M. MONNET, S. F. L
Kiu au premier tour de scrutin, — S. 973 voix.
Citoyens,
Pendant quatre ans, j’ai consacré tous mes efforts à me montrer un représentant digne de la confiance que vous m’aviez témoignée le 28 avril 1928,
^ Personne n’ose, du reste, même parmi mes adversaires, me faire aucun reproche personnel. Le Reueil Sois sonnais a publié, sur plus de trois colonnes, la longue liste de mes interventions à la tribune de la Chambre. Aucun de mes compétiteurs, aucun des journaux qui les soutiennent, n ont soulevé contre ces interventions le moindre grief. C'est parce que personne ne peut contester que je n’aie toujours eu pour objectif la défense des intérêts dont mes concitoyens m’avaient donné la charge.
J’ai tous mis en oeuvre également pour être à la disposition des communes, des associations, des particuliers à qui mon appui pouvait être utile. Sans distinguer entre mes amis ou adversaires, je me suis tenu à la portée de tous, et s, je n’ai pas réussi dans toutes mes démarchés, ce n aura pas été faute d’y avoir apporté tous mes soins
Aussi mes adversaires, impuissants à combattre le candidat socialiste, ressortent
pour les besoins de leur mauvaise cause tous les vieux oripeaux par lesquels ils veulent transformer le socialisme en épouvantail a électeurs.
Parce que nous dénonçons les -responsabilités du capitalisme national et international dans la crise qui fait aujourd'hui peser sur les ouvrb rs le chômage cL la baisse des salaires; qui provoque pour les producteurs elles commerçants l’arrêt des affaires et la mévente des produits ; qui dépouille les épargnants par la succession des faillites et des banqueroutes - — on reprend contre nous les vieux thèmes périmés du socialisme partageux, tourné contre la petite propriété et le petit commerce!
Farce que nous dénonçons l'influence qu'exercent les fabricants d'armes sur la politique des Etats, engagés à nouveau dans une course aux armements qui n'a d autre issue que la guerre, ou cherche à dresser contre nous l’opinion, en nous représentant comme les avocats de F Al lem a gn s î
Les électeurs soissonnaîs ne seront pas dupes !
Us connaissent les buts et les méthodes du Socialisme. Pendant la législature, jTaî parcouru toutes les communes a une ou plusieurs reprises, et c'est en connaissance de cause que, le 1er mai, 1 opinion publique se prononcera pour ou contre moi.
Les puissances financières nous préviennent qu'elles sont prêles à repn ndre contre les gouvernements de gauche qui sortiront de la consultation eiectoiaie toutes les manœuvres de panique et de sabotage qu’elles ont employées en 1924- tlfâfc contre les gouvernements du Cartel. Tardieu, Paul Reynaud cherchent à faire roter l'opinion publique sous la menace de la baisse du franc et de la fuite des capitaux à l’étranger.
Les classes laborieuses relèveront le défi.
Soyons unis pour lutter contre le chômage par l'intensification des travaux d’intérêt général (électrification, adduction d’eaut construction d'écoles, réfection des roules). Nous développerons ainsi le bien-être de tous, en même temps que nous arrêterons l'offensive engagée contre les salaires.
Soyons unis pour luLLer contre la spéculation qui fait monter ou baisser les prix des produits au détriment du producteur aussi bien que du consommateur et du commerce honnête.
Soyons unis pour lutter contre la féodalité financière qui a provoqué la crise, ruiné des milliers d'épargnants, mis au pillage le Trésor public et corrompu le personnel dirigeant de TEtaL
Soyons unis contre les menées militaristes des marchands de canons, dont les usines arment indifféremment, du reste, les Nations antagonistes de chaque côté de la frontière et pour qui la guerre est l'industrie la plus profitable.
Il faut arracher l'Etat à f autorité du grand capitalisme.
Le scrutin du 1er mai, c’est un choix entre la volonté du nombre et la puissance de l'argent.
Dans la bataille politique, mes concitoyens m'ont vu à 1 œuvre. Je leur demande de dire si j’ai bien rempli nron mandat et s’ils me jugent capable de continuer, pendant quatre nouvelles années, à combattre en leur nom dans l’arène parlementaire.
Je ne veux pas douter de leur verdict. LT, à l’avance, je leur dis : Merci !
Georges MONNET Député verrai t.
Conseiller généra], Maire de CoIJes-sur-Aisue,
Circonscription de VERVINS.
M* HA U ET, radical socialiste*
Elu au premier tour de scrutin- — 14 .069 voix.
Mes chers Concitoyens,
Désigné par ^unanimité des délégués au Congrès républicain tenu à Vervins le 7 février dernier , fier de la confiance que vous m'avez sans cesse témoignée depuis 1906, conscient d'avoir toujours tenu mes engagements envers vous et de m’être, en toutes circonstances, fait le défenseur de vos intérêts, je me présente pour la septième fois à vos libres suffrages.
En ces rîernièreâ années, la majorité de droite de la Chambre a soutenu des gouvernements dont Ja gestion toute d incohérence, de gaspillage, d'imprévoyance et d aveugle nationalisme nous laisse, avec un trésor publie presque à sec, un budget en déséquilibre et une situation internationale inquiétante, Je ne me suis jamais associé à cette politique néfaste qui nous a conduits à la gêne, au chômage, à une situation précaire, dont vous souffrez tous à 1 heure actuelle.
En présence des difficultés présentes, mon programme est, dans ses grandes lignes, celui de mon parti, parti populaire, laïque, national et social. J'apporterai mon loyal concours à tonies les réformes proposées dans l'Intérêt de la France, de la République et de îa démocratie. Voici celles qui retiennent particulièrement mon attention.
Pour redresser la situation financière, il ne peuL être question de rien demander de plus au contribuable, déjà trop lourdement chargé, les budgets à venir devront être honnêtement équilibrés, grâce è des compressions de dépenses et par une meilleure réglementation des services publics, par J aménagement, dans la limite de la sécurité, des budgets militaires.
Pour les agriculteurs, organisation de la vente, de 3a transformation et de la conservation des produits du sol, réglementa Lion des bourses de commerce, lutte contre la spéculation qui frappe à la fois les récolta ois et les consommateurs*
Organisation du crédit en gédëral, développement du crédit agricole, organisation du crédit à l'industrie et au commerce.
Abaissement des tarifs et des impôts en matière de transports.
Exonération des droits et taxes de succession en ligne directe qui pèsent sur le petit bien de famille artisanal et rural.
Adoption de toutes les mesures empêchant l'exode rural et la dépopulation des campagnes.
Augmentation de la subvention pour l'électrification des écarts et payements plus réguliers des subventions accordées.
Amélioration du budget des communes par la participation de l’Etat aux dépenses qu’il 1 eur impose.
U elèvement du taux des subventions pour les chemins ruraux en faveur des communes peu peuplées, mais étendues. Sinplification de la procédure et diminution des frais pour la reconnaissance des chemins ruraux.
Remaniement de notre système douanier comportant une utilisation opportune et modérée des contingentements.
Aboutissement du projet de loi voté récemment par la Chambre sur les calamités agricoles.
Pour les commerçants et industriels, remplacement du chiffre d’affaires par une taxe
unique à la production, abattement à la base relevé, abattement sur le salaire de la femme du petit commerçant.
Assiette des patentes limitées aux locaux industriels et commerciaux.
Amélioration de la loi du 30 juin 1926 garantissant au locataire commerçant une indemnité d’éviction correspondant au préjudice causé par le refus de renouvellement de bail.
Limitation à trois ans (au lieu de cinq) de la période pendant laquelle les agents du fisc peuvent présenter leurs réclamations pour erreurs ou omissions.
Extension du plan d'outillage national, dont lTexécuLion doit être assurée par un appel a l’épargne française trop souvent orientée vers des emplois décevants, et constitution d’une caisse autonome de travaux publics.
Défense de l’épargne par la réforme de la législation sur les sociétés et le contrôle des banques et monopoles de fait.
Pour les travailleurs, lutte contre le chômage, assistance par le travail, aide de l’Etat aux municipalités qui procurent du travail aux chômeurs, protection de la main-d'œuvre française.
Protection légale des artisans, vanniers et ouvriers à domicile.
Extension des mesures de solidarité sociale en faveur des vieux travailleurs de plus de 60 ans qui ne peuvent plus bénéficier de la loi sur les assurances sociales.
Maintien des droits acquis par les fonctionnaires en matière de reLraile, péréquation des retraites et réforme de 1J avancement, conformément aux vœux légitimés des associations de fonctionnaires.
Assimilation totale aux fonctionnaires des cheminots des grands réseaux et des réseaux secondaires, qui participent également à un grand service public.
Maintien des avantages accordes aux anciens combattants et aux victimes de la guerre, dette sacrée contractée par la France.
Allocation annuelle des sapeurs-pompiers ayant la médaille d’honneur. Augmentation de l'allocation accordée aux vieux sapeurs-pompiers.
Défense des institutions leïques et égalité des enfants devant 1 instruction, par 1 institution de l'école unique, et, en attendant, augmentation du nombre et de la quotité des bourses.
Meilleure utilisation de notre domaine colonial, qui doit fournir non seulement des matières premières, mais encore les débouchés que nous ferme la politique protectionniste mondiale.
En matière de politique extérieure, je m’associe entièrement au programme du regretté Aristide Briand : respect des accords internationaux, mais entente politique entre les peuples pour maintenir la paix et entente économique pour remédier à la crise économique mondiale.
Mes chers Goncitoyens,
Vous me connaissez tous, j’ai toujours vécu parmi vous et en contact permanent avec vous ; je veux, demain comme hier, rester avec vous en communion d idées.
Mon dévouement ne %rous fera jamais défaut, et toujours je répondrai « Présent » quand vous ferez nppel à moi.
Ce que j’ai fait depuis trente ans est le plus sûr garant de mon action future.
Je vous répéterai, comme en 1928, que j'ai le sentiment d’avoir pris voire défense en toutes circonstances. Comme en 1928 je ne doute pas que vous me continuerez cette confiance qui, depuis près de trente nas, ne m'a jamais fait défaut,
Albert HAUET
Député sortant, maire de Boué, Vice’ Prés ideat du Conseil général.
Candidat unique du parti républicain radical et radical-socialiste.