‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 29 sur 260 · VIS · texte numérisé non relu

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pour épargner aux cultivateurs de voir fondre en quelques jours le produis de longs mois de travail.

Par î'aîde efficace de l’Etat aux associations agricoles* nous voulons que le paysan soit comme l’ouvrier protégé contre les risques qui peuvent l'accabler, qu’il puisse trouver dans la solidarité le moyen de moderniser sa culture et d’ouvrir à ses produits de nouveaux débouchés.

La fiscalité et le commerce :

Avec les commerçants et dans l'intérêt général autant que dans leur intérêt propre, nous voulons une réforme fiscale qui allège à la fois les charges du commerce et celles du consent maleur.

L’impôt sur le chiffre d'affaires, inique puisqu’il frappe également toutes les consommations quand îe commerçant peut le récupérer* plus inique encore* quand, dans les périodes de baisse, il reste à sa charge* doit être condamné, El pour commencer, sa transformation complète en taxe à la production ou à l’importation doit être réalisée,

La progression doit cLrc introduite dans l’impôt sur les bénéfices commerciaux, en traînant l'exonération a la base du gain minimum indispensable à la vie et la compensant par une légère surcharge sur les plus gros bénéfices.

Une réforme des impôts locaux doit entraîner une réduction des charges commerciales en allégeant la patente* faisant contribuer aux dépenses des départements et des communes les revenus qui n en prennent pas leur part ou qui n’en supportent qu’une simple fraction.

La restauration des finances publiques :

Trois années de crises, aggravées par fimpré voyance des Gouvernements de droite, ont ouvert dans le budget un déticit donL l’importance semble devoir atteindre de 8 à 10 milliards.

Cependant la majorité sortante n'a pas craint d'accorder sur les fonds du Trésor des avances onéreuses et parfois illégales aux grandes Sociétés en difficulté* Creusant davantage le gouffre largement ouvert.

Il faudra pratiquer une politique prévoyante d’économies. Il faudra réorganiser dans un esprit moderne bien des administrations publiques; il faudra s’efforcer de convertir la dette publique. Mais il ne fautpa^se dissimuler les difficultés d’une pareille Lâche et je me refuserai a aller dans cette voie au delà de ce que permet l'équité. Je n'accepterai pas de supprimer ou de réduire la retraite du combattant que j’ai toujours soutenue; je ne permettrai pas que Ion porte atteinte aux droits des vie Limes de la guerre et s'il est nécessaire de supprimer les poussons abusives* il ne faut pas que I on puisse trouver dans une révision générale un prétexte à léser les mutilés qui, blessés, malades ou gazés n’ont pas toujours pu se procurer dans les hôpitaux du Iront les pièces nécessaires. Je n'accepterai pas que Ton sacrifie les réformes sociales promises à la classe ouvrière* les améliorations agricoles dont 1 ajournement serait une catastrophe pour le pays, ni que Ton ajourne cette refonte de f enseignement qui doit ouvrir largement l’instruction publique à toutes les jeunes intelligences* sans distinction de fortune.

Le désarmement et la paix :

A a rai dire, pour équilibrer le budget, il faut alléger les charges de la défense nationale* deux fois plus lourdes qu avant guerre. On n’y parviendra qu'en restant fidèle à la politique de solidarité internationale qui, de ^évacuation de la Rhur au traité de Locarno et au pacte Briand -Kellogg condamnant la guerre, a contribué à assurer et à organiser la paix,

1 lus qu une armée renforcée dont la progression nous engage dans une rivalité onéreuse et dangereuse avec les nations Voisines, une politique de paix* la politique d’Edouard Herriofj de Paul-Boncour* d'Aristide Briand* la politique de l'internationale socialiste

garantit la sécurité et l'indépendance nationales, en même temps qu elle ouvre la voie à ces conventions internationales de désarmement réciproque aussi nécessaires à l'équilibre budgétaire qu'à l'organisation de la paix.

L'union contre la réaction :

Pour promouvoir cette politique démocratique, il faut tout d’abord barrer la route à la réaction. L’union de tous les républicains, leur collaboration la plus intime est nécessaire» Paysans, artisans, petits commerçants doivent s’associer dans l’action à tous les prolétaires pour assurer l'indépendance de l'Etat et la liberté du régime que guettent à la fois les ambitions royalistes ou fascistes, les influences cléricales et les puissances d'argent.

Pour défendre la République véritable, la laïcité de PElat et de l’école, pour l'orienter dans la voie de la paix et du progrès social, unissons toutes les bonnes volontés, La victoire est à ce prix.

Vive la République démocratique et sociale \

Paul RÀMADIER

Avocat à la Cour d’appel.

Maire de Decazevüle, — Conseiller général,

Candidat du parti sacïali&te S, P. LO.

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