‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 206 sur 260 · III. — Contre la réaction · texte numérisé non relu

III. — Contre la réaction

Pour l’amnistie pleine et entière pour tous faits politiques et militaires. Pour l’abolition des lois scélérates*

1 our la suppression des tribunaux militaires, des sections spéciales et bataillons d’Afrique.

D. oit intégral pour les travailleurs, de réunion, de manifesfcuÜon et do presse* Abolition du Code de rindigénat.

Front unique de classe*

Ce programme de revendications n’est pas limitatif. JLe Parti communiste se trouvera toujours h la tête des travailleurs pour mener avec eux, la lutte pour toutes leurs revendications de classe*

Pour assLiier leur unité d action dans celte lutte. Je Parti communiste propose à tous es travailleurs, en particulier aux ouvriers socialistes, de réaliser un fronL unique de combat sur la base de la plate-forme du Parti communiste.

Les élections législatives seront l'occasion pour les travailleurs de manifester pourleurs reven ica Lions, contre la misère, la réaction et la guerre* lis le feront en votant en masse pour e l arti communiste, en s’organisant dans ses rangs 1

Sous le drapeau rouge du Parti communiste, travailleurs unissez-vous I

Le Comité central du Parti communiste français*

îrfl circonscription du 14e arrondissenisiit*

M. PIQT, radical-socialiste.

Elu a u deuxième tour de scrutin-. — 9.054 voix.

Mon Pe o gr amme „

A runacdmité, des groupes de gauche de la première circonscription du 14e arrondissement m'ont désigné comme candidat aux élections législatives du 1er mai prochain.

Fort de cet appui, j’accepte avec fierté de défendre devant le corps électoral les aspirations de la démocratie et les intérêts méconnus de cette circonscription.

En dépit de certaines prévisions, les élections de 1932 ont lieu en pleine crise économique.

 cette crise, il nj a pas de solutions purement nationales. Il n’y en a que d’internationales.

Le problème qui domine tous les antres, à l'heure actuelle, est donc celui de la

Politique extérieure .

J’ai toujours soutenu, depuis 1921, la politique extérieure d'Aristide Briand, Je reste attaché û cette politique de paix : non pas à la caricature qu’on en a faite, mais à la véritable politique de Briand — idéaliste et réaliste à la fois — - cette politique, dont M. André Tardieu, au Sénat, a dû reconnaître <i que ceux mêmes qui la discutaient s y sont tour à Lour rattachés ».

A la base de cette politique, une entente franco-anglaise, sans pointe dirigée contre personne, et un loyal effort de rapprochement, notamment avec nos voisins immédiats, dans le cadre d’une Société des Nations nantie d’une autorité nouvelle.

Les récentes négociations sur la question danubienne montrent qu’on ne saurait résoudre aucun problème important que sur le plan européen.

Une politique européenne peut seule, par une action commune elle respect quelle inspirera au créancier, permettre d'échapper au poids intolérable des dettes américaines qui représentent, pour l’Europe, l’un des problèmes financiers capitaux.

Une politique européenne est aussi le seul moyen de régler les problèmes économiques, donc d’atténuer la crise dont nous ne souffrons guère moins que les autres peuples.

Politique européenne ?

Est-ce à dire que nous devions, comme si tous les résultats de cette politique étaient acquis, renoncer à toute précaution ?

Nous restons fidèles à la et trilogie » d’Edouard Herriot et de Paul-Boncour :

Arbitrage, sécurité , désarmement ,

Si séduisante qu elle soit en sa simplicité, je ne saurais faire mienne la thèse du désarmement « immédiat, général et contrôlé », dont la conséquence serait de mettre les petites puissances et les puissances agricoles à la merci des grandes puissances industrielles, capables de se rééquiper rapidement et de transformer leurs industries de paix en industries meutrières-

Mais nous croyons qu'il est possible et nécessaire d’aboutir dès maintenant à des résultats dans la voie du désarmement.

La France a présenté à Genève un programme qui eût entraîné plus d’adhésions encore, s’il eût comporté un abattement substantiel de nos armements — abattement auquel nous contraindra d'ailleurs la situation financière.

Tel qu^îl est, ce programme peut être accepté comme base de discussion. Mais il ne vaut que s’il est accepté et défendu sincèrement et non pas s'il est une manœuvre », comme le voudraient les amis de M. Louis Marin.

La victoire des droites rendrait impossible tout succès, même partiel, de la Conférence du désarmement.

Or il faut aboutir.

« La seule signature d’une convention qui marquerait une première étape, a dit un de nos alliés, M. Benès, serait déjà un succès politique de premier ordre, que suivrait certainement dhei quelques années, le calme une fois rétabli, un nouveau progrès plus important. »

Progrès nécessaire, car pour nous comme pour les autres pays, les charges financières ont atteint la limite tolérable.

Quoi qu'on ait pu dire, le budget de 1932 n'est pas en équilibre réel. Le gouvernement’ actuel laisse à ses successeurs, sous forme de bons à courte échéance, comme en 1924, une inflation en puissance. ïl faudra, pour l'éviter, rétablir un équilibre véritable.

Il faut limiter les dépenses publiques. *

Mais sur 100 francs, dans nos budgets, 36 francs servent à payer les dettes du passé, ÜO francs à préparer la guerre éventuelle, et 24 francs à radministration, à l'entretien du pays, et à cet « outillage national» dont on a dû, faute d'en avoir assuré l'assiette financière, abandonner le plan. C'est donc une plaisanterie démagogique que de prétendre qu'il suffira de réduire les traitements — et, du même coup, îe pouvoir d’achat — des fonctionnaires, pour assainir nos finances.

M. Piétri lui-même, ministre de M. Pierre Laval, a dit, le 29 mars 1931 et le 11 février dernier,

« Je ne puis laisser passer sans élever une vive protestation une proposition qui semble rendre les serviteurs responsables d'une situation budgétaire difficile... Ce n’ést pas de cette manière qu'on règle un budget en déficit. . . »

Ce n est pas non plus en contestant les droits acquis des anciens combattants.

La vëiité est qu il n'est d'économies sérieuses à réaliser que par un règlement des ettes extérieures — que nous ne payeront que dans la mesure où nous serons payés nousmemes dans un aménagement de la dette intérieure, dans une réduction, par décentrai)'- fa }0n ^^mi&trative, du nombre des fonctionnaires, et sur les dépenses qu'entraîne encore 0 souci d une sécurité à laquelle il faut chercher d'autres garanties.

La question se pose d’ailleurs de savoir si les sommes consacrées à la défense nationale son employées le plus judicieusement possible. (Ce ne sont pas les Chambres, ç*est

Major qui, avant 1914, ne voulait pas dVtillerîe lourde.) A l'organisation de cette défense nationale, des conceptions surannées ne président-elles pas, aujourd'hui encore?

L'effort demandé aux citoyens de ce pays est aggravé par le défaut de notre

Système fiscal.

Une double réforme s'impose ;

Une réforme de justice :

l\ est inadmissible que l 'impôt sur le revenu demeure réparti comme il 1 est et que, sous prétexte d’éviter l'inquisition fiscale, seuls soient soumis à cette inquisition les salaires, traitements et bénéfices commerciaux.

Une réforme de simplification :

Il y a lieu notamment de substituer une taxe unique à la taxe sur le chiffre d affaires — ceüe réédition de la « maltôte » — dont les incidences en cascade sont un facteur de vie chère, et dont la crise a souligné le caractère de pur expédient,

Nous voulons la justice devant l’impôt.

Mais nous répudions celte politique qui consiste à opposer les cultivateurs aux commerçants, et ceux-ci comme ceux-là aux fonctionnaires et salariés. Pas plus que nous ne prêchons la « lutte des classes », uous ne voulons dresser les uns contre les autres les éléments de cette « classe moyenne », fondée sur le respect de la propriété et de la liberté individuelle, et qui est P une des plus solides armatures de ce pays.

Ce serait à nos yeux une catastrophe si, comme en Allemagne, sous les coups de l'inflation, elle disparaissait.

C'est pourquoi l’épargne publique doit être protégée contre les pillages et contre les abus de la concentration capitaliste. Il faut établir le contrôle des grandes entreprises. Mieux vaut contrôler avant que « renflouer » après. , .

C’est pourquoi nous voulons protéger le petit et moyen commerce, en lui garantissant la propriété commerciale, c'est-à-dire ïa propriété du fonds créé et développé par le détaillant lui-même* Mais nous demanderons aux commerçants de lutter avec nous, dana l'intérêt commun, contre la vie chère, aggravée par un excès de droits de douane, taxes et prohibitions.

C’est pourquoi nous devons assurer le renouvellement de l'élite, et utiliser £ plein les ressources intellectuelles que notre pays contient en réserve. Aucune intelligence ne doit être entravée, fauie de moyens matériels, dans son développement. Pour le bien général, poursuivre la réalisation de l'école unique — que personne, nous l'espérons, ne Confond plus avec le monopole de l'enseignement — est une nécessité.

Au moment où sévit le chômage, il convient non pas de combattre la loi sur les

Assurances sociales .

Mais de regretter qu’elle n'ait pas été votée plus tôt, ce qui permettrait aujourdhui a u Passurance-chômage » de fonctionner sans grever le budget de lourdes charges, auque es ou ne saurait d’ailleurs se dérober.

Quant à la loi elle-même, il y a lieu d'en assouplir le fonctionnement et d en simpli er 1er mécanisme.

Je m’excuse de la longueur de cet exposé, où je ne saurais prétendre cependant avoir épuisé toutes les questions à l'ordre du jour.

J’estime que je devais aux électeurs du 14° arrondissement non pas des formules toutes faites, mais des explications.

Des formules? Il en est une, du moins, à laquelle nous restons fidèles : celle de

La République.

— laïque, c’est-à-dire à la fois indépendante, mais respectueuse de toutes les religions; démocratique j c est-à-dire assurant à chacun le plein développement de sa personnalité et le libre exercice de ses droits de citoyen ;

sociale, c est-à-cTre défendant contre les égoïsmes les intérêts de la masse et de la collectivité.

Nous affirmons notre confiance dans le régime républicain pour assurer Je dévnlopement et la grandeur de la France — de la France métropolitaine et de la France d’outre-mer, fraternellement unies pour une collaboration fructueuse — dans la paix et dans la liberté.

J n an PICT,

2e circonscription du 14* arrondissement.

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