SOMME
lrS circonscription â ABBEVILLE.
S® CO AC HE, républicain de gauche.
Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.390 voix.
Mes c lieras Concitoyens,
La sympathie que vous m'avez témoignée, il y a quatre ans, me fait un devoir de me représenter à vos suffrages.
J adresse ou amical appel a la fidélité des 7.000 citoyens qui m'ont accordé leur confiance et je tends la msiin, en toute cordialité, à ceux qui nfiont préféré Y aimable député sortant.
La situation actuelle exige l'union- des républicains. Les rivalités de clans n'ont que trop paralysé l’union des Gouvernements au cours de la législature dernière.
Deux tâches urgentes et essentielles sollicitant la collaboration des hommes qui placent I intérêt du pays au-dessus des préférences de parti : le maintien de la paix et la protection de notre économie nationale éprouvée par la crise mondiale.
La paix j c est plus que le vœu, c'est la volonté formelle des anciens combattants, soucieux avant tout d épargner à leurs fils le martyre quilsont enduré, des mères anxieuses de 1 avenir, de la jeunesse qui saurait, s'il le fallait, braver la mort, mais qui tend tous ses rêves vers la vie.
Four éviter la guerre, les déclamations indignées ne suffisent pas. II faut organiser la paix* De la politique idéalement formulée par Briand, habilement concrétée par Tardieu à Genève, je suis et resterai le défenseur.
La sauvegarde de notre économie nationale est une nécessité vitale, La production industrielle et agricole pI<3R sous le poids d'un étatisme en progrès constants, qu'il faut à tout prix enrayer, Notve industrie et notre commerce ne sauraient supporter de charges nouvelles.
Notre agriculture ne peut survivre que par le maintien de la politique résolument protectionniste appliquée par M, Tardieu,
La preuve est faite que les ouvriers sont les premières1 victimes du marasme économique. Nous devons assurer aux chômeurs des allocations qui leur permettent de vivre, mais il est infiniment préférable de leur procurer du travail, en facilitant la reprise des a aires. G est pour eux une question de dignité en même temps que poûr toits une question u ihté'rêt.
Lès assurances sociales ont été l'application d'Une généreuse idée de solidarité' Mais un etatisme méticuleux et ruineux en a compromis le succès. Lue révision dans lé sens
mutualiste en vue de la simplification des formalités et de Y allègement des charges s'impose.
Le redressement économique du pays ne géra possible que si une large majorité républicaine donne au Gouvernement avec la stabilité indispensable la force de résister ans: entreprises des démagogues et aux exigences des extrémistes.
Notre peuple laborieux de cultivateurs, de commerçants* d'artisans* de marins, ne veut point* fen ai la conviction* voir se renouveler chez nous les ruineuses expériences socialistes dJ Angleterre, d’Autriche et d'Allemagne.
Résolu à travailler dans la paix et l’ordre, il défendra nos institutions qui reposent sur l'inviolabilité de la propriété, la laïcité, de l'Etat, la liberté de conscience, le respect des lois.
Je vous convie, mes chers Concitoyens, à manifester sur mon nom votre attachement à ces principes, votre désir d'union républicaine et de concorde française.
Vive la République !
Jean GO AG HE
Croix de guerre.
Licencié en droit.
Industriel,
Conseiller général de la Somme.
Candidat républicain de gauche.
2e circonscription d’ÀBBEVILLE.
M, DELABIE, radical-socialiste.
Messieurs les Electeurs,
Dans quelques jours* vous serez appelés à choisir votre mandataire au Parlement. Me présentant à vos suffrages, je me fais un devoir de vous exposer mes conceptions politiques* économiques et sociales, pour que vous puissiez fixer votre choix en toute clarté.
Mon PaoGBÂMME.
Gomme je vous l’ai exposé dans une précédente circulaire, je me réclame de la doctrine républicaine du Parti radical et radical-socialiste, parti d’ordre et de progrès, de laïcité et de paix.
Egalement éloigné des révolutionnaires de gauche et des réactionnaires de droite, je réprouve, avec la même énergie, la tyrannie d’un homme et la dictature d une classe. Contre la guerre civile, l'appel à la violence* je suis pour la paix sociale, dans le respect des lois de la République et le culte de l’humanité.
Adversaire d'une doctrine qui préconise la suppression de la propriété individuelle et la socialisation des moyens de production, je suis fermement attaché à une politique d’évolution méthodique qui poursuit dans l'ordre et le progrès le bien-être matériel et moral de la démocratie.
« , , ( , , No 2145
Respectueux de toutes les croyances, je considère comme infant! , , . ,
sauvegarde de la paix sociale et garantie de la liberté de eonscien, e % ^ ^ °1S la,Clues-
Ayant foi dans la sagesse du suffrage universel ïe mmUu • ,
tion de ce droiL sirihèrement conquis par nos ancêtres de 89 ”* °U ° tentatlve de mutila-
/laiirî l ordre économique.
Raccord avec mon parti, JC poursuivrai une politique de protection A„ . des consommateurs contre toutes les formes de la spéculation lu de I J pr0(lucteurs et NoLre pays, aux ressources si variées, au sol si fertile an ne I dC?apare,nenL
en ce moment toute une cascade de crises : industrielle en mm "!■ .u Illd“strleux. connaît et bancaire, * L crciale, agricole, budgétaire
Kst-ce à dire qu’il est atteint dans les œuvres vives de son activité 9
Non pas. Il souffre avant tout du désordre de h production A ' ’x guerre. pioduction, dernière rançon de la
Le développement sans méthode du machinisme les ev -a- a-
do façon abusive et arbitraire la production et Pn=P i omiques qui regentent
da““ T1* réf"“ d7l " »l >« P™™» -lors ÆS.r* rB“
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altemt par la réorganisation du Conseil national économique étrnif ^ 7 - Peul être
parlementaire, pourvu du droit d’initiative ffroun-ni t ^ ’ - emenl associe au travail
salions professionnelles, ainsi que ceux
moderne sera renseigné, documenté et libéré, ° “ A s 1 EtaL
En meme temps que ceLte œuvre Drimardi'd** An j (
m’appliquerai à faire voter un plan d outillage national non ec°nomicïu6' Je
nous voyons appliquer en ce moment, mais échelonné sur plusieurs InnéV^ ^ Outre que ce plan mettrait fin au chômage nar l’exéruHnn A j V
général - notamment pour notre région, la restauru^i de no 7 , 7"“
notre littoral contre les menaces de la mer - il urne -f P°rtS ^ “ P1*016011011 de débouché rémunérateur et sûr à ]’éna ■ P ocurera!t pour son financement, un
emplois décevants. **"*“*' auJourd ha> tentée trop souvent vers des
Questions financières.
char™s7Ce d7aine’ Je!UiS parÜSan d’Une PoIilV<= financière démocratique allégeant les
’“rTr 1 ■ ^',des proii“i8“r’ 01 d- - i.„d.r;L »
à l’argent qui tra™e P consommation ; davantage à la fortune acquise et moins
nationales es^uiie^ œuvre “ 77 7 miUiards> des finances
paralysé, toute prospérité^m possible"! ^ bolmes finances ^nl progrès est
d’impôts. Le contribuable ri''- 7! d|fflc“lles' Il ne faut P0lnt songer à des augmentations
supplémentaires oui m-o rn ° 7 ^ & ^ llscales. «e saurait consentir des sacrifices
g6lli , ' ^ P1 cloqueraient une aggravation de la crise actuelle.
pratiquer c;ueS0IX7oeSS10nS nous Pleureront le salut. Le tout sera de
1 aVec Prudenc^ U semble que, sans sacrifier des intérêts légitimes
et sans porter atteinte aux engagements pris, on pourrait trouver dans un meilleur amenagement des finances publiques et la réduction de certaines dépenses militaires qui n ajoutent rien k la défense nationale, les ressources indispensables a l’alimentation du budget, en attendant de procéder à une répartition plus judicieuse des charges fiscales.
Je poursuivrai, en outre :
(jne diminution de cerLains droits excessifs de mutation et de transmission ;
La répression impitoyable des fraudeurs de l’impôt ;
Uu contrôle rigoureux du Parlement sur l’emploi des fonds publics afin d'éviter le retour des gaspillages de ces derniers mois où nous avons vu nos excédents budgétaires volatilisés en « prodigalités » à des entreprises en difficultés.
Commerce et industrie.
Je suis pour la simplification du système fiscal, la réduction de cerLains impôts, notamment de celui sur les transports.
Je suis également partisan de la suppression de la taxe sur le chiffre d affaires dont le poids excessif paralyse la petite industrie et le petit commerce. Son remplacement 'par une taxe unique, frappant une seule fois le produit quel que soit le nombre des transactions dont il fait l’objet, présenterait des avantages incontestables pour les assujettis, tout en procurant les mêmes ressources à l1 Etat.
J’entends aussi assurer de façon effective :
— La protection de la propriété commerciale comme de toute propriété, en general ; La défense du petit et moyen {commerce contre la mainmise des grandes entre-
prises, etc.
Agriculture .
Nos populations rurales sont actnellement sous Impression d une baisse considérable de prix pour la plupart des produits agricoles alors que leurs frais d’exploitation ne diminuent pas dans la même proportion. Il y a là un déséquilibre préjudiciable à la culture.
En attendant. qu'une politique économique à large vue permelte de donner un nouvel essor à notre agriculture, notamment par la mise à sa disposition d’engrais à bon marche, des ententes douanières assurant des débouchés à ses produits tout eu évitant l'envahissement de son propre marché par des produits étrangers, j’estime qu’il faut aller au plus pressé et assurer la protection de nos produits par des droits de douane raisonnablcmen
établis et le contin^eatemen t des un porta tions-
En ce qui concerne les graves problèmes qui préoccupent le monde agricole, je tiens »
déclarer que je suis partisan :
— De la révision des baux ruraux ;
— De la stabilisation à un taux rémunérateur des cours du blé ; 1
— De l’emploi, de plus en plus étendu, des alcools industriels pour parer à la crise e
la surproduction du sucre ; ,.n h u
Du développement du crédit agricole permettant l’accession des travailleur.
propriété, meilleur moyen de lutter contre l’exode rural ; ^
— De l’extension des facilités accordées par la loi Loucheur aux travailleurs champs pourla construction eu l’acquisition d’une maison ;
D’un meyl'lenr aménagement de la loi sur les assurances sociales, avec a ap
pédale aux conditions du travail agricole ;
1363 “ No 2145
ru™* 0«™r™,iT!n“'' 4 19 ™l°“r 1 l"re ** <*«"— H ville., .ucien,
- De l’extension des réseaux d’adduction d’eau notahle ™ ,
communes dont la part contributive est aujourd’hui encore' tr0D “d® Ijlu,S Ur&e ™X
j m encore trop onereuse pour les usagers.
les agriculteurs d« trusts,’ détenteu™^™»^!*^ “en™,"1 *****“*“ qui afiranchlra
paysanne et étendra aux travailleurs des champs le ''
L'artisanat.
reven-
- Organisation du crédit artisanal et de l’Office de l’artisanat •
— Encouragement de l’ apprentissage artisanal ■
b“““ des l0“ !0Cial9s >’™- ■* — ««» ... b».* ,
lié forme administrative .
Des communes sont aujourd’hui tenues en tutelle narl’Ffat iin <* ...
«MhrivZS’ J-rSTr* “T'c”»' a0lue"'"e“‘ «■»» déP“»v k* devraient incomber
Questions sociales.
- &££&& &-M i « tàsàrr
Je m appliquerai à réaliser cette belle formule.
Lois sociales ;
femiSétëîÎ^ COmm04IeIpremîer d6V0Îr de rEtat de contribuer aux charges de la üle et d aider les parents dans leur tâche d’éducateurs.
à en„n°mmS:Inf *T !ouj°urs efforcé d« le faire, dans ma modeste sphère je continuerai
eui JTr 0Ut6S âS lnltlahves t0ndant à libérer les travailleurs des servitudes sociales
%££ £“'.?r 13 V*™™ fé} à s’affranchir de plus en plus des
existence, c est le principe meme de la démocratie.
La protection de l’épargne i
dan/diUtteral w- t0Ut6S meS ;°rees C0Iltre les ^uraeurs de l’épargne qui enWou lissent
«1 r ITZ ;“r "'■lh“”Sl-. S- travailleur f. p'eti^e, t e“ 1 “t i
ommerçant ont accumulé au cours d’une vie de labeur.
L’école unique :
oo ur qu’on ,d°nne J,llSql1 Lca assez de Preuves de mon attachement à l'école laïque
’ “ », doute p„ de moa dévouemeot ehaqae foi, qu'il .',6iru de perf.eti.nier
l’enseignement démocratique, notamment par le prolongement de la scolarité nettement orientée dans un sens professionnel et pratique et l’établissement de l’école unique qui permettra l’accès à l'enseignement secondaire et supérieur de tous ceux qui le méritent par leur intelligence et leurs efiorts, sans distinction de fortune.
Los maîtres qui assument l’admirable lâche de former les esprits de demain pourront, en toutes circonstances, compter sur ma sympathie la plus agissante.
Encouragement aux sports :
J’estime que le sport, distraction saine et attrayante, éducatrice d'énergie, d’esprit de solidarité, a droit aux encouragements officiels. Les sportifs savent qu ils peuvent compter sur mon appui le plus bienveillant pour obtenir satisfaction.
Les droits des anciens combattants çt victimes de la guerre ;
Ma sollicitude est acquise aux anciens combattants et victimes de la guerre pour la réparation intégrale qui leur est due.
Ceux qui ont sauvé la République, ceux qui, de leurs poitrines et de leur sang, ont conservé l’intégrité du sol national pourront me témoigner leur confiance avec la certitude que je saurai tenir mes promesses.
La paix.
Ayant personnellement connu les horreurs de la guerre, je suis décidé à travailler de
tonte mon âme pour en empêcher le retour*
J'aime trop profondément mon pays pour le laisser exposé, sans défense, aux convoitises de l'envahisseur ; mais la course aux armements, outre qu'elle est ruineuse pour l'Etat, est seule impuissante à sauvegarder la Paix.
Ce qui importe, à mes yeux, c'est le désarmement moral, prélude du rapprochement loyal des peuples*
La solidarité entre les Nations apparaît de jour en jour plus indispensable dans tous les domaines : économique, politique et social. Travaillons à l'établir sous l'égide de la Société des Nations,
M es chers Concitoyens,
Tel est mon programme.
A l’intérieur, il fonde ses espoirs sur une politique économique, novatrice, qui poursuit mie meilleure répartition des richesses, protège le consommateur contre les spéculateurs, le commerce et l’industrie contre les abus d’une fiscalité excessive.
Il s’inspire d’une législation sociale généreuse qui assure aux travailleurs toujours plus de Sécurité et de dignité et qui, à la lutte des classes, préfère opposer la suppression des classes *
Au point de vue extérieur, il est imprégné de la politique si généreuse d’Aristide Briand dont, avec Lous les sincères pacifistes, je vénère la mémoire. Comme lui, je suis convaincu qu’un rapprochement des Nations européennes, organisé dans l’ordre économique et politique, sous le contrôle de la Société des Nations, sera, avec le désarmement mora , condition de toute collaboration internationale féconde, l’une des plus solides garanties e
la Paix. , ■
Si je m’attache à défendre un tel programme, c’est que j’ai conscience quil peut con
huer à la prospérité de la Nation dans la paix sociale, la justice fiscale et la sécurité.
Pour sa réalisation, je convie à collaborer tous les républicains à 1 esprit laïque qu placent la Patrie au-dessus de toute discussion, qui sont fermement attaches à lï‘ Pr0PI'i® ® individuelle, qui répudient la lutte de classes, qui désirent, en un mot, assurer 1 evo u * pacifique de la démocratie vers un idéal de liberté, de solidarité et de justice sociale.
No 2145
Si vous êtes de ceux-là, vous le manifesterez sur mon nom le Fr mai. Vous pouvez avoir la certitude que je ferai tout mon possible pour justifier la confiance que vous aurez mise en moi.
Ceux qui me connaissent et qui, depuis dix ans, me renouvellent leur sympathie avec des majorités toujours accrues à chaque scrutin peuvent témoigner que j’ai toujours eu à honneur de tenir mes engagements.
Vive la deuxième circonscription d’Abbeville !
Vive la République, toujours plus juste et plus fraternelle 1
Maurice DELABIE Industriel,
Maire de Bouvaîncourt-sur-Bresle.
Conseiller d’arrondissement.
Ancien combattant. — ■ Médaille de Verdun*
Candidat unique du Parti républicain radical et radical-socialiste.
lrB circonscription d’ AMIENS-
JVL LECOINTE, républicain socialiste.
Mes chers Concitoyens,
Une fois de plus, mes amis politiques m’ont demandé de les représenter devant le suffrage universel,
La section amie noise du parti socialiste français et la fédération des groupes républicains ont estimé que j’étais qualifié pour défendre la République démocratique, sociale et laïque, dans la lre circonscription d’Amiens,
Je n’ai pas cru pouvoir me dérober à ce qui m'apparaît comme un devoir.
Vous me connaissez.
Depuis trente-deux ans, j’ai l'honneur d’être votre représentant dans diverses assemblées électives.
Ce long passé de vie politique et publique, qui vous a permis de méjuger, est à lui seul la meilleure des professions de foi*
Néanmoins, vu les graves circonstances que nous traversons, circonstances qui, pour n être encore qu’angoissantes, peuvent devenir tragiques, quelques déclarations et affirmations me semblent nécessaires et opportunes*
11 s’agit, en ce moment, du salut de la France et de la République, c est-à-dire de notre salut à tous, et ce salut ne peut être opéré que par un redressement immédiat et énergique de notre situation économique, financière et politique.
L’heure n’est plus, en eiTet, où les citoyens étaient riches et l’Etat pauvre. Aujourd’hui, l'Etat et les citoyens sont à la veille de se trouver dans la même détresse*
Si l'on veut donc que la situation présente ne s’aggrave encore et n’ait pour dénouement une véritable catastrophe, il importe, sans tarder, de mettre un frein aux dépenses qui se sont pas rigoureusement justifiées, de comprimer sévèrement les crédits budgétaires, d ordonner les dégrèvements unanimement attendus pour abaisser le coût de Ja vie.
Le relèvement national est à ce prix, Gomme sa réalisation ne saurait être le monopole d’un parti et sollicite les efforts de tous ceux qui aiment sincèrement leur pays, je suis
résolu à apporter ma contribution la plus entière et la plus dévouée à cette œuvre de resta ration économique et financière, en vue d’assurer aux travailleurs, aux classes moyennes et aux commerçants, plus de tranquillité, de bien-être et de justice. ’ 1
A cet effet, je suis pour l’organisation de la production, et, puisqu’il apparaît comme démontré que celle-ci est supérieure aux besoins, je pense qu’il faut s’attacher à intensifier les échanges, à renouveler et à modifier les accords commerciaux et à créer de nouvea débouchés, aux
J'aiderai de toutes mes forces au développement de l'artisanal et des organismes d habitations a bon marché, afin que le travailleur puisse devenir propriétaire de son métier , de sa maison, de son champ.
Dans îe meme ordre d’ idées, mes efforts tendront à compléter, à améliorer la loi des assurances sociales et notamment a y incorporer les secours de chômage*
Autant dé mesures entraînant un accroissement de bien être qui doit profiter à tous
Au point de vue colonial, je pense que le rapprochement et l’assimilation des indigènes s’imposent afin de leur donner les avantages et les droits accordés aux citoyens de la métropole et de les faire participer à tous les bienfaits de sa civilisation.
Dans l’ordre politique, je déclare être un fervent ami de la paix et un non moins fervent partisan de la Société des Nations et aspirer ardemment au désarmement des peuples par 1 arbitrage et les elïectives garanties de la sécurité.
Dans l’ordre ^social, je suis pour la défense de nos institutions républicaines contre toute dictature, fût-elle celle d’un seul homme ou de plusieurs.
Républicain socialiste, ami de l’école laïque, dévoué au bien public, acquis sans réserve au progrès incessant dans l’ordre et la liberté, je veux pour tous les enfants de France qui s en montrent dignes par leur travail, leurs aptitudes et leur intelligence, la possibilité d’accéder h tous les ordres d’enreignement. Je proclame, pour tous les citoyens d’un pays libre, le droit d’avoir des convictions politiques et religieuses qui leur plaisent : un véritable laïque ne peut se réclamer que de ce grand principe de la liberté de conscience qui inspire la seule et vraie formule républicaine et démocratique.
Mes chers Concitoyens,
Depuis sept ans que j'ai î honneur de présider à F administration municipale de notre cité, vous m’avez vu à l'œuvre.
Vous me rendrez sans doute cette justice que, dans tous mes actes, j’ai toujours considéré que 1 intérêt général doit faire taire toute préoccupation d’intérêt privé.
Les principes qui m’ont guidé dans mes fonctions de maire seront ceux qui m’inspireront seuls si vous me confiez l’honneur de vous représenter au Parlement, et me feront rester fidèle a ma conception de ce que doit être tout citoyen investi d’un mandat, c’csta-dirc un homme qui n’obéit qu’à sa conscience et non aux sollicitations impérieuses de collectivités dont la responsabilité est inexistante.
C’est là une vérité qu’il faut avoir le courage d’exprimer. A vous de répondre si je puis être cet homme et si mon indépendance vous en est une garantie suffisante.
Telles sont, mes chers concitoyens, mes vues et mes résolutions sur les grands problêmes de l'heure présente.
Quelle que soit votre décision, recevez l'assurance que dans l'avenir, comme dans le passé, je continuerai d'être invinciblement dévoué k vos intérêts et à la chose publique.
Vive la République démocratique et sociale 3
Lucien LEC0INTE
Conseiller général (Je la Somme.
Maire d'Amiens,
2* circonscription cT AMIENS.
M* LàLLEMàNT, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.731 voix.
Mes chers Concitoyens,
Désigné parla Fédération de la Somme du Parti républicain radical et radical-socialiste, comme candidat aux élections législatives prochaines, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages.
Je suis passé dans tous les villages de la deuxième circonscription d’Amiens, et j’ai pu, grâce à l'accueil que vous m’avez réservé, et dont je vous suis sincèrement reconnaissant, exposer mon programme et mes idées avec une franchise entière, soucieux de ne surprendre la bonne foi de personne, et désireux, au contraire, d’éclairer chacun sur mes intentions et mes directives, afin qu’il puisse voter en toute connaissance de cause.
Vous savez désormais qui je suis et combien je demeure attaché à une République qui s orientera toujours vers plus de justice et de liberté, persuadé qu’elle ne peut prospérer et trouver son équilibre que dans 1 ordre et le travail^ par une économie qui, supprimant les abus du privilège, et les inutiles dépenses, saura néanmoins concevoir et réaliserpes sacrifices indispensables à la reprise du travail.
Les difficultés à résoudre sont immenses, et infinies sont les responsabilités à assumer par le Parlement,
Il faut aujourd hui, pour accomplir la tache si rude qui s’offre à nos efforts, du|courage,, de ^opiniâtreté, du travail' et de Phonnêteté*
Le mandat législatif n est pas une sinécure, maïs l’obligation stricte d'accomplir un devoir sacré et sévère, assurer la défense de 1 intérêt collectif, dans une indépendance absolue de conscience et d’esprit.
Mon passé et ma dignité professionnelle vous garantissent de la sincérité de mes intentions et de mes actes.
J ai juré, au début de la campagne électorale, d’ignorer si j’avais des adversaires et de ne répondre aux critiques mensongères ou intéressées dont je pourrais être l’objet, que par 3a vérité des faits. J’ai tenu mon engagement.
Au surplus, je considère que h oeuvre à accomplir exige avant tout Papaîsement des passions, i oubli de soi et la solidarité dans l’effort ; et c’est ce but d’union que jejpn7effc3> cerai d atteindre, rien ne pouvant s’accomplir par la haine qui est stérile et vaine.
L est ainsi que je préconise une politique qui ne [fait appel qu’à l’énergie, à îa générosité et au bon sens des hommes de bonne volonté, dont le rapprochement est la condition première du progrès social et de la paix du monde.
Respectueux de la liberté des autres, j’entends conserver intégrales ma liberté et mon indépendance de pensée. Et si j’ai choisi d’appartenir au Parti républicain radical et radicalsocialiste, et d en devenir dans la Somme, le président fédéral, ce n’est que par la^certitude., qui m était permise, que j’y resterais maître de ma conscience, dans la seule'observauee de principes qui sont les miens : principes de justice, de liberté, de laïcité, dejpropriété et de progrès, base même de la République*
La justice et la liberté, je les veux pleines et entières, car j’entends maintenir in tan* gïbles les lois de la République.
j ^ es^ juste qu’une instruction égale soit donnée gratuitement a tous les enfants,
0rS(P ont ^es mérites égaux, quelle que soit la situation de leurs parents. Je suis donc partisan de l école unique, sans qu’il soit un instant question d’un monopole d’enseignement,
le principe républicain de liberté exigeant que les parents soient libres de faire instruire leurs entants dans rétablissement de leur choix.
— 11 est jusli que l'impôt soit adapté aux facultés de chacun, II faut réformer ceux qui aboutissent à des injustices et à l’ exonération des grosses fortunes et des grosses entreprises alors que le fabricant moyen, le commerçant moyen, le travailleur moyen, payeront le maximum,
™ La taxe sur le chiffre d'affaire paralyse le peiiL et le moyen commerçant dans leur initiative, l'obligeant à une comptabilité Lracassière à laquelle il n'était pas préparée; par son aménagement, elle permet au contraire, aux firmes puissantes de payer le minimum, La taxe unique constituerait un progrès économique et social incontestable, tout en assurant au fisc le rendement nécessaire.
— 11 est juste de défendre le petit et le moyen commerce contre la main- mise des grandes entreprises.
L’épargne publique doit être vigoureusement défendue et protégée, et les trusts et les cartels doivent être sévèrement contrôlés.
— II est juste que le travailleur manuel et que le travailleur intellectuel, qui ont principalement coopéré au progrès du machinisme ci ont donné leur pleine adhésion aux méthodes de rationalisation, ne soient pas exclus des bénéfices qu'on peut en tirer. II y a lieu de donner a l’ouvrier, îa part de travail à laquelle il a droit, dans une saine répartition des heures de travail et de maintenir son salaire à un niveau qui lui permette V économie et l1 amélioration de son sorL Le progrès scientifique, qui ne peut être enrayé, exige, en effet une politique de prévoyance et d’équité à l’égard du monde des travailleurs,
13 s’agit donc, h l’heure actuelle, de parer au chômage par des moyens appropriés et une large vision des nécessités de l'heure , chacun, en toute justice, ayant droit au travail à proximité de son loyer, et de ses habitudes légitimement acquises. Un meilleur aménagement de la loi sur les assurances sociales, avec une adaptation spéciale aux conditions du travail agricole, est indispensable.
La propriété, acquise par le long effort et la vertu des générations passées et présentes, doit être maintenue et encouragée. Elle est Instabilité même de l’Etat. U est seulement souhaitable de la rendre accessible h tous ceux qui travaillent et qui veulent économiser.
Pas de révolution. L1 évolution est la loi naturelle qui doit présider au progrès pour qu’il dure et s’étende.
— Les anciens combattants, les mutilés, les blessés, les malades, les prisonniers, tous ceux qui ont, en un mot, défendu le bien commun de la patrie, et ont été ainsi, les victimes du devoir accompli, doivent être protégés et doivent obtenir les justes compensations de leur sacrifice.
“T L est juste de constater que 1 agriculture est à la base de notre relèvement économique. j^a cause de la terre est, entre toutes., sacrée. Un enseignement agricole doit être mis à la disposition de la démocratie rurale.
Ce crédit agricole doit etre amélioré et développé et il est Indispensable de mettre sur pied tontes organisations de mutualité, de coopération et de défense agricoles.
Une politique d’engrais doit être instaurée.
Les chemins ruraux doivent être améliorés au même titre que les routes nationales et départementales et les liaisons entre la campagne et la ville doivent être facilitées.
Le problème de l’hygiène et de l'adduction des eaux doit être résolu.
L’agriculture doit être défendue, d’abord contre les dangers immédiats de la concurrence étrangère, par une protection douanière générale et opportune et des procédés de contingentement prudemment employés.
— Mais il appartient d’attaquer le mal à son origine et de retenir que l’agriculture ainsi que le commerce et l’industrie, on un mot, tout le monde du travail, souffrent d’une crise économique tragique.
Pour sauver la masse de tous ceux qui travaillent et dont l’action et l’initiative sont
dominées et paralysées par les manœuvres des grands groupements capitalistes, il faut soumettre ces derniers au contrôle de la collectivité.
Il faut imposer de meme un contrôle constant à une économie aujourd’hui anarchique et désemparée. II appartient d’étudier, sans délai, la création d’organismes indispensables, destinés à rétablir l’ordre dans l’économie et à exercer la surveillance nécessaire.
— Mais l'œuvre de reconstruction économique serait vouée h l’échec, si elle se poursuivait dans des cadres strictement nationaux.
Les naLions sont clientes les unes des autres, concurrentes les unes des autres.
La France doit travailler à la paix. Un désarmement unilatéral serait une folie criminelle. Un désarmement simultané, général ej proportionnel s’impose dans l’intérêt de la paix.
Au surplus, ce n est que dans les budgets de la guerre qu'on peut trouver Tardent indispensable à la réalisation d’un plan d’équipement national et d’un plan de grands travaux internationaux.
Le désarmement économique doit coïncider avec le désarmement matériel, car la division du travail entre les peuples et la réglementation des échanges s'imposent également de toute nécessité.
ÎSotre redressement financier dépend de notre politique extér^urç. Il pe saurait s’opérer, au surplus, au détriment des besoins vitaux dii pays.
Il faut d'abord, songer aux sjen§ i
Mes chers Concitoyens,
Vous le voyez, mes principes sont à la base de toute une œuvre de paix, à l’intérieur du pays, dominée par la paix à l'extérieur.
Vous m’avez entendu les développer. Vous avez eu le loisir, d’autre part, de vous renseigner sur la sincérité de mes sentiments et sur la moralité de mon existence privée et de ma vie professionnelle.
Je n'ai qu’un seul but : Travailler 3
Je n ai qu un désir , 1 indépendance et \e bonheur de mes concitoyens dans une juste compréhension des nécessités du moment, en même temps que dans h défense des droits légitimement acquis.
Homme de bonne volonté, je prends rengagement ferme d'exécuter le mandat qui me serait confié, de ne jamais faillir à ma tâche et de rester en contact étroit avec vous, si vous m'accordez vos suffrages.
Un mandataire doit, à toute époque opportune, rendre à son mandant, l'électeur, les comptes de sa gestion.
Le 1e mai, mes chers Concitoyens, vous manifesterez, en toute indépendance, votre volonté de def end re intégralement la République.
J ai confiance dans votre jugement et dans votre estime.
Vive la France !
Vive la République 1
Lotus LALLEMANT
Chevalier de la Légion d'honneur. — Croix de guerre.
Docteur en droit.
Avûcat-agréé an Tribunal de commerce d'Amiens.
Adjoint an maire d'Amiens.
Président de POEuvre des patronages laïques d'Amiens.
Président de la Fédération de la Somme du Parti républicain radie?) et radicai-&ad?li$te<
3fl circonscription dAMIENS.