‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 62 sur 260 · XXVII. — Chasse et pêche · texte numérisé non relu

XXVII. — Chasse et pêche

Liberté de la chasse et de la pêche sous la réserve des mesures nécessitées parla reproduction du gibier et la préservation des récoltes.

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Contre la crise.

La crise de chômage frappe plus de vingt millions de travailleurs dans le monde, c'està-dire soixante millions d'êtres, parmi lesquels des enfants qui porteront peut-être leur vie entière les stigmates de la misère que la crise capitaliste leur impose. Le régime nTa pu résoudre cette crise ; il a, malgré la puissance de ses moyens, démontré son impuissance,

11 tente, aujourd'hui de faire payer aux travailleurs, par îa réduction des salaires, les frais de la crise, ne veut pas comprendre qu’en restreignant les ressources des travailleurs, il diminue leur capacité d achat, au détriment de l'industrie, du commerce et de l'agriculture ; que donc la compression des salaires, après un soulagement momentané apporté

au capitalisme défaillant, ne peut que multiplier les misères et accroître la crise, à la ville et â !a campagne.

Contre la crise, le désordre de la production, la spéculation capitaliste, ié Parti socialiste propose les mesures immédiates suivantes :

Réduction de la durée du travail.

Puisque la production dépasse aujourd’hui les possibilités d’achat, il importe de réd uire la semaine de travail à quarante heures, sans diminuer les salaires, afin de mieux répartir le travail entre les hommes sans affaiblir leurs possibilités d’achat, d’instaurer le contrôle des travailleurs, si important en temps de crise.

Assura nce-cho mage.

Malgré l'offensive du grand capitalisme contre les assurances -chômage, la où elles existent, malgré son désir de trouver chez les chômeurs de Ja main -d'œuvre an rabais, la société n’a pas le droit de laisser souffrir des hommes qui veulent travailler sans être responsables de la crise. Nous réclamons Y assurance- edi ômage, sans contribution patronale ni ouvrière, par l’obligation de la caisse communale.

Les conservateurs prétendent que la crise anglaise a été aggravée par f assurancechômage. Est-elle moindre en Amérique, où une telle organisation n'existe pas ? Non : la crise provient de ce que la capacité d’achat ne correspond pas à celle de la production : le capitalisme fabrique des produits qu'il ne peut placer parce qu’on ne peut les lui acheter*

L’assurance contre les risques agricoles.

Cette notion de sécurité dans le travail, nous l'étendons aux masses de ia campagne. Nous, luttons pour 1 assurance-chômage et pour un système général d’assurance contre tous les risques agricoles, sans contribution des producteurs des champs. Ces deux réformes se complètent, assurent leur juste rémunération à tous les travailleurs, peuvent être réalisées, nous 1 avons démontré à la Chambre, par la reprise du monopole privé des assurances dont les profits se chiffrent par milliards chaque année et, prélevés sur ïa collectivité, devraient faire retour à celle-ci afin de permettre le financement, sans aucun impôt nouveau comme sans versement aucun des travailleurs, des assurances contre le chômage et contre les calamités agricoles.

Offices publics.

il importe d obtenir la fixité des cours de produits essentiels en même temps que d'assurer leur légitime rémunération aux travailleurs. D’où nos offices publics du blé, du via, des sucres, des engrais, etc.

L office du blé, par exemple, géré par les représentants des syndicats agricoles, des consommateurs et de l'Etat, fixerait dans chaque région le prix d'achat du blé en fonction du prix de revient variable suivant les régions, aurait le monopole des importations et ferait amsi bénéficier le consommateur des prix les plus bas, tout en assurant à chaque producteur son juste bénéfice. Les taxes douanières actuelles, au contraire, protègent essentiellement les grands « industriels de la terre de la Beauce ou de la Brie, qui vivent du travail de leurs ouvriers plus que du leur propre eL ont des prix de revient inférieurs de 10 0/0 aux cours actuels, alors que les petits exploitants de notre région joignent à-peine les deux bouts. Des solutions analogues s’imposent pour les engrais et le sucre. N’existent-elles pas déjà — ou presque — - pour le tabac?

Nationalisations.

Diverses industries essentielles qui permettent au grand capitalisme de prélever une dîme sur la collectivité, doivent faire retour à celle-ci et être gérées par des offices tri par-

Ü tes comme les précédents. Tel est le cas des mines, de Pétectricité, du pétrole, des transports, à propos desquels Jules Moch a rallié’ à notre thèse la majorité de la Commission des travaux publies* Partout où il y a monopole de fait de quelques-uns, les travailleurs doivent instituer le monopole de droit de tous.

Outillage national*

Le plan Tardieu, s'il avait été voté, aurait peut-être évité la crise, dit le Gouvernement* Rappelons que c'est Tardieu lui-même qui a renoncé à son vote en renvoyant le Parlement, que ce plan n'était qu’un « panneau réclame » destiné, par un jeu d écritures, à alléger le budget, mais que notre Parti avait, lui, déposé un vrai projet d’outillage, destiné à réveiller les énergies locales, à stimuler l’épargne locale, à réaliser de grands travaux nouveaux, tel l'aménagement trop longtemps différé du Rhône. Nous ne renonçons pas à ce plan, que nous entendons compléter par un programme de travaux internationaux internationalement financé*

Protection de l’épargne*

Des scandales récents, nationaux ou locaux, démontrent que le modeste épargnant des villes ou des campagnes est toujours victime des aigrefins de 3a banque et de la spéculation, que la gestion bancaire des entreprises industrielles en vue des profits -de bourse mène les industries à la faillite et les souscripteurs à la ruine.

Notre groupe a déposé, eu 1929, un projet de protection de l’épargne et de contrôle des banques, rédigé en son nom par Vincent AurioL, Ernest La font, Jules Moch et René Brunet, qui eût évité qu ’ O usin e , P Aéropostale, la Transatlantique, ]e banquier Blanc, P ancienne direction du Ver cor s et tant d'autres puissent piller l'épargne* Nous le reprendrons, proposerons un contrôle des banques, un plan d'investissement des ressources nationales en fonction des besoins et non des appétits.

Autres réformes réclamées par le Parti socialiste*

Interdiction de l'emploi des enfants avant 15 ans dans l’ industrie et le commerce ;

Congés payés des travailleurs ;

Révision de la loi de 1898 sur les accidents du travail et extension à toutes les maladies d'origines professionnelles ;

Participation ouvrière à rétablissement des règlements d’ateliers ;

Réorganisation de l'inspection du travail. Création de délégués ouvriers veillant à l'application des lois sur le travail;

Ratification des conventions internationales proposées par le B* L T. ;

Extension du droit syndical ;

Défense et extension de la loi sur les assurances sociales ;

Développement des œuvres en faveur de l’enfance et des familles nombreuses ;

Refonte des lois d'assistance ;

CréaLion d'un vaste service d’hygiène et large dotation du budget de l'hygiène. Lutte redoublée contre la tuberculose, la syphilis, le cancer ;

Politique plus active du logement, avec aide plus grande en faveur des familles nombreuses déshéritées;

Organisation du crédit à long terme et à taux réduit pour les petits commerçants; réforme de la patente ; remplacement progressif de la taxe sur le chilFre d’alfairesT par une taxe unique à la production ; exonération plus complète pour la femme du commerçant, travaillant avec son mari (intervention Jules Moch, à la Chambre ;

Protection des artisans conformément au programme de la Confédération générale de I ’ a rtî s an a t f r a nçai s ,

> Contre la guerre.

La politique étrangère a pesé sur toute la vie politique française. Nul n’a oublié les

trahisons qui entraînèrent l’échec de Briand à la Présidence de la République en 1931,1a

retraite imposée à l’Apôtre de la pais eu 1932, deux mois avant sa mort.

pour la paix et le désarmement, contre le désarmement et, par conséquent, conmc la paix, c’est ainsi que peuvent se classer les partis politiques.

La nécessité cia désarmement.

Le désarmement général, simultané et contrôlé, est une nécessité*

Nécessité morale, car le pacte de la Société des Nations et les traités de 1919 ont promis que le désarmement: des vaincus préluderait au désarmement de tous.

Nécessité politique, car des réductions massives apportées dans les systèmes et les dépenses militaires sont seules susceptibles de rendre aux peuples une confiance nécessaire les uns dans les autres.. Si on laisse se poursuivre la course aux armements, d autres b La s, plus industriels que nous, pourront construire dix. canons ou dix avions, tandis que nous en construirons un seul : des Etals plus peuplés ou dont la population augmente pins vite pourront opposer deux hommes à un des nôtres. La course aux armements, autour d h tu reprise, augmente à notre désavantage l'écart entre nous et certains de nos voisins, diminue

donc la sécurité, au lieu de l'accroître. . ,

Nécessité sociale, car les crises économiques, le chômage, le déséquilibre du budget, le déficit commercial imposent des dépenses nouvelles dans l’ordre économique et social et il

est impossible de recourir à un nouvel impôt*

Nécessité financière enfin, car 100 milliards de francs, dont plus de U pour notre pays, écrasent le monde enLier sous le poids des dépenses de mort. Chaque Français, homme, femme ou enfant, verse aujourd’hui 427 francs par an pour les dépenses militaires, conLre 87 francs pour les travaux publics et 10 pour 1 agriculture.

Le désarmement général, simultané et contrôlé.

'Sécurité par l'arbitrage et par le

Notre programme se résume donc en ces mots désarmement ».

Le désarmement doit être général, simultané et contrôlé. Les divers partis socialistes adhérant à l'Internationale et les organisations syndicales de tous pays, délibérant en commun, l’ont proclamé.

Désarmement général, parce que la réduction doit porter sur tous les éléments des armements : effectifs du temps de paix, durée du service actif ou dans la réserve, dépenses militaires, navires, forts, armes, etc. Les forces aériennes nationales, les munitions chimiques et bactériologiques doivent être supprimées dès la première étape. L’aviation commerciale doit être internationalisée, comme Jules Moch l’a réclamé à la Chambre.

Désarmement simultané, parce quo nous savons que l'humanité n’est pas assez civi isce encore pour que nous puissions désarmer seuls, alors que des Mussolini, des Ilorthy, des Pilsudslti régnent sur le monde, qu’Hitler, le général Boulanger de l’Allemagne reste encore menaçant. Mais c’est précisément parce que le monde est dangereux, rempli de i onces ma faisantes et suspectes, qu’il faut se hâter de retirer leurs armes aux fous. Plus on parle d’ armements secrets, plus il faut se haLer de signer des conventions de desarmement qui. seules, permettront d’interdire la fabrication privée des armes, de contrôler les armements, d’imposer à chaque nation des règles la contraignant à la bonne foi. Plus il y a de danger dans le monde, et plus il faut désarmer*

Désarmement contrôlé, par que nous n’avons pas confiance dans les états-majors nationaux pour faire connaître les forces de leur pays. Un double contrôle’ est necessaire

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contrôle intérieur que ia démocratie seule rend possible, et contrôle international, identi u> dans tous les pays ex- vainqueurs ou ex- vaincus, 'sous les auspices de la Société dès Natùi ayant libre accès dans les casernes, forts, magasins, usines, vérifiant les budgets, etc.'

Vers Je désarmement total,

WÔS premières mesures, que la France se doit de proposer à Genève, permettront seules de pousser l'œuvre de désarmement jusqu’à son terme, c'est-à-dire jusqu’à ce que toute préparation à la guerre ait cessé à la surface entière du globe, jusqu’à 'ce que les souverainetés nationales soient limitées par une souveraineté internationale, appuyée sur l’arbitraee généralisé et, éventuellement* sur les sanctions économiques, °

Le plébiscite pour la paix.

Des élections françaises dépend l’issue de la Conférence de Genève. Elle échouerait si la majorité prochaine, comme l'actuelle, s’appuyait sur le grand capitalisme, sur les marchands de canons, de béton, d’acier, unis par dessus les frontières pour pousser les peuples aux armements, et dont nous avons, à la Chambre, dénoncé la trahison matérialisée par les fournitures à l’étranger, après comme avant la guerre. Mais l’œuvre de Genève aboutira parce que le peuple français élira une majorité décidée à proposer le désarmement général' simultané et contrôlé. 11 chassera, avec mépris, ceux qui défendent les intérêts inavouables des muni tionnaires, comme ceux qui, ayant profité de la guerre, sont prêts à la faire faire à nouveau par d'autres. , .

Les anciens combattants, ceux qui ont souffert dans leur chair et dans leur âme durant a tragédie, veulent la paix, done-le désarmement. Us imposeront leur volonté, qui est celle de 1 immense majorité.

Autres mesures proposées par le Parti socialiste.

Suppression de la diplomatie secrète ;

Abandon des alliances particulières ;

Réduction immédiate du temps de service à six mois dans le cadre d’une organisation es milices, aussi solide défensivement que l’armée mixte de métier et de conscription actuelle, en attendant le désarmement total.

Abandon do toute expédition coloniale. Notre parti ne réclame pas l'évacuation p iir ® «les oolomea. U paix n’y gagnerait rien, au contraire, Mais il exige, comme 1’

maintes lois dit Manus Moutet, que notre politique coloniale soit adaptée à la diversité de ypes i c colonies et tende, suivant les races et les civilisations, vers l’assimilation complète 1 institution de mandats sous le contrôle de la S. D. N., ou ia constitution d’Etats indigène se suffisant à eux mêmes,

püon de* mes ui es figurant au programme des associations d'anciens combattant en faveur des victimes de la guerre.

Contre l'ignorance.

Pour faiie des producteurs, il faut taire des ciLoyens. Pour faire des citoyens, il faut aire es hommes libres. Pour faire des hommes libres, il faut donner aux enfants une éducation susceptible de libérer complètement leur esprit. Le socialisme, pour instaurer l’ordre e a justice, a besoin d’hommes instruits, conscients de leurs devoirs, de leurs respon-

L'école unique.

L universalité de l’instruction ne peut être obtenue que par une réforme d’ensemble à uqueile on a donne le nom d’Ecole unique. Nous entendons par là l’abolition du privilège

de classe qui réserve les connaissances — et parlant les postes de direction aux enfants de familles fortunées. Aux dérisoires bourses actuelles, nous opposons la gratuité complète de l'instruction à tous les degrés et la sélection d apres la seule intelligence. Il faut meme que les enfants des familles sans ressources reçoivent, à partir de 13 ans, un salaire, comme s’ils débutaient à l'atelier ou aux champs, afin que nul père de famille ne puisse échapper à ce devoir social — le plus impérieux de tous — qui consiste à donner à ses enfants le maximum d’instruction compatible avec leur intelligence. Une telle réforme coûtera cher, certes. Raison de plus pour récupérer des milliards sur le budget de la guerre.

La nationalisation de renseignement,

La gestion du service public d'éducation doit cire confiée à un organisme tripartite, composé des représentants de l’Etat, des techniciens, des usagers (parents et grandes associations).

Cette nationalisation ne doit pas être confondue avec le monopole d’Etat, qui présente des dangers certains en régime capitaliste. Mais elle se traduit par une laïcisation complète, donc par une neutralité absolue, de tous les établissements,

A ce sujet, le Parti socialiste tient à proclamer une fois de plu= qu’il n’a pas à intervenir dans les questions de croyances. Mais il est obligé de mesurer la puissance que tous les cléricalismes mettent au service du capitalisme. C’est pourquoi le problème de la laïcilé de l’école, comme de l’Etal, est, en France, étroitement lié au problème social.

Mesures transitoires,

À litre transitoire, Je Parti socialiste réclame :

La coordination des trois degrés successifs (plan d’études, recrutement des élèves, formation du personnel) ;

La prolongation de la scolarité jusqu à 15 ans (création de cours complementaires cantonaux visant à une culture générale) ;

Le développement parallèle des études classiques, scientifiques el techniques ;

Le respect absolu de l’obligation et de ïa fréquentation scolaires (cantines, caisses des écoles) ;

L* organisation des loisirs de la jeunesse ;

L’introduction de méthodes nouvelles ; langue internationale, échanges d enfants, cooperatives scolaires, etc. ;

Le développement de renseignement post-scolaire varié, soupJe et obligatoire ;

L’abrogation de la loi Falloux ;

L’équivalence des diplômes pour les maîtres de 1 enseignement libre et ceux de 1 enseignement public,

Lutte contre Fin justice.

Le Parti socialiste réclame en matière politique :

La représentation proportionnelle juste et loyale, sans prime ni panachage;

Le vote des femmes ;

Référendum populaire ;

La suppression du Sénat et, en attendant, la limitation cle ses pouvoirs ;

L’extension des attributions du Conseil national économique ;

L’abrogation des lois scélérates;

L’amnistie générale politique ;

La suppression des conseils de guerre.

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