‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 43 sur 260 · J. -B.. LAUMOND · texte numérisé non relu

J. -B.. LAUMOND

Conseiller général, maire1 d’Aubazino.

Député sortant.

Membre de la CoGîmisviQn du travail*

Cand id a t r a die a i-sodali s te ,

%t circonscription de BRIVE,

M. J AUBER T ? radicaLsocialisle.

Mon programme ? Il est celui de mon parti et cela encore est une nouvelle garantie pour vous.

Agriculture :

Le protectionnisme est une nécessité pour l'agriculture. La méthode des contingentements doit être améliorée et complétée par une politique d'accords commerciaux compensatoires avec les pays étrangers, seule compatible avec l'intérêt de la France et l'organisation économique de l’Europe,

Suppression des droits successoraux en ligne directe sur les biens ruraux.

Autorisation donnée aux caisses de crédit agricole de recevoir des dépôts afin qu'elles deviennent de véritables banques agricoles sous le contrôle de l'Etat,

Politique des engrais comportant un contrôle de l'État sur les cartels et trusts qui rançonnent la culture.

Génie rural. — Toute maison, si « écartée » soit-elle, a droit à un chemin d’accès praticable, à l'eau potable et à l’énergie électrique. On ne doit reculer devant aucun sacrifice pour les lui donner.

Caisse des calamités agricoles, — Organisation par îa mutualité de l'assurance de tous les risques agricoles assurables et large dotation annuelle d'une caisse de secours contre les risques non assurables.

Commerce et artisanat :

Organisation du crédit et de l'assurance crédit commercial et artisanal.

Transformation rapide de la taxe sur le chiffre d’affaires en taxe à la production pour tous les produits.

Modification de la loi des patentes.

Enseignement :

Intangibilité de toutes les lois laïques. Défense de l’école laïque. Organisation rapide et complète de l école unique égale pour tous, c’est-à-dire gratuité des études pour les citadins et gratuité des études et de la pension pour les ruraux lorsqu’ils ont subi avec succès, les uns et les autres les épreuves de la sélection»

Loi des assurances sociales.

Elle est actuellement détournée de son but et faussée dans ses principes, l'Etat ne donne pas ce qu'il avait promis de donner*

Trop de paperasseries.

Pas assez de caisses mutuelles.

11 faut, par de profondes modifications, la simplifier et la rendre pratique et supportable à tous : employeurs et employés.

Réforme des finances départementales et communales :

El est urgent que cette réforme vienne en discussion devant la Chambre pour soulager les budgets locaux.

Victimes de la guerre :

Réalisation rapide du cahier des revendications présentées par le Comité d’entente des associations d'anciens combattants et victimes de la guerre de la Corrèze.

Mutilés du travail :

Adaptation de leur pension aux conditions de la vie et avantages réservés dans les lois sociales.

Politique financière ;

L'équilibre réel du budget de 1933 ne pourra être obtenu que par une compression sérieuse :

1° Des soldes des officiers supérieurs; des traitements civils trop élevés;

2° La suppression de tous emplois inutiles dans l'armée et les administrations;

3° Le contrôle réel et efficace des dépenses militaires et la réduction massive de ces dépenses.

Mais nous ne pourrons pratiquer ces réductions, tout en assurant la sécurité du pays, que si nous poursuivons :

La politique extérieure inaugurée par Herriot et Briand, à Londres, à Genève et à Locarno et qui est tout entière incluse dans ces trois termes solidaires :

Arbitrage obligatoire et internationalisation des moyens de la guerre moderne et des transports ;

Sécurité accrue par les pactes d'assistance mutuelle ;

Désarmement général simultané et contrôlé.

Cette politique peut seule nous conduire rapidement a une organisation rationnelle d une paix définitive entre les peuples.

Citoyens,

Si vous voulez plus de progrès social et moins d’injustice fiscale;

Si vous voulez réaliser dans le domaine économique la démocratie que nos pères ont établie dans l'ordre politique;

Si vous ne voulez plus que le fruit du travail de millions de producteurs puisse être sacrifié à l'égoïsme de quelques privilégiés;

Si vous voulez une République plus humaine et plus fraternelle- Si* enfin j vous voulez la paix, 1

Vous voterez le l« mai pour celui qui, ayamfun parti et un programme connu sert depuis quatre ans et ne peut ni vous tromper, ni vous trahir. ’ V°US

Vive la démocratie rurale l

Vive la République du travail et de la paix !

Alexis J AUBERT

Député sortant.

Maire et Conseiller général.

In gén î e u r-agron ome,

Membre de la Commission d’agriculture de la Chambre des Députés, \ i ce- Président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze. Candidat radical -socialiste.

î(c circonscription de TULLE.

M. de CHAMMARD, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. - 6.746 voix.

Mes chers Concitoyens,

représeTeMa CorSr ’T11'' °Ù le °°rPS éJectoral m'a désigné, en 1924, pour

citer de vos libres su (T * C?ambre des DâP*Aés, je viens, au terme- de la législature, solli- XubllZ 16 "“*vellemenidu mandat, que .je tiens de U confiant des

au c ou rs *d è r 1 li u ! f P ^ )S U a.CœUl’ de,me teniretl contact étroit avec mes mandants, j’ai acquis, légitima - etaussHW & *’ ““ C0MaissanC!ï Plüs empiète de leurs aspiraLs

de mettre demain 117 7' neCOmire 1“ Ornent - et j’ai l'ibition

des intérêts de la Corrèze et des fSaTla' 37" ^ melüeUr ^ m°n ““ “

prohiUre ’ ZlTcoZl6 P6Uple dS FrJ? d?U pr°UOû0er S- verdict sou verain, de graves SrriVl^6 inévitable d une guerre atroce, préoccupent toutes les

l’étude de tous ces 8 P? lt,i:Iue mteneure ou de politique extérieure. Pour

connaître solennôllPïTiAih ' onn^ son investiture, a pris position et a fait

,SUr d.n. ... Levé,

SOS réunions publiques et dans sa déclaration pour les élections de 1932

droites, rr7 d,Urant laqüeUe !S Go™em^ * été dominé par les

au temps de Waldeck Rn °U ldl"lb ® de reconsLituer ie bloc des. énergies républicaines qui,

Aux électeurs épris de justice et d’idéal,

récemment démettre lTtittelle UVei'ainete ^ SUfffa?e universel que la droite s’est efforcé

A ceux qui considèrent comme intangible la laïcité de l'Etat, « garantie de la liberté de conscience et condition de la paix religieuse »,

A ceux qui jugent indispensable d’assurer l'équilibre financier par des économies sévères dans tous les domaines,

A ceux qui pensent que l’Etat ne peut trouver que dans une plus active collaboration des organismes professionnels, agricoles et ouvriers, commerciaux et industriels, et dans la coopération internationale, le remède il la crise économique du temps présent,

A ceux qui ont le soucis de la sécurité du sol national et qui comprennent la nécessité impérieuse de la solidarité internationale,

A ceux qui veulenL un allégement des formidables dépenses de guerre inscrites dans les budgets de toutes les nations du monde, par le désarmement progressif et simultané, bous le contrôle d’une Société des Nations capable de faire respecter ses décisions.

Aux citoyens qui veulent aboutir à un règlement équitable du problème des dettes de guerre, j'adresse un pressant appel.

Politique financière :

Le budget de la France est largement en déficit. Sans des mesures sévères et rigoureuses, Je déficit de notre budget sera plus élevé eneoie dans les années qui suivront, et les moyen* de iorUrne utilisés pour parer aux difficultés de l'Heure ne feraient que précipiter une situation déjà grave. Faire un inventaire fidèle et exact de la situation, s’opposer énergiquement à toute politique d’impôts nouveaux, réduire les dépenses de l’Etat, et notamment les/iépenses militaires, opérer d'énergiques compressions dans tous les services, réaliser partout des économies, afin d'alléger si possible le fardeau écrasant des impôts qui accablent les consommateurs et les commerçants ainsi que les producteurs agricoles et industriels, et tout particulièrement la taxe sur le chiffre d'affaires qui pèse si lourdement sur le prix de la vie.

Telle sera demain I œuvre des républicains au pouvoir*

Nous avons aussi le devoir impérieux de protéger et d’encourager l'épargne sous toutes ses forme, et de défendre les épargnants par un contrôle des plus rigoureux des monopoles de fait, des organisations bancaires et des consortiums financiers., qui, trop souvent, dans un passé encore récent, ont pillé l'épargne française.

Politique économique :

, Une crise économique sans précédent pèse lourdement sué le monde, et le chômage n’a, hélas pas épargné la France. Toutes les branches de la production nationale ont été atteintes’ un ralentissement s’est produit dans les affaires, et nous souffrons d’un malaise qu’il faut à tout prix dissiper. Il faut que l'économie du pays s’adapte aux conditions nouvelles de la production, en organisant tout à la fois cette production et l’écoulement des marchandises dans une coopération européenne et mondiale. L’heure est venue de « régler par voie d’enentes de plus en plus larges les conditions de la production, de la circulation et de la distriu igù ces richesses ». Le contrôle de l'Etat devra s'exercer sévèrement afin d'empêcher les grands organismes de production de se dresser contre la nation et de rançonner les consom-

Politique agricole :

Avec mon parti, qui a toujours été au premier rang dans la défense des intérêts agri

c° es, j affirme la nécessité de défendre sans relâche l’agriculture nationale qui traverse un crise inquiétante*

Des remedes positifs doivent être apportés aux maux dont souffre la population de auipagnes, car la baisse de tous les produits du sol et de l’élevage n’est accompagnée d’au ne diminution des charges qui pèsent sur le monde rural.

Les municipalités et les agriculteurs de la circonscription de Tulle-Sud n'ignorent pa& les efforts que mes collègues eorréziens au Parlement et moi même avons fait, en plein accord, pour atténuer les effets de la crise, pour remédier au mauvais état des routes et des chemins, pour obtenir les subventions nécessaires au désenclavement des villages déshérités et aux travaux d’adduction d’eau, pour électrifier celles de nos communes qui ne l'étaient pas encore, pour dédommager les agriculteurs victimes des calamités atmosphériques.

Tous peuvent être assurés que je continuerai de poursuivre la réalisation de leurs désirs ;

Diminution du prix des engrais ;

Diminution des charges qui ne sont plus en rapport avec les prix de vente;

Equipement des sources d’énergie électrique des cours d’eau corréziens ;

Extension du crédit agricole ;

Accession des ouvriers a la propriété rurale;

Développement des œuvres susceptibles de rendre les campagnes plus attrayantes.

Etant convaincu que l’existence d’une classe agricole nombreuse et prospère est pour notre pays un facteur de grandeur et de richesse,

Pour cette tâche de défense agricole, je saurai m’inspirer, comme précédemment, des revendications qui trouvent leur expression dans les cahiers dressés par les associations agricoles corrézïennes et par la Chambre d’agriculture, avec lesquelles j’aurai toujours à cœur de collaborer étroitement.

Politique sociale :

Le personnel ouvrier et ies retraités delà Manufacture d’armes de Tulle m’ont joujou rs vu attentif aux questions touchant à l’amélioration de leur sort, ainsi qu’à la prospérité de noire établissement national, Est-il nécessaire que je leur donne l’assurance que mon concours entier leur sera acquis dans l’avenir comme il Fa été dans le passé?

Je me suis associé à toutes les initiatives capables d’améliorer les conditions du travail, de donner à l’ouvrier plus de bien-être dans le présent, plus de sécurité dans l’avenir (habitations à bon marché, organisation des chambres de métiers, lois d’assistance et d’hygiène).

Je poursuivrai avec îa même vigilance l’étude de toutes les questions qui se rapportent à la législation ouvrière et artisanale, à la lutte contre la vie chère, k l’amélioration delà loi sur les assurances sociales si juste dans son principe, mais encore imparfaite dans son application, où la mutualité a un rôle important a jouer.

Je continuerai à m’intéresser au mouvement syndicaliste, car je suis convaincu que 1 Etat, défenseur des intérêts du pays, doit trouver dans les associations et groupements professionnels et dans les syndicats une collaboration précieuse et des informations utiles pour la réorganisation et la bonne marche des services.

Instruction publique :

La neutralité de l’enseignement national étant assurée par la laïcité, le parti républicain s est toujours montré, à juste titre, favorable à l’extension de la gratuité de renseignement à tous les degrés, afin de réaliser ainsi 1 égalité de fous les enfants devant Fins traction. L amorce de celte réforme essentielle a été introduite dans les deux derniers budgets et j’ai pleinement approuvé cette mesure qu’il conviendra d’étendre.

Je suis, vous le savez, un des vôtres ; je me suis montré favorable à la réalisation des vœux que nos associations unanimes avaient émis, et j’ai voté notamment pour l’allocation du combattant et pour la transformation de celle-ci en retraite.

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I es victimes delà guerre trouveront en moi, an même titre que les anciens combattants, un défenseur ardent de leurs intérêts légitimes et c’est dans on esprit de franche camaraderie et de confiante collaboration que nous devons rechercher ensemble les moyens pratiques de faire disparaître les abus qui résultent d’une législation imparfaite.

Anciens combattants et mobilisés de l’avant, chacun de nous à la place qui lui avait été assignée, a, pendant la guerre, fait son devoir; maintenons nos liens de solidarité - rie per mettons pas que la division soit semée dans nos rangs et, par delà nos intérêts matériels si légitimes et importants qu’ils soient, et pour la défense desquels mon concours vous est déjà acquis, n oublions pas que des millions de nos frères sont tombés sur les champs de bataille et restons unis pour la mission qu’ils noua ont légués en mourant : mener à bien l'œuvre de pais a laquelle nous sommes tous passionnément attachés.

Citoyens,

Mieux; qu'avec une profession de foi, vous avez, pour me juger, les années que j’ai passées au 1 arlement, vous savez que vous pourrez toujours compter sur moi. Quant à moi je mets en vous toute ma confiance. 7

Vive. la République pacifique, démocratique et sociale !

, Jacques m CHAMMARD

Officier de la Légion d’honneur*

Crois de guerre (trois fois hlesaé).

Maire de Tulle.

Député sortant.

Candidat du parti radical et radical-socialiste*

2P circonscription de TULLI).

M. SPINASSE, S. F. L O*

Elu au deuxième tour de scrutin, r— 7.947 voix.

Citoyen,

danst £r, ÏT^gi8latUre CO"?ée S0- îe de la * prospérité » et qui s’achève dans le déficit budgetaire, aggravé par 1 épuisement de la trésorerie, dans une crise économique qui jolie a la misère des dizaines de millions d’hommes, et parmi les manifestations désordonnées de 1 inquiétude du monde, je vous demande de faire confiance au socialisme ont les prévisions se trouvent si douloureusement vérifiées et dont les solutions les plus elevees et les plus hardies semblent naître des faits eux-mêmes. 1

La situation financière.

^ ^ rédUil’e l0S char°es et Ies dépenses publiques, avait LL b , t\ a“urerI amortissement de la dette par un prélèvement sur le capital et 12 °Bl Par llne fiscalité frappant le revenu constitué, sans incidence sur les

Ou écarta ce projet pour demander à la fois l’amortissement et l'équilibre à l’impôt de consommation, à l’impôt sur le revenu en formation, à l’impôt qui s'incorpore dans les prix.

Cette poli ique devait, naturellement, lancer notre pays, de nouveau, dans le cycle de r inflation. Inflation des prix : les indices du coût de la vie se sont élevés de 554 en 1926, à 649 en 1931 ; inflation de la monnaie : le montant des billets de banque en circulation a passé de 50 milliards en juillet 1926 a 82 milliards en mars 1932; inflation des dépenses publiques : le budget, qui était de 42 milliards en 1928, atteint 54 milliards en 1932.

Et voici que le déficit, limité à 2 milliards 500 millions dans les exercices budgétaires 1930 et 1931, atteint 7 milliards en 1932 et dépassera 8 milliards en 1933.

C’est qu'on a gaspillé les excédents budgétaires en dégrèvements sans justice et sans efficacité ; gaspillé les réserves de trésoreries en avances imprudentes ou scandaleuses ; laissé nos impôts progressifs sur le revenu et les successions a la merci de la haude ; augmenté de six milliards, en quatre ans, les dépenses militaires.

Si Van veut, au cours de la prochaine législature, combler ce déficit sans accabler les producteurs d'impôts nouveaux insupportables., il faudra revenir aux impôts personnels et progressifs, en assurant d'abord le, plein rendement de ceux qui existent, par une lutte sans merci contre la fraude, revenir à une fiscalité démocratique susceptible d alléger et de servir în production.

Il faudra réaliser une réforme administrative profonde, remanier les services, supprimer les emplois parasitaires, en accord avec le syndicalisme et après consultation sérieuse des collectivités locales: conseils municipaux, conseils d’arrondissements et conseils généraux, chambres d'agriculture, de commerce et de métiers.

13 faudra en finir franchement avec les dépenses militaires, deux fois supérieures, de l'aveu même du Ministre d i Budget, à celles de l'année 1913, qui représente cependant le point culminant de la course aux armements avant 1 arrivée fatale de 1914,

La crise et ses remèdes.

Le Parti socialiste, analysant au cours de ces dernières années les efforts faits par le capitalisme pour s'adapter aux nécessites de la production moderne, appréciant à leur vaieur les tentatives faites dans certains pays pour réduire les prix tout en élevant les salaires et introduire un peu d'ordre dans l'anarchie de la production, avait mis la classe ouvrière et paysanne en garde contre les illusions d une « rationalisation qui se bornait au travail do l'atelier et à l'administration de l’usine, qui limitait arbitrairement le champ de la raison et ne pouvait s'étendre ni à l’ensemble de la production, ni à 1 épargne, puisqu elle restait fondée sur le profit personnel.

Dès 1928, parlant à la Chambre au nom de mon parti, j'avais signalé dans l'écono me allemande les premiers symptômes de la crise mondiale; je m'étais efforcé de montrer que l'inflation monétaire et de crédit, follement développée depuis la 'guerre, devait avoir pour effet d’ accroître, de la manière la plus déraisonnable, les moyens de production et de multiplier les dangers des investissements spéculatifs Joù tous les maîtres du socialisme ont vu l’origine de toutes les crises capitalistes.

La crise est venue, plus violente, plus profonde, plus longue que les précédentes. Et des peuples entiers sont condamnés à vivre et à souffrir dans le désordre politique^ économique et moral ; des producteurs brûlent leur blé, jettent à la mer leur café ou leur sucre ou ferment leurs usines, tandis que de pauvres gens souffrent de la faim et manquent des objets indispensables à la vie. Après avoir quelque temps épargné la France, la crise a atteint, dès le début de 1931, nos régions industrielles et voici qu’elle s’aggrave du fait que la sous-consommation ouvrière, entraînant une baisse des produits agricoles, nos cultivateurs ne reçoivent plus la rémunération à laquelle ils ont droit,

La tâche essentielle du Parlement que vous devez élire, sera de rendre à nos ouvriers leur travail et leur salaire ; à nos paysans, le juste prix d'un labeur ingrat.

Il n’y parviendra pas sans arracher au désordre et à la spéculation les prix de revient et les prix de vente des matières premières et. des denrées de première nécessité qui gouvernent l’économie nationale. La crise démontre, en effet, de façon éclatante, que les organes régulateurs des prix ne remplissent plus leurs fonctions et doivent être remplacés.

Nous proposerons que soit enfin discuté le projet de loi que la Commission des finances m’a chargé de rapporter sur l'organisation d’un Conseil national économique fondé sur la profession organisée dans chaque branche d’activité humaine.

Je voudrais que ce grand Conseil de la production française fût l’émanaLion d’une série de conseils spéciaux: conseils du charbon, du fer, des transports..., et aussi conseils du blé, de la viande, du bois, des engrais,.., constitués par les producteurs eux-mêmes et chargés, d’accord avec les consommateurs ou les usagers, sous l’arbitrage de la collectivité, d’administrer les offices, de fixer les prix et d’assurer, en exerçant le monopole de l’importation des produits étrangers, une juste péréquation entre les prix de revient des différentes régions françaises comme entre le prix moyen intérieur et celui des denrées importées.

, Certes, nous savons qu’un tel organisme n’apportera pas en régime capitaliste un ordre parfait et définitif; mais nous le croyons de nature à protéger efficacement le producteur, qui, dans 1 immense majorité des cas, est victime de la hausse comme de la baisse sans profiter jamais ni de l’une ni de l’autre, qui souvent pâtit à la fois comme producteur et comme consommateur lorsqu’il paye le pain ou la viande qu’il consomme à un taux beaucoup plus élevé que le blé ou l'animal quTi] a vendu.

Nous pensons ainsi favoriser le développement du syndicalisme ouvrier et paysan et, par là, introduire dans la production nationale la discipline dont le capitalisme lui-même reconnaît la nécessité, mais que nous n’entendons pas laisser s'établir par en haut de la manière la plus dangereuse et la plus oppressive, hors de tout contrôle de l’Etat.

L organisation des échanges internationaux.

socialiste reconnaît que le caractère de la vie moderne est l’interdépendance, et que tout effort d’organisation doit se poursuivre sur le plan international. Rien de ce qui est humain ne peut nous être étranger. L’Europe, qui a envahi le monde, finit par n’eu être plus qu’un petit morceau. L’écoulement de nos objets manufacturés est fonction des prix consentis aux producteurs brésiliens de café ou de sucre qui en sont les principaux acheteurs. La vente de nos vins et de notre bétail dépend de l’activité des textiles, comme a vente des lainages dépend do pouvoir d’achat paysan et, en fin de compte, du prix de la barrique. Le malheur des uns ne fait plus aujourd'hui le bonheur des autres.

Or, la politique d’isolement douanier pratiqué en France depuis quelques années, nous lient à l’écart de la vie internationale. Nos prix de revient ne sont plus comparables à ceux ® etranger, auquel nous sommes cependant obligés d’acheter chaque année pour la milliards de matières premières. Si la France persiste dans cette attitude que de grands sjndicats patronaux on sut imposer au Gouvernement, elle se trouvera bientôt en face de pro lèmes redoutables ; et il est à craindre que, concevant alors l'urgence d'un accord, elle ne se voit obligée, pour y être partie, à des concessions d’autant plus onéreuses qu’elles auront été plus aveuglément retardées.

Lest pourquoi nous entendons pratiquer une politique d’équilibre des échanges internationaux, propres à favoriser la création de larges unités économiques et réaliser ainsi progressivement — entre les peuples d’un même continent, d’abord — une division du travail où chacun d’eux limitera son activité à des tâches précises et particulières qui ne sa îsleront ses besoins que dans la mesure où elles répondront aux besoins de l’ensemble.

La paix et' le désarmement.

Le Parti socialiste sait que de telles ententes ne seront possibles que dans une atmosphère de conliance. lorsque les inquiétudes de guerro se seront dissipées, lorsque tous les peuples auront enfin le sentiment de pouvoir « vivre, dormir et travailler tranquille ».

Dès 1 926, nous avions demandé que la politique française dégageât rapidement toutes les conséquences du pacte que venaient designer à Locarno, Stresemann et Briand : la première, à nos yeux, devait être le désarmement, seule sanction de nature à donner force et vie.. aux actes d’arbitrage et aux engagements de non-agression. Déjà nous opposions à ceux qui fondaient la sécurité sur les armements en attendant de la faire reposer sur le droit notre formule « Sécurité par le désarmement et l’arbitrage ». que le monde entier, à i exception du nationalisme français, a fait sienne aujourd’hui.

La majorité gouvernementale n’a pas permis à Briand lui-même de poursuivre son effort. Toutes les tentatives faites à Genève au cours de ces dernières années pour faire sortir de la politique entrepris!}- en 1924 les réalités bienfaisantes qu’en attendaient les peuples, ont échoué ; comme échouera la conférence du désarmement actuellement ouverte si le Gouvernement français de demain ne substitue pas,. au projet que M1. Tardieu a déposé en vue d’ajouter une condition politique nouvelle à toutes les conditions politiques que la France a déjà mises au désarmement, un projet de réduction sensible, immédiate, générale et financièrement contrôlé des armements militaires.

En agissant ainsi, notre pays retrouvera le prestige et l’autorité morale qu’il a perdus ; il ne répondra pas seulement à la volonté de tous les anciens combattants de tous les pays qui veulent remplir la mission que d’auLres en mourant leur ont confié, il contribuera efficacement à réduire les charges qui écrasent l’économie mondiale, à atténuer les priva lions et les souffrances que la crise impose à tous les travailleurs du monde.

Citoyens,

Je vous demande egalement de faire. conliance à 1 homme qui représente parmi vous le socialisme et auquel vous avez si souvent témoigné une sympathie qui lui est chère et dont il garde l'intime fierté.

Tout jeune je suis entré dans la, vie publique et partout où vous m’avez placé je croisavoir bien servi les intérêts dont j’ai eu la charge.

Secrétaire de. la Commission des finances, où je suis entré en 1928, j'ai rapporté le budget de 1 Enseignement technique, prenant. l’initiative de. mesures propres à préparer la réalisation de l’éoqle unique, ,à> favoriser l’apprentissage industriel et agricole, à aider dans leur tâche difficile les artisans de nos petites v-illes et de nos campagnes. Chargé du rapport sur le projet si important pour lmvenir de notre pays, tendant à l’organisation du Conseil national économique, jlespère le faire adopter dans ses dispositions essentielles:

A la Chambre^ où mon parti m a confié l'élude des problèmes d’ordre économique, je suis intervenu, en son nom, au cours de discussions budgétaires ou d’interpellations et dans des conditions dont. la presse s’est fait l’écho près de vous.

Dans notre département, au Conseil général comme à la: présidence de trois' syndicats de communes, je crois avoir efficacement contribué au développement des chemins ruraux* des adductions d’eau, de lelectrification des campagnes,. des habitations à bon marché, ouvrières -ou paysannes, à toutes les entreprises susceptibles d’améliorer vos conditions de vie et de travail»

Sans doute mes adversaires, à défaut dïautre argument, me reprochent- ils de dépenser dinis mon canton et à la mairie d’Egletons,, une partie de. mon activité.

Serait-ce donc au détrimenL des autres communes de cet arrondissement î Nul n’oserait le prétendre, car4 je croîs pouvoir dire qu’il n’y a pas une seule commune, un seul de mes compatriotes qui se soient adressés à moi au cours de ces dernières années sans que j’aie

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fait pour eux, .non pas ce que j’aurais voulu, mais au moins tout ce qui était en mon pouvoir. Que faut-il donc retenir de celte unique critique dirigée contre moi î

Que j’ai peut-être trop travaillé au gïj de mes adversaires dans l’accomplissement des différents mandats qui m’ont été confiés.

Citoyen, c’est là un reproche que j’accepte, dont je sois fier, et que j espère mer.ter tant que je m’occuperai des affaires publiques.

Cm SPIN ASS E

Maire et conseiller général d:Egleton&.

Secrétaire de la Gonltniaaioa des finances de la Chambre. Membre du Comité centrai de la Ligue de renseignement * Député sortant.

Circonscription d’USSEL,

M- QUE CILLE, radieaLsoeialiste.

Élu au premier tour dû scrutin, — 7-477 voix.

Citoyens,

Au point de vue politique, je n'ai pas à développer devant vous un long programme* Vous connaissez le païti auquel j appartiens, vous avez lu les appels de notre grand chef, mon éminent ami Edouard Herriot. Nous ne sommes pas des sectaires, mais des laïques, respectueux de toutes les croyances religieuses.

Nous désirons que les enfants dignes de recevoir une instruction supérieure ne soient pas arrêtés dans leurs études, pour des raisons d argent, et nous estimons qui. la SociéLé doit ouvrir les classes et ses lycées et collèges à tous ceux qui sont susceptibles de bénéficier, utilement, de leur enseignement.

Notre législation sociale, nos lois d’assistance doivent être profondément retouchées et. complétées. Dans ce sens, j’ai présenté un projet de loi organisant l’instruction et l’assistance en faveur des enfants arriérés et anormaux, dont un grand nombre pourraient etre

récupérés par la société. t

L’adaptation, en fonction des leçons de l’expérience, la simplification aussi de la loi des

assurances sociales doivent être poursuivies.

Ai-je à dire que je continueraj à travailler au développement des institutions de crédit collectif (crédit agricole, crédit artisanal, crédit, immobilier, banque populaire, crédit au petit commerce). J’ai pris une part trop active b la préparation de certaines des lois qui les ont créées, je connais trop leurs effets heureux pour ne pas travailler encore à leur développement.

En fin de cette législation, nous avons été saisis d\m rapport relatif à la réforme des finances départementales et communales. Ce projet devra être modifié de façon à assurer de plus sérieux avantages aux collectivités locales et à permettre la modification de 1 impôt de la patente,

La* restauration de notre situation financière par rétablissement d un budget en équilibre et la reconstitution de ressources de trésorerie se présenteront immédiatement à I1 examen des nouveaux élus. Elles seraient plus faciles à résoudre par la réduction des

™lÏ7>le SV’°r?anisalion de h Paix assurée par l’arbitrage obiï f°rCe ‘T*** da ** respecter les

eoadui"/ lesntrflCette h ‘Confére”“ d“ désarmement devrait pouvoir

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aM u3 SrTté dC -la situalio11 financière, soulevée par les problèmes du désarmement

k crilnr CVOqUeS 3 (TàV6> ne peut VOlIer> aux des Français, les dangers de

Ja crise economique que subiL notre pays. °

Cette crise est une des conséquences lointaines de la guerre. Elle a pour cause une pioduction supérieure aux besoins présents du monde. P ‘ “ 6

La France a subi, dans ces derniers mois, des importations excessives qui ont précipité la baisse des cours sur ses marchés. 4 précipité

Elle voit le nombre des chômeurs augmenter sans cesse et l’inquiétude se propager

limiterTme ÎT i™!. .ep““ lon^temPs réda™, k Gouvernement s’est enfin décidé à imiter les entrées de produits sur notre sol. Toutefois, le contingentement des importations

ma applique -* et trop tardivement appliqué - n’a pas donné de bons 2u* I

=t donc de reserver plus fument l’approvisionnement delà France

Mais il nous faut aussi pouvoir maintenir des débouchés à l’étranger Même nour

i;.“"™"id°~d.PriP»r.r *. >™iu.

susccpupies, cl une part, de nous protéger à 1 intérieur pnni™ „„„ „ ,,

excessive et , j , ^ , . eneur conlie une concurrence étrangère

à ' u “rüludc dc ve"d™ “ p«" ««• vL

Les ententes économiques à réaliser dans ce but doivent d’abord intervenir entre les ons européennes et préparer l’organisation économique de notre vieux continent L Union européenne ne serait-elle point, en effet, pl surcroît, un JS

dans les limites des ressources du Trésor f ou ®,r en8aSer des dépenses seulement

emplois (avances de toutes natures aux pays étl^Z TïT à^ll'eS justement critiqués. 1 3 1 X banq«es) que nous avons

Citoyens,

«i »***& «* •«*«». Pri,

confiance. ’ P ' ombreux encore que dans le passé, vous me ferez

Anciens combattants,

ministérielle dPn Ministère Chautemps.reCOnnaUie Certam9 de V0S droits Par la déclaration

Mutilés et victimes de la guerre,

tll""1*’ CirC°“l“"“s « dePu*s '« l'Office national j'ai défendu

Henri QUEL! ILLE

Mutilés du travail,

qui voulez si justement recevoir les moyens de vous reclasser socialement.

Agriculteurs,

nui ne devez point oublier que le parti communiste a voté pour 1 interdiction d exporter des produits agricoles et contre l'élévation des tarifs douanier en votre faveur.

Commerçants,

qui êtes durement atteints par une crise dont la fin ne peut être espérée dans le désordre, révolutionnaire.

Ouvriers, cheminots et employés,

dont, en tontes circonstances, je me suis efforcé de servir les intérêts.

Vous m'avez, il y a dix-huit ans, confié la haute mission de vous représenter au Parlement. J'ai essayé de vous montrer ma reconnaissance en travaillant de mon mieux pour que la République soit meilleure et la Corrèze plus prospère.

De tout mon cœur, de toute ma foi corrézienne et républicaine, je voudrais, tort de

votre confiance, continuer cette tâche.

Député sortant*

Maire de Netivic. — Président du C -nsell général. Ancien Ministre.

Candidat radical -soti al îate.

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