GIRONDE
Circonscription de BAZAS,
M, LAFAYE, S. F, LO.
Elu au premier tour de scrutin, — 6.9G5 voix
Mes chers Concitoyens,
Arrivé au terme de mon mandat, je viens vous en demander le renouvellement, désigné à ^unanimité par mon parti.
Je pourrais, selon la formule consacrée, vous dire : mon action passée est le sûr garant de mon activité dans l’avenir, mais je crois utile de préciser le programme du Parti socialiste auquel j’appartiens depuis trente années.
Dans l'ordre moral, le Parti socialiste, partisan de l’école laïque et unique, réclame l’égalité devant l'instruction, dans la sélection des élites, la fortune ne doit pas jouer le principal rôle, seule l'intelligence doit compter-
Nous voulons que soit accomplie, en accord avec les organisations syndicales, une réforme des Administrations publiques permettant., et la compression des dépenses, et 1 utilisation rationnelle des compétences.
Nous réclamons la refonte des lois d’assistance, afin qu'elles deviennent de véritables lois de solidarité et permettent ainsi une aide efficace aux déshérités de la vie : aveugles, sourds-muets, infirmes de toute nature.
Des allocations suffisantes doivent être accordées aux familles nombreuses, à la natalité, à l'allaitement, pour l'allocation militaire, pour l’assistance aux femmes en couches, pour les bénéficiaires des retraites ouvrières et paysannes, pour les vieillards et incurables, etc.
Nous demandons également la réorganisation complète du service des enfants assistes sur des bases plus humaines, en même temps que devront se développer les œuvres en faveur de l'enfance.
En un mot, nous demandons la création d'un vaste service d'hygiène en vue d assurer la surveillance et la protection de la santé publique, d’atténuer les souffrances, garantir de l'injustice sociale et de sauvegarder la vie humaine.
Comme dans le passé, je m'engage à poursuivre la lutte contre le pillage de 1 épargne publique par des mesures de protection, par Y organisation du crédit et par le contrôle indispensable des banques.
Au point de vue économique, je m'emploierai en faveur des solutions qui permettront de se diriger vers une organisation de la production et de la consomma bon, mettant un terme au désordre actuel.
Il faut résolument entrer dans la voie de la nation industrialisée et opposer à 1 anar-
chique féodalité du capitalisme la puissance ordonnée de la démocratie rurale et des travail leurs,
Dons la situation actuelle nous réclamons un plan d’outillage qui, tenant compte des besoins des collectivités communales et départementales, apportera au commerce et à l’industrie, et surtout à l’agriculture, un essor nouveau susceptible de créer le travail, source de richesse et de prospérité.
Sur les questions militaires, sans rien abandonner du principe de la défense nationale je me prononce pour la réduction du service militaire, la suppression des conseils de guerre et des cours martiales.
Anciens combattants, j’ai toujours défendu au Parlement — mes votes en sont lémoin — les intérêts de mes camarades anciens combattants, et si justice n’est pas accordée, à ceux dont je suis et qui, selon l’expression d’un homme d’Etat aujourd’hui disparu, ont des droits sur nous, c’est parce que la majorité actuelle s’est trop souvent refusée à écouter les suggestions des associations. d’anciens combattants.
On peut donc compter sur mon concours le plus absolu, je ne saurais oublier, en effet, que je suis membre fondateur d’une Union départementale d’anciens combattants, à laquelle adhère de nombreuses sections de 1 arrondisse oient de Razas.
La fiscalité.
An point de vue budgétaire, j’agirai a l’avenir comme dans le passé, je m’opposerai à toute aggravation des charges fiscales qui accablent déjà la production et la consommation.
Il laut introduire la justice dans notre fiscalité.
Les économies et les compressions des dépenses doivent être effectuées sur le budget des dépenses militaires qui, d’année en année augmentent d'une façon telle, que s’il n’y est pas mis un terme, les pays seront conduits à la faillite et peut-être avant à la guerre.
En ce qui concerne l’agriculture, le Parti socialiste a dressé un programme de défense agricole, qu’avec les élus de mon parti j’essayerai de faire appliquer par voie législative.
Programme agricole.
Remaniement général du Ministère de l’Agriculture et des services, agTicoles départementaux, pour assurer la collaboration intime des pouvoirs publics avec les producteurs,
Développement du crédit agricole, dotation a la caisse contre les calamités agricoles, aide aux associations agricoles pour leurs achats de semences, engrais, bétail, etc.
Organisation de nos exportations agricoles, création eL réorganisation des offices, vin, Me, produits résineux, etc. Protection du fermier et métayer chassé de sa ferme ou de sa métairie par la volonté du propriétaire.
Statut du métayage, liberté de la chasse et de pêche dans le cadre de l'organisation communale.
toute une sérié de mesures seront egalement défendues par moi en faveur du monde îural, j ai la conviction profonde que si I on veut retenir les gens à la terre, il faut apporter dans nos campagnes du bien-être et de la liberté.
Intérêts de ! arrondissement.
En ce qui concerne notre région, j’ai signalé dans mon compte rendu de mandatées efforts que j ai accomplis en faveur de la défense de la sylviculture, de la viticulture et de la culture du tabac.
Les propositions que j ai faites à la Chambre concernant ces points particuliers me dispensent d’un long développement.
Je voudrais simplement rappeler mon activité au groupe viticole de la Chambre, mes propositions de loi visant la réassurance des planteurs de tabac, ma proposition de loi
concernant la défense de l'essence de térébenthine et la création d’un office de défense des produits résineux.
En accord avec les organisations syndicales intéressées, si j’ai l’honneur d’cLre à nouveau votre élu, je continuerai dans cette voie.
En faveur de la paix.
Dans le domaine extérieur, je pense que toutes les bonnes volontés doivent s’unir pour engager une lutte sans merci contre la guerre et préparer une organisation politique, éconoinique, internationale nouvelle.
J'estime à l’heure actuelle que le désarmement général, simultané et contrôlé, est pour le monde une nécessité morale et politique, une nécessité financière, une nécessité sociale. Pour atteindre cet objectif, il est indispensable de renforcer les pouvoirs de la Société des Nations, d assurer un contrôle international rigoureux des fabrications de guerre publiques et privées, eL sur le traiïc international des armes.
Ce contrôle international devrait remplacer le système de contrôle établi par les traités de paix et devrait s’appliquer à toutes les nations.
Si I on songe aux horreurs, aux désastres, aux misères, provoqués par la dernière guerre, si 1 on tient compte en raison du progrès de ce que serait la guerre future, qui atteindrait non seulement les hommes valides, mais frapperait les femmes, les vieillards et les enfants, il faut réaliser la paix par Ja souveraineté internationale, par F arbitrage et ainsi la pleine sécurité sera assurée aux peuples.
Conclusions.
Pour réaliser ces réformes vitales et nécessaires dans l'ordre intérieur et extérieur, notre Parti doit se déclarer prêt h une collaboration en vue de leur application.
Citoyens, il serait fastidieux d'énumérer les autres points sur lesquels mon activité pourra s'exercer.
Mon compte rendu de mandat fait dans toutes les communes périodiquement et que doit recevoir chaque électeur, est la démonstration éclatante que jamais ma vigilance n’a été prise en défaut.
Je suis d ailleurs heureux de constater que mes adversaires eux-memes m'ont rendu eet hommage.
Ayant ainsi accompli mon devoir, j’attends avec sérénité votre verdict,
.1 ai la certitude qu’avec votre sympathie personnelle, vous apporterez voire adhésion au programme de progrès social, de justice fiscale et de paix que représente le Parti socialiste.
ions les hommes de pensée libre affirmeront, sur mon nom, la volonté de voir se réaliser dans une humanité réconciliée, une République où le travail sera souverain.
Vive l’arrondissement de Bazas !
Vive la République laïque, démocratique, sociale et pacifiste I
Gabriel LAFAYE Député sortant.
Adjoint au maire de Bordeaux,
\ îce-Présîdent de la Commîaskm administrative dea hospices -civils de Bordeaui,
Candidat socialiste.
Circonscription de BLAYE.
M. GELLÏE, républicain de gauclie.
Elu au premier tour de scrutin. — 7.375 voix.
FfiDGRÀMMB*
luth cl IX .
Ainsi que je le proclamais en 1928,, le Gouvernement de demain devra s attacher, comme les Gouvernements précédents, à conjurer le retour à la guerre et à organiser la paix. C'est toujours par la roule de Locarno, c'est par les assises internationales de Genève, c est par le régime des pactes de non-agression, de garanties et d’arbitrages : par Faction du Bureau international du travail et l’Institut de coopération intellectuelle, par les grandes conférences économiques que le monde entier, enserré dans un réseau pacifique de plus en plus étendu, de plus en plus chargé d’obligations juridiques et de liens moraux, s’éloignera de plus en plus de Fidée de guerre pour s'installer de plus en plus dans l’idée paix, illuminée par la notion capitale de sacrifices mutuels, de concessions réciproques par lesquels on s’acheminera vers un idéal commun de liberté, d’ affranchisse ment des hommes, d’afîranchissemerit des peuples, dans la justice et dans le droit.
L’isolement des nations n’est plus permis; il n’est plus possible. La vie internationale prend chaque jour un aspect plus rationnel, plus méthodique, plus contingent. L époque contemporaine ne se paye plus de mots, elle veut des faits. Elle veut la paix, la paix dans le travail et la sécurité.
La paix sous toutes ses formes :
La paix ! N’est-ce pas le terme final de tout programme, de toute profession de foi ?
Paix entre les nations, paix entre les individus, dans la liberté de conscience et de la laïcité de l’Etat;
Paix sociale dans une collaboration sincère et fraternelle de toutes les classes.
C’est là notre idéal démocratique et républicain, que je veux réaliser à la fois dans notre grande et dans notre petite patrie, ou s'allient si intimement et si noblement le culte des antiques tradition et la floraison des jeunes enthousiasmes.
Blayais de race, profondément attaché à mon sol, où sont fixés les souvenirs de mon passé et les intérêts de ma vie présente, je continuerai à rester avec vous en contact permanent, écoutant vos inspirations, vos suggestions, vos conseils, me penchant sut vos désirs, vos besoins et mettant à les satisfaires toute mon énergie et tout mon cœur.
Ensemble, et forts de notre communauté d idées, de sentiments et d’aspirations, nous poursuivrons, demain, l’œuvre constructive commencée depuis quatre ans.
Celte œuvre, vaste sans doute, n’est pas au-dessus de nos forces. Elle peut d’ailleurs se résumer en quelques formules maîtresses qui seront la conclusion de cet exposé que j avais le devoir de vous présenter.
Politique sociale dans la prudence budgétaire ;
Constitution d’un outillage national moderne ;
Protection et sauvegarde de F agriculture et particulièrement du vin ;
Politique financière sage et prévoyante ;
Dégrèvement du travail et de F épargne*
Tel est mon idéal.
S'il est également le votre, suivez-moi dans cettevoie et manifestez, dimanche prochain, iotre volonté d’atteindre ce but commun.
Emile GELLIÈ
P rop ri é taire- v i ti cuî teu r *
Chevalier du Mérite agricole.
Décoré de la Croix de guerre*
Chevalier de la Légion d'honneur*
Député sortant.
Candidat de concentration républicaine*
lre circonscription de BORDEAUX,
M. CÂYREL, S, F* L O*
Élu au deuxième tour de scrutin* — 9.592 voix,
Chers Concitoyens,
Le 1er mai prochain, vous aurez à choisir votre représentant à la Chambre des Députés en môme temps que vous donnerez votre sentiment sur la politique pratiquée depuis quatre ans par la majorité élue en 1928*
La déjà longue participation que j'ai prise à la vie politique de la lr0 circonscription de Bordeaux me dispense d’un exposé étendu de mon programme*
Ma vie militante parmi vous, vous a permis d’apprendre à me connaître*
Vous savez comment au sein du Conseil général de la Gironde, j’ai travaillé en faveur du 1er canton et du département; comment, en lanL que maire du Rouscat, par une tolérante administration municipale ouverte à tous, j’ai fait elTort pour doter cette commune de banlieue des aménagements modernes dont elle était dépourvue ; comment au Parlement, durant quatre ans, j’ai compris le rôle du parlementaire.
Plus que de vaines déclarations cc passé vous assure pour demain de la conscience que je mettrai au service des intérêts de la V9 circonscription si vous me faites l'honneur de me choisir pour vous représenter au Parlement*
Les tâches de demain exigent le redressement de la politique pratiquée depuis quatre ans. C’est par un elïort clairvoyant et hardi, affranchi du conservatisme social et des violences destructives, mais préoccupé des nécessaires transformations sociales, qu’on y peut parvenir.
À cet effort* j'ai la volonté de m’employer avec ce sentiment et les expériences administratives locales nous donnent le droit de revendiquer la charge et les responsabilités gou v ernem e n t al es *
Chers Concitoyens,
Bordeaux et sa banlieue tirent plus particulière méat leur activité des transactions commerciales.
Grand port ouvert sur FOccident, il doit adapter son développement k sa destination naturelle qui en fait le lieu de transit entre la France, l'Europe centrale et le continent Sud-Atlantique et nos colonies africaines*
Le port de Bordeaux souffre incontestablement dans ses importations et ses exportations des entraves nombreuses issues d'un régime incohérent de protection outra ncïôre (tarifs et contingentements}*
Il voit tous les jours se réduire le trafic des charbons et des poteaux de mine qui constituaient ep 1929, 96 0/0 et 98 0/0 de ses réceptions et de ses expéditions*
Marché important des conserves, essentiel des vins, il subit sur ce point des difficultés diverses, mais de même origine.
Il ne pourra trouver des éléments de prospérité que dans une politique de rationnel échangisme basé sur une saine coopération économique internationale ou les questions vinicole, sylvicole, charbonnière, commerciale et maritime auront leur solution par la révision des problèmes douaniers et des contingentements*
Me sera-t-il permis à cette heure où je sollicite votre confiance de rappeler que je crois avoir, de 1924 à %9'2Sf agi à la Chambré en fonction de ces préoccupations, que reconnaissait au surplus la Chambre de commerce de Bordeaux dans sou rapport de 1927,
Mais ces problèmes locaux et régionaux restent liés k l’ensemble de la politique générale*
La législature qui s'achève laisse sans solution de nombreuses questions tant dans le domaine national qu'international.
Dans le domaine de la
Politique fiscale*
Il est indispensable d'aboutir à la simplication de notre système d impôt et à leur établissement sur des bases de justice et d’équité.
Les taxes de consommation ne sauraient impunément se perpétuer, accablant le consommateur, chargeant particulièrement le commerce, 1 industrie et 1 artisanat.
Il faudra continuer la transformation -de l’impôt sur le chiffre d'affaires, en une taxe unique à la production, dont je puis rappeler qu'elle est à F origine de mes interventions à la Chambre en 1925.
Le régime de la patente, les abattements pour le calcul des impôts sur les bénéfices commerciaux et industriels devront faire l’objet d'un réajustement.
L^é qui libre budgétaire devra être recherché dans de justes économies et des ressources nouvelles que ne peuvent donner ni l'emprunt ni la capacité contributive des citoyens.
Le contrôle sévère des avances à l'étranger et aux entreprises privées doit retrouver sa prépondérance pour éviter le gaspillage des deniers de F Etat, de notre argent à tous.
Dans le domaine de la
Politique sociale.
Il faut aboutir à la juste application des assurances sociales par leur perfectionnement On ne peut au surplus demander aux classes laborieuses de supporter spécialement ies conséquences du désordre économique et de la crise dont il ne saurait être tenu comme responsable*
Ouvriers et travailleurs doivent connaître la sécurité et par le développement de la
législation ouvrière être à meme de continuer leur mission civilisatrice jusqu'à l’affranchissement du travail-
Dans le domaine de la
Politique économique
doit s établir un système de coopération internationale, trop négligé de nos jours, par la faveur accordée au nationalisme économique.
L'omnipotence des congrégations économiques et de la iinance s exerce trop souvent
contre l'autorité de l’Etat et l'intérêt général.
An désordre de la production, il faut substituer une économie contrôlée harmonisante
celle production avec les besoins de la consommation.
Le commerce, l'industrie doivent voir confirmé et étendu le droit aujourd'hui reconnu
de la propriété commerciale.
Il faut consolider le droit de l’artisanat.
L’organisation du crédit exige pour les branches de 1 activité un régime dégagé de la prépondérance des privilèges bancaires.
Dans le domaine de
Uemsignemenl publie,
il faut créer une vaste institution sociale mettant en valeur, sur un pied d égalité, par la juste sélection des intelligences, toutes les capacités au profit de la nation et inspirée de la laïcité qui en sont la plus sure garantie de neutralité.
Dans le domaine de la
Politique extérieur?.
plus que jamais doit se poursuivre une politique de solidarité internationale par la recher che de la sécurité dans le désarmement et le renforcement de 1 autorité de la Société des
Nations. ...
Les Conférences de Genève et de Lausanne vont poursuivre la limitation et la réduction des armements et le règlements des dettes internationales et des réparations.
C’est un sincère et véritable esprit de paix qui devra inspirer l’action des délégués de la France pour aboutir à l’allègement des charges militaires qui accablent le monde.
Dégagé de l’influence néfaste des « munitionnaires », il est indispensable d établir le statut international qui, sous le contrôle des nations et des peuples associés, réalisera la paix indispensable au salut de 1 humanité, de la civilisation.
C’est à cette œuvre que je vous convie, pour que se réalise la République dans 1 ordre économique, comme dans l'ordre politique.
Citoyens, hlm mes libres, travailleurs, fonctionnaires, commerçants, industriels, artisans, tout en sollicitant vos suffrages le mai, je vous demande de me donner un mandat qui me permettra de défendre h la G h ambre celte juste cause, qui est, j en suis certain, la vôtre.
Vive la lre circonscription 1
À. CAYREL.
2e circonscription de BORDEAUX.