‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 21 sur 260 · AUDE · texte numérisé non relu

AUDE

Circonscription de CARCASSONNE.

M* GOUT, radical-socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 10.553 voix.

Citoyens,

Dans le désarroi universel causé par la crise économique dont nous devons craindre et mesurer les redoutables ellets ; à l'heure où le système capitaliste dans sa conception actuelle, au moins, s’avère impuissant à assurer la vie des travailleurs par l’équilibre nécessaire de la production et de la consommation, dans une équitable et logique distribution des productions dont les prix de revient doivent être normalisés, et le maintien des salaires en concordance avec le coût de la vie; alors que le chômage, les faillites bancaires, s'accusent, dans la perturbation des cours des produits et denrées indispensables ; que les grandes nations du monde dans le désordre et l’inquiétude, ploient sous le fardeau des des dépenses militaires (100 milliards par an, dont 17 milliards pour la France...) et virent dans 1 incertitude des lendemains, sous la menace des nationalismes exaspérés rêvant de guerre civile ou étrangère; que le déficit reparaît dans nos budgets (7 milliards), et atteint notre balance commerciale dans la proportion de 15 milliards, que la dette publique s'accroît de 10 milliards, que l’inflation augmente de 25 milliards, que la trésorerie ne renlcrme plus que 1 milliards 1/2, que la misere et la guerre menacent le inonde d’un tragique anéantissement, il importe que dans un sursaut de probité politique les partis qui ont le souci de leur dignité prennent une attitude courageuse et nette.

Je dis que la solution de ces angoissants problèmes ne peut être obtenue que par la politique interventionniste, l’Etat arbitre et régulateur de l’économie générale, réglant les productions et les orientant vers des consommations plus larges et mieux équilibrées.

Contre le système économique libéral qui, violant ses propres lois, porte la responsabilité de ses abus et de ses fautes, il faut instituer des mesures de salut public par 1 économie dirigée, le contrôle de l’Etat s’exerçant par les élus du peuple, établie en accord avec ta confédération générale du travail et le conseil national économique, s’appuyant sur le syndicalisme et la coopération et déterminant les contingentements de la production sur les plans national d abord, international ensuite.

1 oui répondre à 1 interpénétration des intérêts nationaux économiques, sociaux et politiques, il faut qu une action concertée des Etats s’exerce souverainement dans le domaine international et encoure à la création des États-Unis d’Europe selon la formule du grand pacifiste Aristide Briand.

Et pour aboutir, une deuxième obligation s’impose, plus impérieuse encore : la Faix ! la Paix par la Société des Nations, l’arbritage général avec recours à la Cour de justice de i,a Haye et le rapprochement entre les peuples, total et sans arrière-pensée ; la Société des

Na tiens mieux imprégnée de l'esprit démocratique et populaire, dont les pouvoirs et l’autorité doivent être renforcés, bénéficiant de la part de souveraineté dont chaque Nation doit faire abandon en sa faveur, et préparant, par application de P article 19, les révisions nécessaires des traités internationaux ; la Paix par le désarmement progressif, simultané et contrôlé et la réduction immédiate, dans toute la mesure possible, des budgets militaires avec institution d’une force internationale de sanction et de coercition, mise à la disposition de la Société des Nations, pour assurer le respect de ses décisions el déterminer les sécurités indispensables.

Citoyens,

Telles sont les tâches positives et fécondes qui relèvent de notre action immédiate et dont nous demeurerons comptables devant le pays et la civilisation*

A nous de savoir et de vouloir î

Et pour leur accomplissement, il ne suffira pas de ÎTinion de toutes les forces de gauche, Il faudra encore faire appel à tous les républicains, à toutes les consciences honnêtes et généreuses, libérées des préjugés, asservies â l’idée de devoir et également résolues — demain il sera trop tard I — à assurer le triomphe de îa justice et de la raison pour Y apaisement et la réconciliation des hommes dans la démocratie universelle*

Vive la République démocratique et sociale !

Docteur Hen4iî GOUT

Maire* — Conseiller général*

Vice-Préflideut de la Commission de l’Hygiène de la Chambre* Député sortant*

Croîs rçle Guerre. Chevalier de la Légion d'honneur* Candidat du Congrès radical-socialiste*

Circonscription de CASTELNAUDARY.

M, MÏSTLER, radical-socialiste.

Élu au premier tour de scrutin. — 9.674 voix.

Citoyens,

Désigné par le congrès du 3 avril comme candidat du parti républicain radical et radical-socialiste dans la circonscription que je représente depuis quatre ans, je reviens aujourd’hui devant vous, fidèle à mes idées et à mon parti, conscient d’avoir rempli mes engagements et tenu mes promesses*

La situation actuelle est d’une gravité qui n’échappe à personne et, sans écouter les pessimistes professionnels et les semeurs de panique, le pays doit savoir que la Trésorerie n’a plus les milliards accumulés an temps de MM. Poincaré et Chéron et que le déficit du budget se chiiïre au minimum par /six milliards* Tel est le lourd bilan de la majorité sortante, telle est la situation qu’il importe de redresser au plus tôt par une politique de prudence et de sages économies* Il n’est pas admissible, tandis que nos commerçants et nos

agriculteurs manquent de crédit, que l’on ait gaspillé les milliards pour renflouer des entreprises privées en faillite, ou des centaines de millions pour aider certains pays étrangers, connus de tout temps comme de mauvais débiteurs* Les finances de l'Etat ne doivent plus être une cagnotte pour sauver les spéculateurs malchanceux, il est grand temps de réserver encouragements et faveurs à la partie saine de la nation, et de rappeler à ceux qui 1 oublient que le temps des fortunes édifiées en quelques semaines sur de louches combinaisons est passé*

Faisons l'inventaire de nos recettes et de nos dépenses, et proportionnons désormais les sommes dépensées aux possibilités réelles du pays* Le contribuable français est le plus imposé du monde* Àu Conseil général de l'Âudej les élus radicaux ont réalisé cette année l'équilibre du budget départemental non seulement sans augmenter l'impôt mais eîi diminuant même le nombre des centimes. U suffit de comparer cette gestion avec celle de certains Ëtals socialistes* de certains départements socialistes, de certaines municipalités socialistes, pour voir de quel côté sont la sagesse et l'économie, vertus traditionnelles des campagnes françaises, et conditions essentielles de la prospérité.

L’agriculture :

Laissant aux socialistes leurs théories d'ailleurs contradictoires de libre échange, nous estimons <|ii une saine protection douanière est indispensable dans la période de déséquilibre mondial que nous traversons. Pour le blé, l’élévation du droiL de douane à 80 francs et la limitation du pourcentage des farines exotiques ont permis de maintenir un cours rémunérateur : le blé vaut 170 francs le quintal chez nous, il est tombé à 35 francs en Hongrie, à 29 francs en Roumanie. Tout commentaire affaiblirait de tels chiffres.

Pour les autres céréales : avoines, seigle, orge, maïs, nous réclamons le contingentement, qui limite la quantité de chaque produit étranger admis à l’ importation. En effet, le droit de douane ne suffit plus depuis que les Etats étrangers pratiquent le dumping, ristourne accordée à leurs producteurs pour leur permettre de concurrencer les nôtres.

Pour le bétail, le contingentement existe depuis le 1“ octobre 1931, mais il n’est pas appliqué. En trois mois, au lieu de 30.000 porcs il en est entré 43.000, au lieu de 58.000 bovins, il en est entré 107.000. Nous réclamons l’application stricte du contingentement.

11 convient de signaler à propos de la crise agricole que le parti socialiste s’est abstenu sur la plupart des mesures de protection douanière, allant même souvent jusqu’à voter contre. Il est pourtant aisé de voir que dans uuc région comme la nôtre la prospérité de tous les citoyens dépend du cours rémunérateur des produits du sol, les intérêts des ouvriers agricoles, des artisans, des commerçants étant liés élroitement à ceux des agriculteurs.

Pour le vin, les cours ont pu être maintenus grâce aux lois sur la distillation obligatoire, sur le blocage et sur la limitation des plantations. Il convient de poursuivre notre action contre les abus du sucrage, contre les vins anormaux, contre la concurrence de l’Algérie et de l’étranger, d’intensifier notre propagande à l’extérieur, pour l’exportation de nos vins, des raisins et des jus de raisins scientifiquement maintenus à l’état de fraîcheur.

^ L agriculture doit enfin être aidée dans l'organisation corporative qu’elle a entreprise. Chaque fois que dans ma circonscription des producteurs se sont groupés pour une œuvre de coopération, ils savent avec quelle énergie je me suis fait leur soutien auprès des

pouvoirs publics. Le proverbe ancien d’après lequel l'union fait la force est vrai surtout en agriculture*

Lois sociales :

La Chambre qui va se séparer a réalisé d'utiles réformes sociales. Il suffît pour le prouver d énumérer la loi Loucheur sur les habitations à bon marché qui a déjà permis de construire 160.000 maisons, les lois du 15 août 1929 et du 30 avril t931 en faveur des

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victimes d'accidents du travail, la loi du 16 avril 1930 qui a multiplié par cinq les allocations aux femmes en couches, et par trois la prime d’allaitement, les lois augmentant les allocations aux familles nombreuses. Un chiffre résumera cette action, le Ministère de la Santé publique ncxisLait pas en 1928, et les crédits misérables de l’hygiène étaient éparpillés entre trois ou quatre ministères, aujourd’hui le budget de la Santé publique approche d’un milliard cinq cent millions. 1

La Chambre a voté enfin les assurances sociales. Celte loi de progrès et de justice se heurte à de grosses difficultés d’application, il conviendra de la simplifier, surtout en ce qui concerne l'assurance maladie. 11 ne saurait, en tout cas, être question de mettre le fonctionnement de la loi, comme la demandé le parti socialiste, entièrement à la charge du budget Ce serait une surchage de plus de 10 milliards, dont les habitants des campagnes paieraient Ja plus grosse part.

Enseignement :

Le parti radical-socialiste continuera 1 effort qu'il a poursuivi depuis si longtemps en faveur de l’école publique, par l’extension de la gratuité à l’enseignement secondaire et supérieur, cette gratuité comprenant aussi les frais d’internat, pour rétablir l’égalité entre la ville et la campagne. L’école unique signifie l’accession au savoir de tous ceux qui le méritent par leur intelligence et leur travail. Elle signifie aussi la collaboration entre le personnel enseignant et les familles, ceux qui la combattent veulent en réalité le maintien d’un privilège fondé sur l'injustice. Rappelons également que le parti radical n’a jamais nié le principe de la liberté de l’enseignement, tandis que les socialistes, malgré certaines alliances électorales tristement célèbres, sont partisans du monopole d’Etat et de la suppression de tout enseignement libre. Pour nous, exigeant qu’on respecte notre liberté nous respectons celle des antres. *

Politique étrangère :

Collaborateur d Aristide Briand depuis de longues années au Ministère des Affaires étrangères j’ai servi de mon mieux au Parlement, l’action pour le rapprochement des peuples et 1 organisation de la paix. Délégué de la France à Genève, en 1929, j’ai aidé à la préparation du grand projet d’Union européenne qui a éveillé tant d’espoirs évanouis aujourd hui. Quel que soit l’homme qui dirigera demain notre politique extérieure il devra perseverer dans la voie qu’Arislide Briand a tracée, et nous devrons le soutenir

La paix ne peut être assurée que selon la formule d’IIerriot : Arbitrage, Sécurité Desarmement. Sur le désarmement, nous ne pouvons accepter la thèse de M. Léon Blum proposant à la France de désarmer la première dans l’espoir que les autres nations suivront cet exemple. Comment croire à de si bonnes intentions lorsqu’on suit les campagnes haineuses de la presse italienne contre nous et qu’on voit en Allemagne tous les partis exiger la révision des traités? Les socialistes allemands ont réclamé le rattachement de Autriche a 1 Allemagne avec la même vigueur que les nationalistes et, le 8 mai 1931 nos socia istes unifies, seuls de toute la Chambre avec les communistes, ont refusé de condamner cet Anschluss qui signifierait une Allemagne accrue de 7 millions d’habitants et la menace d une guerre nouvelle. D’accord avec Paul-Boncour qui a fini, comme Viviani et Briand par quitter les socialistes, nous voulons que le désarmement soit simultané progressif contrôlé. Répudiant à la fois le nationalisme négatif et la mystique internationaliste’ soucieux de couvrir tous les intérêts nationaux, nous disons que nul „e peut prétendre au monopole de la paix, mais nous affirmons que nul ne la désire plus que nous et qu’aucun parti ne 1 a aussi bien servie que le nôtre, *

Tout le monde est d’accord pour penser qu’une majorité nouvelle sortira des urnes le 1 mai et 1 on prévoit que le parti radical-socialiste sera de beaucoup le plus nombreux

là

clans la Chambre prochaine. Si ces prévisions se réalisent, le parti radical prendra le pouvoir, courageusement, sans fuir les responsabilités. Ii fera appel à ceux qui veulent collaborer à, 3a réalisation de son programme et ne se mettra à la remorque de personne. Personnellement, je crois que la seule majorité stable sera fournie par une concentration républicaine où les éléments do droite et d'extrême gauche ne sauraient trouver place. Les socialistes unifiés cachent soigneusement en réunion publique certains articles de leur programme, mais on lit toujours sur la carte de leurs militantes que le parti S* F* I. 0* « n'est pas un parti de réformes mais un parti de lutte de classe et de révolution », un parti « d’opposition fondamentale et irréductible », un parti qui a pour but « de transformer la société capitaliste en une société collective ou communiste». L’antagonisme entre cette doctrine de violence et la doctrine du parti radical-socialiste fondée sur le progrès par les réformes et sur la collaboration des classes est évident. En outre, la gravité des circonstances est telle que, si le parti S F, I. O, exerçait son influence sur le gouvernement de demain, nous tomberions dans les mêmes calamités que 1T Allemagne, l'Autriche, l'Angleterre ont connues pour avoir tenté F expérience du socialisme d'Etat,

Notre opposition avec les droites est aussi vive. Sous le nom de républicains, nous Voyons chez les indépendants et dans le groupe Marin des hommes qui n'ont cessé de combattre les lois fondamentales de la République et de faire obstacle à la politique de paix. C’est leur intransigeance qui a frappé de stérilité la législature qui s'achève ; c'est à leur influence qu'il faut arracher les républicains du centre qui ont subi pendant quatre ans leur tyrannie.

Entre ces deux extrêmes, il me semble qu'il y a place pour une majorité de progrès et dé raison qui regroupera, sur la formule : « Ni réaction ni révolution » tous les vrais démocrates* Il est un mot qui suscita depuis 1789 bien des dévouements, bien des heroYsmes, et que Fou ne prononce presque plus aujourd'hui, c’est le mot de liberté. Il est temps de lui rendre sa force et sa vertu. La France, pays d'hommes libres, se dressera le 1er mai, à la fois contre la dictature de l’argent et contre la dictature du prolétariat.

Tous aux urnes le VT mai, pour k République radical-socialiste* régime de liberté et de justice, d'ordre et dé progrès social î

Je a* MI ST L ER

Conseiller général*

Ancien délégué de la France à la S. D, X*

G ir conscription de L.IMOUX,

M* BOUSGARBIÈS, radical-socialiste*

Elu au premier tour de scrutin, — 7,274 voix.

Chers Concitoyens,

Investi par le Congrès radical-socialiste de Limoux, je viens, au terme de cette large confrontation de principes et d'idées que constitue la lutte électorale, solliciter de votre confiance vos libres suffrages*

Trois principaux problèmes s’imposent à la vigilance du Pays : Crise économique, situation financière, organisation de la paix*

Sur le terrain économique, l’équilibre est rompu entre le niveau de la production et les possibilités de la consommation* Tous les efforts doivent tendre à rétablir entre ces facteurs un système plus harmonieux* La discipline d'ententes nécessaires doit aboutir à une répartition rationnelle entre les industries des débouchés du marché intérieur et de V exportation* Sans attenter au libre jeu de l'initiative individuelle, cette politique cfaccords doit comporter dans la conciliation de tous les intérêts en cause, la protection légitime du consommateur*

Une telle évolution ne saurait se développer pleinement sans cire soutenue par 1 atténuation progressive des charges fiscales qui écrasent à 1 heure actuelle la prospérité des entreprises, sans l'amélioration du fonctionnement du crédit dans des conditions de nature à imprimer à son emploi plus de souplesse et de rendement*

Cette réorganisation doit se conjuguer aussi avec 1 adoption des mesuses indispensables pour assurer à l'épargne la protection énergique qui trop souvent dans le passé lui a fait défaut*

Elle doit aussi être liée dans un but à la fois de justice sociale et de collaboration plus féconde, à l'amélioration continue du sort des travailleurs*

Les actions de travail, la participation aux bénéfices devront figurer dans ce programme d’action

Les assurances sociales constituent d'ores et déjà une conquête intangible de la démocratie ; leur principe ne saurait donc être remis en cause, mais il convient d'en simplifier l’application d'après les données de l’expérience, la situation particulière de 1 agriculture et avec le concours bienfaisant de la mutualité.

L'ampleur du chômage a montré l’insuffisance des palliatifs qui, jusqu'à ce jour, ont été employés pour en atténuer les effets douloureux*

La constitution des caisses de chômage doit être envisagée par les Pouvoirs publics et faire l’objet au Parlement de l'adoption de mesures d’ensemble destinées à leur assurer, avec la participation des collectivités publiques, les ressources indispensables*

La protection de nos industries doit aller de pair avec cet effort de prévoyance ; dans notre région, elle doit s'appliquer avec une vigilance particulière aux intérêts si importants de la chapellerie*

Parti du bon sens et de la mesure, du progrès incessant dans la légalité, le parti radical-socialiste s'apparente étroitement plus que tout autre aux aspirations profondes de Pâme des ruraux*

Une politique agricole ferme et vigilante répond à 1 un des intérêts essentiels du Pays* En continuité avec l'impulsion donnée lorsqu’il était au pouvoir par notre parti, la

question si capitale du blé est entrée dans la voie des solutions d'efficacité. Il convient de maintenir la protection dont les producteurs bénéficient et de compléter l’œuvre commencée par une politique d’abaissement du prix de revient, d'engrais à bon marché et de lutte contre la spéculation.

Pour les mêmes raisons, la défense viticole doit être poursuivie pour la sauvegarde d’une branche de production qui représente les moyens d’existence de milliers de travailleurs. Au fronton de l’œuvre déjà réalisée dans ce domaine, le parti radical-socialiste audois est fier de voir inscrits les noms de deux des siens : le citoyen Leon Castel et le président Maurice Sarraut. J’ai reçu leurs leçons. Je suivrai leur exemple.

L’élevage ainsi que l’industrie du bois, ressources principales do nos hauts cantons, doivent être au même degré protégés contre l’invasion des produits étrangers.

Une politique agricole exige un effort sans limite et sans arrêt. Noire parti dont faction s’est toujours exercée dans l’axe même des besoins de la vie rurale ne manquera pas de réaliser son programme d’amélioration des moyens de communication {voirie rurale et vicinale, service postal et de transports en commun), d’amélioration du confort et de l’hygiène (adduction d’eau et électrification), d’amélioration du soutien agricole (extension du crédit) et d émancipation sociale (artisanat rural, accession du travailleur à la petite propriété).

La situation financière est arrivée à un tournant périlleux* L'épuisement de la trésorerie, les déficits budgétaires accumulés, une fiscalité écrasante, rendent indispensable un énergique redressement.

Nous demeurons partisan d'un système de taxe à la base afin d'éviter la cascade des impôts qui grèvent et paralysent les échanges*

La prochaine législature va se trouver en face de la nécessité impérieuse d'une réduction des dépenses. Sa tâche ne sera possible qu’a condition de pouvoir s'exercer sur des charges improductives el d'aboutir notamment à un allégement du fardeau des armements.

L ampleur des remèdes applicables dépend donc de l'assainissement de la situation extérieure.

De même que sur le plan national entre nos industries, une politique de coopération économique s'impose entre les nations dans un sentiment de solidarité et d’entr'aide excluant les combinaisons d équilibre étroit et les coalitions dangereuses pour la paix.

C’est seulement dans une telle atmosphère que les peuples pourront enfin désarmer,

L arbitrage) l 'assistance mutuelle et le désarmement, demeurent à nos yeux les colonnes maîtresses de l'œuvre de paix.

Nous restons inébranlabïemenL fidèles à l’idéal qu'ont su si noblement servir Léon Bourgeois, Herriot et Aristide Briand.

ne chemin de la paix est ardu et. difficile ! nous entendons y persévérer inlassablement»

Nous voulons la justice internationale pour tous, mais il nous faut aussi intégralement la justice et la sécurité pour notre Pays.

G est pai 1 éducation et 1 instruction que 1 idéal pénétré dans la conscience humaine*

Le problème de l'enseignement conserve dans notre programme toute son importance»

Immuablement attachés au principe de la laïcité — dans le respect par conséquent de l'c ni 1ère liberté de toutes les croyances — nous continuerons la réforme commencée^ pour rendre accessibles a tous les degrés, et sans autre sélection que celle de l'aptitude et de l'intelligence, les établissements de l'Etat*

Notre pays, qui u a plus pour lui le nombre, a le devoir de s'imposer par le rayonnement de ses élites et leur qualité.

I armi ses valeurs morales, la génération de la Guerre est créancière envers lui d une dette sacrée : les droits des mutilés et des anciens combattants sont imprescriptibles. Je serai au Parlement* si vous me faites l'honneur de m’élire, l’interprète de lèurs légitimes revendications*

Originaire par ma famille du canton de Saint-Hilaire dont je suis devenu au Conseil général le représentant, élevé dans F ambiance des luîtes politiques auxquelles elle a parti-

cipé, militari! moi-même depuis de nombreuses années, je vous apporte avec 3a garantie d’une loyauté que déjà vous avez pu juger, toute la force ardente de mes conviction set de ma bonne volonté.

Partisan de tout progrès réalisable et d’une évolution hardie, je demeure obstinément opposé à toutes les formes du sectarisme et aux surenchères de la démagogie.

Mon activité publique, dans la sphère des questions départementales a, je crois, témoigné de mon souci de remplir mes fonctions électives en servant de mon mieux l’intérêt général et les intérêts particuliers de notre arrondissement.

Qu'il me soit permis de vous rappeler à cet égard la ténacité de mes interventions relatives au régime des tramways de l’Aude, mon opposition irréductible à une gestion qui s’était avérée si onéreuse pour les finances du département.

Qu'il me soit permis de revendiquer encore à l’actif des élus cantonaux de Limouxin dont je fus l’interprète, l’initiative de la constitution du fonds départemental de chômage que h approbation ministérielle vient enfin de mettre en état de fonctionner.

Mes chers Concitoyens,

C'est avec confiance que je soumets ma candidature à votre verdict.

Militant comme vous de l’idée républicaine, enfant comme vous de notre beau pays, je puise dans nos affinités et l’identité de nos aspirations V ambition de représenter en votre nom cet idéal de progrès, de justice, de solidarité sociale et d'universelle paix,

Jean .B Q US G A R R I È S

Avocat,

Conseiller général de L'Aude*

Candidat du Parti radical et radical-socialiate.

lre circonscription de NARBONNE,

M. BLUM, S, Ft h O,

Elu au premier tour de scrutin. — 0.226 voix.

Citoyens,

Après la Fédération du Parti socialiste qui me présente aux électeurs, je désire leur adresser un mot personnel.

J’ai été candidat pour la première fois eu 1919, touchant à ma quarante-huitième année.

J’étais, comme je Te suis encore à présent, étranger a toute ambition personnelle.

Ma vie était faîte. Elle se partageait entre le grand corps de FEtat auquel j’appartenais depuis vingt- cinq ans, et la littérature qui m apportait de flatteuses satisfactions.

Mais, au lendemain de la guerre, mes camarades socialistes, inspirés surtout par le souvenir et l’amitié qui me liait à Jaurès depuis ma jeunesse, m ont. poussé presque malgré moi, dans la vie militante, puis dans 3a vie parlementaire.

Depuis 1919, sauf un intervalle de quelques mois, j’appartiens au Parlement. Et je puis dire aujourd'hui, sans trop de présomption, que je ne pourrais pas retracer mon rôle personnel durant ces trois législatures sans en refaire à peu près complètement 1 histoire.

J’ai pris part à tous les grands débats, j'ai été mêlé à toutes les grandes crises.

Pourquoi ? Parce que durant ces douze années, j'ai êtéf jo puis le dire, l'homme de confiance de notre Parti*

Et cette confiance, elle est née avant tout de ma fidélité inaltérable au Parti, de mon effort passionne pour m'identifier avec sa pensée et avec sa volonté.

G'est cette confiance placée en moi par notre Parti qui* cette fois encore, donne à l'élection de Narbonne, une importance particulière*

C'est cette confiance qui explique la violence des attaques dirigées contre moi.

J'ai encouru, je le sais, des haines inexpiables.

Pour les réactionnaires de tout acabit, j’incarne la lutte menée contre eux, depuis douze ans, par le Parti socialiste.

A leurs yeux, je suis l'homme qui, dès le premier jour, s est levé contre la politique de Jlburs qui 1 a combattue pied à pied pendant deux ans, qui en a démontré obstinément, à la tribune et dans la presse, les chimères et les dangers, et dont la campagne infatigable a fini par conquérir peu à peu l’opinion* «Avocat de P Allemagne j>, criait toute la presse nationaliste. En réalité, comme les événements l'ont prouvé depuis lors, avocat de la paix.

Et je suis ausfi l'homme qui a mené une lutte sans merci contre la fiscalité du Bloc national et de 1 L nïon nationale. L effort principal de la réaction depuis douze ans tend à reporter les charges de la guerre sur la consommation ej, sur le travail* L’effort du Parti socialiste tend, au contraire, à les faire peser sur le capital constitué, sur la fortune acquise. Et, dans ce long conflit, qui n’est pas terminé, c*est moi qui me suis trouvé l’interprète et le mandataire habituel de noire Parti. C est moi qui, dans toutes les grandes discussions politiques et financières, ai opposé les conceptions socialistes à la politique des impôts indirects, de l'emprunt continu, de l'inflation.

Or, les mêmes débats vont remplir la prochaine législature.

De nouveau les questions financières, monétaires, fiscales, vont se placer au premier rang de 1 action parlementaire* Comment pourrait-il en être autrement, alors que le budget de 1933 que la Chambre devra examiner sitôt reunie, se présentera selon les estimations officielles des Rapporteurs généraux de la Chambre et du Sénat, avec nn départ initial de 8 milliards, alors que la trésorerie est vide, alors qu’à nouveau nos finances sont menacées par l’emprunt et le contribuable par l'impôt .

Et Je problème qui domine et inclut tous les autres, celui de la paix, continue à peser du meme poids sur la conscience des hommes. Il s’agit d’assurer la sécurité de la France par l'arbitrage obligatoire et le désarmement général* Le désarmement est la condition indispensable de la paix. La conférence qui siège à Genève suspend ses décisions et son sort final est suspendu au résultat des élections françaises, aux résolutions que prendra la Chambre nouvelle. La France consacrera cette année, dans le budget et hors budget, 19 milliards aux dépenses militaires. De la réduction de cette charge intolérable dépendent à la fois l'assainissement des finances françaises, la mise en train des réformes nécessaires, la pacification de l’Europe.

Enfin, il s agira de savoir si le peuple français, le peuple des producteurs et des travailleurs a compris la leçon de la crise universelle de surproduction et de chômage dont la crise viticole n est elle-même qu'un cas particulier. Les fonctions organiques de toute société humaine sont : produire, répartir les produits, distribuer le travail Incapable d’assurer l'harmonie entre ses fonctions vitales, la société capitaliste porte ainsi un témoignage capital contre elle-même. Le peuple français est-il résolu à s engager dans la voie de 1 organisation collective et de la coopération internationale, et à préparer ainsi la transition entre le régime actuel, régime de privilège et de désordre, et la société harmonieuse et juste que nous voulons instaurer?

l’els sont les problèmes t[ui se poseront devant la prochaine législature. Telle est l’œuvre qui s’imposera à elle. Quelle joie, quel triomphe pour la réaction si votre vote m'en écarLait !

Mais je crois que je puis l'attendre avec une entière confiance.

Depuis trois ans, depuis que je suis votre élu, mes adversaires n’ont cessé de répandre le bruit que je n’étais pour vous qu’un hôte de hasard et de passage, qu à la première occasion favorable j'abandonnerais la circonscription de Narbonne pour un domicile électoral plus voisin et plus commode.

Iis se trompaient, ou ils vous trompaient, puisque je suis aujourd'hui candidat à Narbonne, puisque je suis résolu à rester parmi vous aussi longtemps que vous continuerez votre affection. Ce n'est pas moi qui romprai jamais le lien de gratitude et cl amitié qui m'attache à vous.

Mais que prouve cette campagne de rumeurs méchantes? Elle prouve que vous désirez me conserver au milieu de vous. Elle prouve qu à nie savoir votre élu vous éprouvez quelque satisfaction, peut-être même quelque fierté.

Je puis le dire sans trop de présomption, j'ai jeté quelque éclat sur ces trois mots : « Député de Narbonne j>*

Et j ai conscience d'avoir rempli fidèlement, utilement, tous les devoirs particuliers que ce mandat comporte. Bien qu'accablé de lourdes responsabilités par la confiance de mon Parti, puisque je préside son groupe au Parlement, que je dirige son journal central, que je le représente dans toutes les grandes délibérations internationales, j’ai cependant appliqué un effort constant et, souvent efficace, aux intérêts de la circonscription et de la région tout entière.

On raillait, il y a trois ans, mon ignorance en matière viticole. L'ignorant que j étais a cependant contribué pour sa large part a résoudre des questions difficiles comme celle de la taxe sur le chiffre d'affaires des négociants en vins. Mon action a été déterminante dans le vote de la loi viticole. L'amendement qui a sauvé les vignes irriguées de la région narbonnaise porte ma signature et n'a été voté que grâce à moi. J ajouterai que c est 1 expérience acquise dans mon contact avec les viticulteurs de la région narbonnaise qui m'a inspiré le projet d'assurance nationale contre les risques agricoles que le Parti socialiste a inscrit dans sa plate-forme électorale et qu'il s'efforcera de faire triompher au Parlement dès Ja prochaine législature.

J'ai donc le sentiment d’avoir rempli mon double devoir, de n avoir manqué ni au mandat que je tenais de mon Parti, ni au mandat que je tenais de mes électeurs.

Si vous le voulez bien, je continuerai ce double effort pendant la prochaine législature.

Nous avons pleine confiance dans le succès.

L'accueil que mes amis et moi recevons dans toutes les communes de cette circonscription nous interdit d'en douter. Jamais, au cours de mes nombreuses tournées de propagande, je n'avais rencontré tant (de chaleur, tant de dévouement, tant d affection que parmi vous.

De cet accueil, je remercie du], fond du cœur tous les électeurs de cette circonscription*

Je tiens à leur répéter ce que j'ai dit mainte fois :

Qu'ils peuvent continuer à compter sur ma constante sollicitude vis-à-vis des questions locales travaux, routes, irrigation, développement des services publics de toute sorte ,

Que j'entends mettre au service de tous, adversaires ou amis de la veille, 1 expérience administrative que m ont permis dJ acquérir vingt-cinq ans de services au Conseil d Etat, et l'autorité que peuvent me valoir^douze ans d'une vie publique bien remplie \

. J’ent0nds employer mou effort pour assurer à tous le bienfait d’une administration

électoraux lmpa’’U:l 6' PIeineraent indépendante des clans politiques et des intérêts

Je prends ces engagements librement, n’attendant rien de personne, sachant que je tiendrai mon succès du rayonnement de la doctrine que je professe et de l’action magnifique de propagande accomplie dans ce département par le Parti auquel j’appartiens °

C est au nom de ce Part! que je vous adresse, Citoyens, ce dernier appel.

En avant pour la justice, pour le travail, pour la paix !

Vive la République sociale !

Léon BLUM Député sortant.

P laïc- forme électorale du Parti socialiste S. F. 1 . O.

I. Lutte contre la guerre. — Désarmement général. - Organisation de la paix.

IL - Lutte contre l’insécurité du travail. - Semaine de quarante heures. - Contrôle ouxriei . Assurance-chômage. - Assurance contre les risques agricoles,

îisations. ^ l>anarchie de Production. - Offices publics, - Nationa-

IV. - Lutte contre la spéculation capitaliste. - Organisation du crédit. - Protection cÎg 1 épargne, — Contrôle des banques.

et r Latie TtA l^mrance- - ESalilé des enfants devant l’instruction. - Laïcité <ït statut unique de 1 éducation nationale.

des femm7s.iUÜe Vini(tuilé Politi<lue- “ Représentation proportionnelle. - Suffrage

2e circonscription de NARBONNE.

M. CASTEL, radical-socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 6.396 voix.

Chers Concitoyens,

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