. Mettre fin au régime inique de la patente. Codifier les lois et règlements fiscaux.

Beconstruct io n ceo n om ique .

Si équitable qu'en soit la répartition, la charge des impôts sera encore trop lourde si la richesse générale n a pas été accrue. Pour être durable, notre relèvement financier exige que le pays soit prospère.

Il faut donc :

Réorganiser les forces économiques et l’outilla ge national. Exploiter méthodiquement nos richesses coloniales, en poursuivant outre-mer une œuvre de civilisation française et humaine. Donner au Conseil économique un statut et un rôle. Sauvegarder l’indépendance de l’EtaL en face des grandes formations d’intérêts. Réduire les banques a leur fonction normale d’établissements de crédit. Combattre la spéculation sous toutes ses formes. Défendre les monopoles d’Etat en les réorganisant. Remanier la loi sur la propriété commerciale en y incorporant les justes revendications indiquées par les groupes et syndicats de défense commerciale. ELablïr le droit de ceux qui ont construit ou créé sur le terrain d’ autrui*

Réformes sociales *

A l’heure où tant de citoyens sont accablés par les difficultés économiques, par l'augmentation des impôts, par ïa vie chère, où ils se sentent dominés par des forces obscures et injustes, la propagande des partis extrêmes trouve un aliment favorable dans les défaillances passagères qu’elle sait exploiter.

Nous pensons que les petits seraient les premières victimes d’une révolution et notre parti réclame que le progrès social est inséparable d’une évolution démocratique.

Nous voulons être près du peuple, non pas avec des formules et des promesses, mais avec des actes.

Notre programment celui de la C. G, T*

Nous voulons notamment maintenir la loi de huit heures.

Perfectionner la loi sur les assurances sociales dans le cadre de la mutualité et des syndicats, avec création d’une assurance chômage. Mettre à la charge de la collectivité les cotisations assurances sociales après trois mois de chômage. Créer une politique nationale du logement pour conjurer la crise et chasser 3e spectre du taudis, Augmenter les crédits en faveur des vieillards, familles nombreuses, femmes en puuches, allocations aux mères, protection des enfants du premier âge, assistance maternelle et de la natalité. Voter la loi Massimi attribuant une allocation annuelle aux mutualistes retraités. Exécuter, au profit des anciens combattants, victimes de la guerre, veuves, ascendants et descendants, les solennels engagements pris par le Gouvernement de défense nationale. Etendre le bénéfice de la carte de combattant à certains exclus qui ont subi les risques immédiats de guerre. Assimiler les mutilés du travail aux mutilés de la guerre. Instituer un minimum de salaire et un sursalaire familial obligatoire. Réaliser la péréquation des retraites. Obtenir au profit des cheminots le respect des droits acquis et le réajustement des traitements et salaires tant pour les grands réseaux que pour les réseaux secondaires. Réintégration des cheminots révoqués. Obtenir 1 organisation légale de congés obligatoires et payés. Ratifier toutes les conventions internationales du travail. Defense des libertés syndicales.

Politique in t êrie u re ,

Partisan de la liberté de conscience et attaché à la laïcité effective de PEtat, le parti radical-socialiste ne tolérera pas que bon porte atteinte aux lois fondamentales de la République.

Défenseur de l’école laïque, il entend la consolider, rendre effective F obligation scolaire.

développer l'enseignement post-scolaire et ouvrir, avec la création de l’école unioue i teeLm^ lleRt' 1>aCCèS gratUit enSeigneme,Us ^ondaires, supérieurs *

,, , DiaKS,1T£lre miI!tair®’ Ie parti ra<lïcal-sociaIiste se prononce en faveur de la réduction de la durée du service et du budget de guerre. ^uciion

Convaincu de la nécessité d’accorder toutes les garanties efficaces de justice, le parti

a cal-socia liste se prononce en faveur de la suppression des tribunaux militaires et de i-

,SIOn ct modification des lois d exception dans ce qu’elles ont d’excessif contre la liberté

Politique internationale.

décide <fcnlière Péri°de aUra été marqUéC Par deUX événements à>™ importance

la L exécution des plans Dawes et Young qui, par une heureuse solution du problème des réparations ont iait rentrer plus de vingt-ciuq milliards dans les caisses du Cî 1 septembre 1924 k ce jour. u

2° Les accords de Locarno, le pacte Briand- Kellogg (préfacés par le protocole de Gcneve) qui ont introduit Jes prémisses de la paix dans le monde.

L’œuvre immédiate doit être le règlement des conilits entre nations par une procédure pacifique sous 1 eg.de de la Société des Nations ; la réalisation de la formule ■ arbitrage

securité, desarmement; l’organisation internationale du travail, delà production et delà

consommation mondiales; le rapprochement des esprits et des cœurs pour la paix définitive Notre parti, qui a tant fait pour la paix, dans un passé récent, continuera à travailler pour elle, sans sacrfiier, comme certains le font trop légèrement, les intérêts de la France.

GUoyen, ^

\ous direz le 1“ mai prochain que vous demeurez inébranlablement attaché à l’idcal domocratique.et que vous entendez substituer aux protecteurs des privilèges et de la conseratioœsocale, une majorité d’élus qui soutiendront le travailleur et le faible, défendront le

volre iddal de p*i‘p"k

avec'Ï^rf T Se,dérf eraPasidâva‘lt les charges et les responsabilités. Il s’attachera pe ^ c ® J ûu‘ 1Qt e et de la raison à réaliser un programme tout imprégné de

1 esprit de liberté et du sentiment de l’amélioration sociale. F 8

France •< o T * ' U 1 Jl 1 u‘ie vivante si la majorité des circonscriptions de

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