‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 76 sur 260 · MON PROGRAMME · texte numérisé non relu

MON PROGRAMME

Politique extérieure*

Défense par le Gouvernement français des idées de solidarité,: d’union et d'amitié internationales.

Nécessité d'élargir, de fortifier et de démocratiser la Société des Nations.

Règle m'ents1 de J tous* les différends entre' nations par une; procédure pacifique : arbitrage obligatoire, recours au Conseil de la Société des Nations ou à la Cour: de justice inter nantie nale de La Haye.

Réalisation de la formule : arbitrage obligatoire, sécurité, désarmement. Désarmement simultané, progressif et contrôlé.

Développement de l’action économique et sociale de la Société des Nations en vue du rapprochement et de l'entente des peuples et, notamment, de l’action de l’organisation internationale du travail.

P o lit iq 11 e in têr ie u re .

Respect absolu des libertés de pensée, d’opinion, d'association.

Abrogation des lois d'exception, dites lois scélérates.

Suppression des conseils de guerre en temps de paix.

Laïcité :

Maintien intégral des lois laïques.

Enseignement ;

Réalisation do l’école unique, basée sur les principes de la gratuité et de la sélection.

Régime électoral :

Maintien du scrutin d arrondissement à deux tours qui esL le seul mode de scrutin admis par la masse des électeurs*

Programme économique :

Extension du rôle du Conseil national économique.

Etude avec les organisations de la cksse ouvrière et des travailleurs ruraux d’une organisation plus rationnelle du travail, de la production et des échanges.

Contrôle des cartels et des puissances économiques.

Collaboration des groupements professionnels à l’élaboration de la législation et spécialement des groupements des agents de l’Etat à l’étude des questions d’organisation et de réforme administrative.

Monopoles :

Réorganisation des monopoles existants.

rationalisation industrialisée des monopoles de fait qui doivent être gérés au profit de la collectivité et non au profit de quelques financiers.

Programme social ;

Renforcement des lois de protection du travail.

Propagation de toutes les œuvres d’hygiène et d assistance publiques.

Lutte contre la dépopulation, le taudis, la tuberculose.

Organisation rationnelle et efficace de Laide aux familles nombreuses.

Respect intégral des droits imprescriptibles des victimes de la guerre et des anciens combattants.

Amélioration de la loi sur les assurances sociales, particulièrement en ce qui concerne les travailleurs des champs.

Agriculture :

Respect de la propriété individuelle.

Accession à la propriété par 1 extension du crédit agricole*

Avant tout, lutte contre les fluctuât ions des cours des produits agricoles, si préjudiciables aux cultivateurs. Lutte contre la spéculation.

Développement de la législation récente sur la protection contre les risques agricoles.

Abaissement des prix des engrais et suppression du monopole de fait de la fourniture de certains engrais dont jouissent quelques sociétés.

Liberté d'exportation et égalité de traitement pour l'agriculture et l’industrie en matière de tarifs douaniers.

Développement de l'artisanat rural.

Finances :

Institution d’un système de compensations aux petits rentiers.

Amortissement de la dette publique à long terme sagement réparti sur plusieurs générations*

Equilibre et sincérité des budgets. Déflation des dépenses publiques par des économies sur les services les moins utiles à la prospérité de la nation et à son développement matériel et intellectuel.

Contrôle des banques.

Impôts :

Révision complète de la législation fiscale qui n'est plus conforme ni à l'équité ni au bon sens*

Diminution des impôts de consommation.

Imposition de la fortune acquise.

Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires; elle devra être remplacée le plus tôt possible par des impôts directs et, dans tous les cas, immédiatement, par une taxe à la base, afin que le petit commerce en soit complètement libéré*

Transformation complète de I impôt sur les bénéfices commerciaux. Pour le grand commerce, imposition d'après le bénéfice net réel. Pour le petit commerce, système forfaitaire et abattement à la base correspondant âu minimum d’existence avec déductions pour charges de famille.

Réorganisation complète de l'impôt foncier qui provoque les inégalités les plus choquantes et les plus graves mécontentements dans les campagnes,

Application réelle de l’impôt général sur le revenu par l'institution de mesures contre la fraude el la suppression des dispositions légales qui permettent aux détenteurs de grosses fortunes d'échapper à cet impôt*

Suppression immédiate des privilèges accordés aux détenteurs de grosses fortunes par la loi du 3 août 192ô.

Suppression immédiate des avantages accordés aux grosses firmes par lf Administration et le Conseil d'Etat;

Circonscription de CONDOM- LEGTOURE.

M, MAHAGNE, radical-socialiste,

Elu au deuxième tour de scrutin. — J 3.264 voix.

Citoyens,

Désigné par la presque unanimité des delegués républicains radicaux et radicauxsocialistes au Congrès de Coude m, comme porte-drapeau du Parti aux élections du 1èr mai, je me présente à vos suffrages.

Le programme radical est à base essentiellement agricole, parce qu'il y a en France 20 millions d'agriculteurs produisant des richesses évaluées 4 des dizaines do milliards qui trouvent leur écoulement dans la France et dans le monde entier.

Si je suis votre élu, je proposerai et je défendrai le programme suivant :

1° Compression des dépenses; Pratique d'une politique d'économies ;

2° Protection de l'épargne par le contrôle des banques;

3° Emploi de moyens appropriés pour activer la vente du vin dont la consommation en France, avant la venue du phylloxéra, était de 84 millions d'hectolitres;

4° Formation spéciale dans les écoles normales des instituteurs destinés aux écoles rurales, . en vue de donner aux enfants des connaissances agricoles plus étendues ;

5° Assurance contre la grêle au moyen de l'impôt ;

6° Meilleure utilisation des chambres d'agriculture dont les pouvoirs devraient être augmentés. Elles devraient être chargées d’établir seules les statistiques des produits agricoles ;

7° Modification dans la perception de la taxe sur le chiffre d'affaires; cette perception doit sc faire à un stade unique, soit à la fabrication, soit à la distribution des denrées ;

8° Création, d’une Caisse de crédit à court terme et a long terme, au petit él au moyen commerce, à la petite et à la moyenne industrie ;

9° Respect dés droits acquis des combattants ;

1GÜ Respect et in tangibilité des lois de laïcité qui seules peuvent assurer le respect de la liberté de conscience ;

11° Réalisation progressive de l'école unique (progressive en raison des nécessités budgétaires).

B a ns T o r d re in te rn al îo naL

Poursuivre sans défaillance la politique instaurée par le grand Français Aristide Briand. Détruire l'état actuel de défiance qui existe entre les nations. Arriver au désarmement simultané, contrôlé, de toutes les nations. Création d'une armée internationale chargée de punir les nations qui ne respecteraient pas le contrat de non-agression, d'elles sont les grandes lignes d'un programme qui doit rallier toutes les forces de la démocratie; et le 1er mai prochain, en votant pour le candidat radical qui est un enfant du pays comme vous, qui est un travailleur comme vous, qui connaît vos aspirations et vos besoins, vous voterez au mieux des intérêts bien compris de la France et de la République laïque, c’est-à-dirc tolérante, de la vraie République démocratique et sociale.

Henri MÂHAGNE

Maire de Nogaro.

Candidat radical-socialiste.

Circonscription de MIBANDE.

Al. SÊNÀC, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin, — 8,556 voix.

Mes chers Concitoyens,

L’honneur de l'homme public est de rester fidèle à son idéal et à ses amis.

Depuis plus de vingt-cinq ans maire d’une commune qui, dès 1869, donnait la majorité à Jules Favre contre Je candidat de la dictature impériale ; conseiller général d’un canton qui — sans défaillances, fut toujours au premier rang dans les batailles pour la République ; investi deux fois du mandat de député dans le département du Gers, j'ai accepté de porter encore une fois le drapeau de la démocratie rurale dont je suis issu.

Il peut réunir sous ses plis : ceux qui sont résolus à maintenir, dans le jeu. normal des institutions libres, l’esprit républicain de progrès et de justice sociale; ceux qui entendent préserver de tonte atteinte directe ou indirecte, la laïcité garantie éprou vée de ia liberté, de conscience et de la paix religieuse dont nous jouissons ; ceux qui veulent ouvrir à tous les enfants da France, aux enfants des pauvres comme aux enfants des riches, Faccès gratuit de F enseignement à Lous les degrés, sans autre considération que celle du mérite ; ceux, enfin, qui considèrent qu’il faut tenir loyalemenL les promesses faites aux anciens combattants au nom de k nation reconnaissante.

L’heure n’est plus aux faciles promesses,

La situation est grave.

Elle invite les électeurs à réfléchir.

Elle imposera aux élus des résolutions énergiques et des mesures sévères.

Lorsque la majorité, dont le député sortant faisait partie, est arrivée aux affaires, le budget de 1928 révélait un excédent de recettes de 3 milliards 216 millions.

La Trésorerie abondamment approvisionnée allait posséder plus de 19 milliards.

Les sommes consacrées à l'amortissement parla Caisse autonome ne cessaient d’augmenter,

El le budget recevait chaque année, sur les sommes versées par f Allemagne en exécution du plan Dawes, plus de 2 milliards,

La situation économique était prospère.

Après quatre années d'une législature dominée par la haute banque et les glands affairistes, voici les budgets en déficit. Le déficit qui s’élevait pour l'exercice 1939-1931 a plus de 2 milliards aurait été le plus gros déficit constaté depuis 1870 si la majorité, battant son propre record, ne nous avait ménagé pour 1933 un déficit d'au moins 7 milliards.

11 ne reste plus rien dans la Trésorerie, réduiLe aux emprunts; la Caisse autonome n’a plus que des ressources très faibles pour l’amortissement, et les versements de T Allemagne sont suspendus. L’expédient d’un budget établi pour neuf mois au lieu de douxe mois, imagine pour faire illusion aux électeurs et déguiser le déficit réel, ne trompe personnes

Le lumineux rapport de mon ann Abel Gardey a fait connaître au pays toute la vérité,

LtM. Ghassaigne-Goyon^ homme du centre, président delà Commission des finances delà Chambre, a précisé les responsabilités et condamné les responsables, en déclarant le juin 1931 à la tribune :

« Il faut reconnaître en toute humilité que depuis dix-huit mois l’approche des élections nous a conduits à accumuler les erreurs, les fautes, les imprudences et les prodigalités. La politique du Gouvernement a- été surtout une politique électorale, u

Sans doute est-ce par humilité que le député sortant a montré si peu d’empressement à

venir s'expliquer publiquement sur celte ruineuse politique électorale dont les effets sont d’autant plus funestes que notre désarroi financier s'aggrave ; d’une crise économique qui pèse plus particulièrement sur nos campagnes, réduites à vendre bon marché leurs denrées et à acheter cher les produits manufacturés et les engrais qui leur sont nécessaires, en dépit des tarifs de douane et des contingentements ; d’une spéculation qui enlève aux produc Leurs le bénéfice de leurs efforts et qui accroît pour tous les consommateurs la cherté delà vie; et enfin d’entreprises contre l'épargne qui rendent nécessaire la révision de la loi sur les sociétés anonymes, instrument de spoliation, et une législation répressive renforcée.

Dans de pareilles conjonctures, le redressement financier ne peut escompter un nouvel effort des contribuables déjà surchargés, et comme la voie des emprunts est périlleuse pour la stabilité de notre monnaie, il faut, de toute nécessité, réduire les dépenses.

Un budget qui est passé de 37 milliards 300 millions en 192fi à 55 milliards 200 millions, pour douze mois, en 1932, ne doit plus s’accroître.

Les économies constituent désormais une forme du devoir patriotique le plus impérieux,

A celles dont le Ministre des Finances a seul l’initiative et que la dernière législature n’a pas su réaliser ; à celles qui peuvent résulter de la réorganisation des chemins de fer dont le déficit moyen est de 10 millions par jour, îï faut ajouter la suppression de tous les organes inutiles ou d'insuffisant rendement, dans les administrations tant civiles que militaires.

Par la réduction du service militaire à un an, à laquelle j'ai eu l’honneur de contribuer, nous avons diminué le gaspillage en hommes.

L'organisation d'un Ministère de la Défense nationale englobant la Guerre, la Marine et l'Aviation doit nous fournir l'occasion de coordonner, de simplifier et d'unifier certains services et, avec l’aide d'un contrôle plus sévère des gaspillages, d'économiser plusieurs milliards sans nuire à la défense nationale.

C'est là l'œuvre immédiate à poursuivre dans le cadre d'une politique de paix, qui, de Léon Bourgeois à Herriot et à l'illustre homme d’Élat Aristide Briand, dont le peuple gardera la mémoire, tend à assurer la sécurité par l’arbitrage pour réaliser le désarmement simultané et progressif sous le contrôle d'une Société des Nations fortifiée et capable de faire respecter l'ordre entre les nations.

Il n'y a pas de solution nationale efficace à une crise économique qui a un caractère européen et même mondial.

Seule l'entente et la coopération des peuples, en brisant les nationalismes économiques, en abaissant les barrières douanières, en rétablissant l'harmonie -entre les prix intérieurs et extérieurs, entre la valeur des produits de la terre et la valeur des produits dont la terre a besoin, pourra mettre fin au désordre de la production, ramener la prospérité dans 1 agriculture, faciliter la reprise générale des affaires et arrêter le fléau du chômage.

Pour le succès de cette rude et vitale entreprise, je fais appel à tous les vrais démocrates.

L'équivoque qui a pu abuser un certain nombre d'entre eux en Î928 est aujourd'hui dissipée.

Demain, tous les républicains, groupés autour du? drapeau que le parti m'a confié, assureront le triomphe d'une République pacifique, démocratique et sociale, fondée sur le travail, la liberté et la solidarité des hommes

Vive la République démocratique I

Jean SÉNAC

Maire de Mi élan.

Ancien député* — Conseiller général.

Candidat du Parti républicain radical et radical socialiste.

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