‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 8 sur 260 · M. PLANCHE, S. F. I. O · texte numérisé non relu

M. PLANCHE, S. F. I. O

Élu au premier tour de scrutin. — B, 755 voix.

Mon programme est celui du parti socialiste. La société capitaliste actuelle avec ses contradictions, ses crises sans précédent, est condamnée par l'expérience; elle porte en ellemême les causes de son effondrement. Elle fera place à la société socialiste dans laquelle, loin d’être dépouillé, le travailleur aura la pleine liberté de son instrument de travail, dans la Sauvegarde de sa dignité et de sa propriété, fruit de son labeur et légitimement acquise par ses privations. Mais on ne passe pas du jour au lendemain d’un état social h un autre ; il faut des transitions.

Je fais appel aujourd'hui à tous les républicains avancés, a tons les hommes de gauche et d'extrême gauche pour parcourir avec le parti socialiste, une étape de la transformation sociale.

Ne voulant pas tracer un programme irréalisable pour les quatre ans qui viennent, soucieux de travailler efficacement au mieux-être des travailleurs, je préfère promettre moins et tenir plus, que tout promettre et. ne rien tenir.

Partisan résolu de la laïcité de l'Elat, base de la neutralité véritable, j'affirme la nécessité de réaliser au plus tôt f école unique devant permettre l'accession des enfants des travailleurs à tous les degrés de renseignement.

Considérant que la machine administrative n’est pas en ce moment adaptée aux nécessités de la vie moderne, je réclame sa transforma lion t en complet accord avec les intéressés, <!ont le sort doit être garanti. Des économies, par la suppression de la gabegie et du gaspîl-

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lago, spécialement dans l’armée, soûl, possibles el un meilleur rendement peut être obtenu : je rn’y emploierai, d’accord, je le répète, avec les intéressés qui le demandent depuis longtemps avec insistance — sans que la haute Administration parisienne daigne écouter leur modeste voix.

La classe ouvrière souffre de la plaie du chômage. Crise économique, sous-consommation, crise du chômage nécessitent pour être résolues des ententes internationales visant la production et les échanges et la réglementation du travail.

Le parti socialiste, par son caractère international, est qualifié pour apporter des solotiens à ces problèmes capitaux.

Il faudra également organiser les loisirs des travailleurs et défendre leur niveau de vie.

Les cultivateurs ont droit à de meilleures conditions de métayage, au voie de la loi sur la plus-value au sortant, au vote de la loi sur îes baux à ferme, au développement du crédit agricole et du syndicalisme paysan. L'agriculture souffre en ce moment du déséquilibre qui existe entre le prix de vente des produits du sol et les prix d'achat des produits manufacturés; à faire cesser ce déséquilibre, doivent tendre, dans l'intérêt de tous, les efforts du législateur.

La chasse doit être démocratisée et une refonte des lois qui la régissent est impérieusement réclamée par l'opinion publique.

Le petit commerçant et l'artisan réclament un meilleur sort. Accablés par le fisc, ceux qui animent nos villes et nos villages veulent — et ils ont raison — la suppression de l'injuste patente et la suppression de l’inique impôt sur le chiffre d'affaires — cause principale de la vie chère — et son remplacement par une taxe perçue à Vun des stades de la fabrication. Ils désirent aussi Légalité devant l'impôt.

Simplifier la fiscalité, soulager le contribuable qui ploie sous le taix, en répartissant plus équitablement les charges : programme que l'égoïsme capitaliste n'empêchera pas de réaliser !

Le développement du crédit populaire sous toutes ses tonnes pour les artisans et les petits commerçants est d'autre part, indispensable à la reprise des affaires.

Protection de l'épargne, défense des libertés politiques, amnistie réelle constituent les derniers points d'un programme de politique intérieure qui doit recueillir 1 adhesion sincère de tous ceux qui aspirent à plus de progrès social.

La santé physique et morale de notre pays exige une jeunesse saine et vigoureuse; la lutte contre les fléaux sociaux pour la sauvegarde de la race s'impose avec force en même temps que l'aide aux familles nombreuses.

Si l’on ajoute l'amélioration et la simplification de la loi sur les assurances sociales, dans un sens mutualiste, ïe développement desiois de protection et de défense ouvrières, on a tracé un tableau des réformes immédiates qu'on peut proposer à une Assemblée qui ne sera plus, espérons-le, sous îa domination de la haute banque, de la presse mercantile, de ia finance internationale et des marchands de canons.

Ai -je besoin d'ajouter qu'on me trouvera toujours prêt à défendre — et il y en aura sans doute besoin dans la période de difficultés financières due au gaspillage des deniers publics par la majorité actuelle *-* les victimes de la guerre et les victimes du travail. Auteur de la retraite du combattant, je suis désireux d'en étendre le bénéfice par une modification des textes qui visent l'attribution de la carte du combattant.

En ce qui concerne le problème des mobilisés de la guerre, une solution favorable s impose; je m'y emploierai et je ne fais jamais de promesses sans les tenir.

Améliorer notre réseau routier, achever l'électrification de la circonscription, sauver nos mines et nos industries menacées, donner à îa station de Bourbon-l'Archambault son plein développement ; tel est* en raccourci, le programme à accomplir dans le cadre local.

Dans l'ordre extérieur, apaisement des haines entre les peuples, désarmement général, simultané, progressif et contrôlé, interdiction de îa vente privée et de la fabrication des

armes de guerre sont autant de points qui conditionnent l'établissement de la paix, à laquelle j!ài consacré, tant en France qu’à l’etranger, la plus grande partie de mon temps. ’

Mon action sur ce pouit est suffisamment connue pour que je n’aie pas besoin d’y insister* J

Par un arbitrage sanctionné, essayons de bâtir ensemble un avenir meilleur pour une humanité pi us frété ni c 1 le*

Réduire en attendant au strict minimum la durée du service militaire, supprimer les périodes de réserve : tel est le vœu de nos populations que nous devons nous efforcer de laire triompher*

Citoyens,

Lé passé est garant de l'avenir*

Face fà toutes1 les réactions, sans souci des coups et des attaques sournoises et mensongères de la dernière heure — pourquoi n'est on pas venu les porter contre moi en réunion publique? — ije dés:re travailler à l'amélioration de votre sort que la politique néfaste de la majonte actuelle qu, a vidé les caisses de l’Etat au profit des grandes entreprises capitalistes, de certaines nations fascistes et du militarisme, a rendu précaire et néfaste.

Ouvriers, employés, paysans, petits commerçants, artisans, petits fonctionnaires petits retraites, on vous oppose les uns aux autres dans un but facile à comprendre : en réalité vos intérêts sg confondent.* Unissez-vous pour les défendre*

-Dans un monde enfin réconcilié et conscient de sa solidarité, poursuivons ensemble J avortement de la République universelle du travail.

A bas la guerre!

Vive la paix par le désarmement!

Camille PLANCHÉ

Avocat*

Adjoint au maire de Moulins.

JÜépuLé sortais L

Candidat socialiste d'union des travailleurs*.

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